Tandis que Promise Cinderella, autre série du même auteur et publiée en parallèle, continue son petit bonhomme de chemin, Les Noces des Lucioles a vu son deuxième tome sortir en librairie le 22 janvier 2025. Nous retrouvons donc Satoko, toujours à la merci de l’assassin chargé de la tuer, à qui elle a promis le mariage. Une romance sur fond de trame historique avec un pitch original et une intrigue bien plus profonde qu’il n’y paraît. Il n’en fallait pas plus pour que nous repartions d’emblée aux côtés de ce couple fait pour s’entendre, même s’ils ne le savent pas encore.
Cette critique a été réalisée avec un exemplaire fourni par l’Éditeur.

Assassin’s Bride
Assassin creepy cute
En pleine ère Meiji, Satoko Kirigaya n’a qu’un seul souhait : se marier pour l’honneur de sa famille et ce, même si ses jours sont comptés. Mais alors qu’un assassin tente de la tuer, elle lui propose de l’épouser ! Une proposition qui pourrait bien se retourner contre elle…
Avec ce nouveau shojo, Oreco Tachibana prouve combien elle maîtrise le shojo et les relations tortueuses. Outre sa 9ᵉ place dans le prestigieux prix Kono Manga des lectrices, Les Noces des lucioles a également reçu le grand prix “Minna ga Erabu!! Denshi Comic Taisho 2024”. Elle réussit même l’exploit d’avoir dépassé le million d’exemplaires de ventes au Japon, en à peine trois volumes. Une série addictive avec une héroïne bien décidée à survivre à l’assassin qu’elle doit épouser !
Glénat

Les Noces de Lucioles a comme héroïne Satoko Kirigaya, jeune fille condamnée à plus ou moins long terme à cause d’une maladie incurable. Consciente que ses jours sont comptés, elle ne souhaite qu’une chose, glorifier le nom des Kirigaya avec un mariage de convenance. Malheureusement, sa condition et les frais qu’elle risque d’engendrer font peur aux prétendants les plus fortunés, et ce, malgré sa beauté, louée par tous. Choyée par son père qu’elle adore, elle est détestée par sa belle-mère et sa demi-sœur, mais s’en accommode parfaitement.

Un jour que Satoko se rend en ville pour y acheter un cadeau pour son père, elle est enlevée par une bande de malfrats. Placée sous la protection de son assassin jusqu’à l’heure de son trépas, il empêche les bandits de s’en prendre à elle. Débarrassée de ses geôliers, Satoko est prise d’une inspiration soudaine afin d’éviter de mourir sans avoir atteint son but et déclare sa flamme à l’assassin tout en lui proposant de l’épouser.

Ce dernier, nommé Shinpei Goto, accepte et lui révèle que retourner dans sa famille risque d’être compliqué vu qu’ils se trouvent sur l’île de Tennyojima, place forte hors de la juridiction de la police où la loi du plus fort règne en maître. Obligée de s’en remettre à Shinpei pour s’en sortir, Satoko profite du statut de garde des lieux de son compagnon pour intégrer une maison close et faire acheter sa liberté. Mais les choses ne se passent pas tout à fait comme prévu.
L’île des vipères
Ère Meiji. Pour survivre à l’assassin qui tentait de la tuer, la jeune Satoko lui a proposé de l’épouser. Son mensonge s’est toutefois retourné contre elle car Shinpei fait désormais preuve d’un amour quasi-obsessionnel à son égard…
Réfugiés sur l’île de Tennyojima, tous deux prévoient de s’échapper en faisant de Satoko une courtisane. Seulement, Shinpei refuse qu’un autre homme la touche ! Satoko, de son côté, se sent de plus en plus coupable d’avoir menti à Shinpei à propos de leur mariage. Alors que tout les oppose, la distance entre eux ne fait que diminuer !
Glénat

Après avoir accepté une entrevue avec Eishin Nitobe à la fin du tome 1 de Noces des Lucioles, Satoko découvre un homme timide et gentil, à l’inverse de celui qu’on lui avait décrit. Mise en confiance par l’amabilité de son client, la nouvelle courtisane décide de s’ouvrir à lui et lui explique la situation. Dans un élan de compassion, Nitobe accepte d’acheter la liberté de la jeune fille et la demande en mariage.

Cependant, le répit est de courte durée puisque le fonctionnaire de police, après avoir ingurgité de l’alcool (placé là à dessein et remplaçant le thé), devient une tout autre personne, aussi brutale et libidineuse qu’il était doux et timide juste avant. Il faudra l’intervention de Shinpei pour éviter à Satoko d’être molestée, mais ce dernier se retrouvera blessé durant le sauvetage de sa promise. Une fois l’affaire réglée, Nitobe remis dans le droit chemin et Shinpei soigné, Satoko à une quinte de toux et finit par perdre conscience…
Lisez un extrait des noces des Lucioles – Tome 2 ici !
Adieu la concubine…
Je dois bien avouer qu’en l’espace de deux séries (en comptant Promise Cinderella présente au catalogue du même éditeur), je suis devenue très cliente de ce que peut produire Oreco Tachibana. Les Noces des Lucioles tome 2 ne fait que confirmer et entériner toutes les impressions ressenties lors de ma lecture du premier tome. Ainsi, le manga s’avère être une œuvre intrigante, à la croisée des chemins qui conjugue avec talent le drame et la violence avec des moments beaucoup plus légers. Sous couvert de narrer une romance impossible entre une noble condamnée par une maladie incurable et un assassin de basse extraction, l’autrice se sert de son intrigue pour illustrer la condition féminine japonaise dans l’ère Meiji.

Alors que le combat des femmes est plus que jamais d’actualité, cette remise en perspective de ce qu’ont pu être les droits des femmes à une époque reculée (fussent au Japon), m’a permis de prendre le temps de réfléchir sur les avancées et les progrès dont nous bénéficions aujourd’hui. L’intégration de Satoko au sein d’une maison close et sa première expérience en tant que courtisane ne vont pas se faire sans heurts. D’autant qu’avec le réveil de l’alter ego violent du timide Eishin Nitobe, Satoko qui pensait avoir trouvé une échappatoire va vite déchanter. Un petit clin d’œil à l’histoire du Dr Jekyll et Mr Hyde, servant si souvent d’inspiration (The Beast Inside) aux artistes de toute sorte.

Comme pour son illustre aîné, c’est une potion qui permet de “libérer” le monstre, l’alcool dans le cas de Nitobe, et ce dernier laisse alors cours à toutes ses pulsions, délivré du carcan des conventions sociales. Heureusement que Satoko peut compter sur la protection de Shinpei, et cet incident n’a pas vraiment l’air de la secouer plus que ça. Pour une jeune fille noble, habituée à se faire servir et à se ménager du fait de sa faible constitution, je trouve que cette dernière s’adapte très facilement au travail de l’enseigne dans laquelle elle loge. Trop peut-être. Au vu de son enfance, j’imaginais quelqu’un de plus réfractaire au travail et, quand bien même la bonne volonté serait là, au moins beaucoup plus maladroit dans la réalisation des corvées.

Je la voyais un peu comme une Emilico bis au début de Shadows House, enchaînant les bourdes, car placée dans un environnement totalement inconnu pour elle. Autre détail surprenant, bien que laissant son caractère naturel reprendre le dessus aux côtés de Shinpei, Satoko n’a pas l’air de se préoccuper de la méchanceté des autres courtisanes à son égard, elle qui n’a pour autant pas hésité à rabrouer vertement sa sœur. Ce sont des broutilles, mais que j’ai du mal à faire coller avec le caractère de l’héroïne totalement ingénue décrite dans le premier volume des Noces des Lucioles. Laissons donc le temps aux personnages de se dévoiler un peu plus avant de les analyser, je reprendrais donc le sujet une fois ma lecture du tome 3 des Noces de Lucioles, prévu pour le 16 avril 2025, achevée.
L’intrigue, et notre couple atypique, commencent à trouver leurs marques dans ce deuxième tome des Noces des Lucioles qui confirme son statut de manga original et passionnant. Maintenant que Shinpei a fait rentrer la jeune fille dans une maison close, elle doit s’adapter à sa nouvelle vie, en attendant de pouvoir quitter l’île en compagnie de son promis. Mais la promiscuité et les découvertes que fait la malade sur son futur conjoint, l’amènent à se questionner sur ses sentiments envers lui et à culpabiliser de lui mentir. C’est donc avec impatience que nous attendons la sortie du tome 3 des Noces des Lucioles calée pour le 16 avril 2025.




