System Shock

Sorti le 30 mai dernier sur Steam, System Shock est un remake du jeu qui a lancé le genre “immersive sim” du même nom, sorti il y a presque trente ans. Une sortie consoles est également prévue, sans date annoncée.

Ce test a été réalisé sur une version PC (Steam Deck). J’ai fait le début du jeu en anglais, mais une traduction française est disponible pour les textes du jeu.

Difficile de ne pas prendre un petit coup de vieux en écrivant que System Shock a presque trente ans. On parle tout de même d’un jeu qui a inspiré son propre genre vidéoludique, les immersive sim. Ce sont des jeux qui encouragent un Gameplay émergent, où le joueur peut trouver des solutions aux obstacles présentés de diverses manières. Sans parler du Gameplay en lui-même, qui a mis en place des mécaniques qu’on retrouve encore aujourd’hui dans les FPS ! Les fans étaient donc au rendez-vous pour le KickStarter d’un remake en 2015, porté par Nightdive Studios.

Piqûre de rappel

Vous avez bien lu : 2015. System Shock a mis du temps à sortir, pour un tas de raisons. Les développeurs ont bien failli s’égarer avec leur vision du projet ! Nightdive Studios est cependant revenu sur un postulat beaucoup plus simple : un remake fidèle en tous points au jeu, sous Unreal Engine 4. La structure, narration et navigation y resteront les mêmes ; mais les graphismes, l’audio et la jouabilité seront remaniés. 

C’est donc une sacrée claque de lancer System Shock et d’y trouver une esthétique futuriste tout droit sortie des années 90. Les aspects Cyberpunk n’ont pas été encrassés, ni enjolivés : tout semble repris de l’original, mais s’il sortait aujourd’hui. Moi qui adore une bonne direction artistique, j’ai arpenté les couloirs de la station Citadel en appréciant chaque détail.

Quant au Gameplay, privilégiez le clavier-souris pour System Shock. Cela peut paraître évident pour un jeu de cet âge… mais pour avoir testé le jeu sur Steam Deck, je ne trouve pas l’interface forcément bien adaptée à une manette. Reste à voir ce que donneront les portages consoles. Pour le coup, il s’agit là d’un aspect qui reviendra fréquemment au long de ce test : System Shock est vraiment très, très proche du jeu originel.

L’immersive sim originel

Le scénario de System Shock ne change pas non plus. Pour les néophytes, on y incarne un hacker sans nom, arrêté en plein piratage des fichiers de la société TriOptimum. En échange d’un abandon de poursuite et d’un implant militaire, notre protagoniste pirate l’intelligence artificielle SHODAN pour lever ses contraintes éthiques. Six mois plus tard, nous nous réveillons à bord de la station Citadel, dont SHODAN a pris le contrôle total. Les autres passagers sont soit morts, soit mutés par un terrible virus, voire devenus des cyborgs ! Et pour couronner le tout, l’IA a pour projet de faire feu sur Terre avec le laser minier de Citadel.

Armé d’abord d’un simple tuyau, il nous incombe d’arrêter la folie de SHODAN. De nombreuses armes à feu viendront bien sûr équilibrer les chances de survie de notre hacker ! Du fusil à pompe au pistolet énergétique, il faudra varier les plaisirs. D’autant plus que les ennemis repeuplent régulièrement les couloirs arpentés. En fonction de la difficulté choisie, engager les ennemis ou les éviter relèvera presque de la logique d’un survival horror.

En bon immersive sim, il est possible d’interagir avec un grand nombre d’objets dans System Shock. Certains ne sont bons qu’à être vaporisés pour récupérer des fragments. D’autres peuvent être revendus ; ces précieux crédits permettant ensuite d’acheter nourriture et stimulants. L’inventaire de notre hacker n’est pas illimité, et il faudra régulièrement faire le tri. 

Bienvenue à la station Citadel, Insecte

System Shock nous fait nous frotter très vite à SHODAN, l’IA devenue proprement diabolique. Et autant dire que GLaDOS et Hal 9000 n’ont rien à lui envier ! SHODAN intervient très régulièrement via des écrans de la station, ou sur notre radio interne, pour nous narguer. Une relation conflictuelle qui a inspiré bon nombre de jeux par la suite, et qui fonctionne toujours aussi bien ici. Elle ira parfois jusqu’à enclencher des pièges sous nos pieds !

Il n’y a pas que SHODAN qui brille dans System Shock : l’autre star est le terrain de jeu proposé lui-même. La Station Citadel est un labyrinthe de couloirs peu accueillants, arpentés par des tauliers peu recommandables. On peut y trouver son bonheur sous la forme d’armes, de points de respawn ou de distributeurs de nourriture. Mais j’y ai surtout trouvé une station délabrée, racontant par ses mails et ses logs audio le carnage qui s’y est déroulé. Autant dire qu’il faut aimer lire dans System Shock, car le scénario en lui-même reste simple : l’univers qui l’entoure, en bon immersive sim, nécessite qu’on s’investisse dedans.

L’exploration de la station Citadel est entrecoupée de sections dans le cyberespace. Notre hacker se retrouve dans un environnement rétro tout droit tiré d’un shoot’em up. En détruisant le cœur du niveau, on peut ainsi réduire le niveau de sécurité de l’étage, et débloquer certains accès. J’ai pris un malin plaisir à détruire les caméras de SHODAN, soit dit en passant.

Comme mentionné un peu plus tôt, la station Citadel pullule d’ennemis. On y trouve des mutants, dangereux en groupes ; des robots, plus résistants aux balles ; mais surtout des cyborgs. Leur IA est encore une fois très proche du System Shock original ceci dit. J’ai apprécié le fait que leurs designs soient finalement très proches des pixels arts originaux !

Remis au goût du jour ?

En ce qui concerne sa difficulté, System Shock propose de paramétrer individuellement plusieurs aspects. On peut ainsi mettre la tension des combats au plus bas, mais rendre les énigmes plus complexes par exemple. Le jeu m’a aussi laissé le choix de paramétrer la difficulté des passages en cyberespace. Une attention appréciable, puisque System Shock ne nous fait pas spécialement de cadeau. Mourir vous renverra à la dernière station de reconstruction, y compris si elle se trouve à un autre étage !

Une intransigeance qui se retrouve aussi dans sa navigation. Bien qu’il soit possible de la rendre plus facile, System Shock reste un jeu parfois obscur. Il faudra accepter d’être perdue, et ce un certain nombre de fois. Je regrette un peu que le jeu n’ait pas été un peu plus modernisé sur cet aspect là. Je peux tout à fait comprendre pourquoi avoir fait le choix de laisser le jeu tel quel sur ce plan, mais ce ne sera pas du goût de toutes. System Shock plaira avant tout aux fans de System Shock ; les fans du genre qui ont débuté plus récemment avec Deus Ex Human Revolution ou Prey devront peut-être se faire un peu violence.

Pour conclure…

System Shock est un excellent remake du jeu originel. Reprenant tout ce qui faisait de lui un classique, la refonte visuelle et auditive suffira à convaincre une nouvelle génération d’arpenter la station Citadel. À condition bien sûr que les joueurs accrochent à son charme d’antan, et à certaines mécaniques un poil datées.

La  note  de la  rédaction

4/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

L’esthétique de System Shock, traduite pour 2023

L’amour-haine pour SHODAN

Un remake fidèle

Les points négatifs

… peut-être un peu trop fidèle

Respawn d’ennemis parfois pénibles

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