Apollo Justice : Ace Attorney Trilogy

Cela fait désormais quatre ans que Phoenix Wright: Ace Attorney Trilogy a débarqué sur nos consoles à grands renforts de plaidoiries et de réquisitoires, rejoint à peine un an plus tard par The Great Ace Attorney Chronicles. Il n’est donc pas étonnant de la part de Capcom de proposer à présent une compilation reprenant les trois volets de la série mettant en scène Apollo Justice, un jeune avocat amené à travailler pour la “légende” Phoenix Wright. Disponible depuis le 25 janvier 2024 sur PC, Switch, PS4 et Xbox One, Apollo Justice : Ace Attorney Trilogy tire-t-il son épingle du jeu ? En tout cas, nous n’avons eu aucune “Objection !” à nous lancer dans le test.

Ce test a été réalisé sur une version PS4 (sur PS5) fournie par l’Éditeur.

Plaidoirie à la crème d’avocats

Comme je vous le disais en introduction, Apollo Justice : Ace Attorney Trilogy est donc un regroupement des trois épisodes d’Ace Attorney mettant en scène Apollo Justice : Apollo Justice : Ace Attorney, Dual Destinies et Spirit of Justice (ainsi que les épisodes spéciaux de Dual Destinies et Spirit of Justice). Ce sont ainsi les trois opus faisant suite à ceux présents dans Phoenix Wright: Ace Attorney Trilogy qui nous sont proposés ici.

Nous sommes en présence d’un remaster des titres de Capcom que nous avions pu découvrir jadis sur DS, ces épisodes ayant bénéficié d’un lissage graphique HD de bon aloi et de l’ajout de petits bonus (une salle de concert qui vous permettra de réécouter la bande son des divers jeux de la compil, un studio d’animation pour mettre vos héros en scène dans les décors de votre choix, la possibilité de faire arborer aux avocats des costumes alternatifs et enfin une bibliothèque d’illustrations). Cela étant, mis à part le fait de pouvoir choisir l’épisode et même l’affaire dans laquelle vous voulez vous lancer, un mode histoire où vous n’aurez rien à faire à part suivre l’intrigue comme dans un film et la présence d’un historique de dialogue, au cas où vous auriez loupé une information importante, les trois titres sont rigoureusement les mêmes que ceux sortis sur DS.

Mais avant de découvrir plus avant chacun des divers opus d’Apollo Justice : Ace Attorney Trilogy, revenons un instant sur la série en général. Tous les titres d’Ace Attorney partent du même principe, il s’agit d’un visual novel d’enquête où vous incarnez un avocat qui doit démontrer l’innocence de son client, aussi bien au tribunal que sur les lieux des crimes, tout en découvrant l’identité du vrai coupable. Pour cela, vous aurez des phases d’investigations ponctuées de relevés d’empreintes, de recherches d’indices et autres interrogatoires. Sans oublier des phases de procès dans lesquelles il vous faudra démonter l’argumentation du procureur et pousser les témoins à dire la vérité en présentant la bonne preuve au bon moment.

Heureusement, pour nous aider à y voir plus clair, chacun de nos héros possède un pouvoir particulier qui pourra le mettre sur le chemin de la justice au moment opportun, comme Apollo et son bracelet qui réagit quand un témoin affiche un tic nerveux ou Athena et sa psychologie analytique. Vous vous en doutez, avec un principe pareil, ces simulations d’avocat sont très bavardes et vous aurez quantité de textes à lire pour espérer entrevoir la vérité.

Cependant, l’humour omniprésent et la qualité de la traduction des textes en français (avec nombre de jeux de mots), font que l’on se passionne d’emblée pour l’intrigue au point de ne plus pouvoir décrocher jusqu’au dénouement de l’affaire. De même, la structure : introduction, enquête, tribunal, enquête, tribunal et conclusion, qui est à chaque fois la même, peut amener les joueurs les moins passionnés à ressentir de la lassitude dans la répétition des actions à mener. 

Phoenix renaît de ses cendres

Le premier épisode d’Apollo Justice : Ace Attorney Trilogy est donc très logiquement Apollo Justice : Ace Attorney. Nous y rencontrons un jeune avocat nommé Apollo Justice et qui pour son premier procès doit défendre un pianiste/joueur de poker accusé de meurtre. Il se trouve que l’accusé est également Phoenix Wright, ancien avocat ayant lâché son badge suite à une affaire de fausses preuves sept ans auparavant. Une fois l’innocence de Wright prouvé, Apollo se voit proposer un emploi d’avocat au sein de l’Agence à tout faire Wright, dont l’ancien avocat et sa fille magicienne, Vérité Wright, sont les seuls membres.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ces débuts au sein de l’agence sont très occupés, entre le vol du chariot de M. Eldoon, Phoenix qui a été renversé par un chauffard et le vol de la culotte de Vérité, Apollo ne sait plus où donner de la tête. Et si toutes ces affaires avaient un lien commun ? C’est donc un jeu aux personnages façonnés en 2D, dans un style animé particulièrement léché, qui nous attend dans cet épisode. On y fait nos premiers pas en compagnie d’Apollo, jeune avocat sans expérience, mais qui possède une intuition accrue grâce à son bracelet qui réagit à la nervosité des personnes qu’il a en face de lui. Grâce au retour d’Ema Skye en tant qu’inspectrice de la criminelle, nous allons pouvoir effectuer des examens médico-légales et même examiner sous toutes les coutures certains indices. 

Apollo et Athéna entrent au panthéon des avocats

Suite aux événements décrits dans Apollo Justice : Ace Attorney, Dual Destinies mets en scène Phoenix Wright qui a repris son badge d’avocat de la défense et qui s’apprête à faire face à la pire crise de sa carrière avec un attentat qui a fait exploser une bombe en plein tribunal, blessant gravement Apollo. C’est donc Athena Cykes, avocate nouvellement arrivée au sein de l’Agence Wright, qui doit se charger de défendre Marguerite, accusé de terrorisme. Rejointe par son mentor, la novice va trouver le responsable de l’attaque à la bombe et innocenter la jeune femme.

C’est à ce moment qu’Apollo annonce son départ de l’Agence pour s’occuper d’une affaire personnelle, ce qui amène Athena à se remémorer son arrivée quelques mois auparavant et sa première collaboration avec Apollo, lors d’une affaire de meurtre impliquant des Yokais. Si nous sommes toujours dans des environnements en 2D, les personnages eux prennent une nouvelle dimension en passant en 3D. Autre nouveauté, nous avons accès aux capacités spéciales non seulement d’Apollo, mais également de Phoenix (et de son magatama faisant sauter les verrous psychés) et d’Athena qui est une spécialiste de la psychologie analytique (elle peut déterminer les sentiments des témoins et trouver des incohérences entre les sentiments éprouvés et les faits vécus). Il est à noter que Dual Destinies est le premier titre à ne pas avoir été scénarisé par Shu Takumi qui cède sa place à Takeshi Yamasaki à partir de cet opus.

L’âme du crime

Dans Spirit of Justice, l’ultime titre d’Apollo Justice : Ace Attorney Trilogy, Phoenix Wright est en voyage au Khura’in pour y rejoindre son ancienne assistante Maya Fey qui est en passe de finir son entraînement de médium dans le pays. Alors que son jeune guide Sou’ivel Guidh est accusé du vol d’un bijou sacré et de meurtre sur la personne de son gardien, l’avocat se présente à la barre pour défendre le garçon. Il découvre alors l’hostilité de la population envers les avocats, ainsi que les lois pour le moins particulières qui régissent la justice du pays. Obligé de mettre sa vie en jeu pour son client, Phoenix n’aura d’autre choix que de trouver le coupable.

De leur côté, Athena et Apollo sont en train d’assister à la dernière performance scénique de la grande magicienne Vérité Wright. Malheureusement, l’avant-première ne se passe pas comme prévu avec la mort de l’un des magiciens de la troupe. Accusée de meurtre par un procureur arrivé en droite ligne du Khura’in et en l’absence de son père, Vérité ne pourra compter que sur Apollo et Athena pour la disculper. La grande nouveauté de cet épisode tient surtout dans les différences inhérentes à la justice du Khura’in. En effet, dans ce pays, c’est une séance de divination qui permet de voir les dernières images ainsi que les ressentis de la victime qui permet d’amener au verdict du juge. Mais par une interprétation des faits et la mise en évidence des contradictions dans cette lecture, les avocats vont devoir trouver un autre angle d’attaque pour confondre le criminel.

Appelez-moi Right, Phoenix Right !

Cela fait plusieurs années maintenant que je suis une fan de la saga Ace Attorney, même si j’ai toujours eu beaucoup de mal à m’y retrouver entre les titres disponibles en Europe et les autres. Je suis donc positivement ravie de la volonté affichée de Capcom de permettre aux joueurs français de retrouver tous les jeux de la licence par la sortie de Phoenix Wright: Ace Attorney Trilogy d’abord et d’Apollo Justice : Ace Attorney Trilogy ensuite. C’est avec plaisir que j’ai retrouvé Apollo que j’avais découvert à l’époque dans Dual Destinies sur Nintendo 3DS pour ces trois aventures toujours aussi folles que dans mes souvenirs. Avec pas moins de 16 chapitres et 90 heures de jeu environ (suivant votre propension à trouver la solution), j’ai pu me régaler à enquêter et à crier “Objection !” à chaque fois que je trouvais une contradiction.

Cela étant, l’un de mes principaux problèmes dans ce genre de titres, c’est que je dois sans cesse me mettre à la place des développeurs pour trouver le cheminement à adopter et qui mène à la conclusion de l’affaire. Il est indéniable que j’ai parfois eu du mal à comprendre le raisonnement à tenir obligatoirement pour en arriver au verdict. J’arrive assez facilement à comprendre de quoi il retourne et les preuves à avancer, mais il m’est souvent arrivé de me retrouver coincé, voire de perdre, car ma logique était de temps en temps très loin de celle attendue, ce qui a pu entraîner de la frustration. Cependant, la qualité d’écriture, l’humour permanent et le charisme de nos divers opposants m’a très vite fait passer outre.

Que ce soit Konrad Gavin, Benjamin Hunter (mon chouchou), Nahyuta Sahdmadhi ou encore Simon Blackquill, sans compter les très nullissimes frères Boulay, on se plaît à démonter leurs arguments à coups d’objections et de contre-interrogatoires. En ce qui concerne les bonus de cette édition, je dois reconnaître que je n’ai pas réellement compris ni le but, ni le fonctionnement de la partie “Studio d’animation” qui aurait peut-être pu être accompagnée d’un peu plus de renseignements. Pour autant, j’ai adoré parcourir tous les chapitres de ce Apollo Justice : Ace Attorney Trilogy, que je conseille à tous, si tant est que la structure assez répétitive du jeu et le nombre conséquent de textes à lire ne vous rebutent pas.

Je n’ai plus qu’un espoir désormais, que Capcom continue sur sa lancée et nous propose très vite une compilation des Ace Attorney: Investigations ayant pour protagoniste principal Benjamin Hunter. Bin quoi ? On peut toujours rêver…

Pour conclure…

Apollo Justice : Ace Attorney Trilogy est une compilation des trois titres mettant en scène Apollo Justice en premier lieu et Athena Cykes en second. Avec un graphisme HD lissé et l’ajout de quelques bonus, ces aventures judiciaires ont tout pour séduire. Doté d’une durée de vie plus que conséquente, cette version vous permettra de découvrir ou de vous relancer au cœur de la bataille judiciaire dans les meilleures conditions. Si la structure répétitive et la redondance des actions inhérentes à la saga ne vous rebutent pas, je vous conseille fortement de vous y plonger, ne serait-ce que pour ses intrigues passionnantes de bout en bout. Il est temps de rendre notre verdict et c’est un “Génial !” qui conclut notre test.

La  note  de la  rédaction

4/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

Des graphismes lissés et en HD qui font mouche, même sur PS5

Une galerie de personnages tous aussi déjantés les uns que les autres

Un humour toujours aussi omniprésent

Des enquêtes toujours aussi passionnantes

Une durée de vie colossale et l’ajout de petits bonus bien sympathiques

Les points négatifs

Une structure inhérente au jeu un peu redondante

Une logique de réflexion pour avancer dans le procès pas toujours évidente à suivre

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