Le temps passe dans Promise Cinderella et petit à petit, les sentiments se font plus difficiles à réprimer, d’autant que le triangle amoureux s’est désormais transformé en carré avec l’incursion de Kikuno dans l’équation. Voilà qui va donner un résultat aussi dangereux que névrotique auquel nos héros vont devoir faire face dans le tome 7 de Promise Cinderella sorti le 8 avril en librairie. Tandis qu’Etsuko va réunir sous son toit, à la faveur de son départ pour la France, tous les protagonistes de cette romance tordue, chacun va devoir faire un choix et la fuite ne fait à aucun moment partie du calcul…
Cette critique a été réalisée avec un exemplaire fourni par l’Éditeur.

Passage à vie-deux
Troubles jeux pour double jeu
Hayame menait une vie tranquille, jusqu’à ce que son mari la trompe et demande le divorce. Fuyant le domicile conjugal, elle se retrouve à la rue. C’est là qu’elle tombe sur Issei, un lycéen aisé et tordu, qui lui propose un marché inattendu… Cette rencontre va bouleverser sa vie !
Autre titre phare d’Oreco Tachibana, Promise Cinderella fait la part belle aux comportements bien trempés et à la détermination à toute épreuve. Avec plus de quatre millions d’exemplaires vendus au Japon, cette série, complète en 16 tomes, a su rapidement trouver son public.
Glénat

Le bonheur aussi éclatant soit-il n’est pourtant jamais acquis. Hayame Katsuragi, héroïne de Promise Cinderella, en fait l’amère expérience le jour où elle découvre que son mari la trompe avec une autre. En claquant la porte, elle ne perd pas seulement un toit, mais tout ce qui donnait un sens et une stabilité à son existence. Dépouillée après un vol, elle se retrouve à la rue, incapable de subvenir à ses besoins. C’est là qu’Issei, jeune, riche, insolent, et surtout profondément désœuvré, entre en scène. Blessé dans son orgueil après une altercation avec Hayame, il lui propose un marché aussi cruel qu’absurde : un refuge contre sa participation à des « jeux » humiliants. Acculée, elle accepte.

Commence alors une cohabitation sous haute tension, où chaque échange est une étincelle. Pourtant, derrière les provocations d’Issei se dessine une solitude abyssale, tandis que Hayame, elle, oppose à ses défis une force tranquille qui ne plie plus. L’équilibre vacille lorsque la grand-mère d’Issei et véritable propriétaire de la demeure où loge l’adolescent, l’intègre au personnel de l’auberge familiale, déclenchant jalousies et rancœurs parmi ses collègues féminines. Et comme si cela ne suffisait pas, le passé ressurgit sous les traits de Seigo, frère d’Issei et premier amour d’Hayame. Entre regrets, sentiments inavoués et rivalités larvées, le triangle amoureux s’embrase peu à peu. Face à une campagne de dénigrement visant Hayame, Seigo tente de la « protéger » en l’éloignant de l’auberge. Mais Issei, lui, refuse de rester en retrait. Confronté à ce passé dont il est exclu, il abandonne ses caprices d’enfant pour faire un choix.

Ce n’est plus un jeu. C’est une lutte. Une lutte pour empêcher Hayame de s’effacer à nouveau et lui offrir une stabilité dont elle pourra être fière. Une fois le renvoi d’Hayame relégué aux oubliettes et alors que les tensions semblent retomber, une soirée entre collègues vient sceller une trêve de façade. Cependant, l’arrivée de Kikuno, amante de Seigo, invitée sans que Koya n’en mesure les conséquences, vient troubler davantage les équilibres. Tandis que certains se prêtent au jeu du roi, Issei apprend que celle qui fait battre son cœur aime les hommes mûrs, ce qui le blesse plus qu’il ne veut l’admettre. Il s’éclipse alors et, rejoint par Kikuno, il apprend qu’Hayame et Seigo se seraient rapprochés. La jalousie gronde… mais Issei choisit de croire la parole d’Hayame. Déterminé à créer un moment qui leur appartienne, il l’invite à un festival illuminé de feux d’artifice.

Une parenthèse magique, du moins l’espère-t-il. Mais le destin en décide autrement. À peine arrivés, ils se perdent de vue et Hayame croise alors un Seigo épuisé, vacillant, et recueille une confession qui fait vaciller ses certitudes. Incapable de répondre, elle demande un délai et s’éloigne… pour tomber sur Kikuno qui lui affirme savoir où se trouve Issei. Attirée dans les bois, Hayame est poussée du haut d’une falaise par la geisha. Blessée, seule, privée de moyens de communication, elle n’a plus que sa volonté pour tenir debout. Pendant ce temps, l’inquiétude se transforme en urgence. Issei et Seigo se lancent à sa recherche, chacun porté par des sentiments qu’ils ne peuvent plus fuir… et par une peur commune : celle d’arriver trop tard.
Hayame essuie les plâtres
Seigo vient s’installer avec Issei et Hayame ! Malgré les tensions entre les deux frères, la cohabitation se passe tranquillement. Ils cuisinent ensemble des gyozas, par exemple. Jusqu’au jour où… patatras ! Pour remplacer Hayame qui ne peut plus faire le ménage à cause de sa cheville cassée, Etsuko engage… Kikuno, la geisha !
Glénat

Suite à sa chute dans le tome 6 de Promise Cinderella, Hayame a la cheville cassée ce qui la handicap au quotidien, pendant que Seigo décide de rompre définitivement avec Kikuno qu’il soupçonne très fortement d’être à l’origine du drame. Issei, de son côté, se demande comment réagir après avoir embrassé Hayame au festival. Alors que chacun tente de mettre de l’ordre dans ses idées, Seigo débarque pour s’installer chez sa grand-mère, sous le fallacieux prétexte de se rapprocher de l’auberge. La tension monte encore d’un cran quand Etsuko indique au trio qu’elle part en voyage en France en compagnie de Yoshitora, son majordome.

Devant la perspective de se retrouver seuls avec Hayame, Issei et Seigo redoublent d’efforts pour gagner des points auprès de l’élue de leur cœur. C’est alors qu’avant son départ, Etsuko décide d’embaucher Kikuno afin de veiller sur le bien-être de ses petits-fils et décharger Hayame des corvées quotidiennes. Devant le danger que représente la geisha et menacée par cette dernière de s’en prendre à ses proches, Hayame accepte de lui obéir, d’autant que le nouvel objectif de la jeune femme est de mettre en couple Seigo et son premier amour. Obligés de jouer le jeu, Seigo et Hayame tentent de faire illusion au grand déplaisir d’Issei, mais en coulisse, la résistance s’organise…
Lisez un extrait de Promise Cinderella – Tome 7 ici !
Plan à trois
L’une des grandes forces de Promise Cinderella, c’est son héroïne aussi forte que vulnérable, capable de nous montrer toutes les facettes de sa personnalité alternativement sans perdre en crédibilité. Alors qu’après l’incident avec Kikuno, je m’attendais à ce qu’Hayame s’effondre complètement en voyant son ennemie investir son lieu de vie, elle a une nouvelle fois réussi à me surprendre en réagissant à contre-pied de ce à quoi je m’attendais. Je dois même reconnaître qu’il est assez jouissif de la voir confronter Seigo à sa lâcheté, lui qui a involontairement cultivé l’obsession de son amante pendant plus de dix ans.

À ce propos, je me demande bien ce qu’il a pu lui faire de si terrible pour se condamner à cette relation toxique au dernier stade. Il est évident que ma curiosité a atteint un pic en ce qui concerne le passé de la geisha, qui la lie avec l’ex-mari d’Hayame tout aussi bien qu’avec Seigo. Si la jeune femme est éminement dangereuse envers ses rivales tout en étant capable du pire pour assouvir sa vengeance, la lâcheté de Seigo qui a préféré détourner le regard durant des années plutôt que de l’arrêter le fait grandement baisser dans mon estime. Pour autant, j’aime à me dire que c’est la geisha qui a amené Hayame et Seigo à se revoir, précipitant sa rupture avec le frère d’Issei.

En effet, j’ai du mal à comprendre son besoin d’interférer dans le couple d’Hayame, alors que celle-ci se trouvait loin de son premier amour auquel elle ne pensait certainement plus. En entraînant Masahiro à tromper sa Némésis, elle a provoqué une réaction en chaîne qui l’a conduite à devoir dorénavant tenter de caser son ex avec celle qu’il aime. Une ironie dont Oreco Tachibana est assez friande dans ses œuvres et qui casse le côté shojo lumineux pour quelque chose de plus viscéral et de plus sombre, sans pour autant perdre cet optimisme enjoué qui parsème la série.

Tous les éléments sont maintenant en place dans Promise Cinderella pour permettre à Issei de briller en remettant en place cette envahisseuse, malgré le soin de la divorcée à le tenir éloigné, par peur qu’il ne finisse lui aussi blessé. Il me tarde donc d’en apprendre plus sur Kikuno, véritable démon au visage d’ange, mais qui pourrait bien cacher un passif à même d’expliquer le pourquoi de ses errements. Un début de réponse nous est promis en fin de tome, avec le teasing du volume 8 de Promise Cinderella qui ne sortira pas avant le 1er juillet 2026.
Ce tome 7 de Promise Cinderella agit comme un révélateur. En injectant une dose de noirceur via le personnage de Kikuno, Oreco Tachibana transforme une romance attendue en un drame psychologique captivant. Si la lâcheté de Seigo agace autant qu’elle interroge, c’est surtout la résilience d’Hayame qui continue de nous subjuguer, capable de faire face à ce « démon au visage d’ange » sans jamais fléchir. Le triangle amoureux s’est mué en un jeu de dupes dangereux où l’ironie du sort semble tout diriger et Tous les pions sont désormais avancés sur l’échiquier. Alors qu’Issei s’apprête enfin à sortir de l’ombre pour protéger celle qu’il aime, l’attente jusqu’au 1er juillet 2026 s’annonce déjà insoutenable. Le voile sur le passé de la geisha s’apprête à se lever, promettant de faire basculer la série dans une dimension encore plus intense.




