Shiba Inu Rooms – Tome 1

Alors que l’éditeur Doki Doki fêtait en ce mois d’avril ses 20 ans d’existence, il s’est offert un beau cadeau pour l’occasion (et à leurs lecteurs également) : une toute première collaboration avec la maison d’édition japonaise Shueisha. C’est ainsi que Shiba Inu Rooms tome 1 a débarqué chez les libraires le 1er avril 2026 et avec lui ses compagnons canins aussi attachants qu’envahissants. C’est d’ailleurs l’expérience que va faire la jeune Kôri, nouvelle habitante de l’appartement 101 qui va devoir partager son lieu de vie avec un compagnon un poil caractériel du nom de Muu. Les ennuis ne font que commencer pour la jeune fille et son esprit… farceur ! Croyez-moi, on a flairé la pépite !

Cette critique a été réalisée avec un exemplaire fourni par l’Éditeur.

Shiba pour dire je t’aime.

Il suffit parfois d’un fantôme à quatre pattes pour guérir un coeur brisé… 

Le manga qui fait fondre le Japon ! Suite à son changement de lycée, Momose Kôri est à la recherche d’un nouveau logement. Elle tombe alors sur une annonce pour un appartement au loyer défiant toute concurrence !La raison de ce prix attractif ? « Muu », l’esprit canin qui hante les lieux. Kôri, jeune fille solitaire et maladroite, qui a du mal à exprimer ses émotions, parviendra-t-elle à s’entendre avec un toutou aussi particulier ? Rires, réconfort et moments touchants… Ne ratez pas le début de cette cohabitation chaotique et attendrissante !

Doki Doki

Comme son nom le laisse présager, Shiba Inu Rooms démarre alors que la jeune Kôri Momose, à la recherche d’un lieu de vie, visite un appartement dans une résidence flambant neuve où le loyer est abordable. Totalement hermétique à la peur, l’adolescente n’est même pas inquiète de la présence d’un esprit dans l’immeuble, comme le stipule l’annonce. Prête à prendre la location, la lycéenne se ravise rapidement en constatant que l’esprit en question n’est autre que celui d’un Shiba Inu, victime innocente d’un éleveur maltraitant arrêté quelques mois plus tôt.

Alors que Kôri se prépare à quitter l’endroit, l’appartement voisin s’ouvre sur Shibai qui, sans lui laisser le temps d’expliquer qu’elle ne va pas emménager, lui explique que donner trop d’amour aux jibakurei risque de les faire monter au paradis prématurément. Y entrevoyant la possibilité de se débarrasser de son encombrant colocataire, la jeune fille se ravise et demande à entrer dans la résidence le plus tôt possible. Cependant, le chien caché dans le placard ne semble pas disposé à la laisser lui donner de l’amour, allant même jusqu’à la mordre le jour de son installation. Persévérante, l’adolescente tente par tous les moyens d’envoyer le Shiba rejoindre les cieux en lui faisant plaisir.

Mais lorsqu’il l’attaque pour la seconde fois, la propriétaire alarmée décide de faire venir une exorciste afin de protéger sa locataire. Contre toute attente, ce n’est pas vers le jibakurei que se tourne la médium, mais bien vers Kôri qui est en réalité possédée par un esprit serpent maléfique venant d’une malédiction qui lui a été lancée. Cependant, affaibli par le Jibakurei qui n’attaquait en réalité pas la lycéenne mais bien le serpent qui la possède, la médium n’a aucun mal à venir à bout du maléfice. Ce n’est qu’une fois la psychique repartie, que la cohabitation peut réellement commencer avec un Muu soudain devenu bavard et une Kôri qui a décidé qu’avoir un compagnon de vie n’était finalement pas si mal. Mais entre les autres locataires pour le moins excentriques et la forte personnalité de Muu, la petite vie tranquille que souhaitait la lycéenne s’éloigne de plus en plus…

Lisez un extrait de Shiba Inu Rooms – Tome 1 ici !

Coup de patte

Une nouvelle fois Shiba Inu Rooms est une première œuvre, celle qui a lancé la carrière de mangaka d’Esu Oomori. Bien qu’à la base il s’agissait d’une histoire courte mise en ligne sur le site Shōnen Jump + en juillet 2023, son succès auprès des lecteurs, ainsi que ses plus d’un million de vues, ont décidé les éditeurs du Jump et ce membre éminent du studio Ninq d’en faire une série. Ainsi fut fait et depuis juin 2024, les Japonais peuvent désormais suivre les aventures de Kôri et Muu dont les pérégrinations comptent déjà sept tomes reliés. Doki Doki a donc de quoi voir venir et devrait proposer un rythme de publication assez soutenu, à l’image de la parution nippone qui est d’un volume tous les 3-4 mois.

Shiba Inu Rooms s’impose donc comme une évidence quand on regarde d’un peu plus près le catalogue de la maison d’édition française, tant ceux-ci sont des habitués des mangas à l’ambiance « feel good » et mettant en scène des animaux tous plus mignons les uns que les autres comme Félins pour l’autre, La Gameuse et son Chat, Mon chien pour la vie et autres Cats and Dragon. Ici, plus que les humains qui veillent sur eux, les véritables stars sont les Shiba Inu, pauvres victimes d’un éleveur peu scrupuleux, à la mignonnerie chevillée au corps et au franc-parler aussi rafraîchissant que drôle.

Bien que dotés de la parole, les jibakurei n’en restent pas moins des chiens jusqu’au bout des griffes avec les réactions typiques de leur espèce, d’autant que ces boules de poils n’ont pas toutes le même niveau de langage accentuant encore l’humour de certaines situations. Niveau graphisme, Esu Oomori possède un trait très doux, assez rond qui donne un côté « kawaii » à l’ensemble du manga, dont les personnages, même les plus renfrognés et taciturnes, respirent tout de même la gentillesse. Mais la petite friandise sur la pâtée reste le personnage de Muu au visage extrêmement expressif, dont la bouille attendrit autant qu’elle fait rire suivant les émotions qui se reflètent sur la face du chien et Dieu sait qu’elles sont nombreuses…

In-Kôri-gible solitaire

Décidément, plus le temps passe et plus je m’aperçois que j’adore lire des mangas étiquetés « feel good », mais qui possèdent cependant une certaine profondeur. Ça avait déjà été le cas avec Beast King and Medicinal Herb et Promenons-nous dans l’espace où la bienveillance et l’attachement ressenti envers les personnages n’empêchent pas d’induire une réflexion sur des thématiques plus lourdes.Bien entendu, c’est aussi le cas avec Shiba Inu Rooms où sous couvert d’une résidence hantée par des esprits canins, ce sont les thèmes de la reconstruction, de l’ouverture à l’autre et de la solitude qui sont développés, mais sans jamais tomber dans le pathos. Au contraire, les réactions entières du petit Muu dédramatisent bien souvent les états d’âme de sa maîtresse par une réflexion bien sentie ou un changement de sujet abrupt qui vient casser la dynamique du repli sur soi et faire sourire voire éclater de rire.

Finalement, Muu est le meilleur remède à la tristesse de Kôri qui se complaît dans un dégoût de soi, quand le jibakurei, pourtant maltraité et décédé à cause d’un homme, ne s’apitoie aucunement sur son sort. Pour autant, il connaît également la solitude et le rejet, puisque la propriétaire a eu énormément de mal à trouver une personne capable de s’accorder avec le shiba. A eux deux, Kôri et Muu vont peu à peu surmonter les blessures du passé et c’est un plaisir que de voir démarrer une si belle amitié, bien que le départ soit on ne peut plus chaotique, ce qui n’est pas pour me déplaire.

D’autre part, hormis la propriétaire et Shibai nous n’avons que peu entrevu les autres locataires, mais ils semblent également hauts en couleur et j’ai vraiment hâte d’en apprendre plus sur eux dans les prochains tomes que ce soit la jeune femme timide au masque de chien ou le punk apprenti boulanger au grand coeur. Maintenant que la glace, et les pieds de table basse, sont brisés, l’évolution est en marche pour la lycéenne et si celle-ci se fera très sûrement presque imperceptiblement, je pense qu’elle ne se fera pas sans heurt vu le caractère sans concession de son nouvel animal domestique.

Malheureusement, une fois la dernière page tournée nous laisse dans l’attente de la suite et de ce sentiment si réconfortant qui s’installe au fil de la lecture. J’en redemande et je vais attendre avec ferveur le prochain tome de Shiba Inu Rooms d’ores et déjà prévu pour une sortie le 3 juin 2026.

Pour conclure…

Shiba Inu Rooms, c’est cette lecture qu’on ouvre avec le sourire et qu’on referme avec un petit pincement au cœur, non pas de tristesse, mais de ce manque immédiat qu’on ne ressent qu’avec les bonnes séries. Sous ses dehors de comédie fantastique et canine, Esu Oomori signe une œuvre qui dit des choses justes et sincères sur la solitude, la difficulté de s’ouvrir aux autres et la façon dont une présence inattendue (même à quatre pattes et franchement peu aimable) peut tout changer. Kôri et Muu ne font que commencer à apprivoiser leurs blessures respectives, et c’est précisément ce départ chaotique, imparfait et attendrissant qui rend leur évolution si prometteuse. Tout comme les autres locataires de la résidence, entrevus trop brièvement, qui attisent déjà la curiosité et laissent présager de beaux développements pour la suite. Il ne reste donc plus qu’à ronger son frein jusqu’au 3 juin 2026 pour retrouver cette petite boule de poils au caractère bien trempé. Et franchement, l’attente s’annonce longue.

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