[Preview] Skate.

Les jeux de skate sont présents depuis des années dans l’univers vidéoludique. Star du milieu depuis 1999, la saga Tony Hawk a vu un concurrent sérieux débarquer en 2007 sous l’impulsion du géant Electronic Arts. Simplement nommé Skate, le jeu pose ses bases et se démarque avec son gameplay faisant la part belle aux analogues. Avec un système de jeu finalement complètement différent, Skate ne se dessine plus vraiment comme concurrent, mais plutôt comme une œuvre originale qui a su se constituer sa propre communauté. 

Ça, c’était il y a 18 ans. Depuis, on a pu profiter de Skate 2 et Skate 3. Ajoutant toujours plus de tricks, supprimant certains contenus, les opus se suivent mais ne se ressemblent pas. Toujours une réussite cependant, Skate 3 est devenu un jeu culte survivant au temps, au moins jusqu’à la fermeture récente des serveurs. En dehors du jeu solo, c’est l’un des points qui a réussi à marquer dans ce dernier opus. Le mode en ligne et la possibilité de créer et de partager ses skateparks.

15 ans plus tard et 2 générations de console plus loin,EA sort un nouveau volet le 16 septembre 2025 et reprend les bases en l’appelant Skate. Il est vrai qu’après autant d’années, est-il encore possible d’appeler ça une suite plutôt qu’une renaissance ? Cette fois-ci, c’est un free-to-play dans un monde ouvert multijoueur uniquement en ligne qui nous est proposé, contrastant avec les anciens opus où le mode en ligne était en option. Amis skateurs, à vos planches et en route pour Skate !

Cette preview a été réalisée sur une version PS5.

La reine de San Van !

Skate nous projette à San Vansterdam, une ville en monde ouvert pensée pour les skateurs. Divisée en quatre quartiers, trois d’entre eux disposent de son skateshop et de son skatepark communautaire, se modifiant toutes les 24 heures. Pour ceux-ci, un rang est associé. Ce dernier augmente en réalisant les défis liés à l’histoire qui le compose, mais aussi en achevant les défis quotidiens situés dans la zone ou en achetant les boîtes mystères qui lui sont liées.

Une fois la jauge d’un rang complétée, le skate shop du coin nous permet de monter de rang. Des récompenses sont associées à ces augmentations, débloquant des coffrets à ouvrir moyennant l’argent du jeu. Toutes ces actions nous octroient des points qui définissent notre score RIDE, soit notre niveau. Le quatrième quartier est vide pour le moment, potentiellement dû au fait que le jeu soit en accès anticipé. Des missions seront ajoutées prochainement. La première saison devrait commencer ce 7 octobre.

La ville étant pensée pour les skateurs, de nombreux spots sont à découvrir. D’un côté les skateparks, aménagés avec des bowls, des half-pipes ou encore des rails. De l’autre, des lieux urbains avec des bancs, des plans inclinés, des parterres de fleurs et des statues, etc, font de la ville entière un terrain de jeu. Seul bémol, il n’y a pas vraiment de spot qui marque les esprits et la ville est très plate, ne proposant pas de descente vertigineuse. D’ailleurs, beaucoup de spots fréquentés par les joueurs sont façonnés par ces derniers, plus que par la main des développeurs.

Une ville à partager

Afin de donner encore plus de possibilités aux joueurs, il est possible de créer ses propres spots. Avec un mode de placement rapide, il est possible, comme dans Skate 3, de poser divers objets à skater. Chaque objet ajouté par un joueur va modifier le monde des autres skateurs. Vous le voyez venir, ceci est la porte ouverte aux trolls, avec des blocages de spots, certains mettant des rails / rampes, etc, sur le chemin des autres.

Globalement, Skate est techniquement très correct. Cependant, des bugs liés au mode en ligne apparaissent. Déconnexion du serveur, lancement de défi retardé par une connexion à un groupe inexistant, temps d’attente à cause des serveurs pleins… de légers inconvénients qui peuvent tout de même nuire à l’expérience de jeu.

La très grosse nouveauté de cet opus en ce qui concerne le gameplay est l’amélioration des déplacements à pied. Skate a gardé les bases de marcher / courir / sauter, mais a ajouté des déplacements comme du parkour. Il est donc possible de grimper aux murs, de se balancer à des barres horizontales ou encore de faire des saltos. Ceci permet d’accéder à plus de lieux, et donc plus de spots. Facilitant au passage l’accès aux défis, ce rafraîchissement des déplacements à pied se voit fluidifié par de magnifiques entrées en caveman. Ces figures de Parkour ancrent encore plus le jeu dans une dimension ludique et non réaliste. Voir des skateurs se déplacer en roulé-boulé n’a rien d’étonnant dans le monde de Skate.

Impose ton style

S’il était déjà possible de modifier son personnage et sa planche, la personnalisation du skateur va plus loin. Les modifications physiques, le timbre de voix ou encore les attitudes peuvent être modifiées. Cependant, si la planche peut être pimpée, on regrette l’absence de modifications ayant des conséquences sur le style de jeu. Impossible de régler le serrage des trucks ou la dureté des roues. Chaque joueur dispose aussi de sa propre carte de skateur. Affichant son score RIDE et son niveau dans chaque quartier, nous pouvons y modifier l’image, le titre et la bannière de la carte.

Avec la possibilité de créer ses propres spots, chaque skateur peut exploiter l’environnement à sa façon. Des plus ingénieux émanent parfois des lignes de malade, avec des réceptions à pleine vitesse où la chute guette quiconque ne maîtrisant pas le spot à la perfection. Les séquences les plus folles ou les ratés les plus impressionnants peuvent être partagés avec les autres joueurs. En effet, nous pouvons créer nos clips vidéo avec d’éditeur de rediff et exporter nos exploits au reste de la communauté.

Les paramètres peuvent être modifiés pour proposer plus de difficulté ou encore plus de facilité. D’autres permettent d’adapter la caméra, modifiant radicalement la perception du jeu. Enfin, le jeu s’adapte aux joueurs avec des paramètres d’accessibilités.

Tricks & Cie.

Les tricks des anciens jeux sont presque tous repris dans ce Skate. Cependant, en dehors du caveman, nous ne découvrons aucun nouvel ajout. Pourtant, de nombreuses figures pourraient être exploitées. On pense aux darkslides, caspers et primos que nous a déjà proposé le jeu Session : Skate Sim par exemple. Les joueurs de Skate 3 retrouvent donc la même expérience de jeu en ce qui concerne les tricks. Ils se réalisent exactement de la même façon, ce qui permet de retrouver le plaisir d’antan, mais n’apporte rien de nouveau à maîtriser.

Skate a ajouté pendant ses missions une aide pour savoir comment réaliser les tricks. Ainsi, les joueurs n’ont plus besoin d’aller systématiquement voir dans le Skatepedia – le guide du skate – pour savoir comment faire les tricks de la mission. Ajoutez à cela la possibilité de voir le trajet de notre analogue et la maîtrise des tricks devient un jeu d’enfant.

Des objectifs à assurer

Le jeu étant en accès anticipé, toutes les missions ne sont, en théorie, pas encore disponibles. Pour le moment, si une petite dizaine d’heures sont nécessaires pour venir à bout des principales missions, ces dernières ressemblent à un très long tutoriel. Tout au long de l’histoire, nous apprenons les différents tricks, nous découvrons les fonctionnalités en ligne et les divers outils que propose Skate. L’histoire est construite telle que, pour pouvoir accéder à certaines missions, nous devons réaliser un certain nombre d’objectifs pendant les défis. Ce qui induit que nous devons réaliser des mouvements que nous n’avons toujours pas appris, car les objectifs ne sont pas adaptés à l’avancement du joueur. Pour les anciens de la franchise, ce n’est pas un problème, mais cela peut l’être pour les nouveaux. 

En ce qui concerne les défis, Skate. reprend certaines bases. Nous retrouvons les Prends le spot, les Cascades ressemblant aux défis boucherie, mais aussi les défis Session et Ligne. Pour les Session, nous devons réaliser certains objectifs dans une zone, tandis que les défis Ligne nous guident à travers d’anneaux à récolter, tout en réalisant des actions.

Une ville bien remplie

Outre les copains, des piétons se promènent dans les rues, offrant un peu d’interactions. De même que la circulation y est dense, peut-être même trop à certains endroits. Bus et voitures cohabitent avec les skateurs et l’IA des véhicules est attentive aux joueurs, évitant les collisions au possible. Cependant, nous ne retrouvons pas les gardiens qui nous pourchassaient comme dans Skate 2. Les bloqueurs de spots qui nous ont tant donné du fil à retordre sont encore une fois aussi absents.

Skate étant un jeu uniquement multijoueurs, nous nous retrouvons à partager la ville avec d’autres skateurs dans le monde. Cela a l’avantage de donner de la vie au jeu et globalement, d’amener un aspect encore plus social. S’il était déjà possible de jouer avec des amis sur Skate 3, ce dernier opus facilite les échanges sociaux. Que ce soit avec des phrases pré-faites, des gestes ou avec un matchmaking plus accessible, les développeurs ont maximisé les possibilités de jeu en ligne. Peut-être trop, avec l’impossibilité de jouer sans connexion Internet, des missions obligeant à jouer avec d’autres joueurs et un monde modelé par tous les joueurs.

Il n’est plus possible de ne jouer qu’en solo et certains spots peuvent être sabotés par les autres skateurs. La franchise prend donc un virage s’adaptant au mode de consommation actuel des jeux vidéo. Un multijoueurs uniquement, gratuit, mais avec énormément de micro-transactions. Au passage, l’achat dans la boutique faisant augmenter le score RIDE du joueur, Skate devient alors légèrement un “pay-to-win”

La nouvelle génération de skateurs

Skate continue dans sa volonté d’être une licence de jeu de skate peu réaliste. Cela se ressent sur la direction artistique et les graphismes. Les couleurs sont ultra saturées et les graphismes ultra lisses s’inscrivent dans les designs des jeux actuels visant la nouvelle génération de joueurs. 

Les objectifs des défis sont très accessibles. Trop faciles à réaliser même, très peu d’objectifs nous donnent du fil à retordre, comparé aux anciens opus de la licence. Ajoutez à cela la redondance des défis, voire parfois le fait de se voir proposer les mêmes défis, et le jeu devient vraiment trop facile. C’est un accès anticipé, on peut espérer voir plus de diversité et plus de difficulté dans le futur, mais pour le moment le jeu est assez fade, et ce malgré le nombre de spots disponibles. Avec le nombre de figures disponibles, le jeu ne nous impose aussi quasiment jamais de réaliser de trick précis, en dehors des placements basiques comme le kickflip et le pop shov-it. 

Avec un jeu en free-to-play signé EA, nous nous doutions que les micro-transactions seraient un des moteurs du jeu. En plus d’octroyer des points RIDE, les achats dans les boutiques permettent de changer son apparence. Ainsi, il est possible de porter les fringues de ses marques préférées, comme Vans, Girl ou Chocolat. Mais d’autres tenues plus déconcertantes sont disponibles. Jouant principalement sur l’apparence, nous ne devons donc pas payer pour pouvoir profiter du jeu au maximum, malgré la gratuité de ce volet.

Pour conclure…

La franchise Skate. prend un tournant assez inattendu. En devenant un free-to-play en multijoueur, EA s’adapte aux nouveaux formats vidéo-ludiques. N’apportant cependant pas d’autres réelles nouveautés en dehors du parkour par rapport à Skate 3, Skate. est hyper répétitif et vraiment trop simpliste. Malgré le peu de communication autour du jeu et les quelques critiques négatives entendues, force est de constater que les joueurs sont au rendez-vous dans cet accès anticipé.

Les notes de la rédaction

Les points positifs

Le système de parkour

Le free-to-play

La ville

Le plaisir de jouer à un jeu Skate

Les points négatifs

Un jeu trop facile

Des défis hyper répétitifs

Des micro-transactions

Pas de grosse nouveauté concernant les tricks

Quelques bugs

Jeu obligatoirement en ligne

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