L’apocalypse selon Godzilla, le Japon et ses monstres

L’Apocalypse selon Godzilla, le Japon et ses monstres est un ouvrage sorti le 8 avril 2021 chez Third Editions. Écrit par Nicolas Deneschau et Thomas Giorgetti, ils décortiquent ensemble la genèse du Roi des Montres jusqu’à nos jours. En avant pour découvrir l’histoire de Godzilla !

Synopsis

La première vision du Godzilla de 1954, réalisé par Ishirõ Honda et Eiji Tsuburaya, s’avère souvent déroutante. Bien loin de l’image pop qu’il véhicule aujourd’hui, le Roi des Monstres incarnait, à ses débuts, la somme de toutes les peurs du Japon. La série est l’une des licences les plus prolifiques de l’histoire du cinéma.

De 1954 à nos jours, chaque film a porté les stigmates de son époque, faisant de Godzilla un précieux témoin apocalyptique à icône pop destinée aux plus jeunes, le monstre a évolué au fil des tendances, s’aventurant dans divers genres cinématographiques, mais il n’en a pas moins gardé un sous-texte éminent politique et social.

Dans L’Apocalypse selon Godzilla, Le Japon et ses montres, Nicolas Deneschau et Thomas Giorgetti décortiquent cette franchise qui s’est réinventée à de nombreuses reprises. Cet ouvrage analytique, qui s’intéresse tant aux coulisses des longs-métrages qu’aux thématiques sociétales liées à l’histoire du Japon, ravira les néophytes comme les fans les plus exigeants.

Source : Third Edition – Arrière de couverture du livre
Couverture : l'Apocalypse selon Godzilla. Le Japon et ses monstres... - Third Editions
Couverture : l’Apocalypse selon Godzilla. Le Japon et ses monstres… – Third Editions

Une histoire et des maux : la genèse de Gojira (Godzilla)

Godzilla, ou plutôt Gojira de son vrai nom d’origine, a été créé peu de temps après la fin de la seconde guerre mondiale, en 1954. Le pays du soleil levant est encore traumatisé de cette guerre et notamment de l’utilisation de deux bombes atomiques sur sa population.

L’analyse de Nicolas et Thomas débute donc par une description de ce qu’a pu vivre un enfant dans les villes d’Hiroshima ou de Nagasaki le 6 et le 9 août 1945. Ce qui est d’autant plus effroyable est peut-être de savoir que ces armes ont anéanti près d’un 1/5ème de la population japonaise de l’époque, qu’Einstein avait mis en garde que sa découverte ne devait pas être mise entre toutes les mains, et qu’à l’origine les Etats-Unis avaient prévu cinq bombes et non deux…

On comprend ainsi pourquoi Godzilla, un “monstre” à l’apparence de dinosaure, a été conçu et imaginé par le peuple nippon pour représenter la menace apocalyptique du nucléaire et de la folie humaine.

Gojira 1954 I Honda
Gojira, 1954 – I. Honda

Un tout nouveau genre cinématographique avec de nombreux défis

De nombreux films sont sortis par la suite au Japon et / ou aux Etats-Unis jusqu’à nos jours. Dans les premiers temps, cela était pour faire concurrence à la machine Hollywoodienne et notamment à King Kong. Le Japon souhaitait aussi mettre en avant ses nombreux talents dans le 7ème art et au passage redorer son image de “perdant” de la seconde guerre mondiale. King Kong est donc le premier monstre à faire son apparition au cinéma. Cependant, c’est bien Gojira qui va imposer le style du film de monstre et ses règles de tournage.

Dans les années 50, la technique de suitmotion (homme en costume) est utilisée, ainsi que de nombreuses maquettes. Mais nous sommes loin d’imaginer les contraintes que cela représente. De par les dimensions du monstre, mais aussi par les outils existants de l’époque. À l’heure d’aujourd’hui où tout (ou presque) est réalisé via des ordinateurs… en 1954, jusqu’à la conception / mise sur le marché de ces derniers, c’était disons plus créatif… Le livre est bourré d’exemples et j’ai pris beaucoup de plaisir à en apprendre davantage sur les envers du décor !

J’évoquais à l’instant les ordinateurs. Cependant, de nombreuses inventions technologiques ont vu le jour entre 1954 et aujourd’hui. Certaines ont même contraint le cinéma à se réinventer pour pouvoir continuer d’exister. Pour citer quelques exemples : la télévision, les supports VHS / DVD / Blu Ray et enfin Internet, avec notamment les plateformes de streaming.

Une arrivée et une popularité tardive en France

Le premier film de Godzilla est sorti en 1957 en France. Cependant, le film est alors en accès limité (un seul cinéma le diffuse), et à l’époque je suppose que le 7ème art n’est pas à la portée de tous. Il faudra ainsi attendre de nombreuses années pour que les français puissent enfin faire une place au roi des monstres dans leur culture.

Néanmoins, et personnellement, c’est toujours ma maman qui m’amenait dans les salles obscures. Et quand les japonais ont voulu passer de films à messages politiques aux films de monstres, c’est grâce à un nouveau public (féminin notamment) que Godzilla s’est réinventé. De monstre, il est passé à combattant (on parle même de monsterverse), puis à porteur d’espoir, etc. De dinosaure à “dinosaure féminin”… Et j’en passe ! Nous restons tout de même fortement influencés par les Etats-Unis. Puis, avec l’invention des consoles et des jeux vidéos, c’est les générations des années 80 qui vont pouvoir répandre plus largement la pop culture, et notamment la légende de Godzilla.

Mon avis sur L’Apocalypse selon Godzilla, le Japon et ses monstres

Mes premières réactions à la lecture de cet ouvrage ont été l’horreur : les premières pages sont d’une violence inouïe, mais tellement vraies. Puis de l’étonnement, car 1954, c’est aussi l’année de naissance de mon papa et je ne voyais pas Godzilla aussi ancien. Dans mes souvenirs, j’ai dû surement voir lorsque j’étais petite un ou deux films de Godzilla, mais je me rappelle surtout des dessins animés. Ce reptile aux proportions immenses aide les humains à combattre la menace Alien ou encore bien d’autres monstres. Et qui manque toujours à un cheveu d’anéantir les ponts en replongeant dans l’océan.

En tant que française, je me rends désormais compte que l’image que j’ai de Godzilla est bien loin de ses origines. Forte influence américaine, et surtout le personnage est représenté comme “gentil”. Alors que, comme je vous disais plus haut, il était surtout un symbole politique : remettre en question le nucléaire (notamment les bombes atomiques), le capitalisme, le réchauffement climatique… Bien entendu, il a évolué avec le temps, mais c’est avec de tels ouvrages que l’on peut prendre un peu de recul.

Non il n’y a pas que Hollywood et les blockbusters, il y a aussi tout un tas de gens passionnés, et qui se sont battus pour pouvoir créer et montrer leurs idées au plus grand nombre.

Pour conclure…

Si vous êtes un passionné de Godzilla mais surtout d’histoire, et notamment de cinéma, alors cet ouvrage est fait pour vous. Si, en revanche, vous cherchez plus un roman, passez votre chemin. Découpé en 6 grands chapitres, vous découvrirez l’histoire d’un peuple, mais bien plus encore… À découvrir et à dévorer chez Third Editions !

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