Les noces des Lucioles – Tome 1

Remarquée grâce à sa première série Promise Cinderella qui date de 2018, Oreco Tachibana arrive en grande pompe au catalogue de l’éditeur français Glénat avec la série qui l’a fait connaître. En parallèle de cette sortie, l’éditeur nous propose également de découvrir Les noces de Lucioles, deuxième œuvre de la mangaka, disponible en librairie depuis le 16 octobre 2024. C’est à cette dernière saga que nous nous intéressons aujourd’hui, en suivant la trajectoire du mariage de Satoko, jeune noble condamnée par une maladie cardiaque, obligée de se lier à l’assassin engagé pour l’exécuter. Un shōjo pas si tendre, à la croisée des chemins entre le seinen et le shōnen, qui nous a enthousiasmé par ses particularités.

Cette critique a été réalisée avec un exemplaire fourni par l’Éditeur.

L’Assassin qui m’aimait

Assassin creepy cute

En pleine ère Meiji, Satoko Kirigaya n’a qu’un seul souhait : se marier pour l’honneur de sa famille et ce, même si ses jours sont comptés. Mais alors qu’un assassin tente de la tuer, elle lui propose de l’épouser ! Une proposition qui pourrait bien se retourner contre elle…

Avec ce nouveau shojo, Oreco Tachibana prouve combien elle maîtrise le shojo et les relations tortueuses. Outre sa 9ᵉ place dans le prestigieux prix Kono Manga des lectrices, Les Noces des lucioles a également reçu le grand prix “Minna ga Erabu!! Denshi Comic Taisho 2024”. Elle réussit même l’exploit d’avoir dépassé le million d’exemplaires de ventes au Japon, en à peine trois volumes. Une série addictive avec une héroïne bien décidée à survivre à l’assassin qu’elle doit épouser !

Glénat

Les noces des Lucioles débute avec Satoko Kirigaya, fille aînée d’une riche famille japonaise, souffrant depuis son plus jeune âge d’une maladie cardiaque. Les médecins sont unanimes, l’adolescente n’atteindra pas l’âge adulte. Résignée à son sort, Satoko a, depuis longtemps, décidé de se préparer à un mariage de convenance afin de rendre hommage à son père, qu’elle adore et qui le lui rend bien, et de couvrir d’honneur le nom des Kirigaya. Seule ombre au tableau, le reste de sa famille composée de sa jeune demi-sœur, Miwako et de la mère de cette dernière qui la détestent cordialement. Tandis que Satoko se rend en ville afin d’acquérir un cadeau pour son père, elle est kidnappée et livrée à la merci d’un tueur sanguinaire qui a pour instruction de la protéger de ses comparses vauriens, avant de la tuer quand sonnera 21 heures.

Résolue à survivre et à échapper à son proche trépas, la jeune femme, dont la beauté est reconnue par tous, en vient à promettre le mariage à son bourreau en échange de sa protection, lui faisant croire qu’elle est tombée amoureuse de lui au premier regard. Le tueur, nommé Shinpei Goto, bien que méfiant sur les intentions de sa promise, accepte. Malheureusement, Satoko apprend qu’elle a été amenée sur une île en dehors de toute juridiction légale, sorte d’alcôve où les hors la loi règnent en maître. Afin de rentrer dans sa ville natale, elle va devoir s’en remettre à Goto, tout en préservant l’apparence de son amour pour lui. Un jeu dangereux qui risque bien de l’amener plus loin que prévu…

Lisez un extrait de Les noces des Lucioles – Tome 1 ici !

La fleur et le katana

Les noces des Lucioles (Hotaru no Yomeiri en VO) est donc, comme nous le disions, la deuxième série d’Oreco Tachibana, dont le début de carrière remonte à 2018. C’est cette année-là que commence Promise Cinderella sur le site Manga One des éditions Shogakukan. Après avoir mis un terme à son intrigue en 16 volumes, la mangaka se lance alors sur un deuxième projet narrant le mariage entre un assassin légendaire et une magnifique jeune fille condamnée par la maladie.

Les noces des Lucioles a fait son apparition en 2023, en parallèle sur Manga One et sur la plateforme Ura Sunday. Pour mettre en image sa romance, la dessinatrice peut compter sur son style graphique aussi précis que maîtrisé qui retranscrit parfaitement la délicatesse et la douceur de Satoko, autant que la brutalité des actions de Goto. Les visages des personnages sont également très expressifs, même si la subtilité des émotions qui les traversent ne sont pas toujours évidentes pour le lecteur, et ne les en rendent que plus humains.

De plus, une certaine poésie se dégage des planches, ce qui n’atténue en rien la profondeur du reste de l’œuvre, prouvant par là même qu’Oreco Tachibana, bien que jeune dans le métier, n’en a pas moins tout pour devenir une mangaka de renom. Je ne pense pas vraiment m’avancer en disant que nous n’avons pas fini d’entendre parler d’elle et de ses créations. 

Jusqu’à ce que la mort les sépare…

Des histoires d’amour avec un tueur, j’en ai lu quelques-unes comme avec Pour le pire ou Love of Kill par exemple. Pour autant, j’avoue que dès le départ, Les noces des Lucioles m’a tout de suite paru singulier. Tant par son couple de héros complètement décalé que par les thèmes qu’il aborde parfois assez lourds. Ainsi, Satoko, belle jeune fille de bonne famille, a vécu, tant par sa condition que par sa maladie, dans une bulle dorée, totalement ignorante de la réalité du monde. Sa naïveté et sa méconnaissance vont se heurter au pragmatisme de son fiancé, qui, de son côté, à un côté enfantin qui ressort dès qu’il n’est pas en mission.

C’est cette rencontre qui crée une certaine alchimie comique, empêchant Les noces de Lucioles de basculer dans une noirceur trop prononcée. De même, bien qu’ayant accepté de mourir jeune, l’héroïne n’en déploie pas pour autant des trésors de ruses pour ne pas finir exécutée, allant même à promettre le mariage à son bourreau. Une attitude assez paradoxale, les deux chemins conduisant à la même finalité, à savoir la mort de Satoko, qu’elle soit naturelle ou provoquée. Dans le même ordre d’idée, j’ai beaucoup de mal à comprendre ce qui se passe dans la tête des protagonistes, notamment dans celle de Goto dont les actions parfois erratiques ont le don de me dérouter.

Autre point dont je ne suis pas certaine d’avoir compris toutes les nuances est celle du mariage dont il est question. Celui-ci est-il déjà acquis ? Sont-ils seulement fiancés ou le mariage est-il déjà prononcé bien que n’ayant pas été célébré ? N’étant pas vraiment coutumière des mœurs de l’époque, je reconnais que cette question reste assez floue pour moi, mais je l’ai mise de côté, je finirais bien par comprendre de quoi il retourne par la suite, pour me concentrer plus spécifiquement sur le sujet sous-jacent développé par Oreco Tachibana : une critique de la condition féminine au Japon dans l’ère Meiji.

Il est vrai que l’ère Meiji m’évoque surtout le Shinsengumi et l’après Bakufu (comme dépeint dans Like a Dragon : Ishin ou encore dans Golden Kamui). Mis en scène avec toute la délicatesse qui caractérise la mangaka, ce thème n’en est pas moins abordé de façon fidèle, montrant les inégalités et autres absences de libertés des femmes de cette époque. Une touche historique qui vient magnifiquement compléter un tableau déjà ensorcelant, nous poussant par là même, et en attendant la publication du tome 2 de Les noces des Lucioles prévue pour le début d’année prochaine, à nous jeter sur l’autre série de la dessinatrice disponible chez Glénat : Promise Cinderella.

Pour conclure…

C’est un intrigant premier tome que nous livre ici Oreco Tachibana, avec ce manga hybride qui compile des éléments de shōnen, shōjo et seinen, sans véritablement pencher plus vers un genre que vers l’autre. La finesse des dessins de l’auteur, et la douceur qui se dégage de son héroïne étant contrebalancé par la rudesse et la froideur de Goto. Pour autant, la rencontre entre la naïveté de Satoko et le pragmatisme de son “mari” crée parfois des situations assez cocasses, qui vient atténuer la violence dont est capable l’assassin légendaire. Les noces de Lucioles tome 1 a su nous captiver dès les premières pages, tout en nous donnant envie de découvrir la suite dont la sortie est programmée pour le 22 janvier 2025.

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