

Annoncé en novembre dernier lors d’un live sur la chaîne Twitch de l’éditeur Glénat, Hero Organization débarque comme un boulet de canon avec robots et bagages. Paru le 3 juin 2026 en boutique, Hero Organization est la quête de Leonidas Tyler qui veut absolument intégrer les plus hautes sphères de l’institution pour apprendre la vérité sur la mort de son père, tombé au champ d’honneur en sauvant des centaines de vies de l’attaque d’un star beast, mystérieuse créature attaquant les colonies humaines. Pour le jeune Leo, le but est de découvrir ce qui se cache derrière les mensonges et la propagande de Hero Organization, afin de détruire l’organisme gouvernemental de l’intérieur. Que le combat commence !
Cette critique a été réalisée avec des exemplaires fournis par l’Éditeur.
AIGIS Rim
Dans l’espace, personne ne vous entend vous venger
Confrontés à une multitude de problèmes menaçant leur survie sur Terre, les humains ont lancé une vaste campagne de colonisation spatiale lors de la deuxième moitié du XXIe siècle. Une centaine d’années plus tard, un nouveau péril se présente sous la forme de mystérieuses créatures appelées “star beasts”. Pour les combattre, les Terriens construisent de gigantesques armures robotiques : les AIGIS. Leurs pilotes, qui défendent les colonies spatiales au risque de leur vie, sont de véritables héros aux yeux du peuple. Ryu Tyler est ouvrier dans une usine de fabrication d’AIGIS. Il ne roule pas sur l’or mais vit heureux en compagnie de son fils Leo.
Ceci est l’histoire d’un homme ordinaire qui devient un héros.
Glénat

Au départ de Hero Organization, les humains ont dû coloniser l’espace pour espérer survivre à une planète condamnée par la surpopulation, le changement climatique et l’épuisement des ressources. Cependant, une nouvelle menace pèse sur les colonies, celle des star beasts, d’étranges créatures qui représentent un danger bien réel pour les hommes. Pour contrer ce fléau d’un nouveau genre, l’humanité a créé les AIGIS, de puissants robots géants, et leurs pilotes sont vite devenus des héros aux yeux de la population. Ryu Tyler est un père solo entièrement dévoué à son fils Leonidas, 10 ans, petit prodige du pilotage d’AIGIS en VR.

Ayant depuis longtemps remisé au placard ses rêves de piloter un des formidables robots de l’armée, il est désormais ouvrier dans une usine qui fabrique des AIGIS de série modèle Zulab. Un modèle considéré comme peu performant au regard des modèles plus récents comme le Siegfried. Bien décidé à soutenir au mieux son fils pour respecter le souhait de sa femme décédée, il a un jour la surprise d’être appelé au Ministère du Bonheur et apprend qu’il serait compatible pour devenir pilote d’AIGIS. Mais devant la perspective de devoir laisser seul Leo, fut-ce durant un an, il refuse. Pourtant, la perspective de devenir enfin un père digne des capacités de son rejeton, ainsi que les encouragements de ce dernier finissent par le décider à aller passer le test.

Ayant réussi l’examen, Ryu laisse Leonidas aux bons soins de sa sœur et s’envole pour son affectation. Mais là-bas tout n’est pas rose et les difficultés s’enchaînent pour les pilotes civils. Devant la complexité de sa mission, Ryu comprend finalement que sa place est auprès de son fils et décide de démissionner. Malheureusement, un star beast fait son apparition et attaque un convoi de passagers, obligeant le pilote à intervenir. Bien qu’ayant sauvé la base et le convoi, Tyler meurt en héros, laissant son petit garçon inconsolable. Huit ans plus tard, Leonidas s’apprête à intégrer l’école des officiers de l’armée spatiale pour y suivre les traces de son père et devenir à son tour un héros ou a-t-il un autre but en tête ?
Découvrez un extrait de Hero Organization – Tome 1 ici !
Héros malgré lui…
À la tête de Hero Organization on retrouve un duo composé de Kei Saikawa au scénario et d’Akira Takahashi au dessin. Bien que l’un comme l’autre n’en soit pas à leur première réalisation : Kei Saikawa ayant déjà officié comme auteur sur Mekkoku no Kangan et Akira Takahashi sur Master Grape et Second brain, aucune de leurs oeuvres n’avait encore jamais atteint les frontières de l’hexagone. C’est désormais chose faite avec Hero Organization, qui se trouve être également leur première collaboration. Prépublié depuis 2024 sur la plateforme Shonen Jump +, la série arrive dans un contexte où les récits de robots sont devenus relativement rares au sein de l’écosystème Jump.

Un positionnement qui lui permet de se démarquer immédiatement, tout en renouant avec une tradition du manga de science-fiction portée autrefois par des œuvres comme Gundam, Evangelion ou encore Macross. Pour autant, affilier le manga à une banale série de space opéra serait une grosse erreur, même si on en retrouve tous les codes du genre… du moins au début. En se laissant porter par les dessins affutés d’Akira Takahashi qui sait donner corps aux robots comme personne, on s’imagine très vite suivre le parcours de Tyler père et fils pour devenir les champions de l’humanité aux commandes de leur robot de combat.

Il faut dire qu’en prime les personnages possèdent un charisme de dingue et que les scènes de combat dans l’espace sont aussi explosives que les armes des héros en termes de mise en scène. On ressent d’ailleurs les influences du dessinateur au travers de certains protagonistes, Milly Blackwell m’évoquant Asuka d’Evangelion (sans en avoir le caractère) et Klin Bigman étant un mini Izuku Midoriya de My Hero Academia. Cependant, la mort de Ryu vient totalement rebattre les cartes et Kei Saikawa arrive à nous cueillir en faisant basculer son intrigue dans quelque chose de bien plus personnel pour le jeune Leonidas, une quête de vérité, mais pas que…
400
Bien que n’étant pas une grande fan des space opéra et autres histoires de robots à la Macross ou Gundam, je suis passée à côté de nombre de grandes licences du genre, tant les intrigues m’apparaissaient comme génériques d’un titre à l’autre. Sauf peut-être Evangelion, mais dans ce cas précis le sous-texte du manga et ses références m’interpellaient bien plus que la présence de combats en robots géants. J’ignore encore ce qui m’a poussée à m’intéresser à Hero Organization, mais le fait est que j’ai décidé de lui laisser une chance et je dois bien reconnaître que je ne le regrette pas, même si les trois quarts du premier tome m’avait conforté dans l’optique que je lisais une série de science-fiction, certes bien ficelée, mais dont le propos était du déjà vu.

Puis arrive l’attaque d’un star beast qui va signer la fin de Ryu Tyler et faire prendre à l’intrigue une nouvelle dimension. Il est cependant difficile de vous en dévoiler plus sans spoiler, sachez juste que le pilote a réussi à repousser son assaillant, qui s’est enfui avant son trépas, et que sa mort n’est pas due aux suites de cet affrontement. A ce propos, j’aime beaucoup le personnage de Ryu, père ayant tout donné pour élever son fils seul, suite à la mort de sa femme. La fierté qu’il ressent pour son rejeton et les efforts qu’il fait pour tenter de lui offrir le meilleur sont touchants, tout comme le fait que le petit Leo essaye toujours de faire au mieux pour ne pas blesser les sentiments de ce dernier.

On comprend assez vite les motivations de Leonidas à entrer à l’école des officiers de l’armée spatiale, afin de découvrir les circonstances exactes du trépas de son père et on y adhère à 100%. Bien que le deuxième tome se révèle plus classique, décrivant la vie à l’internat de Leo et les rencontres qu’il va y faire, les thèmes amorcés dans le premier tome comme la propagande gouvernementale, les mensonges entourant les “héros” de la nation et le traitement des troupes civiles par les militaires sont suffisamment prenants pour qu’on ne décroche pas un seul instant. Un petit mot sur le coffret collector proposé par Glénat pour la sortie des deux tomes de Hero Organization, contenant, au sein d’un coffret en carton rigide frappé des couvertures des tomes 1 et 2, un ex-libris et un stylo lampe aux couleurs de la licence.

Pour à peine un euro de plus, vous aurez donc des goodies très sympathiques et surtout les deux premiers tomes de la série, ce qui est un gros avantage, tant je vous déconseille de ne vous procurer que le premier volume de Hero Organization, ce qui risquerait de vous frustrer au plus haut point. Pour ma part j’attends avec impatience la suite des études de Leonidas qui va désormais devoir surpasser ses 400 condisciples afin de finir major de promotion pour espérer intégrer les hautes sphères de l’armée et faire enfin la lumière sur la disparition tragique de son père. Il va toutefois falloir faire preuve de patience puisque le tome 3 de Hero organization n’a pour l’instant aucune date de sortie.
Derrière ses robots géants, ses combats spatiaux et ses allures de space opera classique, Hero Organization cache finalement une intrigue bien plus intime qu’il n’y paraît. En transformant la quête de Leonidas en véritable chasse aux mensonges et aux secrets d’État, Kei Saikawa parvient à donner une saveur particulière à un genre que l’on pensait avoir largement exploré. Reste désormais à voir jusqu’où le jeune pilote sera prêt à aller pour découvrir ce qui est réellement arrivé à son père. Une chose est sûre : après ces deux premiers tomes, difficile de ne pas avoir envie de l’accompagner dans cette quête de vérité, même s’il faudra malheureusement patienter avant de pouvoir embarquer à bord du tome 3.




