
C’est au Kazakhstan que naît Selfloss, fondé par une équipe composée de trois personnes seulement, dont le maître-mot lors de la création d’un jeu est l’émotion (et la fantaisie, l’histoire et l’atmosphère). Et en effet, ces mots conviennent à merveille pour décrire ce que l’on ressent lorsque l’on joue à Selfloss, avec ses inspirations sorties du folklore slave et islandais, mais voyons cela plus en détail…
Ce test a été réalisé sur une version Nintendo Switch fournie par l’Éditeur.
Le Vieux de la Vieille
Kazimir, un vieux monsieur, se réveille aux pieds d’une statue, sur une île. Très vite, il rencontre un étrange personnage, affublé d’une longue robe et d’un masque au nez pointu. Ce dernier lui apprend qu’une certaine Marena, la déesse de ce monde, que l’on va croiser à plusieurs reprises, a accepté de nous ramener à la vie, mais qu’avant, il doit lui rendre quelques services. C’est sur ces paroles que notre aventure commence. Tout au long de notre périple, nous allons croiser des créatures atteintes de “Selfloss”. Afin de soigner leur âme, il faudra pour chacune obtenir “l’essence d’un poisson de deuil sacré” et un objet en particulier, propre à chaque créature.


La Lumière pour Seule Voie
Crevons l’abcès tout de suite : le gameplay de Selfloss est lourd et lent. En effet, le personnage que l’on joue, Kazimir, est un vieux monsieur, et cela se ressent dans ses déplacements. Il se déplace d’ailleurs avec une canne, qui va s’avérer magique, et lui servir d’arme. Et même si nous avons le luxe de pouvoir courir, cela ne va malheureusement pas changer grand-chose à la lourdeur ressentie.

Comme je l’ai mentionné plus haut, la canne de notre personnage va être magique et émettre de la lumière. Cette lumière servira à activer divers mécanismes lors de puzzles et énigmes divers. Certains serviront à dévoiler des passages, quand d’autres (à activer dans le bon ordre) serviront à ouvrir des portes, etc… Mais cette lumière servira aussi à nous battre. On pourrait résumer le pouvoir du bâton comme ceci : un rayon simple est utilisé pour les choses neutres/positives, et un rayon concentré (plus puissant) va être utilisé sur les choses négatives, corrompues par le miasme.


Le miasme est une entité qui erre dans le monde, et piège divers animaux marins que nous allons devoir délivrer. Et il se trouve que ce miasme est sensible à la lumière. Cependant, lors de nos combats, il arrivera que l’on se retrouve également contaminé, et le miasme va petit à petit drainer notre vie. Heureusement, notre ami au masque pointu nous explique que dans ces cas-là, nous avons la possibilité de lâcher notre bâton et de le diriger à distance pour que sa lumière nous soigne.

Une mécanique de résolution de puzzle sera intégrée sur base de cette mécanique. Bonne idée de prime abord, mais attention à avoir une bonne motricité car gérer nos déplacements (même minimes) tout en maintenant la lumière du bâton au bon endroit pour éclairer la cible, avec les 2 joysticks, peut être contraignant. Notre première mission, donnée par Marena elle-même, consiste à libérer une baleine prise au piège par le miasme. Une fois cette mission accomplie, la baleine libère un passage vers ce qui ressemble à un vieux temple, dans lequel nous trouverons Miro, un historien écrivain voyageur, qui nous apprend avoir fait le même compromis que nous avec Marena jadis.

Cet étrange personnage va nous demander de retrouver des pages de parchemins qu’il a écrits sur le monde dans lequel nous nous trouvons. Transition parfaite pour parler de ces quelques collectibles de Selfloss. Ces parchemins nous permettent d’approfondir nos connaissances sur le lore du monde mystérieux dans lequel Kazimir évolue, Latitude. Nous apprendrons, par exemple, à quel point le pouvoir de Marena est grand, ou encore comment nous pouvons évoluer pour devenir des poissons et peut-être, faire une ascension et être libéré.


Self là qu’est Loss
Peu de temps après, nous allons découvrir la faucille, deuxième outil/arme de Kazimir, utilisée pour abattre des obstacles, ou récupérer de l’énergie lumineuse pour notre bâton. En effet, au fur et à mesure de notre évolution dans Selfloss, les ennemis vont nécessiter de plus en plus de lumière pour être anéantis, et notre bâton magique est limité en mana. Il conviendra alors de recharger notre bâton, qui se décharge au bout de trop longues attaques successives, et il faudra le faire aussi en plein combat.

C’est là que la lenteur de Kazimir, et du jeu en général, peut-être un atout (… ou pas). Les ennemis étant aussi lents que nous, nous avons largement le temps de frapper la plante contenant la lumière à l’aide de la faucille pour recharger notre bâton et continuer le combat. Mais c’est sans compter sur le pouvoir des ennemis de nous attirer à eux. Bien qu’une touche de roulade existe, j’ai trouvé que son manque de réactivité et sa lenteur la rendaient inutile.

Tout comme lorsque l’on a réussi à paralyser le miasme, qu’on le frappe avec la faucille, et qu’il reprend sa forme de départ, nous devrions pouvoir esquiver à gauche ou à droite pour éviter son attaque, mais ce n’est pas le cas. Puisque l’on parle des points négatifs, j’aimerais parler du bateau (car oui, nous allons faire du bateau)… Plutôt facile à diriger pour se rendre d’un point A à un point B, c’est autre chose lorsqu’il s’agit de l’utiliser pour faire une action, que ce soit suivre un poisson à attrapper ou maintenir notre rayon de lumière sur la cible à actionner.

De nouveau, le choix des joysticks, sans possibilité de verrouillage de cible rend la tâche beaucoup plus ardue et pénible qu’elle ne l’est en réalité. Cela, ajouté aux combats, rend le jeu frustrant à certains moments et fait regretter de ne pas juste avoir affaire à un simple jeu d’énigmes dans un bel univers. On peut d’ailleurs s’interroger sur la présence de ces combats dans Selfloss. Personnellement, je trouve le jeu déjà assez riche sans devoir y ajouter des ennemis à combattre. Ces combats m’ont à chaque fois sortie de l’immersion, et de l’ambiance que j’avais envie de ressentir lorsque j’y jouais.

Immersive Latitude
Une chose est sûre, Selfloss est gorgé de poésie, de tristesse et de mélancolie. De par son thème, la mort, mais aussi son ambiance générale, ses décors, ou encore ses personnages. La direction artistique est superbe, les environnements du monde de Latitude également. Malgré des temps de chargement assez lents, les graphismes participent également à cette ambiance en arborant un style qui semble peint, et donc fragile.

La musique est une mélodie d’ambiance, calme, douce et aussi apaisante qu’angoissante à certains moments. Lorsque nous sommes à l’extérieur, se mêle à la mélodie le bruit du vent et des vagues de l’océan. Cependant, la vue isométrique en vue de ¾, et la caméra qui se déplace elle-même en fonction de Kazimir, ne permettent pas toujours d’avoir une vue optimale sur ces beaux environnements. De plus, elle faussera la perspective à certains moments et créera des collisions avec le décor (en bateau notamment). J’ai aussi trouvé que le jeu manquait d’intuition, tant dans les touches à utiliser que dans les tâches à faire. Mais ce manque d’intuition peut aussi ajouter une dimension immersive, qui nous permet, comme Kazimir, de découvrir ce monde extraordinaire en même temps que lui.
Malgré des combats que j’ai trouvés inutiles, Selfloss reste un jeu original et sympathique. À découvrir tant pour sa direction artistique, visuelle et musicale, que pour son histoire, Selfloss comblera les amateurs de jeux indépendants d’énigmes et de puzzles dans un univers surréaliste.
La note de la rédaction
Les notes de la rédaction
Les points positifs
Direction artistique
Histoire
Mélancolie et calme
Les points négatifs
Les combats
Maniabilité des différentes
Lenteur




