The Last Case of Benedict Fox

"The Last Case of Benedict Fox" Ecran Titre

Après une bande-annonce réalisée pour la Gamescom 2022, et la mise à disposition d’une démo gratuite dans le cadre du Steam Next Fest 2023, The Last Case of Benedict Fox, dernière production du studio Plot Twist nous avait intrigué avec son ambiance baroque à souhait, rappelant l’univers du célèbre écrivain H.P. Lovecraft. Avec ce metroidvania en 2,5D enchevêtré de résolutions d’énigmes en mode point’n’click, le studio polonais composé d’une trentaine d’âmes compte bien peser face aux autres titres du genre en proposant une approche originale avec la combinaison de phases d’explorations et de résolution d’énigmes toutes plus retorses les unes que les autres. C’est donc avec envie folle que nous avons attendu le 27 avril 2023 pour commencer à mener l’enquête avec ce cher Benedict. Cependant, trouver la clé de l’énigme s’est avéré plus ardu que prévu, nous conduisant doucement, mais sûrement, vers la folie…

Ce test a été réalisé sur une version PC.

L’étrange Histoire de Benedict Fox

"Benedict" est le héros de l'histoire
"L'Ordo Ira Dei" est contre l'exploration des limbes

The Last Case of Benedict Fox se déroule en 1925, dans un monde en proie aux expérimentations secrètes les plus atroces sur un monde parallèle, les limbes, perpétré par l’Organisation du Premier Cercle. Pour contrer ce fléau, l’Ordre Ira Dei est fondé, avec pour but de limiter les recherches, l’exploration et les expérimentations de ces fameuses limbes, ce que tous ne sont pas prêts à accepter. C’est dans ce contexte qu’un détective privé nommé Benedict Fox, possédé par une entité maléfique à tentacule appelé “Compagnon”, cambriole un bureau du Premier Cercle pour voler un dossier le concernant et retrouver la trace de son père qu’il n’a jamais connu.

Le dossier de "James Marvin Floyd" le père de Benedict

Lors de sa fuite, il abîme son amplificateur, artefact qui lui permet de se servir des pouvoirs de l’entité et contacte Harry, l’un de ses associés, pour qu’il le rejoigne dans la demeure de son père avec un amplificateur neuf. Arrivé sur place, Benedict tombe sur le cadavre encore frais de son géniteur et décide de l’utiliser comme porte d’entrée pour plonger dans les limbes et avoir accès à ses souvenirs pour déverrouiller les différentes portes du manoir et comprendre ce qui lui est arrivé ainsi qu’à sa seconde femme. Aidé de ses alliés, notre héros va devoir explorer les limbes des différents habitants de la demeure, au risque de perdre son âme dans sa recherche de la vérité.

Le héros est accompagné par un "compagnon"
Mauvaise surprise dans "The Last Case of Benedict Fox"
Les décédés sont une porte vers les limbes dans "The Last Case of Benedict Fox"

Cthulhu, ange gardien

Pour nous proposer une plongée dans les ténèbres, Plot Twist a apporté un soin tout particulier à la direction artistique. Mettre en scène un univers baroque inspiré de l’œuvre de Lovecraft était ambitieux, mais The Last Case of Benedict Fox s’en sort très bien avec un style dessin animé pour les personnages qui pourtant ne jure pas avec les environnements inquiétants du manoir ou des limbes. D’ailleurs les limbes sont une version tordue et déformée des différentes pièces de la maison, mais ce qui est intéressant, c’est qu’elles sont distordues de façon à représenter la psyché de la personne qui sert de porte à Benedict. Ainsi, les limbes du père du détective sont très organiques et sombres, indiquant des sentiments forts et violents quand celles de sa femme paraissent plus lumineuses et blanches, semblant refléter une froideur et un détachement.

Le pistolet lance fusées dans "The Last Case of Benedict Fox"
Parfois on arrive à parer les coups dans "The Last Case of Benedict Fox"

Il est amusant de rechercher les indices d’une narration environnementale parfaitement maîtrisée qui donne de précieuses informations sur l’état d’esprit de ceux qui servent de porte au héros. Bien entendu, pour trouver la solution des énigmes du manoir, il faudra explorer les limbes de long en large et y faire de nombreux allers-retours, ce qui n’est jamais une corvée tant trouver la solution des casse-têtes qui vous auront fait surchauffer les neurones est satisfaisant et galvanisant. On retrouve d’ailleurs, lors de ces phases de réflexions, une jouabilité qui rappelle fortement celle des point’n’click de la grande époque, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Bien entendu, la musique n’est pas en reste avec des morceaux envoûtants (même si légèrement discordants) qui s’accordent parfaitement avec l’ambiance ténébreuse et inquiétante du titre. Cela étant dit, le jeu est parfois un peu trop aride en indications pour son propre bien.

Les "limbes" sont des représentations distordues de la réalité

Dispensant ses indices au compte-gouttes, il ne sera pas rare que vous vous retrouviez de longs moments à tourner en rond sans savoir quelle est votre prochaine étape. Petite mention spéciale à l’écran de chargement qui résume parfaitement l’aventure vécue jusqu’au moment du chargement, façon tableau d’enquête. Même s’il ne révèle rien de plus que ce que l’on sait déjà, il est toujours intéressant à consulter. Malheureusement, pendant longtemps on croit que l’écran de chargement est un fond nu, et ce n’est que par hasard, qu’en scrollant vers la gauche, j’ai découvert cet habillage. C’est vraiment dommage pour le coup et je ne comprends pas le choix des développeurs de ne pas avoir centré ce “tableau d’enquête”. Cela étant dit, c’est assez logique si l’on considère que The Last Case of Benedict Fox ne vous facilite jamais la tâche en termes de compréhension de son univers.

"L'écran de chargement" du jeu

Vous avez peur de trop rager, vous n’aimez pas être perdus, les combats vous ennuient ? Pas de soucis, puisque l’équipe de développement a inclus des options vous permettant de simplifier l’exploration (en vous mettant sur la carte des indices assez compréhensibles pour déverrouiller les zones fermées), les combats (les ennemis meurent en un coup et vous pouvez même rendre Benedict immortel) ou les énigmes (elles sont alors résolues automatiquement pour vous), mais si vous les activez toutes il ne reste alors plus aucun intérêt au jeu, n’est-ce pas ?

"La carte" des limbes et du manoir
Exemple d'énigme dans "The Last Case of Benedict Fox"

Limbyritnhe

Là où le bât blesse vraiment dans The Last Case of Benedict Fox, c’est dans les contrôles du personnage, lors des phases d’action. Durant toute l’aventure, nous incarnons donc Benedict, détective privé autoproclamé qui dans sa quête de savoir semble avoir peu de scrupules à braver la loi. Il est accompagné de son compagnon entité à tentacules qui lui prête ses pouvoirs dans les limbes. On aurait, de ce fait, pu croire que le jeune homme serait rapide, agile et fort et on se rend très vite compte, manette en main, que c’est loin d’être le cas. En ce qui concerne les combats, Benedict va pouvoir se servir de deux armes : une baïonnette avec un enchaînement de trois coups et un pistolet lance-fusées qui se charge au fur et à mesure que l’on vainc les ennemis.

Il y a un côté Steampunk dans "The Last Case of Benedict Fox"
Les ennemis sont peu variés dans "The Last Case of Benedict Fox"
Les combats sont lents dans "The Last Case of Benedict Fox"

Notre héros pourra également se protéger d’un coup en créant un bouclier avec son compagnon et même esquiver les attaques adverses. Malheureusement, le rythme des affrontements est lent, notre avatar est aussi leste qu’un parpaing et la latence des commandes fait que l’on aura beaucoup de mal à éviter ou à parer ce qui nous arrive dessus. On se retrouve ainsi souvent à perdre en boucle dès que le nombre d’ennemis est supérieur à un. Autre gros problème, et de taille, la précision des sauts. Dans le cas présent celui-ci est complètement aléatoire, malgré la capacité du personnage principal de faire des doubles, voir des triples sauts, grâce aux tentacules de l’entité fantasmagorique qui le projettent dans les airs. Il n’est pas rare de rater un saut quand la lueur d’accroche disparaît mystérieusement, alors qu’on le réussit tout aussi mystérieusement la fois suivante.

Les "sauts" sont très aléatoires

Il reste tout de même d’excellentes idées puisque grâce à une tatoueuse d’un genre un peu spécial, Benedict va pouvoir développer les pouvoirs du compagnon en se faisant faire des tatouages sur le bras qui restent visibles au cours du jeu. Pour obtenir l’encre nécessaire, il vous faudra abattre vos ennemis, mais sachez qu’ils ne vous donnent de l’encre que la première fois que vous les tuez, ce qui vous incitera à déposer l’encre chaque fois que vous passerez devant un portail de téléportation afin de ne pas la perdre en cas de mort.

Les "portails" servent à beaucoups de chose
Les "tatouages" permettent d'optimiser les pouvoirs du compagnon

Les portails vous permettront également de recharger vos objets et croyez-moi vous en aurez besoin. Nous aurons accès à une boutique via ce cher Harry et un forgeron vous permettra d’upgrader vos armes, mais cela vous demandera de la patience puisqu’il faudra, en plus de l’argent, des matériaux spéciaux que vous glanerez lors de vos visites des limbes.

"La boutique" de Harry
"Le forgeron" permet d'améliorer le armes

J’entends le fou, le renard et la gâchette, j’entends le fou et le renard hurler…

Je plaide coupable, dès que l’on parle de près ou de loin de Lovecraft, ou même de fantastique, je suis d’ores et déjà conquise. Vous imaginez donc combien, à l’annonce et au visionnage de la bande-annonce de The Last Case of Benedict Fox, je me suis immédiatement mise sur les rangs pour le tester. Bon, soyons honnêtes, je suis un poil déçue. Oh pas par l’ambiance qui est juste fantastique, ni par l’histoire d’ailleurs, mais bien par le gameplay. En même temps, avec ce qui précède vous vous en doutiez sûrement.

Autre exemple "d'énigme"
Artefact à collecter lors des explorations dans "The Last Case of Benedict Fox"
Le menu dans "The Last Case of Benedict Fox"

Cependant, en réglant au minimum les options de facilité que ce soit en termes de combat (même si je ne suis tout de même pas passé en mode “Immortel”, il ne faut pas pousser non plus) ou d’exploration, j’ai pu me concentrer sur les énigmes disséminées tout au long du jeu et apprécier ce voyage aux confins de la psyché des morts. OK, je l’avoue, je me suis très souvent perdue dans les niveaux, incapable de savoir quelle action mener ensuite pour continuer mon aventure. De ce point de vue, le titre souffre d’un manque d’indications flagrantes, assez crispantes et handicapantes par moments.

Les monstres dans "The Last Case of Benedict Fox"
Certaines portes sont retorses dans "The Last Case of Benedict Fox"
"Les souvenirs" sont vivaces dans les limbes

Toutefois, j’ai tout de même réussi à passer outre, le temps de la vingtaine d’heure nécessaire pour finir The Last Case of Benedict Fox, emportée par l’intrigue volontairement cryptique du jeu. J’ai aussi pu relever un certain nombre de références au monde du fantastique. Ainsi, le bureau que cambriole Benedict au début du jeu est assorti d’un panneau lumineux indiquant “Rue Morgue” et le marchand nommé Harry, est assis dans un fauteuil du manoir sur lequel est juché un corbeau, pour ne citer que ces exemples. Comme toujours, c’est un petit rien, mais qui m’a donné une raison de plus de persévérer malgré quelques accès de frustration.

Les boss sont impressionnants dans "The Last Case of Benedict Fox"
"Harry" un ami qui vous veut du bien
Autre énigme de "The Last Case of Benedict Fox"

En tout état de cause, et malgré ses défauts, je vous encourage à donner une chance à Benedict et à son compagnon, qui sauront vous triturer les méninges dans un monde dans lequel la réalité est entremêlée avec les limbes. Et puis pour 15 euros, vous ne prenez pas de gros risques.

Vue de "l'amplificateur" qui est à la base de vos pouvoirs
Pour conclure…

The Last Case of Benedict Fox est l’illustration parfaite du titre que l’on aime malgré ses défauts. Ce metroidvania mâtiné de point’n’click à l’ancienne pêche par un manque de finesse dans sa conception. Entre un Gameplay poussif, des sauts plus qu’aléatoires et un manque cruel d’indications, il aurait parfaitement pu finir relégué dans les tréfonds de la bibliothèque Steam. Pourtant, son scénario intrigant, son ambiance gothique à souhait et ses énigmes dignes du sphinx en font un jeu qui, certes peut générer de la frustration, mais qui mérite tout de même que l’on s’y essaie. Je vais d’ailleurs de ce pas le relancer, ne serait-ce que pour tenter d’éclaircir encore quelques points du récit qui restent obscurs. Compagnon en avant !

La  note  de la  rédaction

3/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

Une direction artistique de toute beauté

Une ambiance lovecraftienne qui fait mouche

La possibilité de choisir son niveau de difficulté, indépendamment, pour tous les paramètres du jeu (énigmes, combats, exploration)

Des énigmes corsées qui mettront vos neurones à rude épreuve

Les points négatifs

Un manque d’indication qui fait que l’on est parfois complètement perdu sur la marche à suivre

Une narration cryptique qui pourra en rebuter certains

Des combats un peu poussifs

Des sauts trop aléatoires

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