Astebros

L’année dernière à la même époque, nous avions mis la Mega Drive à l’honneur avec la sortie de Demons of Asteborg, un jeu pensé et conçu pour la console emblématique de Sega. Sorti en cartouche donc, mais également sur PC et Switch, ce jeu d’action aventure à la difficulté corsée nous avait mis en difficulté. Bien décidé à continuer sur sa lancée, le studio Neofid nous propose aujourd’hui Astebros, une préquelle à Demons of Asteborg, qui s’il en partage l’univers, nous plonge quant à lui dans un roguelike. Disponible depuis le 31 mai 2023 sur Mega Drive (toujours via une bonne vieille cartouche), PC et Switch, Astebros nous a-t-il autant martyrisés que son frère aîné ? On a dégainé la manette, et vous allez maintenant connaître la réponse.

Ce test a été réalisé sur une version PC.

Le chevalier de la cartouche rectangulaire

Un pigeon porteur de la "missive" qui va faire débuter toute l'aventure
La "lettre" est assez compréhensible

Astebros prend place bien des années avant les événements de Demons of Asteborg. Toujours à la recherche de nouvelles terres, les humains et les démons ont posé leur dévolu sur Asteborg un continent lointain riche de ressources de toutes sortes. Une expédition est donc envoyée sur place et tout semble bien se passer jusqu’à ce que le roi reçoive une missive de l’équipe d’exploration. Ils sont apparemment en danger et demandent l’envoi immédiat de renforts. Ce sont trois héros qui seront désignés pour accomplir cette périlleuse mission : un chevalier, un mage et une ranger.

Les héros d'"Astebros" arrivent à point nommé
Le "roi" ordonne aux héros de partir aider les explorateurs
"Astebros" est en vue.

Sommés par le roi de se rendre à Asteborg pour y délivrer leurs compatriotes, le trio s’embarque sur la mer et fait voile vers le continent inconnu peuplé de monstres de toute sorte. Cependant, une fois sur place, ils font la connaissance de Rorick, le guide local de vos compagnons disparus qui vous emmène à leur campement. De là, nos trois héros vont se lancer dans l’exploration de la contrée et dans les combats qu’elle leur réserve. On est bien d’accord, contrairement à Demons of Asteborg, ici l’histoire n’est qu’un prétexte pour justifier de partir visiter les différents lieux proposés dans Astebros. Cela étant le contexte est suffisant et on se plonge très vite dans ce monde cauchemardesque où tout semble vouloir votre peau.

"Rorick" accueille nos héros et se propose de les guider

Et ça recommence encore et encore, c’est que le début d’accord, d’accord…

Sélection du personnage dans "Astebros"

Dès le lancement d’Astebros vous aurez un choix à faire, celui du héros que vous incarnerez, sachant que chacun des personnages possède des caractéristiques différentes. Si vous êtes adepte du corps à corps avec un personnage aux coups puissants et à la défense solide, vous opterez pour le chevalier, mais attention, la faible portée de ses coups en fera un protagoniste difficile à maîtriser pour les moins habiles. Si vous préférez combattre de plus loin, vous privilégierez la ranger ou le mage. La ranger pourra tirer dans 8 directions différentes et invoquer un compagnon animal pour la seconder, c’est un personnage agile et rapide bien équilibré, mais avec une portée assez réduite par rapport au mage qui lui sera capable de lancer des sorts d’attaques longue portée ou des sorts de soutiens, uniquement vers l’avant ou vers le haut.

1er personnage le "chevalier"
2ème personnage le "mage"
3ème personnage le "ranger"

Comme vous pouvez le voir, chacun des protagonistes possédera des avantages et des inconvénients dont il vous faudra tenir compte. Sachant que vous pourrez changer de personnage à la volée avant chaque niveau, vous pourrez ajuster en fonction des ennemis et même des boss. Tout ce petit monde évoluera dans des environnements au rendu 16 bit digne des grandes heures de la Mega Drive. Il n’y a pas à dire, on en prend pleins les yeux et les oreilles avec un sound design et des musiques qui accentuent l’immersion dans ce monde hostile, sans pour autant être entêtantes, ce qui, vu le nombre de fois où vous allez refaire les stages (roguelike oblige) aurait été un vrai handicap.

les décors son superbes dans "Astebros"

En ce qui concerne le level design, celui-ci est efficace et évite de tomber dans le piège de l’ennui grâce à l’agencement aléatoire des pièces. Toutefois, au sein de ces dernières les monstres et leur placement restent les mêmes et le parcours fait montre d’un classicisme trop prononcé à mon goût. 

Dégo-mage en règle

"Astebros" à une grosse inspiration Castelvania

Bien entendu, étant un roguelike, attendez-vous à ce qu’Astebros ait une certaine difficulté intrinsèque. Le jeu étant paramétré pour jouer sur Mega Drive vous ne pourrez vous déplacer qu’à la croix et tout se jouera avec trois boutons, un bouton de saut (et même de double saut en appuyant deux fois), un de dash (permettant aussi d’esquiver) et un d’attaque. Petit conseil si vous utilisez une manette autre qu’une manette Mega Drive, il vous sera peut-être profitable de remapper les boutons pour améliorer le confort de jeu, l’attribution de base des commandes n’étant pas vraiment la plus intuitive qui soit. Heureusement, cela se change très facilement via le menu des paramètres disponible sur la page d’accueil.

Le niveau du "cirque" un grand classique

On ne va pas se leurrer, malgré cela le Gameplay souffre de la rigidité que l’on pouvait trouver dans certains jeux d’époques, ce qui est dommage, car quitte à faire un hommage à la console phare de Sega, pourquoi ne pas en profiter pour moderniser un tout petit peu la formule avec un Gameplay plus souple. En tout état de cause, Astebros est un titre exigeant, qui vous fera recommencer ses niveaux encore et encore avant d’en venir à bout. Mais vous ne serez pas seuls face à la tâche, car un système de sauvegarde automatique, ainsi que la possibilité de jouer en coopération à deux en local devrait permettre de vous faciliter l’aventure.

Notre but ? Sauver des "prisonniers"
Certains items sont assez durs à gérer dans "Astebros"
la carte d'"Astebros"

Toutefois, vous ne dérogerez pas au fait de devoir apprendre les patterns des boss afin de les occire. Sur votre chemin, vous trouverez des salles spéciales contenant des trésors aux effets variés (et pas toujours simples à gérer comme l’item rendant l’attaque 2X plus puissante, mais plafonnant la vie du personnage à 1PV), des geôles renfermant des prisonniers qui après peupleront votre camp pour vous donner un coup de main (un forgeron, un marchand…) ou encore des défis spéciaux, sachant que chacune de vos morts vous fera recommencer à zéro, sauf pour certaines améliorations permanentes. Et, pour que le challenge soit complet, chaque niveau dispose de deux boss différents, le deuxième se débloquant une fois le premier battus et doté d’une difficulté accrue.

un exemple de construction de niveau dans "Astebros"
le marchand dans "Astebros"
Les "boss" sont magnifiques

Go go Power Ranger !

Il faut bien avouer qu’après mon expérience avec Demons of Asteborg qui m’avait donné du fil à retordre, j’avais un peu de craintes en me lançant dans Astebros. Cela n’a pas duré bien longtemps, et j’ai de suite rejoint Asteborg pour me lancer dans la bataille, envoûtée par les graphismes et la musique du titre de Neofid. Après avoir testé le chevalier, dont le maniement ne me convenait pas du tout, j’ai changé de tactique et essayé la ranger, c’était un peu mieux, mais j’ai vraiment commencé à apprécier le titre quand j’ai essayé le mage. Attaquer de loin en avançant prudemment est plus dans mon style, moi qui ai des réflexes singulièrement à la ramasse.

On peut changer de personnage entre deux stages dans "Astebros"

N’étant pas non plus d’une patience folle, je n’ai pourtant pas rechignée à refaire en boucle le premier niveau, débloquant des personnages et des améliorations permanentes. Puis, mon homme qui me regardait jouer a voulu me rejoindre et nous avons testé de concert le mode coop. C’est à mon sens l’une des bonnes idées du jeu, permettant de diviser la difficulté entre les joueurs, d’autant que si l’un des partenaires meurt, il continue à suivre son coéquipier sous la forme d’un fantôme avec la possibilité de toujours lancer des attaques. Il pourra ainsi ressusciter si la mort d’un adversaire libère une plume.

En coop, le "fantôme" de l'équipier mort peut toujours attaquer
La "soupe de champignon" redonne toute l'énergie au personnage mais fait voir trouble
l'écran de chargement dispense de bons conseils dans "Astebros"

J’ai aussi beaucoup aimé les pointes d’humour dans les dialogues et les images d’Atebros, ainsi que les diverses références aux Castlevania ou aux Ghouls’n Ghosts (notamment un magicien qui sort d’un coffre pour transformer le héros qui l’a ouvert en petit chien). Bref, Astebros est un jeu qui sent bon la nostalgie et la madeleine de Proust et qui a su séduire nos cœurs de vieux gamers, malgré sa grande difficulté et les quelques défauts cités plus haut.

Une référence à Ghouls'n Ghosts dans "Astebros"
Pour conclure…

Avec Astebros, Neofid Studios confirme son savoir-faire en matière de titres néo-rétros. Si celui-ci s’avère plus accessible que son aîné, Demons of Asteborg, surtout grâce aux caractéristiques différentes des trois héros et la possibilité d’affronter l’aventure en coop locale, le challenge n’en reste pas moins ardu. Une difficulté majorée par un Gameplay assez rigide. Cependant, avec ses niveaux générés aléatoirement, sa direction artistique sublime et ses références aux jeux cultes de l’ère 16 bits, Astebros permettra aux nostalgiques de se remémorer le temps jadis, et aux néophytes de profiter d’un bon jeu à l’ancienne. De quoi être impatient de découvrir le prochain projet du studio français.

La  note  de la  rédaction

3/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

Le choix entre trois personnages aux caractéristiques vraiment différentes

Une DA tout en pixel art sublime tout au long du jeu

Le mode coopération en local

Une ambiance sonore et visuel typique de la Mega Drive

Les points négatifs

Un jeu trop rigide à manier

Un level design trop classique

Difficile avec certains ennemis de savoir si nos attaques ont bien été prises en compte

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