Paris Games Week 2025

Au fil des ans, c’est devenu LE passage incontournable pour les fans de jeux vidéo et cette année encore la Paris Games Week a posé ses valises au Parc des Expositions de la Porte de Versailles du 30 octobre au 2 novembre. Pour cette nouvelle édition, le salon avait l’ambition de se réinventer en impliquant de nouveaux acteurs dans son organisation afin d’opérer un virage pop-culture bien plus important et de faire du salon parisien un show impressionnant. Mais à trop vouloir changer de direction, on risque de se perdre en chemin !

Le plan n’était pas clair

Créée en 2010 par le SELL (Syndicat des Éditeurs de Logiciels de Loisirs), la Paris Games Week s’est imposée au fil des ans comme le rendez-vous vidéoludique incontournable de l’Hexagone. Jusqu’ici, le salon, toujours chapeauté par le SELL, confiait sa logistique et son organisation à Comexposium, bien connu pour sa maîtrise des grands événements publics. Mais cette année, nouvelle donne : si le SELL garde les rênes, l’organisation opérationnelle passe désormais entre les mains de Fimalac Entertainment (leader du spectacle vivant) et de GL events Exhibitions. Une alliance qui sent bon le renouveau et la volonté de réenchanter une PGW qui commençait à manquer de souffle.

Difficile d’y voir autre chose qu’un signal fort : celui d’un salon qui veut renouer avec la magie du show, avec ce sentiment d’émerveillement collectif qu’on croyait un peu perdu dans les années post-Covid. Dans cette logique de spectacularisation et d’ouverture à la pop culture, l’événement (toujours niché au Parc des Expositions de la Porte de Versailles) a non seulement pris ses quartiers dans le Hall 2.2 et 2.1, soit avec un pavillon de moins que lors de la PGW 2024, mais a aussi investi, pour la première fois, le Dôme de Paris, loué spécialement pour l’occasion.

Un choix qui n’a rien d’anodin : le jeu vidéo ne se contente plus de s’exposer, il se met désormais en scène. Avec 161 000 visiteurs comptabilisés en 4 jours (soit un jour de moins que les versions précédentes) la baisse semble se poursuivre, même si avec un jour d’ouverture en moins il convient de rester prudent.

Découvrez le site de la Paris Games Week pour être au courant de toute leur actu ici !

Paris Games Light

Pour une première il fallait donc frapper fort et du côté de la scène principale les visiteurs ont véritablement pu en prendre plein les yeux avec un show proposant les grandes finales e-sports, des shows d’influenceurs/streamers, des animations live, ainsi que lors de “Night Sessions” des concerts et des performances jusqu’à 23h30. Mais attention, un billet premium était nécessaire pour profiter au maximum du spectacle, un billet normal ne donnant pas accès aux “Night Sessions” et ne permettant un accès au dôme que sous réserve de places disponibles (quand les billets premium avaient un accès garanti).

Nous avons ainsi eu droit à un concert de Bigflo et Oli, un partie de Loup-garou de Thiercelieu présentée par Panayotis Pascot et Fary, ainsi qu’une performance Clair Obscur et une rencontre avec l’équipe du film Return to Silent Hill pour ne citer qu’eux. En ce qui concerne le hall 2.1, il apparaissait assez vite que celui-ci était bien plus vide que lors des éditions précédentes. Si les stands Capcom, Bandai Namco et Nintendo étaient aussi imposant et impressionnant que les années précédentes, les autres éditeurs avaient revus leur présence à la baisse, voir avaient boudé la convention. Exit donc, Plaion, PlayStation, Square Enix, Koei Tecmo et Ankama grands absents du salon.

Heureusement, pour compenser, de nombreuses démo de jeux à venir étaient proposées comme celles de Resident Evil Requiem, Pragmata ou encore Kirby Air Riders. Chez les constructeurs de PC, même constat. Bien que MSI, Asus/ROG, Cougar et Corsair avaient répondu présents, Cooler Master et Aorus eux n’avaient pas fait le déplacement. Si l’espace gaming était encore conséquent, l’espace pop-culture s’est lui agrandit avec la présence d’une zone manga plus conséquente, d’une zone cosplay, et une grosse représentation des jeux de carte comme Magic The gathering, Lorcana et Rise et autres jeux de société.

L’espace famille était également de retour, même si dans un espace bien plus resserré que ce à quoi nous avions été habitués. Dans le même ordre d’idées le hall réservé à l’e-sport et au sport n’ayant pas été renouvelé cette année, la discipline s’est retrouvée cantonnée aux diverses compétitions ayant eu lieu dans le dôme. Le rétro-gaming quant à lui était toujours parfaitement représenté, notamment grâce à l’association MO5, tout comme les jeux Games France qui ont bénéficié d’un emplacement conséquent. 

La place du marché

Passons maintenant au deuxième hall de la manifestation, le hall 2.2 entièrement réservé au food court et au geek market. Si vous vouliez faire chauffer la carte bleu, que ce soit pour trouver un souvenir ou pour vous restaurer, c’était là-bas qu’il fallait vous rendre. Entre divers stands de ramen, onigiri et autres bubble tea, diverses boutiques étaient présentes pour vous proposer leurs créations des plus conventionnelles aux plus originales. Comme toujours les prix pratiqués sur certains stands avaient de quoi faire grincer des dents et se restaurer était un budget important à prendre en compte si vous envisagiez de vous nourrir sur place.

Pour autant, au détour des éternels stands de confiserie, de sacs surprises et de vêtements divers et variés, il était possible de tomber sur des petits artisans proposant des produits faits mains qui valaient vraiment le coup d’œil et à un prix parfaitement abordable. Bien entendu, dans le hall principal, les écoles de jeux vidéo tout comme les stands de divers partenaires étaient bien représentés, notamment le ministère de l’intérieur qui était venu en force avec un emplacement très conséquent pour présenter les métiers de la Police au grand public. Rien de bien original de ce côté là donc. 

Bye and retry

Il faut bien le dire, lors de mes déambulations dans les allées du salon, j’ai eu de grandes réminiscences de l’édition 2022 de la Paris Games Week post-Covid où le salon avait repris en mode resserré. Malgré 200 exposants répartis sur seulement deux halls, on ne pouvait s’empêcher de ressentir un grand vide tout au long des allées, très larges pour le coup, traversant le salon. Il faut dire que l’organisation a eu du mal à se mettre en place que ce soit pour l’accueil des professionnels ou même de la presse dont les accréditations sont arrivées peu de temps avant l’ouverture de la PGW. Je m’étonnes d’ailleurs qu’après avoir mis le paquet sur le sport et l’e-sport, surtout à la Paris Games Week 2023, cet aspect ait été si peu mis en avant cette année.

D’un autre côté, la fréquentation ayant été énorme surtout le week-end, ces énormes allées ont évité aux visiteurs de se sentir trop oppressés et il était assez facile de circuler au sein de la convention. Pour autant, l’absence de gros éditeurs s’est fait cruellement ressentir dans les files d’attentes pour s’essayer aux jeux disponibles qui se sont allongées drastiquement. J’ai tout de même pu m’essayer à Tiny Metal 2, mais j’ai reculé devant la file d’attente de Resident Evil Requiem et je n’ai carrément pas réussi à entrer dans le dôme après avoir essayé plusieurs fois. Je comprends parfaitement l’envie de renouveau que le SELL à voulu faire souffler sur la Paris Games Week, mais à vouloir trop se diversifier on risque de se perdre en chemin et c’est exactement ce qui s’est passé à mon sens.

Moi qui adorait la PGW pour l’expérience du jeux vidéo qui y était proposé, j’ai trouvé que cet aspect du salon était désormais trop dilué entre les spectacles et la pop-culture (que j’adore au demeurant) pour être encore un salon du jeu vidéo crédible comme la Gamescom de Cologne ou encore le Tokyo Game Show. D’ailleurs les éditeurs ne s’y sont pas trompés et beaucoup d’entre eux avaient choisi de faire tenir leurs stands entièrement par des prestataires, plutôt que d’y dépêcher leurs équipes comme c’était le cas jusqu’à présent. Je l’avoue, la déception est grande, même si le changement d’équipe organisationnelle fait qu’il faudra sûrement une édition de plus avant de se rendre réellement compte de ce que le SELL envisage pour l’avenir du salon. Je garde donc espoir que tout ne soit pas perdu, même si, il faut bien le reconnaître, celui-ci est minime.

Pour conclure…

C’est donc après 4 jours de convention que la Paris Games Week a fermé ses portes sur un bilan assez mitigé en ce qui nous concerne. Entre l’absence de plusieurs gros acteurs du jeu vidéo pourtant habitués du salon et la taille réduite des emplacements des autres éditeurs, le hall 2 faisait bien vide et le nombre d’activités proposées revues à la baisse. Alors que le SELL table désormais sur deux nouveaux prestataires pour faire souffler le vent du changement sur la convention, le virage consistant à ouvrir la Paris Games Week à la pop-culture et aux spectacles fait que la convention à perdu beaucoup de son identité. Reste à voir si ce n’est qu’un début de transition maladroit pour aller vers du mieux ou si la direction prise se confirme pour la prochaine édition. Pour l’instant nous voulons encore y croire, mais…

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