Citizen Sleeper

Citizen Sleeper est un jeu développé par le studio Jump Over the Age et édité par Fellow Traveller. Il est sorti le 5 Mai 2022 sur PC, Mac, Nintendo Switch, Xbox One, Xbox Series et disponible sur PS4 et PS5 dès le 31 Mars 2023.

Ce test a été réalisé sur une version PS5 fournie par l’Éditeur.

Note de la rédaction : Ce test a été fait à l’occasion de la sortie de la version française de Citizen Sleeper, sortie le 2 Février 2024, et qui permet aux moins anglophones d’entre nous d’apprécier ce jeu à sa juste valeur. Néanmoins, pour les besoins de ce test, j’ai commencé à y jouer en anglais avant la sortie de la VF. C’est pourquoi la plupart des screenshots sont en anglais mais le français est bien disponible dans les options du jeu.

Présentation de Citizen Sleeper

Citizen Sleeper : Quésaco ? 

De toute évidence, placer Citizen Sleeper dans une catégorie de jeu va être assez ardu. Certains vous diront que c’est un RPG, d’autres un jeu d’aventure, etc. Pour ma part, j’aime y voir deux références ludiques : Les Jdr sur table (tels que D&D et surtout Shadowrun) ; et des livres un peu tombés en désuétude de nos jours, je veux bien sûr parler “des livres dont vous êtes le héros” (NdR : encore une référence de vieux dans un de mes tests…). On va donc parler de JdR narratif immersif aka JRNI pour les intimes.

Citizen Sleeper va vous permettre de vous glisser dans la peau d’une entité nommée “Sleeper” (Dormeur en VF, et non, pas de rapport avec le nain de Blanche Neige…) qui va devoir survivre dans une station spatiale inhospitalière, ce sont vos choix qui décideront de votre destin…

Un Dormeur dans une station spatiale

Le Dormeur s’est réveillé

Citizen Sleeper vous permet de vivre l’expérience inédite d’être un Dormeur, une sorte de copie synthétique d’un être humain. Votre esprit a été mis sous forme de données informatiques et a été transféré dans un robot au service de la corporation Essen-Arp. Ce n’est pas de plein gré que vous avez accepté de changer complètement votre vie, mais les aléas ont fait qu’à un moment, vous avez décidé de sauter le pas. 

Cependant, Essen-Arp ne vous avait pas révélé tous les tenants et aboutissants de ce changement de condition et au bout d’un certain temps d’exploitation, vous décidez de fuir et d’embarquer sur un navire spatial direction une station spatiale : l’Œil Erlin

Bien décidé à y refaire votre “vie” et à vous faire oublier, vous vous mêlez à la population locale tout en ne vous faisant pas trop remarquer. Il va vous falloir survivre dans cet environnement où les apparences sont parfois trompeuses… Mais surtout, n’oubliez pas que votre corps ne vous appartient plus et que ce dernier n’est pas immortel…

L’histoire au centre du récit 

Vous l’aurez compris, on va parler ici de Science Fiction robotique avec une dose de Steampunk. Si vous connaissez l’univers du jeu de rôle sur table Shadowrun, vous pouvez vous considérez en terrain conquis avec Citizen Sleeper : Méga Corporation, gangs, manipulations, plongeons dans le Réseau, tout y est ou presque. Pour les autres, vous découvrirez un univers spatial qui semble usé, recyclé (un peu comme Alien premier du nom), un peu vieillot. 

Ainsi, le jeu vous propose de choisir entre 3 classes de personnages. Chacune bénéficiant de bonus et de malus pour certains attributs. Cela modifie un peu votre manière de jouer mais rien de drastiquement différent. 

D’autant plus que vos choix et vos réussites auront des conséquences directes sur les personnes que vous rencontrerez, sur la station et d’autres choses encore. Plusieurs fins sont disponibles, ce qui augmente la rejouabilité de Citizen Sleeper (pour notre plus grand plaisir). 

Après ce petit point de vue sur l’histoire, voyons maintenant quels sont les moyens mis à votre disposition pour sauver vos fesses de Dormeur.

Comment survivre dans une station spatiale ?

C’est le cycle de la vie

Citizen Sleeper est un JRNI comme dit précédemment qui va vous demander de trouver un moyen de préserver votre vie dans une station spatiale. Pour ce faire vous allez avoir à votre disposition un certain nombre de dés (numérotés de 1 à 6) par jour qui vont vous permettre de tenter d’effectuer des actions telles que : travailler, explorer un secteur de la station, rendre service à un PNJ, etc. 

Certaines actions réussies vont remplir des parts de cercles, et une fois celui-ci rempli, l’histoire principale de la zone ou du personnage avance. 

Ainsi, une fois que vous avez accompli vos actions, il faut finir le cycle en allant dormir dans votre compartiment. À votre réveil, votre jauge de faim se vide de 2 crans sur 5 et vous perdez un point de Condition. Afin de bénéficier du maximum de vos dés, il va falloir trouver un moyen de remonter ces 2 barres car sinon des pénalités s’appliqueront à vos dés. Si votre jauge de Condition est réduite à zéro, c’est Game Over

Que ferions nous sans une carte ?

Afin de visiter la station de l’Œil, vous disposez d’une carte qui représente les “Drive” (aka les emplacements) dans lesquels les actions précédemment présentées peuvent être réalisées. 

Au fur et à mesure de votre avancée et de vos choix, ceux-ci changeront pour contenir de nouvelles actions, ou bien disparaîtront ou seront bloqués pendant un certain nombre de cycles. Il va falloir que vous gériez plusieurs avancées simultanément mais attention à ne pas trop vous disperser car vous ne parviendrez pas, dans le temps imparti, à gérer toutes les demandes. Réfléchissez et planifiez !

Vous reprendrez bien une seconde carte ?

D’autant plus qu’en tant que Dormeur, vous pouvez plonger dans les réseaux de la station afin de pirater des communications entre les gangs, découvrir de nouvelles informations, etc. Vous pouvez donner ces informations ou les vendre à certains PNJ afin d’améliorer votre réputation ou bien de progresser dans l’histoire de certains Drives. 

À la différence du monde “normal”, le monde Réseau vous demandera d’avoir des dés d’une valeur précise pour réussir l’action (sans compter les éventuels bonus de votre classe ou de vos attributs). Il va donc falloir apprendre à gérer ses actions, sa faim, ses cycles, sa Condition, et d’autres variables afin de découvrir ce que vous réserve Citizen Sleeper !

Une réalisation digne de la NASA

Il faut reconnaître que la réalisation de Citizen Sleeper est presque impeccable. J’ai l’impression de me répéter dans les derniers temps que j’ai pu réaliser, mais c’est encore une fois le cas ici. Il n’y a rien à jeter dans la réalisation de ce jeu. Ce qui est encore plus dingue quand on sait qu’une seule personne en est le développeur. Cela m’émerveille à chaque fois.
C’est la raison pour laquelle, aucun bug na été rencontré, et aucun ralentissement ne s’est fait ressentir. Cependant, le seul bémol que je mettrais à Citizen Sleeper est la maniabilité de la manette PS5, qui demande parfois de passer par la croix directionnelle quand pas mal de lieux à visiter sont regroupés dans un même endroit. En revanche, cela ne gâche en rien le plaisir du jeu. 

Passons maintenant à l’aspect artistique de Citizen Sleeper !

Citizen Sleeper vous offre une ballade sensorielle dans l’espace

La musique au service de son média

Dans un jeu à la croisée des RPG et des aventures narratives, on pourrait faire l’erreur de croire que l’aspect musical n’est pas important. Or, quoi de mieux pour plonger et s’immerger dans un univers que la musique ? 

Pour Citizen Sleeper, la musique est l’œuvre du compositeur Amos Roddy qui a déjà travaillé sur le jeu précédent de Jump Over the Age (In Other Waters). Cette seconde collaboration se veut marquée par l’électronique planante et rêveuse mais au vu du contexte du jeu et de son histoire cela fait plus que mouche. Une fois de plus, Amos Roddy fait preuve d’une grande maestria afin d’offrir une expérience auditive qui se veut presque aussi parfaite que le reste du jeu. 

C’est pourquoi, je vous mets le lien vers la playlist du jeu disponible sur la chaîne Youtube de Amos Roddy. Profitez en bien !

Le Steampunk a encore la côte

Citizen Sleeper est ce genre de jeu à l’interface simple mais ultra efficace. L’aspect vieille Science Fiction steampunk est précis et fait mouche. Les modèles des personnages sont soignés et correspondent bien à l’univers recherché. De même que les fenêtres de discussion soient agréables à lire, le tout forme un ensemble coloré mais froid. 

La VF : ajout indispensable pour Citizen Sleeper ? 

Comme dit en introduction de ce test : il a été réalisé en partie pour la VF de ce jeu.
Alors, ne tournons pas autour du pot, la version française est clairement un ajout INDISPENSABLE pour apprécier pleinement Citizen Sleeper, à moins de maîtriser l’anglais informatique, technique et d’autres aspects aussi pointus. À titre d’information, je n’ai aucun problème avec l’anglais du quotidien et informatique. Par contre, à certains moments j’ai du ressortir mon vieux dico Harrap’s Anglais/Français car même avec le contexte certains mots m’échappaient. 

Après avoir refait une partie avec la VF, c’est quand même un énorme confort de lecture que de ne pas avoir à faire la traduction tout en lisant directement. La traduction a été confiée au studio Riotloc Studios et ils s’en sortent avec brio. De toute évidence, Le studio prouve ainsi son savoir-faire dans la gestion de notre langue tant pour des projets indépendants comme Citizen Sleeper que pour des projets énormes car ce sont eux qui ont fait la VF de Baldur’s Gate 3 très récemment. Alors chapeau à eux car cela va permettre au jeu de toucher un plus large public. 

Pour conclure…

Pour toutes les raisons évoquées dans ce test, Citizen Sleeper est un jeu excellent à condition d’aimer son univers et la lecture de texte style “livre dont vous êtes le héros”. Si c’est le cas, foncez, ce jeu est une vraie bonne découverte et en plus désormais disponible en français. Il n’y a plus d’excuse du tout pour ne pas explorer et jouer au Sleeper dans la station !!

La  note  de la  rédaction

4/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

Aventure immersive

Univers “poubelle de l’espace steampunk”

Version française disponible

Plusieurs fins possibles

OST remarquable

Plein de choses à faire…

Les points négatifs

… Mais impossible de tout faire

Difficulté de découverte

Pourcentages de réussite complètement biaisés

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