Tales of Graces f Remastered

Présentons tout d’abord l’épopée de cette œuvre : en 2009 sortait au Japon cet épisode de la franchise de JRPG médiéval. La lettre f est alors accolée au nom suite à son portage sur PS3, bénéficiant de graphismes de haute qualité (l’année suivante pour le Japon, soit en 2010, et trois ans après pour l’Europe). C’est sur la base de cette version que l’on aura ce remaster sorti début 2025 sur tous les supports (PS4 inclut). Je suis peu habituée aux JRPG, préférant les RPG occidentaux, c’était donc l’occasion pour moi de découvrir une licence historique à travers un style de jeu que je ne connais pas bien. Ce remaster, Tales of Graces f Remastered, est-il à la hauteur de mes espérances ? Découvrons-le ensemble…  

Ce test a été réalisé sur une version PS5 fournie par l’Éditeur.

Les Malheurs de Sophie

Nous sommes sur la planète Ephinea, et nous suivons un groupe d’enfants composé de Asbel Lhant et son frère Hubert, enfants du seigneur local; leur amie atteinte d’une maladie, Cheria; mais aussi Richard, prince du Royaume de Windor, et ,enfin, une jeune fille amnésique et mystérieuse. Asbel et Richard vont passer un pacte d’amitié avec cette dernière lors d’une confrontation musclée une nuit où elle les sauvera tous les deux. Nous les retrouverons alors quelques années plus tard face à une menace plus grande encore !

JRPG 2000

Tales of Graces f Remastered s’ouvre sur un générique musical, rythmé à la façon d’un épisode d’anime, et nous présente les différents personnages et le monde que l’on va parcourir. Le jeu nous propose ensuite de régler divers paramètres tels que la position de la caméra lors des combats, une personnalisation des sous-titres, la difficulté… De quoi adapter le jeu à nos préférences. Nous accédons ensuite à une boutique de points, le Magasin+. Cette dernière n’était disponible qu’après avoir fini le jeu une première fois dans la version PS3.

C’est donc une bonne nouvelle d’avoir accès à ces améliorations dès le début du jeu et de pouvoir personnaliser son expérience d’entrée de jeu. Cependant, je n’ai attribué aucun point car je ne connaissais pas la licence, et certains termes m’étaient encore inconnus. Et, malheureusement, lors de ma partie, je n’ai pas trouvé comment retourner dans cette boutique. Cependant, cela n’a en aucun cas influencé mon expérience de Tales of Graces f Remastered. J’ai juste trouvé que cela manquait d’explications, et que ce n’était pas assez limpide sur le fait que son accès ne sera plus possible par la suite. Le jeu débute alors réellement avec un premier acte narratif. Malheureusement, comme aucun enjeu n’est donné au début du prologue, ce dernier m’a semblé durer une éternité.

Couplé à la lenteur des animations ou des dialogues, plutôt vieillissants il faut le dire, et aux personnages très (trop !) stéréotypés, cette partie a été particulièrement éprouvante, n’ayant aucune intrigue attrayante sur laquelle me concentrer pour passer outre ces désagréments. A contrario, beaucoup de pop-up explicatifs faisaient leur apparition, chacun avec des notions de gameplay à retenir. Je me suis vite sentie saturée d’informations, alors que le jeu ne faisait que commencer. Heureusement, il est possible de passer ces explications et d’y avoir accès par la suite via le menuConcernant le HUD, ce dernier, hors combat, est plutôt restreint, mais les icônes sont tellement grandes (la taille de la mini map !) qu’au final cela prend presque autant de place qu’un HUD plus chargé. Ce type de HUD est bien adapté pour les consoles portables avec un petit écran, mais sur un écran de télévision, j’ai trouvé les icônes trop imposantes.

Drôle de choix de ne pas avoir adapté la taille de ce dernier pour le rendre plus discret, plus moderne. C’est entre autres avec ce genre de choix que l’on pourrait qualifier ce jeu d’être “dans son jus”. On a vraiment l’impression qu’ils ont voulu jouer sur la nostalgie des joueurs et des joueuses de l’époque. Même constat pour la carte, qui, en plus d’arriver plutôt tardivement, ne permet que le minimum syndical en termes d’interaction. En effet, à part un zoom et un dézoom et montrer les différents lieux et les collectibles disponibles selon les zones, son utilisation est plutôt limitée. Là aussi, à l’heure actuelle, une bonne map, surtout dans un monde ouvert et/ou semi-ouvert, c’est la base ! Et tout cela se ressent aussi concernant les graphismes de ce remaster…

En effet, bien que le jeu soit très propre et plutôt joli, j’avoue avoir été déçue. J’ai été voir une vidéo comparative entre la version PS3 et cette dernière (car, je le rappelle, je n’ai pas joué à la version de la PS3), et en effet, il y a une amélioration dans la netteté et le raffinement de quelques détails, dans les touches lumineuses également, mais il y a peu de textures ajoutées et nous sommes toujours sur des aplats de couleurs. Cela n’est pas un problème dans l’absolu, mais pour un remaster, on s’attend à mieux (c’est la même critique qui a été faite par exemple pour la sortie remasterisée de Red Dead Redemption, premier du nom, sur consoles il y a quelques années).

Là où l’on s’attend à un gros travail de fond, avec des textures et graphismes aux petits oignons, on se retrouve plutôt avec un “simple” portage, dépoussiérage un peu paresseux. Ce n’est malheureusement pas tout, car dans Tales of Graces f Remastered, nous sommes également confrontés à la lenteur des cinématiques et des dialogues. Certaines scènes sont de simples écrans fixes, où l’on ne peut même pas bouger la caméra. Il faudra alors attendre patiemment la fin du dialogue, qui peut être plus ou moins long selon la scène. De plus, j’ai trouvé que les animations étaient plutôt basiques et manquaient de fluidité. Tout est lent et manque de dynamisme ! Même les villes et villages que l’on va visiter vont être vides et manquer de PNJ çà et là.

Exceptés les divers vendeurs ou personnages avec lesquels il est prévu que l’on dialogue, il n’y a personne à l’horizon. Tout ceci est dommage étant donné la rapidité et le dynamisme des combats, mais nous y reviendrons plus bas. À noter que le jeu est passé à 60 fps, excepté pour la version Switch qui, elle, restera à 30 fps… Attention, je n’ai rien contre les jeux qui invitent à prendre le temps (tel que Dordogne par exemple, auquel je joue actuellement, pour ne citer que lui), je trouve juste qu’ici la lenteur n’est pas adaptée au type de jeu et au contexte. Bien que l’histoire soit convenue, je l’ai trouvée sympathique, pour peu que l’on s’intéresse au lore du monde. Sans cela, cette dernière devient vite banale.

D’ailleurs, le lore de Tales of Graces f Remastered est très complet et très dense, grâce à l’intrigue politique qui ponctue l’histoire principale, mais également grâce aux saynètes qui permettent de développer les relations entre les différents protagonistes, ainsi que les divers lieux où se trouvent ces dernières. Les saynètes sont de petites scènes animées sous forme de conversation entre les personnages. Il n’est pas obligatoire de les récolter, mais elles ajoutent cependant une dimension supplémentaire pour l’immersion et l’attachement aux protagonistes.

J’ai joué au jeu en version japonaise avec les sous-titres en français. Les doublages sont bons, bien que, sans surprise, fidèles à un anime japonais classique. À noter que le jeu se pare tantôt de sous-titres en bas d’écran, tantôt de phylactères in game, ce qui dénote avec le style graphique du jeu, à mon sens. Dernier point avant de passer au gameplay : la musique. Cette dernière est épique et sympathique, mais rarement adaptée à l’action en cours. En effet, il arrive que lors de phases d’exploration la musique prenne énormément de place et ait trop d’envolées, ce qui serait plus adapté lors d’un combat ou d’une course-poursuite par exemple, alors qu’une petite mélodie d’ambiance aurait amplement suffi dans ce cas-ci. Sans compter que la musique prend tellement de place qu’elle devient entêtante et lassante à force de l’entendre en boucle tant que l’on reste dans un même endroit.

Bande à Part

Concernant les combats, on retrouve les classiques parades, attaques simples et attaques chargées, ainsi que la possibilité de passer d’un personnage à l’autre à l’aide des touches directionnelles lors des combats en bande. Les combats sont plutôt ennuyeux dans le prologue mais prennent vraiment tout leur intérêt au fur et à mesure que l’on avance dans le jeu. Dans la version de base, dès que l’on entre en contact avec un ennemi, un combat se déclenche. Personnellement, je trouve que cette mécanique est vite lassante, surtout pendant les phases d’exploration où l’on cherche des coffres, des saynètes ou lieux à découvrir, les ennemis sont nombreux.

Heureusement, ces derniers peuvent généralement être facilement évités, et une option pour empêcher le déclenchement automatique des combats a été ajoutée. Dieu merci ! Rentrons dans le détail : Quand un combat se déclenche, vous commencez par sélectionner l’ennemi que vous désirez attaquer puis le but va être de frapper votre ennemi le plus de fois possible afin de réaliser des combos, et faire évidemment monter votre jauge d’attaque spéciale. Deux spécificités bienvenues ici, les différentes attaques ne se choisissent pas par différentes touches mais bien en appuyant toujours sur la même touche tout en modifiant la direction du joystick inverse. Un peu désarçonnant au départ, mais très fluide dans son utilisation une fois que l’on s’y est fait. De plus, nous pouvons très facilement choisir nous-même les directions à enclencher pour chacune des attaques simples, ainsi que pour chacune des attaques spéciales.

Le tout donne mine de rien un très beau cheptel d’attaques différentes que l’on peut enchaîner de manière très fluide et très plaisante face aux ennemis. Dernière mécanique de gameplay qui me semble importante à mentionner, bien qu’elle soit assez classique, c’est le fait que l’on peut attribuer un comportement type à chaque membre de notre bande (plutôt défensif, plutôt tank, plutôt soigneur…) et ce de manière très fluide et très simple, encore une fois.

Comme mentionné ci-dessus, Tales of Graces f Remastered a aussi son lot de loot, tels que les coffres, les divers consommables, les saynètes, ou encore certains lieux à découvrir… Ce loot, notamment les consommables, mais pas que, vont pouvoir être synthétisés (comprendre fusionnés) pour en créer de nouveau. Par exemple, du riz et des algues vont former des onigiri, etc. Le jeu s’offre également le luxe de la sauvegarde automatique et de checkpoints, que l’on peut activer lorsque l’on croise un cristal de sauvegarde.

Pour conclure…

Malheureusement, la magie de Tales of Graces f Remastered n’a opéré sur moi. Bien que cumulant quelques points positifs, je trouve que ses défauts prennent le pas sur ses qualités. Je ne suis clairement pas la joueuse cible, n’ayant pas joué à la version originale du jeu et préférant les RPG plus modernes et dynamiques. Je crois que les fans de la première heure ou les adeptes de jeux typés rétro trouveront ce titre à leur goût et seront ravis de rencontrer ou de retrouver Asbel et ses amis. Cependant, en étant très honnête, je pense que beaucoup de jeux actuellement sur les plateformes (et sans doute à moindres coûts) sont largement à la hauteur de celui-ci, que ce soit en matière d’histoire, de graphismes ou de gameplay…

La  note  de la  rédaction

2-5/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

Combats dynamiques, surtout à partir de la deuxième partie

Personnages sympathiques bien que stéréotypés 

Collectibles, tels que les saynètes pour approfondir le lore 

Contenu de 80 DLC, Défis des Grâces et Épilogue 

Les points négatifs

Lent, très lent 

Animations très vieillottes 

Peu d’évolutions graphiques par rapport à la version PS3

Histoire peu originale

Mise en scène assez pauvre et manque de vie

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