
Spirit of the North 2 est le nouveau jeu d’une boîte atypique, l’Infuse Studio, créée en 2015 en Caroline du Nord, et alors spécialisée dans la création et la vente au grand public de ressources 3D de haute qualité. Par la suite, le studio a souhaité développer son premier jeu : Spirit of the North, premier du nom, qui est sorti initialement en 2019. L’accueil a été mitigé, salué d’un côté pour sa direction artistique et sa bande-son, mais aussi critiqué pour son gameplay, sa maniabilité et sa qualité visuelle. Une version améliorée est sortie par la suite, mais a malheureusement déçu également, les corrections apportées étant principalement axées sur le visuel du jeu. Arrive alors ce mois-ci un second opus ! Le studio a-t-il tenu compte des remarques reçues lors du premier jeu ? Voyons cela de suite…
Ce test a été réalisé sur une version PS5 fournie par l’Éditeur.
Le Corbeau et le Renard
Nous suivons les aventures de l’esprit gardien Renard, accompagné de son mystérieux acolyte, le Corbeau, dans un univers folklorique localisé dans des paysages scandinaves. Leur quête consistera à restaurer les esprits corrompus par une malédiction des autres gardiens : le Corbeau (mais un autre), le Loup, l’Ours, le Cerf et le Bélier.

Rusé ce Renard !
Première surprise au lancement du jeu, la personnalisation physique de notre Renard. En effet, il sera possible de modifier sa couleur et différents traits physiques, et surtout de lui donner un nom. Et pour moi, ce sera Carotte. Démarre ensuite la première partie du jeu, sous forme de tutoriel. On y incarne notre Renard, accompagné de notre mystérieux acolyte, le Corbeau, le tout en vue à la troisième personne. Lors des phases de déplacement, le Corbeau plane derrière nous, et, selon la façon dont nous allons incliner la caméra, nous pourrons apercevoir les deux animaux dans le même angle de vue, ce qui est très rafraîchissant et peu commun. De plus, au fur et à mesure de l’aventure, les deux animaux seront capables de communiquer entre eux, ce qui va créer une connivence et un esprit d’équipe au binôme.



Cette intimité entre les deux personnages est accentuée par petites touches. Par exemple, lorsque l’on fait marcher le Renard au lieu de le faire courir, le Corbeau vient se loger sur son dos. Avec Spirit of the North 2, nous sommes sur un jeu de type plateforme, avec des sauts courts, des sauts longs, la possibilité de planer, etc. Cependant, j’ai trouvé que le système de saut court n’était pas hyperprécis. En effet, les zones accessibles par un petit saut sont visibles par un triangle bleu, qui change de place selon le regard du Renard, et donc de la caméra et de la façon dont on la déplace. J’ai malheureusement trouvé que cette étape était très imprécise, qu’il fallait parfois jouer avec la position du Renard ou le joystick pour, enfin, faire apparaître le triangle à l’endroit souhaité. Fastidieux donc, tout comme la maniabilité et la précision lors des phases où l’on plane.

Malgré ces quelques désagréments, l’exploration reste très agréable car nous sommes libres de nous rendre où bon nous semble. Chaque pierre peut être grimpée (ou presque), c’est un vrai bonheur de ne pas se sentir limité. Très vite, on apprend que des collectibles existent. Ces derniers nous en apprennent d’ailleurs beaucoup plus sur le lore du jeu, mais nous permettront également de recevoir des points de compétence à attribuer à nos deux héros. D’autres points de compétence apparaîtront enfin après avoir activé et collecté des runes spécifiques (Spirit of the North 2 étant un Lite RPG). L’originalité de ces pouvoirs acquis grâce aux runes va changer l’aspect de nos deux amis en les parant de décorations bleutées sur certaines zones du corps. C’est très original, d’autant que certaines seront des jauges pour estimer la durée du pouvoir utilisé.





Ce sera par exemple le cas du motif sur les ailes du Corbeau, qui diminue au fur et à mesure de l’utilisation d’un pouvoir. Très chouette idée de mise en scène et d’intégration de données in game. Et puisque l’on parle de loot, parlons un petit peu de la “monnaie” du jeu. Cette dernière se trouve dans les pots en terre cuite disséminés partout dans le monde, qu’il suffira de bousculer pour briser. De là en sortiront des boules lumineuses, ou des cristaux lumineux, qui feront office de monnaie auprès du marchand. Un marchand plutôt original d’ailleurs, mais je ne vous en dis pas trop pour ne pas vous gâcher la surprise. Cette monnaie peut d’ailleurs facilement être perdue si l’on tombe et que notre petit Renard “meurt”.

En effet, à l’instar d’Elden Ring avec ses âmes, il conviendra ici de retourner chercher notre monnaie perdue lors de la mort, alors représentée sous la forme d’un renard lumineux à l’endroit où nous avons péri. Notre petit Renard peut cependant se soigner en attrapant au vol l’une des nombreuses lucioles que l’on croisera en chemin, et, en la croquant, il récupérera un segment de vie. Tout comme nous avons accès à un marchand, nous avons également accès (moyennant une clé à acheter chez ce dernier) à une tanière, dans laquelle nos deux héros pourront se reposer et éventuellement stocker des billes lumineuses dans un coffre (pour ne plus les perdre lors d’un game over) et s’assurer de cette façon d’en avoir sous le coude, ou plutôt la patte.




L’utilité de cette monnaie est variable et consiste soit à faire des achats chez le marchand dont je parlais plus haut, ou faire des offrandes (j’en parle plus bas). Nous disposerons également d’une carte, avec de nombreux points d’interrogation (façon mondes ouverts “à l’ancienne”, car l’industrie semble depuis quelque temps se tourner vers plus de sobriété) que l’on découvrira petit à petit. Parmi les diverses découvertes, il y aura les obélisques : ces monuments, désactivés tant qu’une offrande de monnaie n’est pas faite, permettent de débloquer petit à petit des segments de la carte une fois réactivés. Mais il y aura également des portails. Ces derniers, une fois activés, nous permettent de voyager rapidement d’une zone à l’autre pour compléter cette dernière si nécessaire.




D’autres points d’intérêt seront également disponibles et auront chacun leurs interactions spécifiques. Tout au long de notre aventure, nous serons amenés à résoudre des petites énigmes. Bien qu’assez simples, elles ponctuent agréablement notre périple, sans l’alourdir. Il arrivera que le Renard doive interagir avec divers éléments, comme des poignées à tirer avec sa gueule, ou des statuettes à attraper pour les déplacer, des feux follets à trouver et attraper… J’ai trouvé que toutes ces interactions étaient cohérentes, et bien intégrées à l’univers, et permettaient de faire des petites activités pour découvrir la zone à explorer. On découvrira enfin les checks points, sous la forme de statues de la déesse Éona où une flamme s’illumine pour nous signaler l’enregistrement de la partie lors de notre passage devant elle. Ce qui est sûr, c’est que le jeu pousse à l’exploration et réussit à le faire avec brio !




L’œil du Choucas
Lorsque l’on lance le jeu pour la première fois, en plus d’une page d’accueil très jolie et accueillante, la direction artistique générale du jeu est réellement belle, dans un style très naturaliste. Les environnements sont plausibles, les lumières et les cycles jours/nuits également. Le Renard et le Corbeau sont également très soignés, bien que certains soucis de textures (taches noires dans la fourrure) apparaissent de temps à autre. La caméra est libre et permet de circuler autour des deux protagonistes. Concernant le HUD, ce dernier est vraiment très discret. Son design s’intègre bien à l’univers du jeu, il est clair et précis. Il disparaît régulièrement pour n’apparaître qu’à de brefs moments, ce qui libère l’espace de l’écran pour profiter des superbes panoramas des différentes régions.

What Does the Fox Says ?
Spirit of the North 2 se pare d’une OST que l’on pourrait qualifier de musique d’ambiance avec ses sonorités nordiques. En effet, les longues plages musicales très mélodiques mettent bien en valeur les grandes plaines que l’on va parcourir tout au long de notre aventure, le temps changeant, mais aussi des sonorités plus cristallines qui rappellent la magie, le fantastique… C’est une musique qui invite à la contemplation, à la méditation et à l’exploration. Le sound design est également bien soigné. Les environnements tout d’abord, et surtout le petit Renard qui glapit selon ses humeurs, avec un cri particulièrement déchirant lors du Game Over. Notre petit Renard aura aussi des attitudes qui permettent une belle immersion. Par exemple, si on reste sans toucher à la manette pendant un moment, il va s’asseoir, se gratter… De nouveau, ce sont de petits détails, mais ils nourrissent l’univers pour le rendre plus plausible.

Focus sur le Mode Photo
C’est par hasard que j’ai découvert que Spirit of the North 2 était équipé d’un mode photo. Plutôt complet, il permet de faire de jolies captures de nos deux bestioles dans les superbes environnements qu’ils vont traverser. Les options de prise de vue restent classiques, avec la possibilité de zoom, choisir l’angle de prise de vue, ajouter du vignettage, de la netteté… Attention cependant car si l’on appuie sur le bouton conseillé par le menu du jeu (sur Xbox, en tout cas), la photo n’est jamais prise. Pour éviter les mauvaises blagues, je vous conseille simplement de cacher le menu et de faire votre capture de la façon habituelle pour éviter de vous retrouver déçu devant votre galerie vide (oui, ça sent le vécu…).

Spirit of the North 2 est une jolie découverte qui nous plonge dans un univers agréable et original avec les deux protagonistes que l’on incarne. Bien qu’ayant quelques soucis de maniabilité, le jeu se rattrape par de belles phases d’exploration ponctuées de puzzles à résoudre et d’un lore riche et intéressant sur la culture scandinave. Un jeu ouvertement axé vers une expérience de calme et de bien-être général, à l’instar d’une belle balade en forêt.
La note de la rédaction
Les notes de la rédaction
Les points positifs
Exploration riche
Lore fourni
Ambiance apaisante
Connivence des protagonistes
Les points négatifs
Mécanique de saut qui manque de précision




