Crimesight

Jaquette de "Crimesight"

Lorsque le Cluedo rencontre les Loups-Garous de Thiercelieux et Among Us, il en résulte un jeu pas comme les autres, apte à faire bouillonner les cellules grises les plus aguerries. Ce jeu, c’est Crimesight, un mélange de jeu de stratégie, de simulation et de déduction développé par Konami. Sorti le 14 avril 2022 sur Steam, le titre avait tout pour me plaire sur le papier. Mais est-ce toujours le cas après le test ?

Elémentaire mon cher Holmes

Avec Crimesight nous plongeons dans un Londres futuriste, en 2075 plus précisément. Un système de prédiction des crimes a été développé pour prévoir de futurs meurtres en se basant sur des données disponibles en ligne. Son nom ? Foresight AI. Grâce à ce logiciel et à ses conjectures, une chute de 90% des crimes commis de par le monde est enregistrée. Mais très vite, Foresight indique à ses développeurs qu’un crime inévitable, capable de plonger le monde dans le chaos le plus total, est sur le point d’être commis.

"Sherlock" le héros du jeu

Afin de contrer cette menace fantôme, il est décidé de donner vie à une IA aux capacités de déductions telles qu’ils l’ont baptisé « Sherlock », afin de détecter et de résoudre les méfaits les plus ardus. Après avoir enquêté sur plusieurs cas, Sherlock doit se rendre à l’évidence, il existe une IA capable de rivaliser avec lui et qui se trouve être l’instigatrice de ces infamies. Elle sera nommée « Moriarty ». C’est là que nous rentrons en lice pour aider Sherlock à déjouer les pièges et les forfaits perpétrés par Moriarty. C’est au sein du logiciel V221B que Sherlock nous accueille et nous demande de devenir son acolyte dans sa délicate mission. 

Retrouvez notre test complet d’Among Us ici

Minority Report

Comme je le disais en introduction, Crimesight est un savant mélange des genres, ce qui le rend unique. Vous pouvez choisir d’incarner soit Sherlock, soit Moriarty, soit Irène Adler (qui sera toujours du côté de Moriarty), chacun de ces alias possédant des caractéristiques de jeu bien à lui. Résumer le gameplay du titre est un challenge en soi, mais je vais tenter de vous en donner une idée. Sur une partie qui dure entre 10 et 30 minutes environ, vous pouvez choisir de jouer en 1 contre 1, 1 contre 2, 1 contre 3 et 2 contre 2. Le but des deux équipes étant de leurrer l’autre afin de tuer sa cible ou au contraire de la protéger.

Écran de lancement de partie dans "Crimesight"

Et autant vous le dire, tous les coups sont permis, ou presque. Chaque partie est divisée en journées, à la fin desquelles Sherlock vous propose ses déductions quant à qui est un assassin et une cible potentielle. Retenez bien ceci : afin qu’un assassinat soit commis, il faut que trois facteurs soient réunis : que le tueur soit en possession d’une arme, qu’il soit au voisinage immédiat de sa victime et qu’il n’y ait aucun témoin dans la pièce (en capacité de voir le crime être commis cela va de soi). Ça va pour l’instant ? Vous suivez ? Attendez c’est loin d’être fini…

Les trois I.A.

Comme je vous le disais plus tôt, chaque alias que vous pouvez incarner dans Crimesight possède ses caractéristiques de jeu propres. Ainsi, lorsque vous incarnez Sherlock, vous pouvez donner des ordres d’action à 2 personnages (3 personnages en 1 contre 1), mais si Moriarty veut contrôler la même personne, c’est son ordre qui prévaudra sur celui de Sherlock. Contrairement à ce que peut laisser supposer cette règle, ce n’est pas nécessairement un avantage, car Sherlock est alors averti que son ordre a été contrecarré par Moriarty, ce qui donne au joueur de précieux indices. En effet, quand le joueur incarne Moriarty, il connaît la position des armes et de la nourriture (oui il y a aussi un système de gestion des vivres et des armes à trouver), voit ses ordres exécutés en premier et sait dès le début de la partie qui est la victime et qui est le meurtrier.

Toutefois, il existe un joueur que Moriarty ne peut pas contrôler : la victime. Ce qui implique qu’à chaque fois que Sherlock découvre que ses ordres n’ont pas été exécutés à cause de Moriarty, le protagoniste désigné n’est donc pas « la cible ». De plus, à chaque fin de journée, l’analyse de Sherlock permet de savoir si la victime et le tueur se trouvent à moins de 3 cases de distance l’un de l’autre. Ce qui, par un habile jeu de déduction, devrait vous permettre de déterminer l’identité du futur assassin et du futur tué. Attention toutefois, Moriarty possède une taupe dans votre équipe. Il est donc au courant de toutes les communications que vous pouvez avoir avec vos coéquipiers. À vous de déterminer judicieusement qui exclure des communications pour que vos plans ne soient pas connus de l’ennemi.

les différents ordres dans "Crimesight"

Ça se complique ? Attendez, nous n’avons pas encore évoqué le cas Irène Adler ! Troisième IA disponible, Irène est là pour aider Moriarty à réaliser ses plans machiavéliques. Et même si ses capacités de contrôle des protagonistes en jeu sont moins poussées que celles de Moriarty, elle vous causera pas mal de torts. En bref, Irène sait qui est Moriarty et donc la cible et l’assassin. Ses ordres prévalent ceux de Sherlock mais, comme elle peut rester cachée, Sherlock ne saura pas non plus si elle a contré ses directives. Par contre, elle ignorera tout des communications de l’équipe des enquêteurs (même avec la taupe encore non découverte), ne saura pas où se trouvent les armes et les provisions dans le manoir et ne sera pas en mesure de donner l’ordre à l’assassin d’attaquer.

Découvrez notre critique de Murder Mystery Machine ici

Le Dernier Problème

Je vous avoue que quand j’ai lancé Crimesight, je ne m’attendais pas à ce qu’il y ait tant de règles à ingérer d’un coup avant de pouvoir se lancer. Après avoir fait le didacticiel une première fois, je me suis lancée dans les scénarios tutos et … j’ai perdu…encore et encore et encore. Il m’a fallu refaire le tutoriel complètement afin d’avoir LA révélation. Une règle, une seule, dont je n’avais pas intégrer les implications et qui m’empêchait de gagner. Une fois cet écueil passé (et j’avoue avoir été à deux doigts d’abandonner le jeu à cause de ça), tout est devenu plus fluide. Attention, je n’ai pas dit plus facile ! Chaque dogme possède de multiples implications qu’il convient de bien avoir assimilé pour remporter la partie

Crimesight est un jeu très intelligent et, je le confesse sans mal, parfois bien plus que moi. Malgré tout, j’ai beaucoup aimé l’ambiance du titre, son habillage et son concept. L’idée de ne permettre la communication entre les enquêteurs que par un système d’icônes est géniale car elle résout, à elle seule, le double problème de la barrière de la langue et du manque de courtoisie souvent inhérent aux joutes verbales des titres multijoueurs. L’ajout d’un mode permettant de remplacer les joueurs par des IA aurait été la panacée en ce qui me concerne. Il ne me reste plus qu’à espérer que le nombre de joueurs en ligne sur Crimesight sera assez conséquent pour me permettre d’y jouer encore très longtemps.

écran gagne dans "Crimesight"
Pour conclure…

Crimesight est un excellent titre pour tout enquêteur né, aimant faire chauffer les zygomatiques. Le concept est prenant et vous garantira des heures de parties dynamiques en diable. Cela dit, si vous cherchez juste un petit challenge rapide et pas trop prise de tête, passez votre chemin car l’investissement demandé de base par Crimesight risque de vous rebuter. Mais si cela ne vous fait pas peur, je vous garantie qu’il vaut largement ses 19,99 € d’achat sur Steam. Maintenant, excusez-moi, Sherlock m’attend pour déjouer un complot.

La  note  de la  rédaction

4/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

Une direction artistique accrocheuse et une ambiance huis clos géniale.

Un concept ultra original.

Les différents modes de jeu apportent un vrai plus en termes de renouvellement de l’intérêt.

Les points négatifs

Beaucoup de règles à retenir d’un coup et assénées de manière assez indigeste.

Titre exigeant qui demandera de l’investissement pour en maîtriser toutes les subtilités.

Dommage que le titre soit uniquement multijoueur, un mode de combat contre l’IA aurait été le bienvenu.

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