
“Slay The Princess”, ou en français “Tuez la princesse”, est un jeu d’horreur indépendant qui se décline sous la forme d’un visual-novel. Développée par l’équipe de Black Tabby Games et éditée par Serenity Forge, cette aventure déployée en 2023 sur PC est arrivée ensuite sur nos consoles en 2024 avec une version enrichie, la “Pristine Cut”. Cet été, c’est une édition physique de Tesura Games qui débarque en Europe avec une édition Standard et une édition Spéciale sur Switch et PS5 pleine de goodies, qui nous emmène toujours plus profond dans l’étrange univers de Slay the Princess – The Pristine Cut.
Ce test a été réalisé sur une version PS5 fournie par l’Éditeur.
Tuer ou ne pas tuer ?
Là est toute la question dans Slay The Princess – The Pristine Cut. Une voix dans notre tête, appelée “Le Narrateur”, nous donne une consigne claire : il faut tuer la princesse ou celle-ci détruira le monde. Cette princesse est prisonnière dans un chalet, c’est donc dans cette direction que le jeu commence. Seulement voilà, qui est ce narrateur ? Qui est cette princesse ? Qui croire, qui ne pas croire ? Et donc, par extension, doit-on écouter le narrateur et tuer la princesse, ou épargner sa vie ? Doit-on prendre le risque de tuer une innocente pour sauver le monde ? Ou doit-on mettre en péril l’univers et ne pas risquer de commettre un meurtre gratuit ?
Les développeurs nous ont prévenus : dans cette histoire, il n’y a pas de bons ou de mauvais choix. Slay The Princess – The Pristine Cut, c’est un ensemble de questionnements, de dialogues, de décisions, et aussi d’un peu de hasard. Parce que nous ne connaissons pas vraiment les intentions du narrateur, ni de la princesse. À tâtons, avec les éléments que nous récoltons au cours des dialogues, nous façonnons nos certitudes, qui à tout moment peuvent être remises en doute. Tout au long de la première partie, l’histoire paraît un peu confuse. Cependant, les rôles de chaque personnage finissent doucement par se dessiner en fin d’histoire.


Une narration éternelle
La narration dans Slay The Princess – The Pristine Cut est divisée en plusieurs petites parties de trois chapitres, sauf quelques petites exceptions. Balancés entre la forêt, le chalet et le néant, nos choix impactent le futur de la princesse, du monde, mais aussi notre propre vie. Car la mort est omniprésente. Choisis ou subi, brutale ou lente, toute l’horreur du jeu se dévoile dans les descriptions très explicites de notre agonie.
Nous entraînant dans des boucles temporelles, où nous revivons ce qu’il s’est déjà passé, nous constatons vite que nos précédents choix impactent fortement notre présent. Si chaque petite partie commence par le même chapitre, nos choix durant ce dernier nous emmèneront vers diverses autres sections. Cette succession de chapitres divergents nous offre par extension de nombreuses fins. Autant de fins que de parties et, avec elles, de nombreuses informations sur l’univers du jeu. Une première partie peut être achevée en une heure, mais réussir à réunir toutes les fins, toutes les versions de la princesse et, pour les plus audacieux, toutes les images du jeu, peut prendre facilement une vingtaine d’heures. Depuis le menu principal, nous pouvons consulter nos souvenirs, soit les scènes déjà visionnées. Pour visionner l’intégralité du jeu, des indications nous sont données quant aux choix que nous n’avons pas encore faits, même si ces informations ne sont pas toujours très explicites. C’est d’ailleurs l’une des caractéristiques du jeu. Rien n’est clairement raconté dans l’histoire et c’est au joueur de réfléchir afin de donner un sens aux phrases et à ce qu’il se passe sous ses yeux.


Une ambiance lourde de conséquences
Comme visual novel, Slay The Princess – The Pristine Cut s’ancre dans une dynamique d’image par image. On obtient ainsi un rendu visuel immobile, mais avec un effet “faux statique”, où l’image bouge suivant les mouvements de la manette. Aux graphismes dessinés au coup de crayon en noir et blanc s’ajoutent des teintes de rouges vives au bordeaux, faisant ressortir l’aspect horrifique du jeu. Celui-ci est gore, tant dans les écritures que dans les images. Même si nous revivons après chaque mort, la description des derniers moments de vie des personnages est parfois oppressante et malaisante.
Un fond sonore discret accompagne notre aventure. Chaque chapitre est accompagné de sa propre musique, soulignant l’ambiance de ce dernier. Bestiales, délicates ou encore inquiétantes, les sensations de notre héros nous sont transmises par la musique. Passant au-dessus de ces mélodies, les voix des personnages résonnent dans notre tête. En effet, de nombreuses personnalités se déploient au fil des choix et notre héros assistera à des discussions entre le narrateur, lui-même et ses autres personnalités, que nous distinguons par leur intonation. Nous regrettons ici l’absence d’un doublage français, bien que les sous-titres soient disponibles dans notre langue.
De nombreux paramètres sont disponibles, permettant de choisir le rythme du jeu avec la possibilité de passer ou non les dialogues lus ou non lus. Il est aussi possible de limiter certains éléments visuels et d’ajouter une lecture audio des choix (en français cette fois !).


Un contenu très riche
Avec un contenu enrichi par rapport à l’édition de base, Slay the Princess – The Pristine Cut dispose d’énormément de dialogues et d’images. Tellement qu’il peut être compliqué d’arriver à finir le jeu à 100 % sans utiliser l’option permettant de passer les dialogues non-lus. De même que lire l’entièreté des dialogues peut être assez éprouvant. Si refaire l’histoire 3 à 5 fois est encore plaisant, avec des découvertes de nouveaux dialogues toujours fréquentes, nous pouvons vite nous retrouver à faire les mêmes choix que dans les parties précédentes et donc tourner en rond. Pour éviter cela, la description des souvenirs non-débloqués est utile, mais comme mentionné auparavant, pas toujours facile à exploiter. Pour nous aider dans la complétion de cette galerie d’image, le jeu nous propose des dizaines d’emplacements de sauvegarde, afin d’éviter de devoir refaire tous les chapitres à chaque fois.
Si cette quantité de contenu peut être difficile à appréhender pour les novices du genre, nul doute que les habitués des visual-novels y trouveront largement leur compte. La complexité du scénario et les interprétations possibles vont aussi créer une fracture entre les amateurs et les habitués du genre. Les dialogues pris aux pieds de la lettre peuvent paraître insensés, c’est au joueur de lire entre les lignes. Il doit prendre du recul, de faire le lien avec ce qu’il connaît déjà et d’extrapoler un minimum pour donner un sens à l’histoire qui vient de se dérouler sous ses yeux. Un brin de philosophie et d’ouverture d’esprit est donc requis pour s’aventurer dans Slay the Princess – The Pristine Cut !


C’est un gros morceau que nous proposent Black Tabby Games et Serenity Forge. Slay The Princess – The Pristine Cut regorge de contenu avec de très nombreuses possibilités scénaristiques. Nous permettant de vivre et surtout revivre notre mission de tueur de princesse, chaque tentative peut nous envoyer dans un tout nouvel embranchement où les règles du jeu seront guidées par vous… Ou par la princesse.
La note de la rédaction
Les notes de la rédaction
Les points positifs
Un visual novel très complet
Un thème très… particulier
Des descriptions gores qui nous prennent au tripes
Techniquement irréprochable
Les points négatifs
L’absence de doublage en français
Une galerie d’image difficile à remplir





