Après Caste Heaven, Chise Ogawa revient chez Taifu Comics avec une nouvelle aventure. VS Love, connu au Japon depuis 2022 en deux tomes, nous met en scène une rivalité entre écoles dans la ville de Fûrai. Bastons, guet-apens mais aussi amour sont au rendez-vous. Une aventure disponible chez votre libraire préféré et sur Amazon le 28 février 2025 pour 9,35€.
Cette critique a été réalisée avec un exemplaire fourni par l’Éditeur.


Un boy’s love à la Roméo et Juliette
Dans la ville de Fûrai, née de la fusion des communes de Fûun et de Raiden, les dissensions font rage entre les habitants des anciennes villes. Même les élèves des lycées Fûun et Raiden se livrent une guerre sans merci. Alors que le lycée Fûun, sous les ordres de son boss, Marin Ibuki, semble avoir l’ascendant, l’arrivée d’un nouveau leader au lycée Raiden, Nikoru Tsuzumi, rebat les cartes. Ces deux-là n’ont rien en commun et ne devraient sûrement pas se fréquenter, mais le destin va en décider autrement…

Dans VS love, nous avons le droit à une ambiance guerre de gangs dans une ville. Le clan d’Ibuki contre celui du lycée Raiden qui récupère un nouveau leader. Le combat va donc commencer entre Tsuzumi et Ibuki. Ou pas. Car finalement, si Ibuki prend son rôle très au sérieux, il apprend aussi à s’apaiser dans les bras d’un inconnu. Il est loin de s’imaginer que celui pour qui il craque n’est autre que son pire ennemi. Une aventure sur fond de love story interdite un poil niaise…
Des clans de beaux gosses !
Oui, on va parler comme ça. Car dans VS love, on est sur deux bandes de jeunz au langage peu conventionnel. Ou plutôt au comportement puéril. Les guerres de territoire ici sont là pour savoir qui aura le burger du coin, et là, ils sont prêts à se taper dessus pour avoir le monopole du restaurant. Néanmoins, les habitants ne sont pas contre et cette guerre de gangs leur va car cela permet de défendre leurs idées.

Les deux clans se détestent et se battent dans le quartier. Mais quand les deux lycées vont fusionner, ça devient compliqué. Quel lycée va devoir fermer ? Du coup, que va devenir le clan de l’école qui fermera ?
Concernant les héros, c’est là que ça se corse. Ibuki est un leader et on voit clairement qu’il ne rigole pas. Contrairement à Tsuzumi, qui semble tout prendre à la légère et qui veut faire passer « Marin » avant tout. Marin qui est Ibuki, mais puisqu’on l’appelle par son nom de famille, cela reste secret. Bref, nous avons donc avec chacun de nos héros un groupe. Mais on ne sait rien d’eux ou très peu de choses et c’est dommage. Certes, nous n’en sommes qu’au tome un, sauf qu’au Japon la série est finie en deux tomes. Donc je doute qu’on en apprenne un peu plus sur les amis de nos héros et c’est dommage. Pourquoi jouer sur des clans et montrer des personnages si derrière on ne sait rien d’eux ? Dans Queutard légendaire et cul d’acier, on ne nous montrait pas les amis de nos héros, donc cela n’était pas intéressant de s’en préoccuper.
Une romance trop précipitée
Le gros défaut, et c’est celui que l’on retrouve souvent dans les boy’s love en peu de tomes. À peine Ibuki rencontre Tsuzumi que le voilà amoureux et inversement. Bon, en soi, j’ai envie de dire qu’on a l’habitude, on a souvent ce scénario. Mais ce qui me rend dingue, c’est le changement de comportement d’Ibuki. Le leader de Fûun, sûr de lui et prêt à en découdre avec le clan adverse, devient un vrai saule pleureur dans les bras de Tsuzumi, qu’il connaît à peine. Qu’il craque quand il y a sa phobie, ok, je peux comprendre. Mais là… Trop, c’est trop. À croire que c’était obligatoire d’avoir un dominant et un dominé dans l’histoire. Et encore, Tsuzumi n’a rien d’un dominant, c’est plutôt le gardien de son Crush.


Bref, l’idée de Roméo et Juliette fonctionnait bien à l’époque. Les romances rapides, les coups de foudre, ça passait. Mais maintenant… Et je pense que dans un BL, ça passe encore moins bien. Surtout quand on nous vend deux leaders sûrs d’eux comme ça. Nous aurions eu un petit fragile et le gros dur, je ne dis pas, ça aurait pu passer. Mais là… Ibuki, un leader qui chouine dans les bras du premier venu, non merci.
Mon avis sur VS Love – Tome 1
Un avis assez mitigé pour ma part. Tokyo Revenger est sûrement le seul manga de rivalité scolaire que j’aime. Mais je dois avouer que Queutard et Cul d’Acier avait eu son petit effet côté humour et spicy. Alors je me suis dit pourquoi pas tenter VS love. Surtout quand je vois « la romance de Roméo et Juliette s’invite » dans le résumé. Pour le coup, j’ai beaucoup aimé les dessins. Les décors sont sympas et en plus chaque membre de gang a un style à lui. D’ailleurs, c’est aussi pour ça que je trouve dommage qu’il n’y ai pas plus de détails que ça sur leurs histoires. Cela aurait pu être intéressant et surtout cela aurait permis de mieux comprendre cet amour interdit.


L’histoire, quant à elle, n’est pas la plus originale, mais elle a le mérite de faire vendre. La trope de l’amour interdit a toujours eu son petit effet et encore plus quand il y a des histoires de clans.
Ce qui est un non total chez moi, c’est clairement la relation Ibuki Tsuzumi. Deux leaders qui changent beaucoup trop. Tsuzumi, malgré son côté tordu, reste un je-m’en-foutiste. En soi, son comportement avec Marin n’est pas choquant, même s’il reste un peu niaiseux à mon goût. Ce qui m’agace le plus, c’est Ibuki et ses faiblesses. Sa phobie, je peux l’entendre, mais on passe d’un meneur à un chiot apeuré, et ça, c’est un peu trop à mon goût et c’est dommage.
Ajoutez à cela le côté romance en trois pages. Ils ne se connaissent pas, c’est le coup de foudre et c’est limite s’ils ne vont pas déjà se marier alors que dehors une guerre de clans fait rage.
Roméo et Juliette a fait couler tellement d’encre que voici un remake en mode boy’s love. Une réécriture qui ne fera pas l’unanimité. Une romance trop vite expédiée, une guerre de clans sans utilité puisque la romance prend toute la scène, et un leader qui a tout d’un chiot apeuré. Mais si vous cherchez de la tendresse en peu de tomes, il saura vous séduire.




