Star Wars Jedi : Survivor

Sorti sur PC, PlayStation 5 et Xbox Series le 28 avril dernier, Star Wars Jedi : Survivor est la suite directe de Star Wars Jedi : Fallen Order. Reprenant la formule de son aîné, ce nouvel opus se veut bien plus ambitieux.

Ce test a été réalisé sur une version PS5, avant que le jeu n’ait fini d’être complètement patché. Certains problèmes mentionnés peuvent être résolus au moment où vous lirez ce test.

Le retour du Jedi

Respawn Entertainment nous avait tout bonnement bluffé avec Star Wars Jedi: Fallen Order. Là où tout le monde attendait un énième jeu d’action générique estampillé Electronic Arts, nous avions à la place eu droit à une belle surprise ! Je suis tombée amoureuse de cette expérience, mariage direct d’un Metroidvania avec le Gameplay de Sekiro. Et c’est donc avec d’énormes attentes cette fois que j’ai compté les jours jusqu’à la sortie de sa suite, Star Wars Jedi : Survivor !

Cinq ans ont passé depuis la rencontre entre Cal Kestis, notre renégat Jedi en poncho, et l’Inquisitorius. Cinq ans au cours desquels l’Empire Galactique n’a fait que prospérer, malgré les sabotages fréquents de Cal et son équipe. Star Wars Jedi : Survivor s’ouvre d’ailleurs sur un plan du Temple Jedi de Coruscant, réquisitionné par l’Empereur. Cal est fait prisonnier d’un groupe de mercenaires, qui comptent le livrer à un sénateur impérial. Où sont ses anciens camarades du premier opus ? Que s’est-il passé au cours de ces cinq ans ?

En bonne tradition Star Wars, toutes ces interrogations ne seront pas forcément résolues. Cependant, cette séquence d’exposition sur Coruscant permet à Star Wars Jedi : Survivor de proposer une séquence d’introduction / tutoriel qui réussit à surpasser haut la main celle de son aîné. L’action y arrive très vite, les enjeux sont clairs : Cal n’est pas en simple visite sur Coruscant, et n’est certainement plus un Padawan en cavale. Les amateurs du genre Metroidvania seront ravis d’apprendre que notre Jedi n’a fort heureusement oublié aucune de ses capacités du jeu précédent !

Une arme élégante, d’une époque plus civilisée

En plus de nous mettre aux commandes d’un Cal Kestis au top de ses capacités, Star Wars Jedi : Survivor est également plein de nouveautés. Notre Jedi peut par exemple se servir d’un nouveau mode lames doubles pour son sabre laser, pour des frappes rapides et douloureuses. Les dégâts infligés, reçus et le timing requis pour faire des parades au sabre laser dépendent une fois de plus du mode de difficulté choisi. La difficulté normale n’est pas aussi intransigeante que d’autres jeux d’action du même genre. En grand maître Jedi, en revanche…

Cal peut donc choisir entre sabre simple, sabre double, ou un sabre par main ! Mais ça ne s’arrête pas là : par la suite, deux postures supplémentaires s’ajoutent à notre arsenal. La première, la posture sabre laser + blaster, permet d’intercaler des frappes d’estoc avec des tirs déstabilisants. Ce n’est pas l’arme qui fait le Jedi après tout. On ne peut pas juste abuser du tir à distance non plus puisqu’il faut porter des coups de sabre laser pour recharger le blaster. Malin comme solution d’équilibrage. Les coups sont, qui plus est, un peu moins forts que ceux d’une autre posture, pour ne pas tuer l’intérêt du sabre simple.

La seconde ravira les fans de Kylo Ren : la garde croisée, faisant apparaître des aérations supplémentaires sur notre sabre et le transformant en une véritable claymore. Un Gameplay plus lent, nécessitant d’éviter de se laisser déborder. Mais, par contre, chaque coup porté est absolument dévastateur. Fanatiques de build Force dans les jeux Souls, vous êtes servis ! Rien de mieux que d’exploiter une fin d’animation d’un ennemi pour lui caler une attaque chargée.

Seules deux postures peuvent être actives à la fois, forçant les joueurs de Star Wars Jedi : Survivor à en laisser trois au vestiaire. Heureusement, on peut en changer facilement aux points de méditation ou aux établis disséminés sur les planètes du jeu. Je vais être honnête cependant, je suis restée au combo sabre + blaster et garde croisée dès que j’ai pu les débloquer… En tout cas, il n’y a jamais eu autant de manières de découper ses adversaires en rondelles ! Surtout que le démembrement des ennemis humains est de la partie cette fois. On ne verra pas de décapitation ou de coupe grotesque, mais c’est quand même une tradition Star Wars de couper des mains au sabre laser !

Arrondir les angles

Star Wars Jedi : Survivor reprend les mécaniques qui ont fait le succès de son aîné. Mais il ne se contente pas de retomber dans les mêmes pièges. Par exemple, l’arbre de compétences était relativement peu passionnant dans Fallen Order. Dans Survivor, chaque posture de sabre et chaque compétence de force a son propre petit arbre de compétences à monter. Plus besoin donc d’obtenir des capacités qui ne nous intéressent pas forcément sur l’instant. Et, au pire des cas, une option pour réinitialiser ses choix est toujours disponible.

Les points de méditation, qui opèrent toujours comme des feux de camp d’un jeu Souls, permettent également de faire du voyage rapide. On apprécie la fonctionnalité, surtout sur une grande planète comme Koboh ; et il est tout à fait possible de s’en passer. Le level design de Star Wars Jedi : Survivor est truffé de raccourcis, et il est très difficile de perdre beaucoup de progression en périssant. Je ne peux pas dire que c’est un défaut, moi qui déteste refaire des sections en boucle.

Cal peut également compter sur un nouveau type d’équipement, qui risque de paraître très familier pour les fans d’Hollow Knight. Ces Avantages, qui s’équipent depuis les points de méditation, occupent un certain nombre de crans chacun. Il faudra donc exploiter au mieux son nombre restreint d’emplacements disponibles. Parmi ces Avantages, on compte par exemple la possibilité d’augmenter purement et simplement les dégâts de blaster. Un autre nous permet de regagner de la vie quand les ennemis sont ralentis. Certains sont plus techniques : infliger plus de dégâts, mais en recevoir également plus…

Mention spéciale au bestiaire du jeu, qui se voit tout naturellement agrandi pour cet opus. Certaines créatures endémiques aux planètes de Fallen Order ne reviennent évidemment pas, mais leurs remplaçantes sont tout autant dangereuses. En plus des Stormtroopers impériaux, il faudra aussi composer avec des droïdes de la Fédération du Commerce, reprogrammés par un groupe de pillards ! Des pillards qui sauront également vous tenir en haleine, variant un peu le bestiaire humanoïde.

Enfin, les combats de boss sont sensiblement plus fréquents que dans l’opus précédent. Certains sont plus des mini-boss glorifiés, mais les affrontements mémorables le sont nettement plus. De nombreuses créatures dites légendaires arpentent également les différentes planètes rencontrées, ajoutant encore quelques rencontres glorieuses au chapitre. Enfin, Cal devra également faire face à des chasseurs de primes, susceptibles de tendre des embuscades dans des lieux déjà visités.

Place ta foi en la Force

Les pouvoirs de Force sont l’autre facette du Gameplay de Star Wars Jedi : Survivor. Cal peut toujours repousser ou attirer objets et ennemis avec aise, mais ajoute quelques outils à son arsenal. Déjà, son ralentissement d’ennemi devient une sorte de capacité ultime : déclenchable avec une pression des deux joysticks, Cal gèle tous les ennemis qui l’entourent avec plus ou moins d’efficacité.

Les ruses Jedi font également leur apparition, permettant de retourner des ennemis contre leur camp. Elles ajoutent même des interactions lors de certains dialogues. Si vous aviez toujours rêvé de pousser un Stormtrooper à fauter, Star Wars Jedi : Survivor saura vous rendre heureuse.

Plus tard, Cal débloque également la capacité de faire léviter ou s’écraser des choses. Utile pour explorer son environnement, ou pour retourner un affrontement en notre faveur. Combiné au blaster ou au lancer de sabre, c’est l’occasion parfaite de dégrossir les rangs ennemis.

Enfin, Cal pourra se lier d’amitié avec des montures, terrestres comme volantes, le tout via la Force. Parfait pour explorer les étendues du désert de Jedah autrement qu’à pied ! Le jeu ne tombe heureusement pas le piège de la monture volante universelle : il ne s’agit là que de planer sur de courtes distances.

Aux confins de la Bordure Extérieure

Et justement, il y aura de l’exploration au rendez-vous dans Star Wars Jedi : Survivor. Le nouveau monde principal, Koboh, est un véritable mini open-world. En plus de nous proposer des zones un peu plus linéaires, comme Coruscant au début du jeu, Star Wars Jedi : Survivor a vraiment vu plus grand pour ses planètes. La formule Metroidvania reste reine : nombreuses zones et recoins ne seront pas accessibles tout de suite. Mais le jeu réussit à ne pas sombrer dans les dérives de l’open-world : pas de quêtes annexes répétitives, pas de marqueurs point d’interrogation partout…

À la place, Star Wars Jedi : Survivor nous propose d’explorer à notre rythme. Certes, certains PNJs nous indiqueront parfois des zones d’intérêt via des Rumeurs. Mais la grande majorité de mon exploration de Koboh et Jedah s’est faite par réelle curiosité personnelle. Un sentiment pas bien différent du plaisir de découvrir le monde d’Elden Ring, et que j’espère que d’autres développeurs réussiront à émuler à l’avenir. Pas besoin d’activités à foison pour faire un bon terrain de jeu ouvert.

Fashion Week

Trois collectibles principaux parsèment les planètes de Star Wars Jedi : Survivor. Le premier type, similaire à Fallen Order, consiste en des cosmétiques pour Cal et BD-1. Ensuite, on peut trouver des artéfacts locaux à échanger contre des cosmétiques ou certains avantages. Enfin, des boosts de santé, force et d’expérience sont dissimulés un peu partout. Il faudra écumer chaque recoin avec attention !

Il n’est plus possible de customiser le Mantis, le vaisseau de Cal… mais en échange, nous avons gagné un système de personnalisation incroyable. Plus question de seulement recolorer BD-1, notre comparse droïde, ou de changer le poncho de Cal. À la place, BD-1 et nos armes sont désormais décomposées en plusieurs aspects individuels, que l’on peut mélanger et accorder. De quoi se faire son propre droïde personnalisé !

Bien sûr, Cal Kestis n’est pas en reste. On peut désormais changer sa coupe de cheveux, sa barbe, et chaque partie de sa tenue. J’ai déjà pu voir des assortiments incroyables sur Internet ! De quoi s’approprier un peu plus ce personnage de survivant Jedi. Cheveux longs, barbe longue et robe de Jedi ? Coupe militaire, veste de pilote et pantalon tactique ? Mullet, maillot d’entraînement et jean pour votre meilleur cosplay de Chuck Norris ? Il y en a pour tous les goûts.

Et c’est sans parler des options de personnalisation du sabre laser et du blaster de Cal. Le blaster se décompose en trois parties et propose quelques options intéressantes. Du blaster au look rétro au pistolet impérial, on peut même choisir le vieillissement de la peinture. Mais comment parler de la personnalisation du sabre laser sans en faire des tonnes… C’est bien simple, je pourrais presque écrire un article entier dessus tant il y a de possibilités. Si vous trouviez que Fallen Order proposait des options intéressantes, vous allez halluciner sur ce que propose Star Wars Jedi : Survivor. On voit que le jeu a été fait par des fans de sabres laser.

Une suite grandiose

Et je n’ai jusqu’ici qu’à peine abordé le scénario de Star Wars Jedi : Survivor ! C’est pourtant un de ses points forts, à mon goût. Le premier Jedi était très correct, quoiqu’un peu simple dans ses enjeux. Rien de grave pour un premier opus, qu’on se l’entende ! Mais Star Wars Jedi : Survivor sait pertinemment qu’il peut aller plus loin, plus fort, et il ne se gêne pas pour le faire. Sa séquence d’introduction explosive ne pose que les prémices d’une traque sans répit, en quête d’un monde sans emprise Impériale.

Les cinématiques semblent parfois tout droit tirées d’un film Star Wars. On veut chercher à comprendre ce qui a séparé le groupe du Mantis. On souffre avec Cal, qui peine à garder espoir dans sa lutte contre l’Empire. Je me suis réjouie de revoir des visages familiers, et j’ai pleuré quand certaines choses ne se sont pas passées comme prévu. Star Wars Jedi : Survivor m’a tenue en haleine de bout en bout. Je resterai par contre volontairement vague sur les détails de l’intrigue pour ne pas gâcher la découverte.

Ce second opus intègre de très bonnes scènes d’action scriptées, mais sait aussi quand relâcher la bride pour nous laisser explorer. Je me suis ainsi laissée prendre au jeu de développer le Pyloon Saloon de Greez, sur Koboh. Entre chaque mission, je retrouvais ainsi les habitués et les nouvelles têtes, fraîchement recrutées par mes soins, pour des bavardages. J’ai ainsi pu débloquer des jardins sur le toit du saloon, à décorer avec des graines trouvées sur chaque planète ! Puis, une table d’holojeux où les ennemis scannés par BD-1 prennent vie. J’ai pu remplir mon aquarium grâce à un pêcheur brut de décoffrage, mais à l’histoire tragique fascinante.

Star Wars Jedi : Survivor est une bouffée de personnalité, qui crie son amour pour Star Wars à chaque occasion possible. Son scénario intègre des éléments directement repris de la Haute République, de la Guerre des Clones, et saupoudre le tout avec brio d’une ambiance épique. Tantôt légère, tantôt très sombre, l’intrigue de Star Wars Jedi : Survivor m’a prouvé que Respawn Entertainment avait encore beaucoup de choses à raconter sur Cal et son équipe. Et ce n’est pas son Gameplay toujours plus maîtrisé qui viendra contredire ce propos.

À suivre… on l’espère !

Nul doute qu’un prochain titre Star Wars Jedi verra le jour. En tout cas, je l’espère, car le scénario laisse suffisamment de pistes ouvertes pour un troisième opus. J’ai vu le bout du jeu en une trentaine d’heures, dont une certaine quantité passée à vagabonder. Une durée de vie plus que respectable donc, avec un mode Nouvelle partie + à la clé. On y garde tous ses points de compétence et toutes les postures sont débloquées d’entrée de jeu. En plus, on peut même essayer deux couleurs de sabre laser en plus : le rouge des Sith, et un mode fiesta qui change de couleur à chaque coup porté !

Un autre aspect qui fait de Star Wars Jedi: Survivor un petit événement : le titre est une véritable démonstration graphique. Le ray tracing y est activé par défaut, y compris en mode perfomances. Le résultat est sans appel : des reflets et des effets de lumière dignes d’un film. Cependant, je n’ai pas été épargnée par des bugs d’affichage, et même des bugs qui m’ont forcée à recharger mon jeu… Nul doute ne fait que le jeu s’affinera avec le temps, mais on déplore toujours ce genre de petits couacs qui cassent un peu l’appréciation du titre sur le moment.

Pour conclure…

J’ai adoré Star Wars Jedi : Survivor de bout en bout. L’aventure est plus maîtrisée, plus mature que son prédécesseur, et se paie le luxe d’être une belle démonstration technique sur consoles next-gen au passage. J’ai hâte de voir ce que Respawn Entertainment fera de la licence, qui est d’ores et déjà un incontournable de l’univers Star Wars à mes yeux.

La  note  de la  rédaction

5/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

Exactement ce que l’on attend d’une suite

L’exploration organique des planètes

Des visuels magnifiques

Le combat au sabre laser, toujours plus intéressant

Nettement plus de types d’ennemis

Les points négatifs

Des bugs au lancement assez présents

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