Gloomhaven

Gloomhaven est un jeu développé par Flaming Fowl Studios et édité par Asmodée Digital, sorti en 2021 sur PC et en Septembre 2023 sur consoles.

Ce test a été réalisé sur une version Nintendo Switch fournie par l’Éditeur.

Comme toujours, le test de Gloomhaven est garanti sans spoilers. Sachant qu’en plus l’histoire n’est pas vraiment le point le plus mis en avant du jeu, vous pouvez lire le test sans souci.

Du jeu de plateau au jeu vidéo

Gloomhaven est l’adaptation d’un des meilleurs jeux de société les mieux notés de tous les temps sur https://BoardGameGeek.com. Cela fait des années que le jeu me fait de l’œil, mais le budget nécessaire pour y jouer est vraiment énorme (la boîte de base est à 160 euros). 

table Gloomhaven
Boite Gloomhaven

Le jeu de société est un RPG dungeon crawler très riche en contenu, règles et  mécaniques complexes. 

Alors quand est annoncée la sortie d’une adaptation de ce jeu sur PC et ensuite sur console, je me dis que cela serait intéressant d’essayer pour voir à quoi cela ressemble.

Le jeu est donc développé par Flaming Fowl Studios, studio indépendant qui est né des cendres de LionHead Studios (mais si, vous connaissez, ce sont eux qui ont réalisé la trilogie des Fable), et édité par Asmodée Digital qui est responsable de la publication de plusieurs adaptations de jeu de société de leur catalogue (Scythe, Splendor, Les Aventuriers du Rail, …).

Le studio veut relever le pari d’adapter ce monument et de faire un RPG tactique le plus proche possible de son aîné, est-ce que cela est réussi ? Nous allons le voir tout de suite.

Histoire

Ne tournons pas autour du pot, l’histoire de Gloomhaven n’est pas son point fort et on ne joue pas à ce jeu pour son histoire. Nous jouons un Maître de Guilde qui va devoir faire prospérer et développer sa guilde afin de s’enrichir et de devenir de plus en plus puissant.
Pour ce faire nous sommes guidés par un narrateur qui va nous indiquer la marche à suivre. Et le scénario pourrait s’arrêter là…

dessin Gloomhaven
Map

Si l’histoire et le concept cartonnent en jeu de plateau, pour le monde du jeu vidéo cela est vraiment trop répétitif pour que cela soit intéressant sur le long terme. La plupart du temps, le narrateur vous dit “va dans telle zone pour éliminer des ennemis”. Rien de bien dérangeant pour un dungeon-crawler, mais ça, plus les ennemis pas très diversifiés et les donjons avec objectifs pratiquement identiques, rendent Gloomhaven assez rébarbatif.

Gloomhaven nous invite dès la fin du tutoriel à créer une équipe de mercenaires en en choisissant jusqu’à 4 parmi les 6 premières classes. 

Le jeu vous propose de jouer les principaux archétypes et clichés de RPG en tout genre : le Voleur rapide mais une défense en papier maché, le Guerrier personnage équilibré en défense et en attaque, le perso polyvalent mais pas hyper intéressant. Du côté magique, c’est un peu plus innovant avec une Magicienne qui fait des infusions d’éléments pour renforcer ses attaques élémentaires. Enfin les classes « Tech » avec le Bricoleur qui a la fonction de support ainsi qu’ingénieur (pièges, bombes, …).

Du classique efficace avec quelques petites idées intéressantes en ce qui concerne les mercenaires de bases 🙂

sorcière Gloomhaven

Notez qu’il sera possible de mettre la main sur d’autres classes, avec leurs forces et faiblesses, mais cela demandera un « peu » (voire beaucoup) d’investissement en temps de jeu mais certaines d’entre elles permettent de retourner une bataille sacrément mal engagée si elles sont bien utilisées bien sûr (NdR : Ce qui n’est pas mon cas mais je crois que le jeu m’en veut XD)

Les PNJ sont de la partie !

Gloomhaven, vous permettra de recruter des personnes non combattantes pour intégrer votre guilde. Ces derniers vous permettront de recevoir divers bonus tels que des objets, des pièces d’équipement, des buffs temporaires, etc. Le marchand vous permettra de lui acheter des objets contre les précieuses (et donc rare) pièces d’or que vous récupérerez au fil de vos explorations. Tâchez d’en ramasser le plus possible car elles sont vraiment importantes afin de pouvoir profiter de ces bienfaits pratiquement indispensables pour espérer finir le jeu. En plus du marchand, un prêtre, peut se charger de vos demandes mystiques et accorder à votre équipe de mercenaire des bonus temporaires en plus de vos objets. Cumulez ces deux types de bonus devrait faciliter vos combats, bien que ceux-ci ne remplaceront pas un esprit affûté et réfléchi 🙂

En plus de PNJ permanents, Gloomhaven propose un système de rencontre aléatoire lors de vos explorations. Celles-ci peuvent être amicales, un personnage vous remettant de l’or par exemple ou bien clairement néfaste sous la forme d’un personnage qui va vous « pourrir » votre prochain combat sous la forme de malus plus ou moins importants. Après certaines de ces rencontres, un choix vous est proposé et impactera les conséquences de vos actions. Un exemple : une nonne vient à votre rencontre et vous demande de nettoyer une église de hordes de morts-vivants, allez vous l’aider afin de purifier son église ou bien allez-vous vous allier avec le nécromancien ayant ressuscité les morts pour piller le culte ? Le choix est vôtre. Enfin ça, c’est si le hasard ne s’en mêlait pas ^^.

Dans Gloomhaven, le hasard peut littéralement vous faire perdre un combat gagné d’avance, vous faire rencontrez des PNJ inamicaux et plein d’autres choses. Bref, vous pourrir votre partie voire votre plaisir de jeu, ce qui fut mon cas par certains moments (NdR : insulter le jeu en le traitant d’usine à RNG mal gérée de mer**, ne résoudra aucun problème, mais cela soulage énormément). Petite cerise sur ce « magnifique » gâteau d’aléatoire : l’impossibilité de savoir ce que tel ou tel choix aura comme conséquence, qu’elles soient bonnes ou mauvaises. Si dans un JdR sur table cela peut passer car le MJ peut toujours improviser en fonction de vos choix, ici non ce qui peut être frustrant pour le joueur. Mais finalement n’est ce pas-là tout le sel d’un JdR ?

Gloomhaven nous présente donc une histoire classique de JdR style « porte-monstre-trésor », parfait pour les personnes aimant ce genre de type de jeu. Cela rappellera sûrement des souvenirs du jeu de plateau ou de sessions de JdR sur table. Ce qui est sûrement le but des développeurs et celui-ci est atteint plus qu’honorablement 🙂

Après l’histoire de Gloomhaven, penchons-nous sur un point vraiment ultra-positif : le Gameplay !

Gameplay

Exigeant …

Autant le dire tout de suite, le Gameplay de Gloomhaven s’avère aussi exigeant que le jeu de plateau. Le jeu vous propose de jouer jusqu’à quatre personnages mais seulement une fois le tutoriel fini, qui va avoir pour objectif de nettoyer des donjons.
Pour ce faire, nous allons combattre au tour par tour à l’aide de cartes, différentes selon chaque personnage leur permettant d’agir 2 fois par tour : se déplacer, attaquer, soigner etc.

La gestion de votre deck est très importante. Chacun de vos personnages dispose d’un deck unique aux caractéristiques et actions vraiment uniques, il n’y a pas de redondances de cartes au sein d’un même deck (chaque carte est unique) et encore moins avec les autres mercenaires. Cela renforce le côté « spécialiste » d’un personnage et permet de peaufiner ses stratégies avec précision…

Chaque carte dispose de 2 capacités indiquées en haut et en bas. Au début de votre tour, vous devez choisir 2 cartes, sur lesquelles il existe 4 possibilités d’action. Attention ami(e)s stratèges car vous ne pouvez pas choisir une action située sur le même niveau qu’une autre déjà réalisée lors du même tour (NdR : en gros, planifier mieux que moi, cela vous évitera de vous retrouver à vous déplacer 2 fois ou pire ne pas vous déplacer et mourir ^^ »).

cartes Gloomhaven

… Mais intéressant

Une fois les cartes utilisées, celles-ci sont défaussées et une fois sans presque aucune carte en main vous devrez vous reposer afin de récupérer plusieurs cartes. Mais faites attention car cela détruira une de vos cartes qui disparaîtra jusqu’à la fin du combat en cours. Chaque action fait donc tourner l’horloge de votre vie et il faudra donc finir chaque mission le plus rapidement possible car une fois le deck vide pour vos personnages, c’est fin de partie… Donc on anticipe, on réfléchit, on prévoit et on espère (encore une fois) que la RNG ne va pas venir casser notre joli plan de bataille sans faille ^^

Les cartes permettent également de déterminer l’initiative et donc de savoir qui va jouer en premier. Ces dernières ont une valeur d’initiative, comprise entre 1 et 98, et la première carte que vous choisirez à chaque tout déterminera votre tour. Petit conseil : par moments, il vaut mieux agir après son adversaire donc on anticipe et on prévoit 🙂

Bataille 1
bataille 2

Gloomhaven nous offre ici ses deux plus gros points forts : le Gameplay et évidemment sa durée de vie colossale. Entre les différents modes de jeu et les divers DLC, vous en avez pour un trèèèèèèèèèèèsssss long moment. C’est un jeu qui va vous demander énormément de temps et d’investissement mais, si vous accrochez à son univers, cela vaut largement cet effort tant les possibilités sont importantes et nombreuses.

Direction artistique agréable mais pas transcendante

La direction artistique de Gloomhaven est agréable mais perfectible (un peu à l’image du jeu en fait). Le design général par contre est, je trouve, plus adapté à une version “plateau” plutôt qu’à une version 3D. L’imagination nécessaire afin de visualiser les épreuves et les monstres manquent un peu. Comme parfois certains JdR sur table sont mieux ainsi qu’en adaptation vidéoludique 🙂 

Cependant il faut noter le travail colossal qu’il a fallu aux designers et développeurs pour avoir conçu une interface capable de représenter la quantité hallucinante d’informations dont nous devons avoir conscience au fil des combats. Entre les caractéristiques, les monstres, les personnages, l’initiative et tout le reste, cela tient presque du miracle que cela soit aussi bien exploité.

Par contre, cela peut donner une impression de fouillis par moments et plus l’aventure avance plus vous aurez de choses à réfléchir, mais cela reste lisible en permanence, ce qui est un très bon point.

On ne joue pas à Gloomhaven pour ses graphismes mais ces derniers ne nuisent pas au jeu ni à l’expérience du joueur.

Pour conclure…

Je suis partagé au sujet de Gloomhaven. J’aime les jeux techniques et exigeants mais là on frôle l’overdose dans tous les sens du terme (trop d’informations, de données, de RNG), que cela en devient vite lassant. Pourtant il y a de quoi faire et passer un nombre d’heures conséquent, pour quiconque y accrochera. Ce qui n’est pas mon cas. Un RPG sans réelle histoire ne fait que renforcer, pour moi, une sensation de vide.

Pour ma part, je ne retournerai pas sur Gloomhaven en format jeu vidéo mais par contre j’aimerais vraiment essayer en format plateau (oui, je sais c’est paradoxal) pour découvrir une meilleure facette de cet univers 🙂

La  note  de la  rédaction

3/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

Gameplay exigeant….

Durée de vie colossale

Visuellement sympathique

Les points négatifs

…Mais parfois trop

Une RNG qui peut rendre maboul

Vraiment trop difficile

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