Hellsing : Perfect Edition – Tome 1

Hellsing est un manga de Kōta Hirano, un auteur atypique qui a pourtant commencé en tant qu’assistant, comme souvent dans ce milieu. Il créera par la suite des séries hentai comme premiers faits d’armes. Mais c’est finalement avec Hellsing que le succès va arriver. Le titre a été prépublié à partir de 1997, puis compilé en dix volumes. Le manga aura droit à deux adaptations vidéo, la première par le studio d’animation Gonzo, en 13 épisodes, et la seconde sous forme d’OAV. Il est vrai qu’avec des thèmes forts et variés tels que la guerre et les conflits religieux, le tout saupoudré de surnaturel, de sang et de vampires, le manga donne envie d’être parcouru. Personnellement, Hellsing est une série que j’avais découverte il y a maintenant quelques (!) années en animé et j’avais eu un véritable coup de cœur pour cette œuvre. Donc, lorsque j’ai vu qu’une re-publication du manga dans une édition prestigieuse était prévue, je ne pouvais pas passer à côté.

Cette critique a été réalisée avec un exemplaire fourni par l’Éditeur.

En Angleterre, l’organisation secrète Hellsing agit pour protéger le pays des forces du mal, dont les vampires.

Delcourt/Tonkam

Rele-Gore

Hellsing nous raconte l’histoire d’une organisation britannique fondée par Abraham Van Hellsing (oui, avec deux L), dont la particularité est de combattre les forces surnaturelles et démoniaques qui menacent le Royaume d’Angleterre. Tout commence dans la ville de Cheddar, où Alucard, un agent spécial de l’organisation, est envoyé pour enquêter sur des meurtres et disparitions. Il va y rencontrer Serras, une policière, qu’il va prendre sous son aile.

À partir de là, le manga va nous présenter trois organisations rivales : Hellsing donc, une organisation protestante. La Section XIII Iscariot ensuite, division du Vatican, et catholique donc. Elle permettra à l’auteur de mettre en lumière les dérives de la foi dans sa lutte contre nos protagonistes. Enfin, nous aurons Millenium, une organisation de néonazis qui développe une armée de vampires, tout un programme donc. Et c’est d’ailleurs ainsi que Hellsing parvient à nous offrir une belle galerie de personnages tous plus charismatiques les uns que les autres. Petit tour d’horizon…

Le Chant de l’Enfer

Alucard sera le héros central du manga (Alucard dont le nom est l’anacyclique de Dracula, à l’instar de la Redrum de Shining (murdeR), et ça en dit déjà long sur le personnage). Ce dernier est le vampire personnel, et surtout l’arme secrète, de la société Hellsing. Doté de pouvoirs extraordinaires, dont celui de régénération, il est également très cruel, bien qu’ayant des sursauts d’humanité de temps à autre. C’est un personnage complexe qui va évoluer sous nos yeux tout au long de l’œuvre. Serras prend le second rôle. Avec sa fragilité humaine, c’est à mon sens à elle que nous nous identifions le plus en tant que lecteur. En effet, à travers ses yeux de néophyte, nous découvrons le monde des vampires et autres goules, mais également les organisations telles que Hellsing, Millenium ou le Vatican.

Vient ensuite Integra Hellsing qui, à l’instar de Frankenstein avec son monstre, possède sa propre arme, Alucard, création de sa famille. Héritière et cheffe de l’organisation Hellsing depuis la mort de son père, son éducation militaire en fait une personnalité forte, respectée et intrigante. N’oublions pas Anderson, de la division XIII Iscariote, dit le Paladin. Comparable à Alucard sous bien des aspects, ce prêtre, si on peut l’appeler ainsi, est la botte secrète du Vatican. Ce personnage ultra-charismatique est lui aussi cruel et fanatique, ce qui lui donne un grain de folie, au sens propre comme au figuré. Et enfin, nous avons Walter, fidèle serviteur de l’organisation, qui, sous ses airs de dandy, possède également un pouvoir effrayant et destructeur.

On sent très vite à la lecture de ce premier tome que c’est à travers ces différents personnages opposés par leurs idéaux, par leurs croyances et tout simplement par leur essence même, que l’auteur souhaite nous faire réfléchir à certains sujets, dont le principal reste la religion institutionnalisée. Ce n’était pas une mince affaire de parvenir à transporter la thématique du vampire au-delà de ses poncifs habituels, même si on sait que c’est un sujet qui a déjà été traité à maintes reprises dans divers médias tels que la littérature, le cinéma, et les jeux vidéo, et dont les règles changent légèrement à chaque fois.

Pourtant, l’auteur trouve ici un vent de fraîcheur. Dans Hellsing, les clichés, qu’ils soient anciens ou récents, ne sont pas trop présents (pas de peau qui brille au soleil par exemple, pas d’érotisme à tout va non plus…), mais pas de subtilités particulièrement innovantes ou outrancières non plus. Simplement, de nouvelles règles sont créées afin de nous offrir un très bon récit et un univers très intéressant, où il va sans dire que l’on n’a pas peur de mettre les mains dans le cambouis (ou plutôt le sang).

Force de frappe de l’église protestante, ce groupe dispose d’une arme secrète des plus inattendue : Alucard, un vampire surpuissant armé jusqu’aux dents et apparemment invulnérable.

Delcourt/Tonkam

Sang pour Sang Validé

Avant d’aborder les graphismes des planches, arrêtons-nous sur la couverture de ce recueil ! Avec ses allures de grimoire d’invocation, ainsi qu’avec son effet cuir, tout de noir vêtu, rehaussé des écritures en rouge métallique, il est tout simplement sublime ! Ces deux couleurs symbolisent parfaitement la noirceur du manga, et également la quantité de sang que l’on va y trouver. On comprend, grâce entre autres au pentacle apposé sur cette couverture, et aux éclaboussures rouges, que c’est bel et bien un seinen gore que l’on a entre les mains (et non un shōjo si certains hésitaient encore).

Et si un doute persiste malgré tout, le petit cercueil sur la tranche, où on retrouve le numéro du tome, finira de vous convaincre que nous sommes bel et bien dans un univers particulièrement morbide. En ce qui concerne le dessin en lui-même, malgré le style de prédilection de départ du mangaka (axé sur le hentai), les personnages féminins ne sont pas des clichés ambulants et sexualisés. Entendons-nous bien, elles vont être dessinées de façon sexy, chacune à leur manière, avec des poses parfois suggestives, mais cela va passer au second plan et toujours bien s’intégrer avec l’action en cours ou l’histoire, elles ne seront pas là pour être là. Elles auront un rôle, souvent important, une personnalité, des sentiments etc.

Mais leur mission se corsera quand ils devront faire face au Vatican et à ses brigades anti-monstres…

Delcourt/Tonkam

Et si fan service il y a, on le retrouvera plutôt du côté gore que du côté sexy. La patte graphique de l’auteur est vraiment incroyable et sort des stéréotypes que l’on peut croiser habituellement. Ici, le trait est nerveux, l’auteur joue avec de nombreux clairs-obscurs, et l’encrage est très sombre. Cette frénésie de traits et cet aspect dynamique peuvent cependant avoir un défaut. En effet, j’ai personnellement eu un peu de mal à différencier certains personnages entre eux car ils manquent à certains moments de signes distinctifs clairs et précis ou de finesse dans les visages. Par contre, carton plein lors des phases de combat, où les visages se déforment par la rage, les bras sont disproportionnés, les sourires carnassiers.

Cela rend les scènes très bestiales et violentes, et c’est ce qu’on aime dans ce manga. Grâce à ce cocktail explosif, les combats sont d’un dynamisme époustouflant. D’ailleurs, impossible de parler des combats sans parler des armesTotalement fausses et inventées de toutes pièces par l’auteur, elles sont tout aussi démesurées que le reste. Que ce soit en termes de proportions ou tout simplement en type de balles (et cette créativité loufoque, l’auteur l’assume d’ailleurs totalement via une note en bas de page). Enfin, malgré des thématiques sombres, l’auteur ne manque pas d’humour et d’un certain recul sur son travail.

En témoigne sa note en bas de page (encore une !) où il souligne de lui-même un attrait certain pour les personnages à lunettes (et les vieux aussi), ce qui leur ajoute un certain charisme selon lui. En effet, ici les lunettes se parent de reflets, typiques des mangas, ce qui confère aux différents personnages un style et une aura tantôt mystérieuse, tantôt menaçante, tantôt tout simplement stylée. Et une note d’humour sera glissée çà et là lors de phases plus tranquilles, pour approfondir les relations des différents personnages

Pour conclure…

Cette Perfect Edition porte parfaitement son nom car elle est, pour moi, un perfect sur toute la ligne ! Je partais déjà avec un a priori positif, en grande fan de la série, et là c’est plus que confirmé avec cette édition luxueuse qui rend un très bel hommage à cette série culte. Avec cette édition prestigieuse, Delcourt nous propose un très bel ouvrage où découvrir ou redécouvrir cet incroyable manga qu’est Hellsing sous les meilleurs auspices. 

Vous devriez Lire aussi
Disney Dreamlight Valley - Le Guide Officiel

Dans le même genre

Laisser un commentaire

En savoir plus sur GeeksByGirls

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture