Je vous propose de découvrir un nouveau manga tranche de vie qui fait du bien à l’âme et au moral. Mizoko Tsuno en est l’auteure et l’illustratrice et a pour habitude de traiter de relations humaines et récits de vie. C’est ce que propose ce premier tome, sur trois, de Quatre Filles et une Coloc, à travers diverses histoires consacrées à quatre (presque) trentenaires.
Cette critique a été réalisée avec un exemplaire fourni par l’Éditeur.
Seulement la trentaine, mais déjà la trentaine !
Shûko Maeda a 28 ans, employée de bureau célibataire, elle vit en colocation avec trois amies. L’une d’elle, Eika Matsuki, ne vit que pour son travail, Misaki Kawaseda, quant à elle, est musicienne, chanteuse, et une éternelle romantique. Enfin, il y a Shio Momoyama, free-lance, surprotectrice en amitié et où tout lui sourit.
Delcourt/Tonkam


(Presque) Trente Ans et Toujours en Coloc
Via cette série qu’est Quatre Filles et une Coloc, nous allons suivre Shôko (employée de bureau), Eika (qui ne vit que pour son travail), Misaki (musicienne et chanteuse), et Shio (freelance). À travers leurs regards de presque trentenaires, nous allons vivre leurs interrogations sur le futur (et le présent) lorsque l’on est proche de la trentaine, célibataire, sans enfant, ou non mariée, par exemple, au Japon. Même si les quatre filles auront chacune leur histoire qui sera développée dans plusieurs chapitres dédiés, Shôko reste malgré tout la protagoniste principale de l’œuvre.
Dans ce pays où la pression sociale est (disons-le) assez forte, ces quatre jeunes femmes vont chacune à leur manière apprivoiser leur futur. Le temps qui passe est un thème important de l’œuvre, et les remises en question personnelles (et professionnelles) seront au centre de l’ouvrage. En effet, chacune d’entre elles a des envies et des aspirations qui leur sont propres, et donc les réflexions sont variées et peuvent toucher un large public qui peut se reconnaître dans les interrogations qu’elles peuvent avoir. Quatre Filles et une Coloc est divisé en sept chapitres, où chacun d’eux nous fait vivre un moment de la vie de l’une des filles, ce qui nous aide à mieux les cerner, mais également à comprendre leurs motivations, leurs interrogations et leur caractère.

L’énergie de ces différentes protagonistes est contagieuse, et on a vraiment l’impression de faire partie de la bande, comme s’il s’agissait de copines à nous. L’idée de suivre chacune d’elles sur son lieu de travail ou dans le cadre privé renforce cette impression et, très vite, on accroche plus ou moins fort aux personnalités de chacune selon notre propre sensibilité. Le style est léger et agréable, même si certains sujets plus sérieux sont abordés. J’ai beaucoup aimé la complicité et la synergie qu’ont ces quatre filles, et le support et l’entraide qu’elles peuvent avoir les unes envers les autres dans les moments joyeux, difficiles ou stressants. Néanmoins, j’ai trouvé certains thèmes très prévisibles…
En effet, ce premier tome parle énormément d’hommes, de romances, et de la difficulté de rencontrer quelqu’un. Heureusement, d’autres sujets sont importants, mais la place du mariage est prépondérante. Ces interrogations sont propres à la culture japonaise et à la pression sociale, comme je le disais plus haut, qui est très forte dans ce pays, bien qu’elle soit également très forte par chez nous également, surtout lorsque l’on atteint un certain âge, ce qui est bien expliqué dans cette œuvre. J’espère que pour les prochains tomes, ce dernier va évoluer vers quelque chose de plus mature et va démontrer que le chemin de vie traditionnel n’est pas forcément celui qui convient à tout le monde. Le tome se clôture par une série de plusieurs mini-histoires bonus pour chacune d’entre elles, très sympathiques.

Ensemble, elles naviguent entre le stress et les joies de la vie quotidienne. Shûko a toujours pensé que sa vie actuelle lui suffisait amplement. Mais à l’aube de la trentaine et voyant son entourage évoluer de toutes parts, la jeune femme s’interroge : ne devrait-elle pas essayer de changer, elle aussi ?
« Je me demande si je suis vraiment heureuse ainsi… »
Delcourt/Tonkam
La Vie en Rose
La couverture est à l’image des filles de cette coloc : pop, colorée et pleine de dynamisme. Toute de rose fluo avec un titre jaune (tout aussi fluo) en relief, et les quatre filles chacune affairée avec un objet qui les représente. Je trouve que l’on comprend rapidement en voyant cette couverture que l’on va avoir entre les mains une œuvre douce, légère, avec un peu d’humour çà et là.
Les dessins sont également à l’image de la couverture, bien que très classiques pour le genre, à la fois mignons, expressifs et dynamiques, avec une attention sur les détails de la vie quotidienne, ce qui rend l’ensemble très calme et cosy. J’ai trouvé que les expressions faciales étaient bien retranscrites, ce qui, je trouve, est toujours important pour ce type d’œuvres. De plus, j’apprécie particulièrement que l’auteur de Quatre Filles et une Coloc prenne le temps de poser des décors dans beaucoup de ses cases, plutôt que de nous laisser avec un fond neutre sans identité, comme il m’arrive souvent de le reprocher dans mes critiques…

Mon Avis sur Quatre Filles et une Coloc – Tome 1
Personnellement, j’ai beaucoup aimé ma lecture du premier tome de cette série. Les personnages sont attachants et on s’intéresse à chacune de leurs histoires. Le côté tranche de vie mêlée aux sujets plus contemporains et sérieux permet un bon équilibre. De plus, l’énergie, le dynamisme et l’humour qui peuplent ses pages parachèvent parfaitement l’œuvre.

Cette série en trois tomes plaira aux amateurs et amatrices du genre. Si vous aimez les tranches de vie et que suivre une série sur quatre jeunes femmes dynamiques à travers leurs joies, leurs peines et leurs réflexions, cette série est faite pour vous. De plus, cette dernière n’est pas très longue puisqu’elle sera composée de trois tomes uniquement. Pour ma part, ce fut une très jolie découverte, et j’ai hâte de connaître la suite de leurs mésaventures.




