Metal Gear Solid Master Collection Vol.1

S’il existe bien une saga qui a toujours fait couler beaucoup d’encre, que ce soit via son créateur, le visionnaire Hideo Kojima, son intrigue complexe ou même son gameplay, c’est bien la série Metal Gear. Tandis que Kojima profite depuis 8 ans d’une liberté créative totale à la tête de Kojima Productions, l’éditeur Konami a décidé de remettre sur le devant de la scène la licence culte créée par ce dernier dans une nouvelle compilation. Sortie le 24 octobre 2023, cette Metal Gear Solid Master Collection Vol.1 regroupe les trois premiers jeux de la licence d’infiltration adulée par les fans de Snake, mais pas que…

Ce test a été réalisé sur une version PS5 fournie par l’Éditeur.

Des Bleus et des Boss

Le menu du jeux "Metal Gear 1 et 2"

C’est en 1987 sur MSX2 qu’attaque l’aventure de Snake et son combat contre les Metal Gear, des chars bipèdes équipés de l’arme nucléaire. Metal Gear 2 : Solid Snake sortira trois ans plus tard en 1990. Bonne nouvelle, ces deux opus fondateurs de la légende de Snake sont disponibles en bonus lors de l’achat de la compilation complète (ou de l’épisode Metal Gear Solid de la Master Collection) et vous pourrez donc démarrer au commencement de la croisade du super soldat pour maintenir la paix mondiale. Ce n’est effectivement pas des plus simple à suivre, mais la Master Collection peut aussi s’acquérir par morceaux si vous possédez déjà l’une des itérations proposée.

Les débuts du "Codec"

Toutefois, si vous optez pour cette solution, vous n’aurez pas accès aux deux Digital Graphic Novel de Metal Gear Solid (MGS) et Metal Gear Solid 2, à la Digital Soundtrack de Metal Gear Solid, à la version NES de Metal Gear ainsi qu’au désormais renié Snake’s Revenge. Ce dernier sorti en 1990 sur NES pour le public américain n’a pas été réalisé par Kojima et a été officiellement écarté de la timeline de la saga. Il est néanmoins disponible en bonus, ce qui ravira les férus d’histoire Metal-Gearienne. Cela fait donc en tout six jeux disponibles pour pas moins de cinq icônes (Metal Gear 1 et 2, MGS, MGS 2, MGS 3 et leur cortège de suppléments) sur votre console, puisque la compilation ne comporte pas d’interface globale pour s’y retrouver plus facilement.

"Metal Gear 2 : Solid Snake" est sorti sur MSX2
Le logo de l'organisation "Foxhound"

Il est à noter que pour chacun des titres disponibles vous aurez accès à un Master Book vous permettant d’en apprendre plus sur l’univers et le lore de la série, ainsi qu’à un Screenplay Book contenant le script de l’intrigue. Hélas, les deux ne sont disponibles qu’en anglais. À réserver aux anglophiles donc, ce qui est un peu dommage, car quitte à ressortir une énième compilation Metal Gear Solid il aurait été appréciable que tous les bonus soient traduits. Mais voyons désormais ce qu’il en est des Metal Gear Solid présents dans cette édition !

Le "Master Book" non traduit en français

Carton-âge

Le menu de "Metal Gear Solid" 1

Nous commençons bien évidemment avec Metal Gear Solid premier du nom qui voit l’île de Shadow Moses, en Alaska, faire face à une rébellion de soldats génétiquement modifiés. Obligé de reprendre du service pour contrer la menace des membres de son ancienne unité, Solid Snake doit infiltrer le complexe sans se faire repérer. Mais ce qui devait être une mission somme toute banale pour le soldat d’élite va se révéler riche en révélations pour lui comme pour nous… Nous en resterons là afin de ne pas spoiler ce récit qui vaut le détour tant par les thèmes abordés (le nucléaire, le pacifisme, le clonage, l’héritage…) que par sa mise en scène cinématographique. Hideo Kojima, l’homme derrière le mythe, étant un cinéphile averti qui nourrit sa passion du cinéma via ses œuvres.

L'IA des ennemis est plus fine dans "Metal Gear Solid"

En ce qui concerne le jeu en lui-même, si vous avez déjà touché à Metal Gear Solid lors de son atterrissage sur PlayStation, ne vous inquiétez pas, vous ne serez pas dépaysés puisque le titre est peu ou prou le même qu’au moment de sa sortie (si l’on excepte l’utilisation du pavé tactile pour le codec). Autant le dire, la maniabilité est également d’époque et cela risque fort de dérouter les joueurs les plus jeunes, d’autant qu’un certain nombre de bugs graphiques, coquilles dans la traduction et autres joyeusetés n’ont même pas été reprises pour cette version, ce qui rend son accès encore plus compliqué.

Le jeu est en 4:3 dans "Metal Gear Solid"  mais vous avez le choix entre les bandes noires
le "4:3" peut-être habillé par des bandes graphique

Toutefois, les twists cultes comme la rencontre avec Psycho Mantis et la fréquence secrète notée sur la boîte (virtuelle) du jeu sont toujours de la partie, ainsi que la VF désormais passée au panthéon. Pour autant, l’affichage 4:3 est de rigueur et Metal Gear Solid, bien que disponible en 1080p, ne dépasse pas les 30 FPS quand les épisodes suivants tournent en 60 FPS. Un titre qui s’en sort avec les honneurs dus à son rang d’œuvre exceptionnelle, mais certainement pas grâce à l’adaptation de son éditeur. 

La fameuse "VF" qui est entrée à la postérité

Solid et Liquid, deux états de l’eau-ffensive

le menu de "Metal Gear Solid" 2

Passons maintenant à MGS 2 : Sons of Liberty, dans lequel nous avons deux choix : lancer la version qui nous met directement dans la peau de Raiden ou celle avec le prologue se déroulant sur un tanker et dans lequel nous retrouvons Solid et c’est avec ce segment que j’ai décidé de tester cet épisode. L’action prend place en 2007, alors que Solid doit infiltrer un tanker aux mains des Marines pour photographier un nouveau type de Metal Gear : le Ray. Mais rien ne se passe comme prévu et le bateau est coulé, Snake étant déclaré coupable du naufrage et décédé dans celui-ci.

Otacon et Snake dans "Metal Gear Solid" 2
L'"infiltration" est le centre du jeu
Les graphismes sont superbes dans "Metal Gear Solid" 2

Deux ans plus tard, Raiden, un soldat des forces spéciales américaines, est envoyé sur une plateforme offshore la Big Shell. Cette dernière étant prise d’assaut par des terroristes lors de la visite du président des États-Unis. Mais la mission va prendre une tournure inattendue ! Passage sur la génération suivante oblige ce MGS 2 est bien plus beau que son prédécesseur, mais ce n’est cependant pas du fait de la compilation puisqu’encore une fois, il nous est proposé un simple portage de la version HD Collection sans aucun ajout franchement significatif de la part de Konami, le titre tournant cependant en 60 FPS.

Raiden est un spécialiste du "corps à corps"
"Raiden" est le vrai héros de ce titre

Heureusement, cet opus s’avère assez moderne pour tirer son épingle du jeu malgré le peu d’investissement de cette Master Collection et le fait d’incarner Raiden au lieu de Snake apporte un renouveau bienvenu au titre. Surtout, ce deuxième volet iconise Solid Snake via sa mise en retrait de l’aventure principale. Avec en sous-texte, une réflexion habile sur la place du héros, ainsi que sur les attentes des fans, auxquels Kojima fait un pied de nez dont il a le secret. Bien évidemment, les thématiques principales de ce MGS2 sont bien plus profondes encore, mais il serait dommage de les révéler dans ces lignes.

Bienvenue dans la jungle

écran titre de "Metal Gear Solid" 3

Nous voici enfin arrivés au petit dernier de cette compil’, j’ai nommé MGS 3 : Snake Eater, qui nous met dans la peau de Naked Snake (le futur Big Boss), alors qu’il est chargé de ramener en Amérique un scientifique russe, détenteur de secrets d’armement trop dangereux pour être laissés entre de mauvaises mains. Ayant réussi à exfiltrer sa cible, Snake se retrouve face à face avec son ancien mentor The Boss, passée à l’ennemi. Après un âpre combat, The Boss prend le dessus, envoyant son disciple gravement blessé dans une rivière. Sorti vivant de l’eau, le soldat est rapatrié, mais le Kremlin qui a eu vent de la présence des Américains sur son territoire le force à repartir en mission (encore convalescent) pour abattre la femme qui lui a tout appris ainsi que ses alliés.

Naked Snake contre "The Boss"
"Snake" est laissé gravement blessé dans la jungle

Cette préquelle qui nous propose d’en apprendre plus sur Big Boss est l’un des épisodes les plus prisés par les fans, et pour cause puisqu’en plus de l’aspect infiltration celui-ci incorpore à son Gameplay une grosse constante survie. On doit donc trouver de quoi boire, manger et se soigner dans une jungle hostile, tout en prenant en compte le poids de son barda qui influera sur l’endurance du soldat, tout en le ralentissant en conséquence (voilà qui rappelle un peu un certain… Death Stranding, non ?). Un très bon titre de base qui brille une nouvelle fois par ses qualités propres, la version proposée étant toujours celle de la HD Collection. Mais que ce soit pour les superbes musiques de Harry Gregson-Williams (Narnia, Man on Fire, Shrek, …) déjà responsable de la bande originale de MGS 2 ou son système d’infiltration, Metal Gear Solid 3 mérite que l’on lui laisse une chance.

Le "camouflage" est important dans cet opus
l'infiltration est toujours au centre de "Metal Gear Solid"
"La survie" est un aspect important du jeu

Snake Cheater

En ce qui me concerne, Metal Gear Solid est une série dont j’entends parler depuis que je m’intéresse aux jeux vidéo, sans jamais avoir osé m’y lancer. Lors de l’annonce de l’arrivée de Metal Gear Solid Master Collection Vol.1 j’y ai vu un signe qu’il était temps pour moi de découvrir enfin l’œuvre culte d’Hideo Kojima. C’est donc avec une motivation sans bornes que je me suis lancée à l’assaut de cette compilation et tout de suite je me suis heurté à l’absence d’interface regroupant tous les titres disponibles. Résultat : je me suis retrouvée perdue (notamment dans les bonus), ne sachant pas trop par où commencer. En tout état de cause, j’ai décidé de laisser cela pour plus tard avant de débuter par Metal Gear et de dérouler toute la saga un jeu après l’autre.

Une image de "Metal Gear Solid" 2

Il est indéniable que Metal Gear Solid brille par la qualité de son intrigue dont les implications géopolitiques et les relations humaines complexes en font l’une des histoires les plus passionnantes à suivre. Niveau Gameplay cela se complique un peu, car on ne retrouve ici aucune des options de confort, même les plus élémentaires que l’on retrouve habituellement dans de telles collections. Qui plus est, bien que bénéficiant du lissage de la HD Collection (sortie à l’époque sur PS3 et Xbox 360) pour Metal Gear Solid 2 et 3, les divers titres inclus affichent l’esthétique de l’époque et il va vous falloir passer outre pour profiter pleinement de l’expérience. Si sur le premier Metal Gear Solid les débuts ont été compliqués pour moi, j’ai assez rapidement remisé mes griefs sur les graphismes au placard pour ne me concentrer que sur l’infiltration et l’intrigue.

Le codec version "Metal Gear Solid"

Et là encore ce ne fut pas simple, car même si les systèmes d’infiltration et le Gameplay sont toujours aussi impressionnants, les jeux souffrent d’une certaine rigidité auquel les joueurs actuels tels que moi sont peu habitués et qui pourra en rebuter quelques-uns. Même les commandes sont d’époques et j’avoue sans honte qu’il m’a fallu un bon moment pour comprendre que, dans les menus du jeu Metal Gear Solid, il fallait valider avec le bouton rond en lieu et place du bouton croix. Une petite adaptation n’aurait donc pas été du luxe, mais on sent bien la volonté de Konami de faire le service minimum, ce qui est vraiment dommage quand l’on parle d’une franchise qui a fait autant date que Metal Gear Solid.

Ecran de "Game over"
Pour conclure…

On ne va pas se mentir, cette compilation Metal Gear Solid Master Collection Vol.1, outre la joie de pouvoir désormais incarner Snake sur PS5, n’apporte pas grand-chose à la franchise qui aurait mérité un écrin plus resplendissant. Compilation paresseuse de jeux cultes, cette Master Collection se contente de portage bête et méchant de versions antérieures des titres, ne bénéficiant même pas de quelques options de conforts quelles qu’elles soient. Certes, lors de l’achat de la compilation entière, vous aurez accès à beaucoup de bonus (malheureusement non traduits pour certains) vous permettant de creuser plus profondément l’univers de Metal Gear, mais l’absence d’une interface générale rend le contenu fouillis et difficilement trouvable. Si les possesseurs de la Metal Gear Solid : HD Collection y regarderont peut-être à deux fois avant de passer à la caisse, pour ceux qui veulent s’y lancer et que le gameplay dorénavant un peu austère (surtout sur les premiers épisodes) ne rebute pas, il est cependant appréciable de pouvoir le faire via la PS5. Bref une Master Collection qui a un petit goût d’acte manqué, tant la légende Metal Gear Solid aurait mérité un meilleur traitement. Il est à souhaiter que Konami redresse la barre pour le volume 2, encore non daté à l’heure où ses lignes sont écrites.

La  note  de la  rédaction

3/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

Des bonus bien sympas inclus lors de l’achat de la compilation complète dont deux Digital Graphic Novel

La joie de retrouver Solid Snake et les autres dans les premiers jeux de la saga

L’occasion de (re)plonger dans trois monuments du jeu vidéo (les trois premiers MGS)

Les points négatifs

Un portage bête et méchant des versions PS1 et HD Collection

Pas d’interface regroupant les divers titres, ceux-ci pouvant être acquis indépendamment les uns des autres

Certains documents bonus non traduits en français

À réserver aux fans de la première heure, car le Gameplay rigide risque de rebuter les autres

Aucune option de confort ou d’accessibilité disponible

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