A peine deux mois après que nous ayons découvert le premier tome de Mon Adolescence Explosive, le tome 2 débarque déjà dans les librairies. Comme un relent de plaisanterie, ce deuxième volume disponible à la vente depuis le 1er avril 2026 place Raikichi dans une position peu enviable vis-à-vis de sa hiérarchie et Haruko voit son secret découvert par le nouvel élève de sa classe Noah. Tandis qu’une menace se présente au plus mauvais moment, ados comme adulte vont devoir faire des choix afin de se protéger, mais attention aux conséquences…
Cette critique a été réalisée avec un exemplaire fourni par l’Éditeur.

Ma fille n’est pas un c-ado
Quand l’adolescence devient un pouvoir incontrôlable ! Raikichi, officier des forces d’autodéfense japonaises, vit seul avec sa fille Haruko sur l’île d’Okinawa depuis le décès de son épouse. Mais l’adolescence de la jeune fille prend une tournure explosive… littéralement ! Haruko détruit tout autour d’elle et affirme ne pas contrôler ses accès de rage. Pour ce père rationnel, difficile d’accepter des propos aussi mystérieux.
Jusqu’où ira cette transformation surnaturelle ? Le lien entre père et fille y survivra-t-il ?
Doki Doki

Quand les hormones rencontrent des pouvoirs psychiques, l’adolescence devient une bombe à retardement. Entre les crises de colère de sa fille et leur relation conflictuelle, la vie est loin d’être un long fleuve tranquille pour Raikichi Higa, soldat d’élite stationné à Okinawa. Le héros de Mon Adolescence Explosive voit son quotidien bien réglé voler en éclats lorsqu’une série d’incidents étranges commence à se produire. Encore marqué par une énième dispute avec Haruko, sa fille en pleine puberté, ce pragmatique invétéré est appelé en urgence au collège, en pleine alerte au typhon, quitte à désobéir aux ordres de ses supérieurs.

Sur place, il apprend qu’Haruko, après avoir surpris un camarade fouillant dans ses affaires, lui a envoyé une chaise à la tête. Face aux dénégations obstinées de l’adolescente, le ton monte… jusqu’à ce que les lumières explosent soudainement. Profitant de la confusion, Haruko s’enfuit, poursuivie par son père. Raikichi finit par la retrouver sur la plage où, dans un nouvel accès de colère… littéralement explosif, elle lui révèle être dotée de pouvoirs psychiques. Alors que des témoins commencent à affluer, le lieutenant Higa met sa fille à l’abri pour tenter de comprendre la situation. Mais la discussion tourne court lorsque Haruko, submergée, s’effondre inconsciente. Pris de panique, Raikichi l’emmène à la clinique familiale tenue par son père et sa sœur, tous deux pédiatres.

Confronté à l’évidence, il décide de garder Haruko sous surveillance constante, une décision qui passe très mal auprès de l’intéressée. Sur le point de planter son père, elle croise la route d’une mystérieuse jeune fille en pyjama en train de voler des médicaments. Rapidement, ils découvrent que celle-ci, Mizuki, possède le pouvoir de se téléporter. Comprenant qu’elle est dans le même cas qu’Haruko, Raikichi improvise un mensonge en la faisant passer pour sa fille illégitime, au grand désespoir de son propre père, qui les met aussitôt dehors. De retour chez eux avec cette nouvelle recrue improvisée, Mizuki révèle que sa mère a disparu depuis un mois et qu’elle refuse désormais de dormir, hantée par des cauchemars où elle est traquée et tuée par d’autres adolescents aux pouvoirs similaires.

La nuit suivante, Haruko et Mizuki partagent ce même rêve terrifiant, confirmant que ces visions sont bien plus qu’un simple cauchemar. Au réveil, surprise de taille pour Haruko : Mizuki est en réalité… un garçon. Le lendemain, de retour au collège avec Mizuki déguisé en élève, Haruko est attaquée par une camarade capable de créer des illusions, persuadée de l’avoir vue tenter de la tuer dans ce monde onirique. Mis à pied pour avoir déserté lors du typhon, Raikichi intervient in extremis pour sauver les deux adolescents.

Comprenant qu’ils ne sont pas ses ennemis, la jeune fille, Kie Kudaka, sollicite leur aide pour retrouver son frère jumeau kidnappé. Raikichi accepte, exploitant pour cela les pouvoirs de Mizuki et Kie, au grand dam d’Haruko, qui est laissée de côté. Un sauvetage sous haute tension qui risque bien de creuser encore davantage le fossé entre un père dépassé… et une adolescente prête à exploser à tout moment.
Young avengers
Querelle explosive entre un militaire et sa fille en pleine crise d’adolescence !
Alors qu’il vient tout juste de réintégrer les Forces d’Autodéfense japonaises, Raikichi est propulsé à la tête d’une équipe chargée d’enquêter… sur sa propre fille ! Pour ne rien arranger, sa hiérarchie l’affuble d’une équipe constituée de la plus fine fleur du camp de Naha – des soldats hors-norme triés sur le volet, et prêts à en découdre…Loin de se douter de la menace qui pèse sur eux, Haruko et ses amis se retrouvent pris dans une situation tout aussi embarrassante : le sympathique Noah, qui vient tout juste d’intégrer le collège Nankai, a découvert leurs pouvoirs !
Doki Doki

Ayant découvert, à la fin du premier tome de Mon Adolescence Explosive, que le point commun entre Kie, Mizuki et Haruko est la crèche qu’ils ont fréquentée enfants, le lieutenant Higa se rue à son affectation pour éviter d’être renvoyé des Forces de Défense et perdre toute chance de collecter des infos sur la cause de l’apparition de leurs capacités psychiques. Sur place, il est accueilli par son supérieur qui le charge de mener l’enquête sur la disparition brutale du typhon et sur l’effondrement de l’hôtel désaffecté ABC (exploits que l’on doit à Haruko).

Désormais à la tête d’une équipe composée de la fine fleur de la base où il officie et avec le concours d’une scientifique de génie, Raikichi doit tout faire pour empêcher ses hommes de remonter jusqu’aux enfants. De leur côté, ces derniers font la connaissance de Noah, un jeune américain qui a surpris, et pris en photo, Haruko en train d’utiliser ses pouvoirs. Après une course-poursuite afin de récupérer l’appareil volé par des voyous, le trio décide de laisser ses souvenirs à Noah qui s’apprête à intégrer la classe d’Haruko au collège. Mais tandis que la plus grande discrétion est de mise, une mystérieuse jeune fille décide de venir semer la pagaille, obligeant Haruko et Kie à se défendre.

Les chiens ne font pas des chats…
Plus j’avance dans ma lecture, plus je plains ce pauvre Raikichi, pour qui il est déjà difficile de gérer une ado… et qui se retrouve désormais à en gérer trois. Avec un peu plus de psychologie, il serait pourtant sûrement capable de s’en sortir, mais la présence de sa fille dans ce trio de collégiens l’empêche totalement d’appréhender la situation avec recul et de prendre les bonnes décisions. Et ce n’est pas pour me déplaire, tant il est savoureux de le voir se heurter à celle qui, bien qu’elle s’en défende, réagit de façon aussi épidermique que son paternel. Certaines de ses réactions restent cependant peu logiques, même si elles participent grandement à l’aspect comique du manga.

En constatant qu’Haruko déteste plus que tout être mise de côté ou traitée différemment, il pourrait pourtant s’appuyer sur ce levier pour en faire une alliée plus à l’écoute, plutôt que de l’écarter systématiquement sous prétexte de la protéger. Ce choix produit d’ailleurs l’effet inverse : frustrée, la jeune fille se met à agir de manière impulsive, cherchant à prouver sa valeur, quitte à aggraver encore davantage les dégâts. Dans le même esprit, bien que Raikichi soit tenu au secret professionnel, il aurait pu prévenir les adolescents qu’il enquêtait sur les incidents auxquels ils sont liés. Sans tout révéler, leur faire comprendre l’importance de rester discrets et de suivre un entraînement aurait sans doute suffi à les rendre plus prudents.

Je me demande d’ailleurs s’il sous-estime réellement ces trois jeunes, en pensant devoir tout assumer seul pour les protéger, ou si son sens du devoir est un carcan si rigide qu’il l’empêche de dévier, ne serait-ce qu’un peu, de ses ordres. Quoi qu’il en soit, sa manière de fonctionner risque bien de le placer dans une situation délicate. Je ne le dirai jamais assez : tout le sel de Mon Adolescence Explosive repose sur ce père, haut gradé respecté de tous, mais totalement démuni dès qu’il s’agit de son propre enfant.

Des adolescents dotés de pouvoirs, j’en ai croisé beaucoup au fil de mes lectures, que ce soit Ruri de Ruridragon, Kuroe de Kaijû Girl Carameliser ou Dazai et Chûya de Bungô Stray Dogs : Dazai, Chûya, 15 ans, mais aucun ne possède un tempérament aussi explosif qu’Haruko, portée par des hormones en ébullition. Je suis désormais curieuse de voir comment tout cela va évoluer, et surtout de découvrir qui sont ces deux Américains récemment arrivés au Japon, visiblement à la recherche d’Haruko et de ses semblables. Vivement un début de réponse dans le tome 3 de Mon Adolescence Explosive… même s’il va sans doute falloir s’armer de patience avant de pouvoir mettre la main dessus.
Ce tome 2 de Mon Adolescence Explosive confirme tout ce qui faisait déjà le sel de la série : un équilibre aussi instable que jubilatoire entre affrontements psychiques et conflits familiaux. Mais derrière les pouvoirs et les menaces qui s’accumulent, c’est bien Raikichi qui reste le véritable point de bascule du récit. Soldat exemplaire incapable de dévier d’un ordre… mais père totalement désarmé face à sa propre fille, il s’enferme dans des choix qui, sous couvert de protection, ne font qu’aggraver la situation. Et c’est précisément là que le manga frappe juste : dans cette incapacité à communiquer, dans ces décisions prises à contretemps, dans cette façon qu’a Haruko de répondre à la pression par encore plus de chaos. Une réaction en chaîne aussi prévisible qu’incontrôlable, où chacun campe sur ses positions jusqu’à l’explosion. Reste maintenant à voir jusqu’où cette dynamique pourra les mener… et surtout combien de temps encore Raikichi pourra jouer les équilibristes avant que tout ne lui échappe définitivement.




