L’été se profile à grands pas et avec lui les congés estivaux. Comme chaque année se pose la question des activités à faire durant vos séances de bronzage, ou tout simplement au bord de la piscine, et pour ça 404 Éditions vous a concocté un programme d’enfer. Dans le Cahier d’enquête de Sherlock Holmes, retrouvez le célèbre détective de Baker Street, accompagné de son acolyte de toujours le Dr Watson, dans trois enquêtes qui mettront vos neurones à rude épreuve. Disponible en librairie depuis le 7 mai 2025, le cahier d’enquêtes de Sherlock Holmes s’est avéré être un challenge pas si élémentaire que ça !
Cette critique a été réalisée avec un exemplaire fourni par l’Éditeur.

404 Solutions
Parviendrez-vous à résoudre les enquêtes dans l’univers de Sherlock Holmes, le plus célèbre enquêteur londonien au monde ?
Retrouvez dans ce cahier de vacances trois enquêtes inédites inspirées des enquêtes de Sherlock Holmes et du Dr Watson et des romans de Conan Doyle. Entraînez-vous grâce à des jeux et des énigmes avant de vous plonger dans chacune des nouvelles, puis laissez-vous guider par le cahier pour résoudre pas à pas les crimes de James Moriarty et autres truands londoniens !
Il vous faudra étudier les indices, repérer les témoignages discordants, noter les alibis, et surtout garder votre sang-froid pour résoudre ces quatre enquêtes sordides dans l’Angleterre du début du XXe siècle !
Serez-vous à la hauteur de l’esprit de Sherlock Holmes pour défaire du plus petit cambriolage aux complots de Moriarty ?Avec des jeux, des énigmes, et les solutions à la fin du cahier !
404 Éditions
Ce n’est pas la première fois que 404 Éditions nous propose sa version du cahier de vacances pour adultes, puisque le Cahier d’enquête de Sherlock Holmes fait suite au Cahier d’enquête de Franck Thilliez que nous avions déjà pu expérimenter. Cette fois c’est au tour de l’inégalable limier du 221B Baker Street d’être au centre de ce nouveau fascicule rempli d’énigmes et de casse tête en tout genre. C’est au long de trois nouvelles inédites que vous devrez acquérir la logique du détective pour mener ses investigations à leur terme. Pas de panique cependant, pour éviter la crampe de cerveau, toutes les affaires sont précédées d’un échauffement cérébral, pas si décorrélés que cela des intrigues qu’ils introduisent.

C’est donc alors que Sherlock Holmes à pris sa retraite et s’est retiré dans le Sussex que prennent place nos trois enquêtes se déroulant à un an d’intervalle l’une de l’autre. Dans la première, intitulée “Les consultations de Paille”, Sherlock continue une fois par semaine de mettre son intelligence au service de ses concitoyens et, pour ce faire, réinvestit son domicile londonien. Watson, qui profite de l’aubaine pour revoir son vieil ami, va un jour assister à trois consultations assez particulières. Dans “Les graines de Ténèbres”, tandis que Holmes et Watson sont en pleine expérimentation visant à déterminer la date d’un décès en observant les insectes qui y ont élu domicile, un homme fait irruption au domicile de l’ancien détective, pour une affaire pour le moins intrigante.

Enfin, avec “L’éthique Toque”, Watson invité pour le thé par son vieil ami va se retrouver confronté à un astucieux criminel qui utilise le Times pour commettre ses méfaits. Ce sont donc 64 pages de casse têtes et de cheminements de pensée logique qui vous attendent, le tout parsemé d’indices pour vous faciliter la tâche en cas de blocage et accompagné des solutions des jeux des échauffements cérébraux en fin d’ouvrage. Cependant, seuls les jeux des échauffements y sont disponibles, le parcours logique de Sherlock durant ses enquêtes étant donné dans la suite des nouvelles, il est donc important de répondre aux différentes questions avant de passer à la suite du texte.
Le cerveau des affaires
Nous le savions déjà, 404 Éditions propose toujours la confection de ses cahier d’enquête à des auteurs confirmés, c’était déjà le cas pour Franck Thilliez et c’est encore le cas pour le Cahier d’enquête de Sherlock Holmes qui a été réalisé par Yohan Servais. Ce nom ne vous dit peut-être rien, mais il est lié à l’un des éléments clés de notre critique de Dans la tête de Sherlock Holmes tome 1. En effet, l’album se trouvait assorti d’un jeu de la gamme Unlock, basé sur le même univers que la BD qu’il accompagnait, et dont Yohan Servais se trouve être un scénariste régulier.

Ce médecin de Haute Savoie, passionné par la narration interactive et désormais créateur de la gamme de jeux d’enquête Guilty, conçu à la base comme une gamme de romans policiers plutôt que comme des jeux de sociétés, était donc le candidat idéal pour revisiter l’univers de l’enquêteur au deerstalker. Et il faut bien le reconnaître, il s’en sort avec brio tout au long de ces trois intrigues indépendantes les unes des autres, qui arrivent assez facilement à faire oublier que ce n’est pas Conan Doyle qui les a écrites une fois que vous y êtes plongées. Les interrogations auxquelles vous devez répondre sont pertinentes et vous placent aisément dans un cheminement logique adéquat laissant entrevoir la maestria du processus de réflexion de celui de notre héros. Cependant, il reste un petit point noir qui vient légèrement ternir l’expérience.
Bloqué dans la tête de Sherlock

Mon amour pour le personnage de Sherlock Holmes et ses méthodes de déductions légendaires n’est plus à prouver, comme j’ai pu assez longuement m’en épancher à chaque fois que je traite du personnage ou de son auteur original (notamment lors de ma critique de l’excellent ouvrage Les mondes de Sherlock Holmes). Le défi était donc double en ce qui me concernait, trouver un certain challenge à résoudre les différents casse-têtes proposés et avoir une cohérence totale avec l’univers de l’un de mes écrivains de prédilection. Je dois avouer que de ce point de vue-là, c’est un sans faute.

Au delà de certaines interrogations qui m’ont fait cogiter très longuement et certaines qui m’ont, à ma grande honte, mis en échec, j’ai totalement occulté le fait que ces nouvelles n’étaient pas de la main de Conan Doyle, absorbée que j’étais par la complexité du fil logique à acquérir pour poursuivre la trame du récit. Bien que cette façon de procéder soit extrêmement originale, on vous propose de formuler voire de répondre à une question, plutôt que de passer par une résolution d’énigme classique, tout en vous déroulant la solution dans la suite du texte, cette façon de faire s’accompagne d’un effet indésirable assez embêtant.

En effet, il m’est arrivé, lors du décryptage de certains codes de me retrouver bloquée n’ayant pas compris le déroulé logique pour en arriver à la réponse attendue. Or dans la suite de la nouvelle, certes on vous donne la solution, mais pas toujours assez d’explications pour en arriver à sa résolution. Voilà qui est assez frustrant, même si la présence d’indices pertinents aide bien pour éviter de se retrouver bloqué trop longtemps. Pour autant, cela m’a occasionné de la frustration de ne pas comprendre comment répondre à certaines questions et vous savez à quel point je déteste ne pas appréhender pleinement ce que je dois faire (coucou Crimesight !), ne serait ce que pour l’occasion perdue que cela représente d’améliorer ma réflexion.

Je me suis également retrouvée confrontée à un picross inexact qui m’a rendue chèvre, avant que je ne me décide à aller regarder la solution (incohérence dans les chiffres entre les lignes horizontales et verticales). Cependant, malgré ces petits écueils, j’ai passé un excellent moment en compagnie de Holmes et de son complice de toujours et je vous souhaite sincèrement d’en faire de même.
Si vous cherchez un challenge assez corsé pour entraîner votre cerveau malgré la pause estivale, le Cahier d’enquête de Sherlock Holmes est assurément fait pour vous. Avec ces énigmes et le cheminement de pensées à trouver pour déterminer qui est le coupable, vous aurez de quoi faire, même si de plus amples explications concernant la solution des énigmes en cours d’enquête aurait été appréciable et appréciée. Pour autant les trois nouvelles sont plaisantes à lire et s’inspirent avec efficacité des écrits de Conan Doyle. Attention toutefois au coup de chaleur, votre cerveau n’est pas prêt pour ces longues sessions de réflexion !




