Ultros

Toute première création du studio suédois Hadoque, Ultros a réussi à se démarquer dès sa bande-annonce avec son côté psychédélique. Au cœur d’un univers extraterrestre, notre héroïne Ouji s’écrase dans le Sarcophage. Dans cet univers inconnu, mais pourtant si familier, elle devra explorer ce lieu étrange au travers de boucles temporelles. Avec comme objectif de briser ces cycles et d’empêcher le démon Ultros, l’ancien être démoniaque du Sarcophage, de se réveiller.

Ce test a été réalisé sur une version PS5 fournie par l’Éditeur.

Commençons par la fin

L’histoire d’Ultros est très difficile à raconter. Loin d’être le point central du jeu qui tire plutôt ses lettres de noblesse de son gameplay et de son univers, l’histoire semble ne servir qu’à donner un départ et une fin au jeu. Après 7-8 heures de jeu, j’étais toujours perdue dans l’intrigue.

Pour résumer, Ouji se réveille dans un monde psychédélique, où d’étranges plantes très colorées ondulent doucement. Au premier départ, nous rencontrons rapidement Gärdner, une créature humanoïde qui semble se préoccuper de la faune et de la flore locale. Notre aventure assez solitaire sera accompagnée d’un Extracteur qui, au fil des boucles, se retrouvera modifié pour lui procurer diverses capacités. Et c’est ainsi, à l’aide de la carte, que notre aventure commença. Avec comme objectif de s’enfuir, Ouji devra trouver et détruire tous les Shamasal. Mais cette agitation n’étant pas du goût du démon Ultros, ce dernier nous force à recommencer l’histoire en boucle à chaque Shamasal détruit. Nous repartons sans arme et sans extracteur qu’il faudra à chaque fois retrouver. Le monde semble donc se réinitialiser alors que certaines plantes continuent à évoluer.

La botanique a une place centrale dans Ultros. Nous devons planter des graines donnant naissance à des plantes, qui nous permettent de franchir les obstacles bloquant l’aspect aux différents lieux. Les végétaux deviennent au fil du temps la clé de toute évolution. Avec une petite dizaine de graines différentes, nous pouvons détacher une portion d’une plante pour l’assembler sur une autre ou sur elle-même. Un genre de LEGO végétal en somme.

Autre utilité des plantes, ces dernières nous offrent des fruits permettant à Ouji de manger et à la faune de fertiliser le sol. Un sol fertile nous donnera des plantes plus grandes et plus complètes. Nous pourrons donc manger des fruits, mais aussi ce qu’il reste des animaux/insectes que nous attaquons. Cette nutrition est indispensable pour récupérer de la vie et remplir les jauges nécessaires à l’amélioration de nos compétences. En fonction du fruit mangé, la santé se remplira plus ou moins. Le même mécanisme s’applique aux 4 différentes jauges de compétence. Une fois ces dernières remplies, elles peuvent être consommées pour améliorer les compétences du cortex dans des “bulles de sauvegarde” dispersées un peu partout dans le Sarcophage.

Parce qu’une aventure ne se déroule jamais sans accroc, différents boss se dresseront face à nous. Loin d’être insurmontables, Ultros ne propose qu’un niveau de difficulté qui se montrera très accessible. Triompher des combats, tant de bases que de boss, ne sera qu’une simple formalité. Les affrontements face aux boss sont assez nombreux et originaux, nous offrant une bonne diversité malgré un gameplay de combat basique. En revanche, les combats contre les ennemis réguliers se répètent et les attaques limitées ne parviennent pas à nous offrir des combats attrayants. Pour un metroidvania, je regrette de ne pas retrouver des attaques et des armes plus diversifiées. Car même les attaques débloquées dans le cortex n’apportent pas un réel bénéfice en combat. Ultros nous accorde la possibilité de choisir notre voie entre violence et pacifisme. Même les plus fâchés avec les conflits pourront avancer dans l’histoire.

Réseautage

Exploitant le genre métroidvania, les développeurs ont réussi à intégrer la notion de boucle aux caractéristiques propres du genre. C’est-à-dire que chaque nouvelle boucle nous permettra d’accéder à un contenu supplémentaire pour évoluer plus profondément dans le Sarcophage. Débloquant de nouvelles capacités, Ouji pourra accéder à de nouvelles salles et à de nouveaux lieux auparavant inaccessibles. Ces derniers endroits explorés nous donneront aussi de nouvelles graines, elles-mêmes nous permettant de surmonter les obstacles nous empêchant de continuer notre exploration. Même si le monde semble se réinitialiser à chaque boucle, certaines de nos précédentes actions vont influencer le Sarcophage. De même que certaines compétences du Cortex peuvent être gardées de boucles en boucles à condition d’avoir assez exploré le monde pour dénicher des mycélium mnémonique.

Comme dans tout bon metroidvania, la carte a une place importante dans le jeu. Divisées en 9 zones, toutes sont interconnectées entre elles. 7 zones se rejoignent sur une zone centrale, tandis que la zone de départ se retrouve en bout de carte. Chacune a sa propre couleur, son nom et son décor associé. Au fur et à mesure de notre avancée, la carte dévoile les lieux que nous découvrons et chaque passage non exploré est mis en avant.

Au fil de l’histoire, nous débloquons la possibilité de créer un réseau vivant. Naissant aux racines de la zone centrale, un fil du réseau nous suit sur une distance donnée depuis la dernière plante connectée. Nous devrons alors planter des végétaux qui serviront de relais, pour connecter les statues et les bulles de sauvegarde de chaque zone. Une fois une bulle connectée, nous pouvons nous y téléporter à partir d’une autre bulle déjà connectée, ce qui nous fait gagner un temps de parcours non négligeable.

À la pointe

Côté ambiance, rien ne définit mieux la direction artistique que le mot psychédélique. Entre visuel rythmé aux formes courbées, décors mouvants et couleurs variées, le ton est donné. Ajoutez à cela une ambiance sonore zen, à l’image que nous nous faisons d’une chanson d’un monastère tibétain et nous obtenons un jeu qui nous fera voyager au travers d’un trip hallucinogène. Un peu déstabilisant les premières minutes pour différencier les éléments décoratifs des objets utiles, nous nous accommodons finalement très bien de ce rendu finalement assez addictif. Car si la direction artistique nous propose une expérience unique, les graphismes viennent sublimer le tout. Avec des décors nets malgré un grand nombre de détails, Ultros est très agréable à contempler.

Comme souligné plus tôt, le gameplay d’Ultros est un point clé du jeu. S’il est assez pauvre dans les combats, il nous impressionne dans les phases exploratoires. Totalement inattendu, il nous fait sortir de notre zone de confort pour tester des manipulations peu conventionnelles. Tout comme l’ambiance générale du jeu, le gameplay reflète l’authenticité des développeurs à réaliser un jeu très différent de ce qu’on peut retrouver habituellement sur le marché. Portés par l’importance de l’Extracteur, nous devrons souder, amplifier, se propulser ou encore passer un coup de tondeuse pour arranger cet immense jardin qu’est le Sarcophage. Avec les capacités basiques de déplacement d’Ouji qui consiste uniquement à sauter, rouler et s’accroupir, le gameplay se centre vraiment sur l’utilisation de l’environnement plutôt que sur les capacités inhérentes au personnage jouable.

L’histoire principale d’Ultros demandera une dizaine d’heures en moyenne. Quelques heures en moins si vous êtes très doué et beaucoup plus si vous vous perdez. Mais la fin de l’histoire ne signe pas la fin d’Ultros (enfin si, mais vous m’avez compris). Un métroidvania ne se terminant jamais si rapidement, nous pourrons profiter du temps restant pour finaliser le jeu à 100 %. Cela signifie bien entendu, de visiter toutes les salles. Mais aussi de récolter tous les collectibles, bien qu’ils ne soient pas extrêmement nombreux. Pour venir à bout de ce 100 %, il nous faudra faire preuve d’imagination dans l’utilisation des plantes pour atteindre des sommets ou détruire tous les engrenages bloquant notre chemin.

Alors que nous sommes censés progresser à l’aide des plantes et de l’Extracteur, il y a un réel manquement dans leur description. Plus généralement, s’il existe quelques indications pour les didacticiels, aucune n’est présente pour décrire les fonctions des plantes et celles de l’Extracteur. Combinez cela à des noms quelque peu farfelus et il est très difficile de retenir quelle plante nous permettra de réaliser telle action. Nous passons ainsi une bonne partie de notre temps à planter, arracher et replanter jusqu’à trouver la plante que nous cherchions.

Pour conclure…

Pour son premier jeu, Hadoque nous surprend par la qualité mais surtout, l’originalité dont fait preuve Ultros. Véritable metroidvania, Ultros respecte totalement les codes du genre et plus encore en nous offrant une liberté totale dans notre façon de gérer l’exploration. Un peu seul au monde, nous devons découvrir par nous même l’ensemble des possibilités qu’offrent les jardins du Sarcophage. Malgré un très bon potentiel avec un gameplay unique et une direction artistique atypique, l’histoire ne suit pas et l’expérience d’Ultros peut s’avérer ennuyante pour quiconque ne persévère pas assez. Pour ceux qui restent, l’exploration du Sarcophage d’Ultros sera un moment de pur plaisir.

La  note  de la  rédaction

3-5/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

La manipulation des plantes et de l’Extracteur

Les combats de boss

La carte

La direction artistique et l’ambiance du jeu

Les points négatifs

Le bestiaire assez pauvre

Les combats généraux bâclés

L’histoire

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