The Quarry

Affiche de "The Quarry"

Depuis 2015, le studio Supermassive Games s’est fait une spécialité des jeux d’aventures horrifiques tenant plus du film intéractif qu’autre chose. Après Until Dawn et les trois épisodes de The Dark Pictures Anthology (sur les huit que doit compter la série), le studio anglais revient avec The Quarry. Edité par 2K Games, le titre compte séduire les amateurs d’horreur en leur proposant une expérience ultra référencée, puisant dans les poncifs du genre slasher, mais pas que… un patchwork d’influences et une proposition solide qui nous a donné une féroce envie de tester The Quarry « sang » plus attendre !

Hackett’s Quarry : la colo du diable

The Quarry commence la magnifique nuit du 24 juin. La lune est pleine et éclaire, sur une route de forêt, une voiture dans laquelle se trouvent deux jeunes gens : Laura et Max. Pris d’une soudaine inspiration, nos deux tourtereaux, embauchés pour devenir moniteurs à la colonie de Hackett’s Quarry, ont décidé d’arriver un jour plus tôt sur leur futur lieu de travail. Comme de bien entendu, les futurs monos sont perdus au milieu de nulle part, quand soudain quelque chose surgit devant le véhicule. Après avoir fait une embardée pour éviter l’obstacle, ils finissent leur course dans la forêt et, pendant que Max tente une réparation de fortune du SUV accidenté, Laura part seule explorer les alentours.

Ecran titre de "The Quarry"

Victimes de phénomènes étranges, les deux adolescents terrorisés sont finalement secourus par un policier local qui leur intime l’ordre de se rendre au motel le plus proche afin d’y passer la nuit. Se croyant plus malin que les autres, le couple décide de passer outre les indications du shérif et se rendent sur le site de la colonie, déserte à cette heure avancée de la nuit. Comme on pouvait s’y attendre, ce n’était pas l’idée du siècle et Laura et Max vont l’apprendre à leurs dépends.

Petit bond dans le temps, nous voilà désormais le 22 août. Le camp de vacances va fermer ses portes, les enfants étant repartis dans leurs familles. Il ne reste sur place que le propriétaire des lieux, Chris Hackett, et ses sept moniteurs (Jacob, Emma, Abigail, Kaitlyn, Nick, Dylan et Ryan) qui ont également prévu de rentrer chez eux avant que la nuit tombe. Un plan parfaitement rodé, mais c’était sans compter sur Jacob qui, sous prétexte que son idylle avec Emma prendra fin dès qu’ils auront quittés Hackett’s Quarry, décide de trafiquer la voiture pour rester une nuit de plus au camp et tenter de convaincre la belle de changer d’avis.

Les ados et le flic inquiétant dans "The Quarry"

Pris de panique devant la perspective que les jeunes passent encore une nuit à la colo, M. Hackett les quitte en leur faisant promettre de s’enfermer dans le chalet principal, de n’en sortir sous aucun prétexte et de ne surtout pas faire de bruit. En jeunes adultes matures et responsables qu’ils sont, les sept compères vont faire… exactement le contraire, en organisant un grand feu de camp. Mais des convives de dernière minute vont s’inviter aux festivités. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ont les crocs !

Monstres & Cie

Si les autres productions du studio sont déjà passées entre vos mains, vous serez en terrain connu, la recette de The Quarry se révélant peu ou prou identique à celle d’Until Dawn et de The Dark Pictures Anthology. Si le premier est, encore aujourd’hui, considéré comme l’un des meilleurs jeux de Supermassive, le deuxième fait montre d’une qualité inégale au fil de ses épisodes, la faute à un scénario un peu léger parfois. Dans le cas de The Quarry, les anglais sont partis sur un trip Summer Camp Horror Movie avec une intrigue rappelant Vendredi 13 ou encore Carnage.

Au-delà de l’hommage assumé, le jeu accumule les clichés, comme d’autres des cartes Pokémon, surtout au début de l’aventure. Si l’un des reproches que l’on pouvait faire à Until Dawn était de passer trop vite sur la présentation de ses personnages et sur la mise en place du scénario, ce n’est absolument pas la même chose pour The Quarry. Au contraire, le jeu prend énormément de temps à mettre en place son histoire, ce qui rend le premier tiers du titre poussif. Et pour ne rien arranger, le premier contact avec la clique des moniteurs est compliqué, tant ils semblent de prime abord être de sales gamins avec des égos surdimensionnés et une maturité confinant au je-m’en-foutisme.

Il n’est pas facile de créer des liens avec de tels protagonistes, alors de là à chercher à les sauver… Heureusement, une fois que le danger se dévoile, certaines personnalités s’affinent et s’améliorent dans l’adversité. On commence alors enfin à s’attacher à ces jeunes, qui s’avèrent plus complexes que ce qui nous est présenté au départ. Enfin, à de rares exceptions prêt, n’est-ce pas Jacob et Emma ? Autre point commun avec son aîné, The Quarry peut se targuer de s’être doté d’un casting quatre étoiles pour donner vie à ses protagonistes. Entre Lance Henriksen (Aliens), David Arquette (Scream), Ted Raimi (acteur dans Twin Peaks et frère du non moins célèbre Sam Raimi), Justice Smith (Détective Pikachu) ou encore Zach Tinker (American Horror Story), les têtes d’affiches habituées du genre côtoient des petits nouveaux moins connu.

Et tous sont mis en valeur avec une modélisation des visages superbes, si l’on excepte certaines expressions faciales outrancièrement exagérées qui viennent régulièrement mettre à mal l’immersion. Toutefois, les mouvements reproduit in-game sont beaucoup moins raides que ce à quoi nous avait habitué le studio, ce qui, couplé à la beauté des environnements, fait que l’on ne sait parfois plus si on joue dans un film en prises de vue réelles ou si on est bien dans un jeu vidéo aux graphismes réalistes.

Mais que ce passe t'il donc à "Hackett's Quarry" ?

L’Étrange Créature du bois sombre

Niveau gameplay, rien de bien nouveau non plus dans la formule. Le récit se déroule sous nos yeux, nous proposant régulièrement de faire des choix de réponses, qui impacteront les relations entre les personnages ou les décisions qui s’imposent à vos avatars. Sachez que chacune de vos réponses et chacun de vos plus petits choix auront un impact sur les événements futurs. Niveau arborescence, Supermassive Games a mis la barre très haute puisque The Quarry, malgré une durée de vie assez courte (comptez une dizaine d’heures pour boucler un run), propose pas moins de 186 fins différentes.

Si certaines conséquences immédiates de vos actions sont assez prévisibles, les conséquences à long terme pourraient bien vous surprendre. Dans les moments de stress, quand le danger est maximal, ce sont des QTE (Quick Time Event) qui prennent le relais. Il s’agit de réaliser le bon mouvement de stick (ou de croix directionnelle) au bon moment. Si, comme moi, vous avez deux pouces gauche et un sens du rythme déplorable, rassurez-vous, ces QTE sont plus que généreux en ce qui concerne les timings d’exécution.

Le tutoriel sous forme de petites vidéo dans "The Quarry"

Enfin, une troisième mécanique importante est disponible : le Don’t Breath. L’idée est simple : lorsque la menace se trouve tout prêt, vous devrez retenir votre souffle jusqu’à ce qu’elle se soit suffisamment éloignée. Ceci afin d’éviter de vous faire repérer et de finir en tartare. Du point de vue modes de jeu, vous aurez trois façons différentes de vivre l’aventure : en solitaire, en coopération ou en mode cinéma. Si vous choisissez l’aventure en solo, vous incarnerez tous les personnages jouables les uns après les autres.Vous avez fait un choix funeste pour un des moniteurs et vous ne voulez pas tout recommencer ? Vous avez à disposition (si vous possédez la version Deluxe ou si vous avez terminé l’histoire une première fois) un système de rewind qui vous permettra de remonter le temps pour changer les choses. Mais attention, vous ne pourrez y faire appel que trois fois au cours d’un même run.

Si vous optez pour la version entre amis, vous devrez dispatcher les 9 personnages jouables entre les différents joueurs, puis vous vous passerez la manette quand le jeu vous l’indiquera. Cette possibilité est idéale pour passer une excellente soirée entre amis. Enfin, si vous ne souhaitez pas jouer du tout et que vous préférez simplement profiter du spectacle sans toucher au moindre bouton, le mode cinéma est fait pour vous. Renseignez au départ le caractère, la perspicacité, les réflexes des différents personnages, sortez les pop corns et c’est parti pour une séance ciné. Il faut bien le reconnaître, The Quarry propose au final très peu de challenge pour des joueurs confirmés, et les options d’accessibilités sont légions, rendant le titre abordable par toute personne qui y trouverait un intérêt. Un choix intéressant et bienvenu par les temps qui courent.

Retrouvez notre test complet de The Dark Pictures Anthology : House of Ashes ici

Y a-t-il une voyante pour sauver les monos ?

N’ayant jamais fini Until Dawn à l’époque de sa sortie (j’avais adoré la première partie de l’histoire, mais après le twist scénaristique j’ai laissé tomber), j’avais quelques aprioris pas jojo sur le dernier bébé de Supermassive. Toutefois, après plusieurs trailers que j’ai trouvés superbes et où je retrouvais l’ambiance de ces films que j’aime tant revoir à l’occasion d’Halloween, j’ai décidé de me laisser tenter. Sans que ce soit une claque magistrale, le titre a encore trop de défauts pour cela, je m’y suis vraiment bien amusée, que ce soit en solo ou en coop avec mon mari. J’ai trouvé que les arcs narratifs entrecroisés étaient intéressants et, si la plupart des révélations me sont apparues assez évidentes peu après le début de l’aventure, j’ai tout de même eu quelques surprises.

Mais pour avoir des "indices" plus précis vous ne pourrez en choisir qu'une

Malheureusement, la qualité de la version française (entre les problèmes de synchro labiale et les brusques baisses de volume sur certains dialogues qui fait que l’on loupe des pans entiers du récit si on n’a pas activé les sous-titres), les mouvements de tête incessants des personnages (je me demande encore comment ils peuvent ne pas se casser la figure tant ils regardent partout sauf où ils posent les pieds) et certains faux raccords où il manque des plans, je ne me suis pas autant immergé dans le récit que je l’aurais voulu.

Avant le drame dans "The Quarry"

Par contre, je mettrais une mention spéciale aux scènes avec la voyante qui clôturent chaque section. Durant les 10 chapitres qui composent The Quarry, vous trouverez parfois des cartes de tarots qui vous seront utiles une fois devant la diseuse de bonne aventure. Cela vous permettra, entre autres, qu’elle vous donne des indices sur les futurs possibles associés aux cartes et du coup de pouvoir anticiper pour éviter que ce futur ne se réalise. Sachez toutefois que si vous avez plusieurs cartes, vous ne pourrez visionner les indices que d’une seule. Vous voilà prévenus, alors choisissez judicieusement.

Découvrez notre critique de Maid of Sker ici

Un conseil fort à propos dans "The Quarry"
Pour conclure…

Il y aurait encore beaucoup à dire, et à analyser, sur The Quarry. Mais impossible de continuer sans spoiler, je vous laisse donc le découvrir par vous-même. Retenez simplement que le titre propose une expérience hybride à mi-chemin entre jeux vidéos et cinéma, dotée d’une grande accessibilité. Si ce n’est ses scènes gores et l’hémoglobine qui coule à flot, qui font que le périple est à réserver à un public mâture, chacun, pour peu que l’horreur l’intéresse, pourra y trouver son compte. Et rappelez-vous, comme le dit si bien la devise du camp (spéciale dédicace au pote Nietzsche) : « Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. ». Alors, à bon entendeur !

Retrouvez notre Let’s Play / Guide complet du Jeu réalisé par Rieder :

La  note  de la  rédaction

3/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

Le côté nanardesque de l’histoire qui rappelle les films d’horreur des années 80.

La modélisation des visages est superbe la plupart du temps.

Les phases avec la mystérieuse voyante valent le détour.

Le mode Coop est une excellente idée pour faire l’aventure à plusieurs.

Les points négatifs

Les personnages ont, pour la plupart, un côté très agaçant qui empêche de s’attacher à eux, du moins au début.

Un grand nombre de détails visuels malheureux qui gâchent un peu l’expérience.

Certaines expressions du visage sont outrancières et nuisent au réalisme des graphismes.

De sérieux problèmes de baisses de son dans certains dialogues empêchent la compréhension d’une partie de l’intrigue (soucis de mixage ?).

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