Despelote

Destination Quito, en Équateur, pays d’origine des créateurs du jeu, à savoir Juliàn Cordero (concepteur de jeux vidéos) et Sebastian Valbuena (musicien et animateur). Nous allons découvrir à travers leur histoire autobiographique la culture équatorienne et les personnes qui y vivent, mais le tout par le prisme de l’enfance et du football.

Ce test a été réalisé sur une version PS5 fournie par l’Éditeur.

C’est le Pied !

Despelote nous raconte l’histoire de Julián, le petit garçon de huit ans que nous incarnons, est passionné de football. Nous sommes en Amérique du Sud, en 2001, et ce sport est plus que jamais porté sur le devant de la scène grâce à la possibilité de qualification de l’Équateur pour la Coupe du Monde. C’est à travers cet engouement national que l’on va aller à la rencontre des Équatoriens et de leur culture, le ballon au pied.

C’est d’la Balle !

Dès le début de Despelote, le ton est lancé. On comprend rapidement l’importance du foot car Julián, que nous incarnons, est en train de jouer au ballon rond sur sa console de jeux. Mais à travers des bulles de dialogues de plus en plus envahissantes sur l’écran, on devine que l’aventure narrative sera surtout tournée vers les gens qui nous entourent. C’est d’ailleurs à travers 5 chapitres (correspondant chacun à un jour de match de qualification de l’équipe nationale de l’Équateur) que nous allons évoluer dans le quotidien de Julián. Que ce soit chez lui, avec ses parents, à l’école, ou encore au parc avec sa petite sœur… Julián finit toujours par se retrouver avec un ballon au creux du pied !

La majorité du gameplay repose d’ailleurs sur ça : shooter dans un ballon. On constate d’ailleurs un réel travail sur le ballon et sa physique, et c’est tant mieux car, comme dit plus haut, pendant près de 90% du jeu, nous en aurons un au bout de la manette. La vue en première personne est très originale pour ce genre de gameplay, et à cela s’ajoute le style graphique du jeu, qui permet de bien visualiser le ballon et les jambes de Julián pour viser lorsque l’on shoote. À ce propos, le système de gameplay est enfantin car il s’agit tout simplement de tirer le joystick de droite vers soi pour viser, et de le pousser plus ou moins fort pour shooter, parfois vers le haut, parfois pour faire une simple passe.

Pas de gestion de ballon compliquée car Julián a de base un beau jeu de jambes et gère tout seul ce dernier. C’est d’ailleurs quelque chose que j’ai beaucoup aimé car cela permet vraiment de profiter de l’environnement, des dialogues, des gens, sans avoir à se préoccuper du ballon (à moins qu’on l’envoie beaucoup trop loin, ce qui arrive, croyez-moi). Autre point important de la vue en première personne : lorsque Julián se penche en avant, son bras droit montre systématiquement sa montre pour nous indiquer l’heure.

Pour rappel, nous sommes un enfant de huit ans, et lorsque notre maman nous laisse aller jouer dehors, c’est non sans nous demander de rentrer pour une heure précise. À partir de là, nous avons accès à un petit monde ouvert dans lequel nous sommes libres de passer notre temps en respectant le temps donné. Et gare si Julián ne rentre pas à l’heure convenue ! 

Si Se Puede !

Ce qui marque tout de suite dans la direction artistique de Despelote, c’est la patte graphique. Très différente des standards habituels, avec une forte identité qui lui est propre, on peut dire que le titre attire le regard ! Les lieux dans lesquels nous allons évoluer seront pleins de vie, plein de sons, avec une ambiance locale très très bien retranscrite (musique, discussions, bruits de radio ou télévision, bruits de la ville…), le tout avec une musique ponctuelle traditionnelle du plus bel effet à la guitare sèche. L’immersion est vraiment totale. Cela est encore renforcé, entre autres, par le prisme politique du pays, qui sera évoqué par quelques touches et nous donnera un contexte, peu joyeux certes, mais que le football et l’enfance vont adoucir.

Couplé à cela, le subtil mélange de photos et d’enregistrements faits sur place pour accentuer l’authenticité du lieu, le tout modifié à l’aide d’un traitement visuel (technique de nuage en points 3D bicolore, qui rappelle Return of the Obra Dinn), et qui, malgré son excentricité, est cohérent et n’empêche nullement l’immersion. D’ailleurs, Despelote propose quelques belles mises en scènes, avec des cadrages originaux et des fulgurances graphiques très surprenantes, mais tellement rafraîchissantes (surtout à la fin du jeu). L’immersion est d’autant plus renforcée par les réactions des différents PNJ à nos actions. En effet, si on joue au ballon dans une cour avec nos amis, un voisin peut être agacé et descendre chercher le ballon, ou si l’on shoote dans un passant ou un objet, les PNJ concernés vont réagir en conséquence.

Ce souci du détail est vraiment très appréciable et contribue à enrichir l’expérience immersive. De nouveau, tout cela rend le jeu extrêmement vivant et dynamique alors que, je le rappelle, nous sommes dans un jeu narratif de style tranche de vie. Autre point très positif : les doublages, avec une VO en espagnol. En tant qu’enfant de huit ans, nos principales interactions, excepté nos parents, vont être d’autres enfants, et, généralement, les doublages de ces derniers sont souvent moins bons (en effet, je trouve que dans beaucoup de productions, les voix d’enfants manquent de subtilités et de justesse).

Dans Despelote, ce n’est pas du tout le cas. J’ai trouvé que les voix d’enfants étaient aussi réussies que les voix d’adultes et tout aussi justes et dans le ton, avec ce côté naturaliste très prononcé du jeu. J’ai également été agréablement surprise qu’un jeu de cette (petite) envergure offre le luxe de sous-titres en français ! Et grâce à cela, l’aspect narratif était d’autant plus prenant et intéressant

Pour conclure…

Avec une durée de vie assez courte de 2 à 3 heures, Despelote est une chouette parenthèse dans un univers et un pays que je ne connaissais pas bien, mais pour lesquels j’ai trouvé un intérêt particulier grâce à ce jeu. Avec sa direction artistique particulière, qui peut ne pas plaire à tout le monde, mais qui fonctionne parfaitement ici, Despelote propose une expérience qui sort des sentiers battus. Si vous aimez les tranches de vie sans prise de tête mais avec une certaine profondeur, foncez ! 

La  note  de la  rédaction

4/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

Version sous-titrée en français

Immersion au Top

Direction Artistique

Bonne VO

Les points négatifs

Ne plaira pas à tous les publics

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