Enfin ! La suite du fantastique Hellsing de Kōta Hirano en version Prestige est disponible ! Pour rappel, Hellsing nous raconte l’histoire d’une organisation britannique fondée par Abraham Van Hellsing (oui, avec deux L), dont la particularité est de combattre les forces surnaturelles et démoniaques qui menacent le Royaume d’Angleterre. Tout commence dans la ville de Cheddar, où Alucard, un agent de l’organisation, est envoyé pour enquêter sur des meurtres et disparitions. Il va y rencontrer Serras, une policière, qu’il va prendre sous son aile. À partir de là, le manga va nous présenter trois organisations rivales : Hellsing donc, une organisation protestante où travaille notre protagoniste. La Section XIII Iscariot ensuite (division du Vatican, et donc catholique) qui permettra à l’auteur de mettre en lumière les dérives de la foi dans sa lutte contre nos (anti)héros. Et enfin nous aurons Millenium, une organisation de néo-nazis qui développe une armée de vampires.
Cette critique a été réalisée avec un exemplaire fourni par l’Éditeur.
Après avoir subis de très lourdes pertes, les membres d’Hellsing doivent déjà repartir en mission.Leur enquête sur le mystérieux groupe Millenium les mènera jusqu’en Amérique du Sud.


Vampire Die&Rise
Le volume 2 regroupe les tomes 3 et 4 de la série originale. Dans ces derniers, le combat de Hellsing contre l’organisation néo-nazie Millenium se poursuit, au Brésil cette fois. Alucard sera accompagné de Seras ainsi que de Pip, le leader d’un groupe (encore un) de mercenaires. Déclarés terroristes, ils sont pourchassés par l’armée brésilienne. C’est dans ce contexte qu’un autre nouveau personnage fait son apparition, Tubalcain. Habillé en costume trois pièces façon mafia italienne, et avec pour seule arme un jeu de cartes, ce personnage membre de l’organisation Millenium est très intrigant (et charismatique, évidemment). Mais le troisième Reich en a dans le ventre et met petit à petit ses plans à exécution.

Pour ce faire : envahir l’Angleterre. Avec à sa tête une vampire du nom de Rip Van Winkle (mais pourquoi ce personnage porte-t-il le même nom d’emprunt que John Marston dans Red Dead Redemption 2 ?), rien ne peut les arrêter. Nous retrouverons également la Division XIII, avec le très charismatique Anderson. Vont-ils unir leurs forces pour abattre l’ennemi commun qu’est Millenium ? Mais surtout, quelles mauvaises surprises les attendent encore ? J’ai adoré le dénouement des différents événements, la direction que prennent certains personnages, leur évolution. Alucard est toujours aussi impressionnant de puissance et de cruauté. Si la classe avait un nom, elle s’appellerait Hellsing. Tout, absolument tout, dans ce manga transpire le style. Je trouve que c’est encore plus flagrant dans ce deuxième volume, truffé de scènes d’action et de duels mémorables, tous magnifiquement mis en scène.

Chaque personnage a sa place, une personnalité, un style qui lui est propre. La menace que représentent Millenium et ses idées grandiloquentes est que plus pesante et présente à chaque page, notamment à travers tout ce que l’organisation met en place et planifie pour mener ses projets à leur terme. Leurs alliés sont aussi puissants qu’Integra, Alucard et toute l’organisation Hellsing. Cette fois, le leader de ce mouvement néo-nazi sera aussi de la partie, tout aussi malsain qu’il est cruel et charismatique. Un bon gros méchant fachiste comme on aime les détester. Ce qui est passionnant dans cette histoire, c’est qu’il n’y a finalement aucun “gentil”, car l’auteur semble vouloir nous dire que tout fanatisme mène finalement à une âme ténébreuse. Ce dernier le souligne visuellement à plusieurs reprises dans ce tome en nous opposant Alucard, tout de noir vêtu, à Tubalcain, nazi sanguinaire pourtant tout de blanc vêtu.


On pourrait alors penser qu’il s’agit d’une dichotomie un peu banale entre le bien et le mal, surtout que le manga aime à présenter de l’iconographie religieuse, mais il n’en est rien dans l’intrigue. Alucard, bien qu’étant du “bon” côté de la balance, ne l’est finalement que parce qu’il y est contraint par l’organisation Hellsing, car au fond de lui, il reste un vampire, c’est-à-dire une créature assoiffée de sang sans pudeur ni morale, ce que Kohta Hirano souligne à plusieurs reprises dans la cruauté et la grandiloquence avec laquelle le vampire tue ses victimes. Il y a d’ailleurs, semble-t-il, un plaisir assumé de la part du mangaka de se moquer de la religion chrétienne et de certains de ses codes, notamment à travers plusieurs de ses personnages irrévérencieux.

Pareil du côté du dignitaire nazi “Commandant” qui se présente bien éloigné des codes fachistes allemands de l’Ubermensch, ce dernier étant bedonnant et myope, préférant envoyer des armées se battre à sa place (il n’est d’ailleurs pas le seul, Interga faisant exactement pareil). Son imagerie caricaturale et malaisante au possible n’est pas sans rappeler un certain dirigeant nazi ayant réellement existé (il idolâtre le “führer” constamment), comme une sorte de métaphore d’exagération ambulante pour mieux nous rappeler la folie et la psychopathie qu’il faut avoir pour commettre de tels actes que ceux ayant été commis lors de la seconde Guerre Mondiale. Hellsing se présente alors, sous couvert d’un manga d’action, de surnaturel, et d’horreur trash (à ne pas mettre entre toutes les mains, je le rappelle) comme une espèce de peinture expressionniste du barbarisme dont est capable l’être humain.

Là-bas, de nouvelles menaces surnaturelles et terroristes les obligeront à nouveau à livrer bataille. Débusqueront-ils enfin le groupuscule néo-nazi qui se ache derrière toutes ces horreurs ?
Delcourt – Tonkam
Un Manga Sang-sasionnaliste
Nous retrouvons la magnifique couverture aux allures de grimoire, noire et rouge métallique. Les deux tomes sont parfaitement assortis. Et font leur petit effet dans une bibliothèque. Ce deuxième tome montre encore l’incroyable maîtrise de l’auteur en matière de dessin. Le trait est encore plus nerveux que dans le premier volume, le dynamisme est aussi beaucoup plus important. Les scènes sont toujours aussi gores et sanguinolentes pendant les phases de bataille. Les chara design sont toujours parfaits et les intentions des personnages limpides d’un simple coup d’œil. L’humour est toujours présent, et plus assumé avec des cases dessinées dans un style naïf. J’ai cependant beaucoup de mal avec les accents écrits. Les personnages allemands (comprendre nazi) seront caricaturés avec des accents phonétiques. Je ne suis pas sûre que c’était nécessaire de le faire. C’est la seule et unique critique que j’émettrais.

Cette Perfect Edition porte toujours parfaitement son nom ! L’édition est toujours aussi soignée, l’histoire passionnante et parsemée de personnages incroyables, de scènes d’action toutes aussi fantastiques qui nous donnent juste envie de tourner les pages sans nous arrêter ! Hellsing mérite définitivement son nom au Panthéon des mangas à lire au moins une fois dans sa vie et en particulier dans ce magnifique écrin !




