The Centennial Case : A Shijima Story

Ce jeu a été testé sur Nintendo Switch grâce à une clé gracieusement fournie par l’éditeur.

Titre du générique de "The Centennial Case : A Shijima Story"

Après les récentes déclarations du patron de Square Enix sur l’importance de réaliser des jeux s’éloignant des standards occidentaux, il n’est pas étonnant de voir arriver The Centennial Case : A Shijima Story au catalogue du mythique studio. Disponible depuis le 12 mai dernier sur PS4, PS5, Nintendo Switch et PC, ce jeu d’aventure remet un coup de projecteur sur un genre un peu oublié dans le jeu vidéo : le FMV ou Full Motion Video. Alors, outrage ou hommage ? C’est ce que nous allons voir tout de suite.

Tant que brillera le jour

"Haruka Kagami" est l'héroïne

L’héroïne de The Centennial Case : A Shijima Story, Haruka Kagami, est une écrivaine de romans policiers prometteuse. Lors d’une séance de dédicace de son dernier roman, son consultant Eiji Shijima lui demande un service, venir assister avec lui à une tradition familiale ayant lieu une fois par siècle : la cérémonie du cerisier. Celle-ci se complète avec une cérémonie de succession, lors de laquelle le patriarche de la famille cède sa place à son successeur. Mais le but d’Eiji, qui a tourné le dos à sa famille depuis longtemps déjà, n’est pas de succéder à son père. Il cherche, en fait, à mettre la main sur le Tokijiku, un fruit légendaire connu pour apporter la jeunesse éternelle, et censé être en possession de la famille Shijima.

"Eiji Shijima" demande un service à Haruka et Akari

Désireux d’étudier les propriétés du fruit dans un but médical, Eiji sait que pour mener à bien son plan il aura besoin d’Haruka et de ses grandes capacités de déduction. Voilà donc notre héroïne ainsi que son éditrice parties pour la demeure ancestrale de la famille Shijima. Arrivées sur place, elles font la rencontre des autres membres de la famille d’Eiji, incluant son père Ryoei. Le chef de famille leur apprend la découverte d’ossements au pied du cerisier centenaire, ainsi que son intention de découvrir l’identité de leur infortuné possesseur. Mais lorsque Ryoei est empoisonné par un mystérieux assassin, laissant derrière lui un camélia, Haruka comprend que ce n’est qu’un début et qu’elle devra creuser dans le passé de la lignée des Shijima pour y trouver la clé de l’énigme.

La découverte du premier récit dans  "The Centennial Case : A Shijima Story"

La maison biscornue

Mais qu’est-ce donc qu’un jeu en FMV (acronyme de Full Motion Vidéo) ? Le Full Motion Video est une technique consistant à n’utiliser que des fichiers vidéo de prises de vues réelles dans la conception d’un titre. Ces fichiers remplacent alors les rendus graphiques habituels, qu’ils soient en 3D ou en 2D. C’est le cas pour The Centennial Case, qui en prime peut se targuer d’avoir de grands noms à son générique. Entre Yasuhito Tachibana (The Naked Director) à la production et à l’écriture, Koichirô Itô à la direction (Metal Gear Solid V) et Junichi Ehera comme producteur (NieR Automata), on peut dire que le projet partait sur de bonnes bases.

Tout débute avec l'histoire de "Yoshino Shijima"

Ajoutons à cela une musique composée par Yuki Hayashi (My Hero Academia) et des acteurs stars au Japon comme Nanami Sakuraba ou Yûta Hiroaka et nous obtenons un concept solide servi par une musique et une réalisation dans la plus pure tradition nippone. Quand on sait que le studio h.a.n.d. (déjà responsable de NEO : The World Ends with You) est aux manettes, on se dit que tous les voyants sont au vert pour que cette production fasse des étincelles. Le jeu ayant été conçu originellement pour être traduit dans neuf langues différentes, on pourra également saluer la qualité du sous-titrage, même si je n’ai eu accès qu’à celui en français.

Découvrez notre critique de The Great Ace Attorney Chronicles ici

Ils étaient dix

Afin de coller avec l’intrigue, basée essentiellement sur la lecture d’écrits littéraires d’autres époques, c’est tout naturellement que le jeu se divise en chapitres. Durant le mode scénario, nous suivrons donc les événements antérieurs aux meurtres, la découverte des cadavres et les investigations d’Haruka et de ses alter ego. Pendant cette phase, il nous sera demandé d’appuyer régulièrement sur le bouton X afin de collecter des indices (appelés [pistes] ou [mystères]). Puis, afin de trouver le coupable, un mode réflexion ayant pour cadre le palais mental de notre écrivaine se déclenchera. Il sera donc nécessaire de faire coïncider les [pistes] et les [mystères] pour dégager des hypothèses qui serviront de base à la reconstitution de la chronologie des meurtres. Pour cela, rien de plus simple. Il s’agit d’associer deux motifs dessinés sur des hexagones à la manière d’un puzzle, un peu d’observation suffisant à ne pas se tromper.

Mais si le titre ne tenait que sur ça pour résoudre ces affaires, ce serait beaucoup trop simple, et The Centennial Case n’aurait alors que peu d’intérêt. Il est vrai que si la formule a l’air basique de prime abord, il n’en est rien. Le joueur devra faire un réel effort de déduction pour démêler le vrai du faux. Ainsi, si les hypothèses sont formulées de façon automatique, elles ne sont pas toutes vraies et certaines pourront vous envoyer sur de fausses pistes. Enfin, une fois que vous aurez conçu assez de conjectures viendra le temps d’entrer dans le mode conclusion. Vous devrez alors sélectionner vos arguments avec soin afin de confondre le meurtrier. Vous vous êtes trompés dans vos spéculations ? Pas de panique, vous pourrez reprendre votre réflexion et recommencer votre argumentaire, cela ne fera que vous enlever des points en fin de chapitre.

Le palais mental de l'héroïne dans  "The Centennial Case : A Shijima Story"

Cold Case

Après mes déboires lors du test de Crimesight il y a quelques semaines, je voulais prendre ma revanche et me prouver que mes capacités de déductions n’étaient pas si mauvaises que ça. Qu’à cela ne tienne, The Centennial Case m’a fourni l’alibi idéal pour mettre à l’épreuve mes méninges. Je dois avouer que je suis loin d’être une inconditionnelle des jeux en FMV, que je trouve bien souvent trop réalistes (et pour cause) dans leurs intrigues. Her Story, par exemple, m’était tombé des mains après seulement une session d’une heure. Toutefois, avec The Centennial Case, ce ne fut pas le cas. J’ai été happée par l’histoire passionnante de la famille Shijima, se déroulant sur une période de cent ans, et les mystères qu’elle contenait.

Une partie de l'intrigue se déroule en "1922"

L’ambiance et la réalisation très inspirée des dramas japonais, avec le petit plus d’exagération dans l’acting des protagonistes qui en découle, sont savoureuses et servent parfaitement le récit. Le fait que l’on suive la même distribution incarnant différentes personnes dans les diverses époques évoquées dans la timeline du jeu m’a permis de m’attacher encore plus à eux. J’en arrivais même à confondre le personnage original avec ses incarnations successives, ce qui m’a parfois occasionné de me tromper dans mes déductions.

Une partie de l'intrigue se déroule en "1972"

Même si il est vrai que le gameplay en lui-même est redondant de par sa construction, et que l’on déplore de fréquentes baisses de framerate sur Switch, cela ne m’a en rien gênée durant la grosse dizaine d’heures constituant mon run. L’idée de suivre des événements prenant place dans les années 1922 et 1972 au travers de récits écrits, servant à l’héroïne pour comprendre les événements actuels, étaient une excellente idée. Mais il m’est difficile de vous résumer The Centennial Case : A Shijima Story, tant c’est un titre qui se vit et se ressent. Le décrire plus avant ne ferait que le desservir et constituerait un délit envers cette œuvre atypique. Je vous laisse donc juger par vous-même.

Le tout est de trouver la réponse dans  "The Centennial Case : A Shijima Story"

Retrouvez notre test complet de Crimesight ici

Pour conclure…

The Centennial Case : A Shijima Story est un titre qui, bien que non exempt de défauts, sait les faire oublier au joueur par sa proposition originale et son ambiance typiquement japonaise nous rappelant les dramas nippons que nous aimons tant. Si la production de Square Enix vous intrigue, laissez-lui sa chance, vous ne serez pas déçus.

La  note  de la  rédaction

5/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

Une histoire très prenante

Un jeu en FMV avec une esthétique soignée, rappelant les dramas japonais

Le jeu des acteurs est convaincant et on s’attache très vite aux personnages

L’intrigue se déroulant à trois époques différentes

Les points négatifs

Une mécanique de gameplay un peu redondante à la longue

Quelques baisses de framerate à déplorer sur Switch

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