Eat me Drink me

Le 29 septembre 2023 sort Eat me Drink me en autoédition. Le sujet fait froid dans le dos et pourtant l’histoire vaut le détour. Loin des clichés sanglants des nombreuses œuvres sur le cannibalisme, Elodie Faiderbe nous offre une darkromance loin des mâles alpha, de la violence et du non-respect du consentement. Ici, nous avons de la psychologie, des personnages très malins et un sujet écrit avec une beauté prenante. Rejoignez Mads et Elena dans ce terrier de cinglés et découvrez ce monde prenant et fascinant.

ATTENTION : Eat me Drink me est une Darkromance à ne pas mettre entre toutes les mains. Si côté sexualité les personnages sont consentants, il y a tout de même de la torture, du sang et des détails sur des actes chirurgicaux et surtout le sujet principal, le cannibalisme.

L’histoire

Jamais je n’aurais dû accepter ton invitation sur ce site de rencontre. Tu devais être ma nouvelle conquête, tu seras ma perte. Je me réveille dans cette cellule, scrutant ton ombre cannibale. Mads. Tes yeux verts dévorent mon âme, ton désir m’enflamme. Peu à peu, je perds la tête, petite souris tombée dans le terrier d’un lièvre fou. Prise au piège dans ton pays des horreurs, je ne peux que jouer avec toi ton implacable décompte :

42 jours de captivité.

42 jours pour te séduire…

ou terminer dans ton assiette,

42 jours à t’entendre me fredonner :

Eat me, drink me.

Eat me Drink me – Elodie Faiderbe

Nous avons donc à faire dans Eat me drink me à Mads, un infirmier au secret très sombre. En effet, cet homme qui s’apparente énormément au lièvre de Mars dans Alice au pays de merveille est en fait un tueur en série qui ne jure que par la chair humaine. Il séduit, prend son pied avec ses proies et ensuite il les enferme dans son terrier (son sous-sol dans sa belle maison de riche) pour lui prélever des parties du corps durant 42 jours.

Mais un jour, il jette son dévolu sur Elena. Cette fille ne va pas le laisser insensible et lui va la marquer à jamais. Mais qui des deux va succomber ? Ou plutôt assumer ses sentiments en premier ? Et si Elena arrivait à faire basculer Mads ? Ou le contraire ? Pour savoir, il faudra le lire.

Savoir différencier la fiction de la réalité

On va faire une petite parenthèse. Avant de parler plus en détail de cette œuvre, il me semble important de rappeler quelque chose. La littérature est un art au même titre que la peinture, le cinéma et bien d’autres. Les œuvres sortent de l’imaginaire et ce n’est pas parce qu’on écrit quelque chose de sombre que l’on est forcément un tueur en série. Tout comme ce n’est pas parce qu’on lit ou regarde une œuvre sombre qu’on est instable mentalement.

Eat me Drink me a subi un raz-de-marée de critiques et son auteur a subi un énorme cyberharcèlement. Devons-nous relire la définition de Darkromance ? J’en ai lu des livres de ce genre et entre les mâles alpha qui abusent de leurs proies, ceux qui les frappent ou pire qui les séquestrent pendant 365 jours hein… Je ne vois pas pourquoi Mads n’aurait pas sa place. Une darkromance, c’est comme son nom l’indique une romance sombre et mieux encore ! Ce sous-genre littéraire comporte surtout des romances dites tabous ! Des sujets qui n’ont pas leur place dans la société car elles sont dérangeantes ou illégales. C’est clairement le but de la Darkromance. Donc si des sujets tels que la séquestration ou le cannibalisme vous dérangent, il faut passer son chemin.

Eat me Drink me est une FICTION. Au même titre que l’œuvre sur Hannibal Lecter qui a fasciné beaucoup de personnes. Rappelons aussi le phénomène Tik tok quand la série sur Jeffrey Dahmer est sortie. Le nombre de nanas qui osait dire que Jeffrey Dahmer était sexy (alors qu’au final elles parlaient de l’acteur)… Parfois, il faut assumer vos côtés sombres hein.

Bref, c’était ma petite parenthèse concernant ce livre qui a été critiqué de façon horrible pour de mauvaises raisons. Voyons maintenant ce qu’il contient.

Quand Alice fantasme sur le Lièvre

Elena est clairement notre Alice. Une jeune fille au passé tenu secret une grande partie du livre, qui vient de se dépêtrer de son ex infidèle et con et qui vit avec sa meilleure amie. Judith décide d’arranger des rencards à son amie et voila qu’elle se retrouve sur une terrasse avec Mads, alias Soren et rapidement le feeling passe. Ils sont sur la même longueur d’ondes mais Elena n’est pas à l’aise et voyant que ça proie va lui filer entre les doigts, il la kidnappe. Nous arrivons donc à la mort de la Elena que nous connaissons et nous allons suivre son évolution.

La jeune femme va passer par tous les stades. La haine, la curiosité car elle aussi est fascinée par le cannibalisme même si elle ne s’y est jamais adonnée et enfin la folie. Quarante deux jours de détention suffiront à la rendre folle et à nous faire découvrir ses plus sombres secrets. L’auteure arrive à nous faire changer d’avis sur une fille saine d’esprit et au final au fil de sa plume, elle va réussir à nous ouvrir les yeux sur pas mal de choses la concernant.

Mais après 500 pages on reste en haleine. Que va-t-elle faire ? La mort ? La vie ? La folie ? L’amour ? Tant de questions et les réponses se trouvent à la fin.

Quand le lièvre perd pied

Vous le savez si vous avez lu mes avis sur les contes interdits, je suis une passionnée d’esprits criminels (la série) et ce livre tout comme certains contes interdits m’a mis dans l’ambiance directement. Mads a tout du tueur en série. Véritable sociopathe et d’ailleurs il nous offre la définition dans le livre pour le différencier d’un Psychopathe. Ses joutes verbales avec Elena sont juste magnifiques et leur petit jeu du je vais avoir le dernier mot est génial. D’une intelligence hallucinante, Mads passe son temps à nous surprendre. Mais pire que tout, jusqu’au bout, on ne sait pas ce qu’il ressent pour Elena et c’est la dizaine de dernières pages qui vous balancera la vérité en pleine face.

Il est cannibale et l’assume, son humour noir annonce ouvertement son penchant mais bien sûr, personne n’imagine ce qu’il est. Tout comme Elena, son passé est sombre et on comprend vite les raisons de ses actes même si rien n’est excusable. 

Une romance qui fascine

Durant les 500 pages, j’ai suivi Elena et Mads se tourner autour, se jouer l’un de l’autre, souffrir et jouer la comédie. Jusqu’à la fin, je me suis demandé comment cela se terminerait et je dois avouer que dans  ce livre, la romance n’est pas rose et on n’a pas de coup de cœur dessus. Et ce n’est pas le but. Ils ne sont pas mignons mais ils fascinent. Ils fascinent par leur intelligence, leur répartie, leur humour et le fait qu’ils n’arrivent pas à savoir ce qu’ils veulent ou s’ils peuvent faire confiance.

On ne lit pas Eat me Drink me pour tomber inlove de ce couple. On le lit car on est attiré par leur noirceur et qu’on est curieux de savoir qui va gagner. Une fascination malsaine que tout être humain à au fond de lui. Mine de rien la littérature et le cinéma regorgent de couple de malsain qui ont attiré le regard : le conte de la belle et la bête, Bonny and Clyde, Spike et Drusilla, Hardin Scott et Tessa Young dans After et enfin dans Captive rappelons qu’Asher brûle gratuitement la main de sa Captive sur la plaque chauffante. Alors certes le Cannibalisme est horrible, mais le harcèlement, la manipulation, l’abus de faiblesse ect c’est tout aussi horrible ne l’oublions pas.

Mon avis sur Eat me Drink me

Eat me Drink me aurait pus être un conte interdit, une réécriture d’Alice au pays des merveilles. J’ai toujours dit que le canada avait monté la barre très haute sur les réécritures sombres mais Elodie Fadherbe vient de prouver qu’en France aussi nous avions des auteurs capables de repousser les limites.

Personnellement le cannibalisme ce n’est pas ma tasse de thé. J’ai vu le cercle des neiges, cannibale holocauste, le silence des agneaux et ce n’est pas un sujet qui me fascine. D’ailleurs je n’ai pas poussé plus loin chez H.Lecter je n’ai pas accroché. Mais je dois avouer que la plume d’Elodie m’a permis d’aborder ce sujet très facilement. Certes nous avons des détails sur le sujet mais on est surtout sur le côté Psychologie de nos héros. Accepter ou non le sujet, vouloir survivre dans ce terrier, jouer la comédie pour survivre. Tout est étudié au bistouri et jusqu’à la fin on va nous garder en haleine.

La couverture m’a vite séduite aussi, on retrouve bien le côté Wonderworld et en tant que fan de Marilyn Manson à une certaine époque je ne pouvais qu’aimer les clins d’œil au chanteur et la playlist proposée pour lire dans de bonne condition.

Clairement pour moi c’est un grand oui ! Si bien entendu vous avez le cœur bien accroché et que le cannibalisme ne fait pas partie de vos Trigger.

Pour conclure…

Too late ! Elena, il est le verre dans ta putain de pomme ! Joue le jeu. Un jeu dangereux dont personne ne ressortira indemne. Qui de Mads ou Elena changera sa vie ? Quand la haine et l’amour s’entrelacent sous le regard d’un sujet tabou…Le cannibalisme. Un livre à ne pas mettre entre toutes les mains. Âmes sensibles s’abstenir.

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