Re:Monster – Tome 1 à 3

Tandis que la série figure au catalogue de l’éditeur Ototo depuis juin 2016, Re:Monster ressort en pack Or regroupant pour l’occasion les trois premiers tomes de la série qui, bien que toujours en cours de parution au Japon, en compte désormais 10 déjà traduit dans la langue de Molière. Disponible à la vente depuis le 30 janvier 2026, ce pack est une excellente occasion de découvrir ce seinen de dark fantasy. Son originalité ? Mettre à l’honneur une race très souvent moquée : les gobelins. Quand Kanata s’incarne dans l’une de ces créatures, il s’imagine une seconde vie misérable, mais fort de ses connaissances héritées de sa première vie, il va se faire un devoir d’abattre tous les clichés sur les gobelins à la force de ses poings.

Cette critique a été réalisée avec des exemplaires fournis par l’Éditeur.

Prochaine incarnation Gobelins

 Après une mort des plus sauvages, Kanata Tomoki se réveille et constate qu’il s’est réincarné en gobelin. D’abord dérouté, il parvient cependant bien vite à s’adapter, en partie grâce à sa faculté d’« absorption » qui lui permet d’obtenir les pouvoirs de tout ce qu’il mange, lui permettant d’évoluer de façon fulgurante et de prendre rapidement la tête de sa tribu. Désormais, il est temps pour la race des gobelins d’entrer dans une nouvelle ère ! Un univers sans pitié régi par la loi du plus fort, où la plus faible des espèces doit être prête à tout pour survivre !

Ototo

C’est en rentrant d’une soirée arrosée avec un collègue de travail que Kanata Tomoki est sauvagement assassiné par une jeune fille qu’il considère comme sa petite sœur. Tout aurait pu s’arrêter là, si ce n’est que Kanata est alors revenu à la vie dans le corps d’un… gobelin ! Voilà le véritable point de départ de Re:Monster, où notre héros se retrouve coincé dans le corps d’un nouveau né d’une race dont la lutte pour la survie est quotidienne. Rebaptisé Rô, Kanata a, heureusement pour lui, gardé tous les souvenirs de sa vie précédente, ainsi que son pouvoir d’absorption lui permettant de s’accaparer les pouvoirs et caractéristiques des éléments qu’il avale, qu’ils soient végétaux, minéraux ou animaux.

Fort de cette force, Rô va évoluer et entraîner dans son sillage ceux de sa tribu en leur apprenant les bases de la survie, à commencer par Kichi et Mi. Ce n’est qu’après avoir évolué en Hobgobelin que Rô parviendra à prendre la tête de sa tribu et à imposer ces règles. Cependant, le retour d’anciens du clan, partis capturer des femmes humaines, risque de compromettre la domination de Rô sur ses pairs. Comment le leader va-t-il gérer le danger quand ce dernier vient autant de son propre sang que des créatures extérieures qui commencent à voir d’un mauvais œil les gobelins s’organiser et devenir chaque jour plus puissant ?

Lisez un extrait de Re:Monster – Tome 1 ici !

Life of Rô

Aux manettes des aventures de Rô nous découvrons un duo, j’ai nommé Haruyoshi Kobayakawa au dessin et Kogitsune Kanekiru au scénario. Nous en savons très peu sur ce duo puisque Re:Monster est leur premier manga d’envergure, une série au long cours qui n’a toujours pas trouvé sa conclusion après 12 tomes parus au Japon. Pour autant, Re:Monster est adapté en manga du Light novel du même nom, écrit par Kogitsune Kanekiru et illustré pour l’occasion par Yamaada, ce qui se ressent dans la structure de l’intrigue du manga qui prend la forme d’un journal au jour le jour tenu par le héros. De son côté, Haruyoshi Kobayakawa a auparavant officié sur BLAZBLUE CHIMELICAL COMPLEX (2011).

Il s’est vu proposer d’adapter en manga le roman acquis par Alphapolis, avec une pré-publication en ligne sur leur site AlphaPolis depuis mars 2014.. Si l’intrigue est vue uniquement du point de vue du héros, les planches fourmillent de détails sans pour autant nuire à la lisibilité de l’action, ce qui est un bon point. Les diverses évolutions des personnages sont impressionnantes, tout comme la variété du bestiaire présent dans le manga, ce qui confirme le grand talent d’Haruyoshi Kobayakawa. Niveau mise en scène, c’est du grand art que ce soit pour mettre en scène les moments de répit où les batailles épiques et les protagonistes débordent de charisme visuellement parlant. Un plébiscite donc pour Re:Monster ? Je crains que ce ne soit un peu plus complexe que ça…

Gobelin et absorbe l’autre

S’il est une chose qu’on ne peut pas retirer à Re:Monster c’est bien son originalité de base. Mettre à l’honneur une classe qui est présentée depuis des décennies comme faible et stupide dans les diverses oeuvres de fantasy, cela tenait de la gageure. D’ailleurs Tanaka ne s’y est pas trompé et lors de son enfance chez les gobelins, on apprend très vite ce que le réincarné pense de ses congénères. Entre mépris et dédain, il ne se sert de Kichi que pour pouvoir arriver à chasser des proies plus conséquentes tout en minimisant les risques.

Si le genre isekai à le vent en poupe depuis plusieurs année, j’en veux pour preuve le succès de The Beginning After the End, Moi, quand je me réincarne en Slime ou encore de No Longer Allowed in Another World, je ne suis pas vraiment une fan du genre même si j’ai déjà essayé d’en lire. Le thème de la réincarnation ou le protagoniste se rappelle sa vie d’avant et hérite de pouvoirs spéciaux, n’est pas non plus un de mes thèmes de prédilection, même si j’avais assez apprécié ma plongée dans le monde de Villain to Kill. N’étant pas obtus, j’ai voulu donner sa chance à Re:Monster, ne serait-ce que pour son idée de départ jamais vue ailleurs. J’ai beaucoup aimé ce que j’ai lu dans les trois premiers tomes de la série, mais je suis assez sceptique quant à la poursuite du manga.

Un des gros point fort de Re:Monster est de ne pas proposer une vision idéalisée des gobelins, notre héros fait partie de cette race, mais doit se confronter à leur mode de vie assez erratique ou seuls les plus forts survivent et ou la nécessité de s’accoupler avec des femmes humaines pour enfanter fait loi. Tout n’est pas rose dans le monde de Rô et le scénariste à su trouvé le ton juste pour avoir un équilibre qui fait que l’on s’attache aux héros sans pour autant être aveugle quant à leur nature cruelle, perfide et parfois perverse. Pour autant, l’histoire est racontée entièrement à la première personne.Nous n’avons que le point de vue de Rô, ce qui limite notre perception des autres personnages à sa seule vision d’eux.

D’autre part, s’il faut poser les bases de l’univers, on est abreuvé d’informations sur les évolutions et autres modes de vies des créatures rencontrés par feu Kanata lors de ses pérégrinations, sans compter la liste parfois gargantuesque des capacités qu’il récupère en mangeant, ce qui peut parfois faire décrocher le lecteur. Chaque journée est ainsi racontée dans le détail (même ceux pas toujours passionnants) et les affrontements ne durent jamais bien longtemps, ce qui donne à Re:Monster un rythme très rapide, quand j’aurais bien aimé parfois avoir une action un peu plus posée. De fait, toute cette petite communauté évolue vite, très vite, trop vite et à peine arrivé au tome 2 voilà Rô devenu un ogre à la puissance phénoménale.

Si auparavant il restait un peu suspense à ses affrontements, il n’y en a plus guère quand il acquiert la force brute d’un ogre couplée à ses centaines de capacités (dont j’ignore encore comment il fait pour se souvenir). Au terme du tome 3, je me demande alors ce qui m’attends si je décide de persévérer dans ma lecture et j’ai bien peur que Re:Monster ne finisse par tourner en rond, entre deux amourettes, une vie de chasse et des affrontements plus guère palpitant tant le héros et sa bande sont surpuissants.En ce qui me concerne je m’arrêterai là incapable de dépasser ce sentiment que le manga, dans les volumes suivants, n’arrivera plus à me surprendre. Toutefois, si l’envie vous prend d’en voir plus, sachez que les dix premiers tomes sont déjà disponibles chez Ototo.

Pour conclure…

Ce Pack Or de Re:Monster constitue une porte d’entrée idéale pour découvrir un seinen de dark fantasy qui assume pleinement sa brutalité et son concept original. Le travail graphique d’Haruyoshi Kobayakawa impressionne et Kogitsune Kanekiru trouve le ton juste pour nous attacher à Rô et ses amis sans édulcorer la nature violente de son espèce. Pourtant, passé l’attrait de cette idée de départ inédite, Re:Monster montre rapidement ses limites : un rythme effréné qui survole les affrontements, une accumulation vertigineuse de capacités qui finit par lasser, et surtout une montée en puissance si fulgurante qu’elle évacue tout suspense dès le tome 2. Arrivée au terme de ces trois premiers volumes, il est à redouter que la suite ne tourne en boucle, alternant chasses, conquêtes amoureuses et combats devenus trop faciles pour un héros désormais surpuissant. Si l’expérience valait le détour pour sa fraîcheur initiale, je préfère m’arrêter là, convaincue que Re:Monster a d’ores et déjà livré le meilleur de ce qu’il avait à offrir.

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