Pendant que l’institut est bouclé par les autorités qui continuent leur perquisition, Yomiko et Toshiro parviennent à s’enfuir et à retrouver la trace du Professeur Kudai en suivant les pas du politicien Ken Hikasa. Désormais aux abois, ce dernier décide de se débarrasser du docteur qui est devenu un témoin gênant de l’affaire. Arrivés à la planque de Kudai, nos héros vont faire des découvertes qui vont remettre en question jusqu’à leur notion de justice et de vérité. Un duel psychologique de haute volée s’amorce dans le tome 7 de Fool Night, qui a fait son apparition en librairie le 19 juin 2024, toujours aux éditions Glénat.
Cette critique a été réalisée avec un exemplaire fourni par l’Éditeur.

Nightglade
Dystopie florale
Depuis cent ans, un épais nuage empêche le soleil d’éclairer la Terre. La nuit et l’hiver se prolongèrent à jamais et la plupart des végétaux périrent. L’humanité plaça ses espoirs dans la technique de “transfloraison”, consistant à transformer un humain en plante. Bien évidemment, ces opérations sont limitées aux personnes en fin de vie, pour une raison éthique… Mais lorsqu’une prime de dix millions de yens est accordée aux volontaires, certains n’hésitent pas à contourner les règles pour s’inscrire sur les listes. Toshiro est l’un d’entre eux : sans aucun avenir et fatigué de la vie, il va choisir de se transformer en plante. Mais cette opération va lui accorder des talents qu’il ne soupçonnait pas !
Glénat

Dans Fool Night, Kasumi Yasuda dépeint un monde futur au bord de l’extinction. Alors que la pollution de l’homme à créé un gigantesque nuage empêchant la lumière du soleil d’éclairer la terre, les plantes ont dépéri et avec elle l’apport en oxygène qu’elles représentaient pour la race humaine. Obligés de s’adapter à ce nouvel environnement plongé dans le noir, les scientifiques ont développé un nouveau moyen d’obtenir des plantes qui ne necessiteront que peu de clarté pour se développer et fournir de l’oxygène : la transfloraison.

Ce procédé consiste à insérer une plante directement au sein d’un organisme humain, dans laquelle elle va pouvoir se développer, finissant par causer la mort du sujet. Bien entendu, la transfloraison ne se fait que sur des patients mourants et sur la base du volontariat, même si la prime plus que substantielle donnée à cette occasion fait des envieux dans une société ou la misère est la norme. Lassé de sa vie qui n’est qu’une succession de malchances, le jeune Toshiro Kamiya décide de se faire transflorer pour échapper à sa mère démente et à une vie sans espoir d’amélioration. Il retrouve à l’institut de transfloraison son amie d’enfance Yomiko Horai qui fait tout pour l’en dissuader, mais devant l’entêtement de son ami finit par le laisser agir à sa guise.

Désormais doté du pouvoir d’entendre les voix et de comprendre les sanctiflores incapable de parler, Toshiro est engagé à l’institut grâce à Yomiko, tandis qu’un tueur d’un genre inédit fait son apparition en ville. Ivy est une sanctiflore capable de se déplacer seule et de tuer. Une fois la menace mise hors d’état de nuire, les équipes de l’institut menées par Yomiko et Toshiro cherchent le responsable derrière Ivy qui souhaite jeter le discrédit sur l’organisation gouvernementale. Ils remontent alors la piste du Professeur Kudai, du politicien Ken Hikasa et d’un jeune garçon nommé Mukuru Izumi.
Retrouvez notre avis sur Fool Night – Tome 1 & 2 ici !
Les malheurs de Mukuru
Dans un monde sans lumière, la société aux abois place ses espoirs dans une technologie appelée “transfloraison”, qui permet de transformer les êtres humains en plantes.
Toshiro et Yomiko enquêtent dans l’ombre pour retrouver le professeur Kudai, créateur d’Ivy, la sanctiflore meurtrière. Dans quel but Ivy a-t-il vu le jour ? La véritable raison de sa conception se révèle être aussi triste que cruelle…
Glénat

Ayant retrouvé la trace du Professeur Kudai dans les derniers tomes de Fool Night, Yomiko et Toshiro se ruent dans le métro, mais y sont devancés par Ken Hikasa et ses sous-fifres, bien décidés à réduire le scientifique au silence. Tandis qu’ébranlée par les propos d’Hikasa Yomiko finit par laisser filer le leader du parti anti-transfloraison, Toshiro lui refuse de cesser le combat. Mais lorsque leur wagon est séparé du reste du train, ils perdent tout espoir de rattraper leur opposant. C’est à ce moment-là que Ivy, conservé endormi à l’avant du train pour y être soigné, débarque avec la ferme intention de se venger de la jeune femme qu’il tient pour responsable de la transfloraison de sa soeur…
Lisez un extrait de Fool Night – Tome 7 ici !
“La connaissance est le plus grand des pouvoirs”
Depuis toujours j’adore les œuvres capables de vous mettre de force dans la peau de ses personnages pour nous forcer à réfléchir sur nos propres croyances et sur nos actions potentielles à la place des protagonistes que l’on suit. Fool Night en fait partie et une chose est certaine, je n’aurais pas aimé me retrouver dans la peau de Yomiko lors de son face à face avec Ken Hikasa. S’il y a une chose que j’apprécie dans mes lectures, c’est de pouvoir en intellectualiser le propos (ce que je ne me suis jamais gêné de faire ne serait-ce que dans mes critiques de Neon Genesis Evangelion Perfect Edition, Choujin X et Pour le pire par exemple).

Bon gré mal gré, j’arrive toujours plus ou moins à me ranger d’un côté ou de l’autre du rapport de force. Seulement voilà, avec Fool Night, et comme je le disais déjà lors de la critique du dernier tome, je n’arrive tout simplement pas à déterminer qui se trouve du côté de la vérité tant les arguments des uns et des autres s’entendent parfaitement. Je dois dire que Yomiko qui m’était apparu comme forte et même machiavélique au cours des volumes 5 et 7, en se prenant de plein fouet les arguments d’Hikasa sans arriver à les réfuter, m’apparaît beaucoup plus humaine et j’ai compris que cette armure de dureté dont elle se recouvre progressivement depuis le début de l’intrigue n’est en fait qu’une façade destinée à tromper adversaires et alliés.

De même, après avoir exploré le passé d’Ivy, il est difficile d’en vouloir à la sanctiflore qui n’est qu’une victime malheureuse et ignorante de plans qui la dépassent complètement. L’absence d’éducation du garçon et de sa sœur sont à l’origine de tous leurs malheurs, image inversée de notre monde où nous ne mesurons plus la chance d’avoir accès à un enseignement gratuit qui nous permet de survivre tout en évitant les plus gros dangers. Alors que l’enfant cherche un responsable à la mort de sa petite sœur et un exutoire à sa colère et à son désespoir, peut-on vraiment lui en vouloir d’avoir pris des vies, guidé par ceux qui ont voulu faire de lui un symbole ?

La question résonne dans les ténèbres de ses pages et là encore rien ne va aider le lecteur à prendre une décision autrement que par le prisme de ses convictions personnelles. Moi je n’ai pour l’instant pas encore réussi à trancher et je suis quasiment certaine que ce doute va rester en moi jusqu’à ce que le tome 8 de Fool Night vienne encore tout balayer avec de nouveaux dilemmes.
C’est un tome 7 de Fool Night assez dur émotionnellement que nous livre Kasumi Yasuda. Entre la révélation du passé d’Ivy et la difficulté des héros (et la nôtre par la même occasion) à savoir s’ils sont réellement dans le camp du bien, on continue à se questionner et à digérer sa lecture, encore longtemps après l’avoir terminée. Un volume ne démentant pas le génie du mangaka qui prend plaisir à jouer avec nous au gré de retournements de situations auxquels on ne s’attend quasiment jamais. Un art du suspens qui fait que l’on est suspendu aux dernières pages de Fool Night jusqu’à la sortie du tome 8, d’ores et déjà prévu pour le 2 octobre 2024.




