Le grand moment est arrivé, Son Goku va enfin faire la connaissance de celui qui deviendra son plus grand rival et le seul capable de le pousser à se dépasser encore et toujours plus : Vegeta. Maintenant que Raditz est éliminé, c’est au tour de Nappa et Vegeta d’entrer en scène dans ce tome 2 de Dragon Ball Full Color : Les Saiyans. Sorti en librairie le 4 mars 2026, ce tome voit Goku et sa bande faire face à une menace qui risque bien de tout emporter sur son passage. L’heure du combat a sonné, mais les Saiyans sont en avance… et nos amis visiblement en retard !
Cette critique a été réalisée avec un exemplaire fourni par l’Éditeur.

Petit Goku deviendra grand
En 1984, commençait dans le Weekly Shonen Jump la prépublication d’une toute nouvelle série racontant les aventures d’un jeune garçon avec une queue de singe, à la poursuite des sept boules de cristal. L’univers n’avait alors pas encore réalisé que ce manga allait devenir une œuvre culte et installer les valeurs du shonen dans l’esprit des lecteurs du monde entier…
Quarante ans après, la série est toujours présente dans le cœur des fans. Et pour fêter ce bel anniversaire, vous pourrez la découvrir sous une nouvelle forme, entièrement colorisée ! De quoi compléter votre collection bien évidemment et aussi convaincre de nouveaux lecteurs d’entrer dans la confrérie !
Glénat

Dragon Ball, c’est l’histoire d’un gamin des montagnes à la force peu commune et doté d’une queue, qui n’avait rien demandé à personne… jusqu’à ce que l’aventure, les ennuis et à peu près tout ce que le monde compte de dangers décident de lui tomber dessus. La rencontre avec Bulma marque le point de bascule de cette épopée. Lancée à la recherche des Dragon Balls, ces sphères capables d’invoquer Shenron et d’exaucer n’importe quel vœu, elle entraîne Goku dans un périple aussi imprévisible que formateur. De rencontres improbables en adversaires plus sérieux, le petit garçon découvre un monde qu’il ne soupçonnait pas et surtout un goût prononcé pour le dépassement de soi. Son apprentissage auprès de Muten Roshi, ses premiers pas au Tenkaichi Budokai ou encore son affrontement contre l’armée du Red Ribbon forgent peu à peu le combattant qu’il deviendra.

Même vaincu par Tao Pai Pai, Goku se relève, gravit la tour Karin et revient plus fort, fidèle à cette ténacité qui ne le quittera plus. Mais l’aventure prend une autre dimension avec l’arrivée de Piccolo Daimaô. Les enjeux changent, les pertes s’enchaînent, et Goku doit puiser au plus profond de lui-même pour triompher du démon, qui a tout de même le temps de se créer un successeur avant de rendre son dernier souffle. Après un nouvel entraînement auprès du Tout-Puissant, Son Goku revient des années plus tard, grandi, prêt à faire face à Piccolo Junior et à clore ce premier chapitre en devenant champion du monde. Désormais marié, il commence une vie tranquille avec sa femme Chichi.

Mais cinq ans et un enfant plus tard, une nouvelle menace se profile pour la planète bleue en la personne de Raditz, qui ne se contente pas d’introduire une nouvelle menace : il redéfinit entièrement notre héros. Derrière le terrien se cache en effet un Saiyan, et avec lui, un héritage aussi violent qu’inattendu. Face à ce frère aîné bien trop puissant, une alliance improbable entre Goku et Piccolo devient nécessaire pour sauver Son Gohan et terrasser l’ennemi. Poussé dans ses derniers retranchements, Goku se sacrifie pour permettre à Piccolo de triompher. Mais avant de disparaître, Raditz annonce pire encore : deux Saiyans, plus redoutables, sont déjà en route. Tandis que Goku s’entraîne dans l’au-delà et que ses alliés se préparent tant bien que mal sur Terre, le compte à rebours est lancé… et, comme souvent, l’ennemi a déjà une longueur d’avance.
Saiyans super crew
Alors que Goku achève son entraînement dans l’Au-delà, les terribles Saiyans Nappa et Vegeta débarquent sur Terre. Les autres guerriers se sont durement entraînés pour les affronter mais ces efforts seront-ils suffisants pour contrer une menace venue du bout de la galaxie ?
Glénat

Après avoir péri dans l’affrontement contre Raditz et avoir rejoint l’autre monde et Maître Kaio dans Dragon Ball Full Color : Les Saiyans Tome 1, Goku poursuit son entraînement intensif, tout comme son fils Gohan qui apprend à se battre sous la houlette de Piccolo. Prévenu par Kaio que leurs adversaires arriveraient en avance, Goku demande à Muten Roshi de le ressusciter en urgence. Un malheur n’arrivant jamais seul, Kaio a oublié de prendre le temps de retour de Goku dans ses calculs, impliquant un retard considérable dans l’arrivée du héros sur le lieu de l’affrontement.

Alors que Son Goku fait au plus vite pour revenir sur Terre, ses alliés profitent d’une dernière nuit de calme avant de partir au combat. Enfin, Nappa et Vegeta débarquent avec fracas et se mettent de suite à la recherche de la plus grande puissance de la planète afin de retrouver celui qu’ils appellent encore Kakarotto. Ce dernier étant encore dans l’autre monde, les deux Saiyans tombent bien vite sur Piccolo et Gohan, rapidement rejoints par Krilin, Yamcha, Ten Shin Han et Chaozu. Ils n’auront alors plus qu’un but, tenir le plus longtemps possible contre Nappa, Vegeta et les créatures qu’ils ont invoqués, afin de laisser à Goku le temps d’arriver. Mais le combat est d’emblée trop inégal…
Découvrez un extrait de Dragon Ball Full Color : Les Saiyans Tome 2 ici !
Vegeta pousse un peu…
Je vous avais fait part de la révolution que l’arc des Saiyans avait été pour le shonen dans ma dernière critique, et qui fait que j’ai toujours préféré la période Goku adulte à ce qui a précédé. Je n’ai d’ailleurs découvert la première partie de la série que lorsque j’ai commencé à chroniquer l’édition Full Color de Dragon Ball. Cependant, il y a une autre raison à cette préférence et celle-ci se nomme Vegeta. Comme tout un chacun j’ai toujours été fascinée par cet anti-héros aussi cruel que fourbe, capable des pires atrocités et même d’un certain aveuglement par fierté.

L’arrivée sur la planète des guerriers venus de l’espace, ainsi que le combat contre Son Goku, initié dans ce deuxième tome de Dragon Ball Full Color : Les Saiyans, nous présente un prince déchu, persuadé d’appartenir à l’élite du fait de son rang, à l’égo surdimensionné et ne considérant les autres que par le prisme de leur servitude. C’est d’ailleurs à mon sens ce qui en fait un protagoniste aussi intéressant et par voie de fait aussi populaire, au point d’inspirer toute une nouvelle génération de rivaux bien plus profond que ceux qui l’ont précédés. Avant l’intronisation du prince des Saiyans, les shonens tablaient sur des challengers qui n’avaient pour fonction que de pousser le héros à se dépasser avant d’être vaincus puis oubliés, voire assimilés au groupe en changeant radicalement de façon de penser et en devenant “gentils”.

Vegeta, lui, perdure dans l’entourage de son concurrent, n’évoluant que très lentement à son contact, gardant un caractère irascible, une certaine cruauté et surtout une colère constante. Le changement est alors un combat permanent pour celui qui ne veut qu’une chose : devenir le meilleur, et non un héros. Une grande différence avec Piccolo, premier grand antagoniste de Goku, qui lui, change assez vite au contact de Gohan et de sa gentillesse au point de se sacrifier pour ce dernier au terme d’à peine un an à ses côtés. Là où Son Goku progresse par curiosité et plaisir du combat, Vegeta, lui, avance par orgueil, par rage, presque par nécessité existentielle et introduit une dynamique nouvelle : son combat intérieur étant aussi important que le combat extérieur.

Son obsession à dépasser Goku, son identité de prince portée comme un étendard et son incapacité à accepter ses défaites en font un être critiquable, ne reniant jamais les actes barbares et les trahisons qu’il a pu commettre, qui lui donnent un charisme indéniable. Vegeta n’est pas aimé pour ses qualités, mais bien pour ses failles et là encore Toriyama a révolutionné l’archétype en proposant à ses lecteurs un personnage central totalement imparfait, voire complètement détestable par moments. Contrairement à Raditz et Nappa, destinés à n’être que de simples faire-valoir, Vegeta impose sa présence et c’est son évolution que j’avais adoré suivre jusqu’à la clôture du manga. Je me délecte d’ores et déjà du combat qui va suivre dans Dragon Ball Full Color : Les Saiyans Tome 3, mais pour cela il va falloir attendre la sortie du prochain volume prévue pour le 6 mai 2026.
Avec ce deuxième tome de Dragon Ball Full Color : Les Saiyans, Toriyama pose les fondations de ce qui fera la force de Dragon Ball pour les décennies à venir. Non pas uniquement par ses combats épiques ou ses retournements de situation, mais parce qu’il introduit un personnage capable de faire de l’ombre à son propre héros. Vegeta n’est pas là pour être vaincu puis rangé au placard : il est là pour durer, pour contrarier, pour fasciner. Là où ses prédécesseurs n’existaient que pour justifier la progression de Goku, le prince des Saiyans existe pour lui-même, avec ses contradictions, sa superbe blessée et une rage qui ne s’éteindra jamais tout à fait. C’est précisément cette imperfection revendiquée, cette noirceur que Toriyama ne cherche jamais à excuser, qui en fait l’un des personnages les plus marquants du manga. Dragon Ball Full Color : Les Saiyans Tome 2 marque donc bien plus qu’une montée en puissance narrative : il acte l’entrée en scène d’une icône. Entre tension dramatique et révolution narrative, ce volume prépare idéalement le terrain pour le duel de légende à venir. Vivement le 6 mai pour la suite !




