Tel un satellite autour d’une planète, Promenons-nous dans l’espace poursuit son petit bonhomme de chemin et vient désormais d’atteindre son troisième volume. Maintenant que l’épreuve des examens est derrière eux, Kobayashi et Uno se préparent pour une visite du planétarium, tout en ignorant que le planning va se retrouver bouleversé. Avec ce tome 3 de Promenons-nous dans l’espace qui a atterri en librairie le 20 mai 2026, l’amitié entre nos héros va être soumise à rude épreuve.
Cette critique a été réalisée avec un exemplaire fourni par l’Éditeur.

La tête dans les étoiles
Ensemble, nous irons plus loin.
En difficulté scolaire depuis des années, Yamato Kobayashi se donne des airs de mauvais garçon et enchaîne les petits boulots en dehors des heures de cours, sans jamais tenir sur la durée.
Jusqu’au jour où Keisuke Uno est transféré dans sa classe…
Pris de panique lorsqu’on lui parle avec trop d’insistance, incapable de faire plusieurs choses à la fois, ce lycéen pas comme les autres peine à gérer les aspects les plus “normaux” de la vie quotidienne, mais il s’accroche grâce à une multitude d’astuces qui lui permettent d’avancer.
Kobayashi, qui se reconnaît en Uno, tente alors de changer, lui aussi…
Glénat

Il suffit parfois d’une rencontre pour faire dévier une trajectoire que tout le monde croyait tracée d’avance, et c’est précisément ce qui arrive à Yamato Kobayashi dans Promenons-nous dans l’espace. Catalogué comme un mauvais garçon par son entourage, absentéiste chronique et incapable de conserver durablement un emploi, le lycéen a fini par accepter l’image que les autres lui renvoient, faute de savoir comment s’en défaire. Pourtant, l’arrivée de Keisuke Uno, un élève transféré au fonctionnement singulier qui redouble d’efforts pour surmonter les obstacles de son quotidien, va progressivement ébranler ses certitudes.

Touché par la détermination de ce nouveau camarade, Yamato commence à envisager la possibilité qu’il ne soit peut-être pas condamné à rester celui que tout le monde croit connaître. Entre les deux adolescents naît alors une amitié sincère qui les pousse mutuellement à avancer et à dépasser leurs propres limites. Tandis que Kobayashi tente de trouver sa place dans son travail malgré les préjugés tenaces de ses collègues, Uno nourrit quant à lui une passion dévorante pour les étoiles et décide de rejoindre le club d’astronomie de son lycée. Cependant, menacé de disparition faute d’effectifs suffisants, le club ne peut être sauvé qu’à condition d’accueillir au minimum deux nouveaux membres.

Désireux de soutenir son ami malgré son ignorance totale du sujet, Yamato accepte de s’inscrire à son tour. Cette décision les conduit bientôt à participer à leur première soirée d’observation céleste, une expérience qui les confronte à l’immensité de l’univers autant qu’à leurs propres interrogations. Face à la voûte étoilée, chacun entame alors une réflexion intime sur sa place dans le monde et sur le chemin qu’il souhaite emprunter. Enthousiasmé par cette découverte, Kobayashi attend avec impatience la sortie au planétarium prévue pendant les vacances. Mais un obstacle de taille se dresse sur sa route : ses résultats scolaires catastrophiques.

Menacé de cours de rattrapage s’il échoue à ses examens de fin de trimestre, il risque également d’être exclu de toute activité extrascolaire s’il recourt à sa tactique habituelle : sécher. Pour ce lycéen en difficulté depuis des années, l’épreuve paraît insurmontable. Encouragé par l’exemple d’Uno, qui révise avec acharnement, Yamato décide pourtant de relever le défi. Toutefois, dépourvu de méthode de travail et rapidement dépassé par l’ampleur de la tâche, il peine à progresser. C’est alors qu’un soutien inattendu lui est apporté par un de ses collègues : Naoki Yamada. Pour la première fois entouré de personnes qui croient réellement en lui, Kobayashi choisit de se battre jusqu’au bout pour réussir ses examens… ou, à défaut, éviter le pire.
Relations asociales
Inspiré par Keisuke Uno, un camarade de classe qui affronte méthodiquement ses nombreuses difficultés quotidiennes, Kobayashi s’efforce de faire face à ses propres problèmes. Il révise courageusement pour la première fois de sa vie et survit à la longue période des examens. Place aux vacances d’été ! Le club d’astronomie, auquel les deux amis appartiennent, se rend au planétarium. La journée s’annonce très amusante, mais un incident perturbe les plans d’Uno, soudain extrêmement frustré…
Glénat

Enfin les examens de fin de trimestre tant redoutés dans le tome 2 de Promenons-nous dans l’espace sont finis. Bien qu’ayant sauvé l’honneur en sciences et en lettres modernes, Kobayashi écope tout de même de cours de rattrapage, tout comme son ami Uno. Heureusement pour eux, ils pourront tout de même participer à la sortie au planétarium organisée par le club d’astronomie et tout le monde est impatient, d’autant qu’un pique-nique sur la plage est également prévu au cours de la journée.

Alors que la visite s’organise, Mikawa, désireux de faire honneur à sa place de président du club, tente avec maladresse de se rapprocher de Kobayashi. Puis, le jour de l’excursion tant attendue arrive enfin et Uno s’imagine déjà passer une journée de rêve la tête dans les étoiles. Cependant, entre Kobayashi qui arrive en retard au lieu de rendez-vous et la séance commentée du matin qui est complète, rien ne se passe comme prévu et Uno peine à contenir sa colère et sa frustration devant ce constant changement de programme. Tandis que son ami se rend compte que quelque chose cloche chez Uno, il lui propose une méthode assez particulière pour évacuer sa rage…
Lisez un extrait de Promenons-nous dans l’espace – Tome 3 ici !
Responsabilité fraternelle
Les tomes se suivent et le propos s’affine au fur et à mesure que nos héros interagissent ensemble. Entre Uno qui est réfractaire au changement et ne supporte pas que l’on bouleverse son planning et Mikawa qui essaye désespérément de nouer des liens avec Kobayashi, les difficultés sont une nouvelle fois au centre de Promenons-nous dans l’espace. A certains égards, Mikawa m’évoque le héros de Shinobi Undercover dans son impossibilité de dialoguer normalement avec ses pairs, mais là où le ninja ne recherche pas le contact, Mikawa lui est demandeur d’interactions sociales. Pour autant, plus que sa maladresse, c’est bien sa peur qui l’empêche de normaliser ses conversations avec ses camarades, d’autant qu’il est déjà convaincu que Kobayashi l’a d’emblée rejeté, quand ce dernier fait en fait peu cas de ses “erreurs” de dialogue.

Une nouvelle fois, les réactions des protagonistes sont criantes de vérité au point que j’en viens parfois à oublier que je lis une fiction, toute absorbée que je suis par l’action se déroulant sous mes yeux. Plus l’intrigue avance et plus je retrouve des réactions de mon fils dans Uno, et en cela j’ai eu un choc en découvrant que finalement le personnage dont je suis la plus proche est en fait Satsuki, la sœur d’Uno. Comme elle est le seul élément familial de la vie de Keisuke qu’Inuhiko Doronoda a introduit dans Promenons-nous dans l’espace, elle fait donc office de parent protecteur pour son petit frère. Bien que je ne sois pas d’accord quant à ses jugements à l’emporte-pièce sur Kobayashi, je la comprends un peu plus sur son hypervigilance vis-à-vis d’Uno.

Il est toujours compliqué quand on a toujours protégé un être cher de savoir quand lâcher du leste afin de les laisser s’émanciper et grandir. L’adolescence est déjà un cap difficile en soi, et ce n’est pas le héros de Mon adolescence explosive qui me contredira, mais quand en plus une neuroatypie entre en jeu il est d’autant plus difficile de faire la part des choses entre protéger et infantiliser. Bien que je sache pertinemment que Satsuki ne soit pas objective sur la situation et le désir d’Uno de gagner en autonomie, je ne peux m’empêcher d’y voir un miroir de mes propres questionnements en tant que parent et de mes réactions face aux situations qu’elle rencontre.

Voilà qui démontre une fois de plus la justesse de ton de la série, et je finis par me demander s’il n’y a pas une part de vécu dans ce récit de la mangaka. Ce ne serait pas si étonnant, dans la mesure où l’on écrit toujours mieux sur ce que l’on connaît de l’intérieur. Ce troisième tome confirme que Promenons-nous dans l’espace est bien plus qu’un manga sur l’astronomie et l’amitié adolescente : c’est un récit qui regarde ses personnages, et ses lecteurs, avec une tendresse et une lucidité rares. Le décollage du tome 4 de Promenons-nous dans l’espace est prévu pour le 26 août 2026, et, bien entendu, je serais aux premières loges.
En fin de compte, ce troisième volume de Promenons-nous dans l’espace confirme le talent d’Inuhiko Doronoda pour esquisser des tranches de vie d’une justesse désarmante. Au-delà des maladresses de Mikawa ou des premiers pas chaotiques du club d’astronomie, c’est bien la dynamique familiale entre Keisuke et sa sœur Satsuki qui insuffle au récit sa plus grande force émotionnelle. Le personnage de Satsuki apporte une résonance parentale universelle et particulièrement touchante, illustrant à la perfection un dilemme complexe : l’art difficile de lâcher du lest face à un adolescent neuroatypique pour le laisser grandir, sans jamais basculer dans l’infantilisation. Porté par un effet miroir saisissant et une authenticité qui laisse deviner une part de vécu, ce manga prouve qu’il a la tête dans les étoiles, mais les pieds bien ancrés dans la réalité. Reste désormais à voir si Satsuki parviendra à accepter qu’Uno suive sa propre orbite, même si cela signifie s’éloigner peu à peu de celle qu’elle a toujours tracée pour lui. Il ne reste plus qu’à patienter jusqu’au prochain décollage de la série, programmé en librairie pour le 26 août 2026.




