Curse of The Sea Rats

Curse of The Sea Rats est sorti le 6 avril 2023 sur PlayStation (4 et 5), Xbox (One et Series X|S), Nintendo Switch et PC. Il est développé par Petoons Studio et édité par PQube. C’est un jeu d’action/aventure en 2D, Metroidvania (Ratoidvania) avec possibilité de jouer en multijoueurs.

Ce test a été réalisé sur une version PS5.

Les Rats quittent le navire

Embarqués sur un navire britannique, quatre prisonniers ainsi que tout l’équipage, se voient transformés en rats par Flora L’Ardente, célèbre pirate sorcière capable de lancer de puissants sortilèges grâce à une étrange amulette. Nos héros auront la possibilité de retrouver leur liberté à condition de capturer cette satanée sorcière qui leur a jeté ce sort. Pour cela, ils devront affronter moult dangers et découvrir les secrets que renferment les côtes irlandaises. Arriveront-ils à récupérer leur corps humain et contrecarrer les plans de Flora L’Ardente ?

L’un des points qui m’intéressait le plus dans Curse of The Sea Rats c’était son scénario. Si dans l’ensemble celui-ci reste intéressant et plaisant à suivre à travers dialogues et quêtes annexes, suite à la rencontre de personnages principaux comme secondaires durant notre exploration, c’est l’exécution qui m’a déçu. Nos protagonistes ainsi que l’équipage du bateau, n’ont pas de réelles réactions face à leur nouvelle apparence qui, je le rappelle, est celle de rats (c’est dans le titre). Ni bouleversé, ni désorienté, c’est à peine s’ils en abordent le sujet. D’ailleurs, c’est tellement anecdotique que durant l’aventure on oublie cet élément pourtant crucial. Les alliés et ennemis sont pour la plupart aussi des rats, ce qui rend encore plus banale notre transformation. Nous avons l’impression d’arpenter un monde dans lequel les habitants sont tous des animaux, un peu comme l’excellent film d’animation de DisneyRobin des Bois”. Malgré ce défaut, on a quand même envie de connaître la suite de l’histoire.

Être comme un Rat dans la paille

Curse of The Sea Rats est un Metroidvania (un genre démocratisé par la série de jeux Metroid et Castlevania, où, sur une carte unique et vaste divisée en zones reliées, généralement par un ou plusieurs hubs, notre personnage va devoir évoluer via des capacités et des améliorations pour pouvoir progresser dans son aventure). Mais avant de partir à l’aventure, il faudra choisir entre nos quatre héros et le choix n’est pas anecdotique, car chacun d’entre eux possède ses propres compétences et pouvoirs. La sélection se fera entre :

David Douglas, un colon américain récemment engagé dans l’armée continentale pour combattre l’empire britannique. C’est un personnage plutôt équilibré qui maîtrise l’élément du feu capable de parer et contre-attaquer ses adversaires. 

Buffalo Calf, un chasseur cheyenne, arrêté pour avoir libéré les chevaux d’un détachement anglais alors que les soldats dormaient. Capable de se rendre invisible et de lancer des attaques critiques dans le dos de ses ennemis. Il sera un atout certain pour l’équipe. 

Bussa, esclave fugitif de la Barbade, chef d’un groupe de rebelle qui lutte contre l’esclavage. C’est un tank, le bourrin de la bande ! Il se bat principalement avec ses poings et maîtrise l’élément de la terre. Un réel bouclier Rat (humain) pour protéger ses alliés.

Akane Yamakawa, une onna-bugeisha japonaise. Une guerrière Shogun en mission secrète en Amérique. Très agile, capable de prouesses aériennes qui ne manqueront pas de surprendre les nuisibles qui se mettront en travers de sa route. Sa maîtrise de l’eau confère protection et force de frappe au groupe.

Après avoir sélectionné son personnage, l’aventure peut commencer. C’est au travers d’une vue de côté en 2D que nous explorons les côtes irlandaises. Nous progressons à travers des tableaux, affrontant ennemis et dangers environnementaux, nous laissant dévoiler petit à petit l’immense carte que nous arpentons. Si au début le jeu nous guide par la main, une fois le premier boss battu, nous serons libres d’aller où nous voulons. On se retrouvera donc souvent bloqué sans possibilité de continuer dans certaines zones, sans les capacités ou objets adéquats, nous forçant à faire beaucoup d’allers-retours. Fort heureusement, certains lieux nous permettront de nous téléporter via des portails (qu’il faudra au préalable débloquer) reliés entre eux, nous évitant des dizaines de minutes de trajet.

Certains endroits nous serviront de zones de repos, pour récupérer notre santé, améliorer nos compétences ou même changer de personnage à volonté. Le choix de notre héros n’est ainsi pas définitif. Pour l’évolution de nos rats, il faudra accumuler beaucoup d’esprit spirituel en tuant masse nuisible. Mais attention, à chacune de nos morts, nous perdons la moitié des points accumulés nous obligeant à retourner à l’endroit de notre échec pour récupérer notre expérience durement gagnée ! Une fois suffisamment combattu, Wu Yun, un étrange esprit enfermé dans un médaillon, nous permettra d’améliorer nos capacités à travers un arbre de talents propres à chaque protagoniste, nous permettant alors d’augmenter nos statistiques et d’apprendre de nouvelles compétences.

En cours de partie, les déplacements et les combats sont plutôt lents et lourds, même si la progression des compétences les améliore grandement. Les coups portés semblent hachés et découpés entre chaque animation d’attaque, ce qui donne un côté molasse aux affrontements. Pourtant, j’ai joué principalement avec Akane Yamakawa qui me paraissait plus rapide que ses compagnons grâce à son Gameplay beaucoup plus aérien. Finalement, combattre dans Curse of The Sea Rats n’est pas si plaisant surtout en début de jeu. Un peu plus de nervosité dans sa jouabilité aurait été grandement appréciée.

Durant notre exploration, nous allons rencontrer plusieurs PNJ qui nous demanderont différents services (des objets à leur ramener pour la plupart). À nous de décider si oui ou non, nous allons accéder à leurs requêtes. Le monde est grand et faire l’aller-retour jusqu’au marchand pour une pelote de laine reste contraignant, en plus de devoir dépenser notre argent. Après tout, nous sommes des RATS ! Tout ceci reste facultatif, mais qui sait, on pourrait bien avoir des surprises à la fin du jeu.

Nous aurons la possibilité de jouer jusqu’à quatre joueurs en local. Si à deux cela reste appréciable et fun, une fois à quatre cela devient très vite bordélique, en plus de manquer de lisibilité pendant les batailles. Ceci dit, cela n’enlève en rien le côté sympa du multijoueurs.

Avoir des Rats dans la tête

Côté technique, le titre est très coloré et les zones plutôt diversifiées. La 2D et les animations des personnages faites à la main sont vraiment magnifiques. A contrario, les environnements en 3D sont bien moins jolis, ce qui donne un étrange contraste entre les deux. Certains cadres environnementaux restent plutôt réussis et dégagent une atmosphère unique.

Globalement la direction artistique ainsi que l’ambiance sont une réussite visuellement. Le rendu fait main des animations et des personnages est somptueux et leur donne vie.

Sur toutes mes sessions de jeu, je n’ai rencontré aucun bug ou crash de l’application.

Être fait comme un Rat

Le jeu ne possède qu’un doublage anglais, mais sous-titré en français et en bien d’autres langues. Côté voix, les doubleurs sont convaincants et n’en font pas des tonnes. Malheureusement, à chaque saut, nous entendons un petit cri d’effort de notre protagoniste et comme nous allons souvent sauter… Cela va vite devenir agaçant.

Fort heureusement, l’OST est un réel plaisir auditif, ce qui ne fera que renforcer l’ambiance de certains lieux visités. Une franche réussite en soi et on le comprend rapidement dès le menu de jeu.

Pour conclure…

Curse of The Sea Rats est plein de bonnes intentions. Visuellement très joli, avec une direction artistique magnifique, le titre nous propose un scénario aguicheur malgré une exécution pas toujours réussie. Malheureusement, sa lenteur et la lourdeur de sa maniabilité le pénalisent vraiment. Ce n’est pas un mauvais jeu, ni un bon, c’est un titre moyen où l’on prendra quand même du plaisir à parcourir l’univers seul ou à plusieurs.

La  note  de la  rédaction

3-5/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

La direction artistique vraiment somptueuse

L’OST, un régal !

Son scénario, malgré une exécution pas franchement réaliste

Les points négatifs

La maniabilité bien trop lente et lourde

Les affrontements pas toujours plaisants

Le manque de visibilité à plus de 2 joueurs

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