Rencontre avec Yūsuke Kozaki – Japan Expo 2022

En tant que fan de No More Heroes, Fire Emblem et Pokémon, quand nous avons appris que Yūsuke Kozaki était invité à la Japan Expo 2022, nous ne pouvions pas repartir sans une interview. Aussitôt dit, aussitôt fait, nous avons eu la chance de pouvoir le rencontrer afin de parler de sa carrière en tant que mangaka et chara designer.

M. "Yūsuke Kozaki" en personne
  • GBG : Bonjour M. Kozaki, et merci de nous accorder cette interview. Vous êtes mangaka, scénariste et chara designer. Pouvez-vous nous décrire le parcours qui vous a mené à la publication de votre premier manga professionnel, Mikakunin Higôshôjo Kaoru (un one-shot) ?

Yūsuke Kozaki : C’est un manga que j’ai écrit très jeune en fait. J’ai commencé à écrire des mangas quand j’étais en CE2 à l’école primaire, vers l’âge de huit ans, et j’aimais beaucoup des œuvres comme Dragon Ball ou Doraemon. Par la suite, quand j’étais au lycée, j’ai commencé à me mettre très sérieusement à la création de manga. À cette époque, j’étais dans un lycée technique et c’est là que j’ai eu ma première pré-publication dans un magazine hebdomadaire. J’y ai même reçu un prix, même si c’était le prix le plus bas. Mon manga est arrivé au service édito du magazine et c’est comme ça que j’ai commencé ma carrière.

  • GBG : Avez-vous eu des mangakas ou des chara designers qui vous ont servi de modèles lorsque vous étiez très jeune ?

Yūsuke Kozaki : J’ai été très influencé par Akira Toriyama, mais également par le créateur d’Akira, M. Katsuhiro Otomo.

  • GBG : Vous avez signé d’excellents mangas, comme  Kyoko Karasuma ou Tokyo Karasu. Quel est votre préféré parmi ceux que vous avez dessiné ?

Yūsuke Kozaki : Je dois avouer que c’est sûrement mon manga appelé Donyatsu, qui est un manga au comique absurde dans une ambiance très S-F. Le fait d’allier ces deux éléments-là m’a vraiment beaucoup amusé.

  • GBG : Vous collaborez régulièrement avec des studios d’animation. Dessiner des personnages qui seront ensuite animés est un exercice qui demande des exigences particulières ?

Yūsuke Kozaki : Quand on dessine du manga, ce sont des personnages que l’on va dessiner plusieurs fois, donc on essaye de mettre un peu moins de détails sur les designs que l’on crée. Dans l’animation par contre, surtout depuis que la 3D est devenue la norme principale de création, on peut se permettre de plus détailler les personnages et les modèles que l’on dessine.

  • GBG : Vous faites également beaucoup de chara design pour le jeu vidéo. Cela a commencé, si je ne me trompe pas, par Osu! Tatakae! Ouendan, un jeu de rythme délirant sur DS. Comment êtes-vous arrivé sur ce projet ?

Yūsuke Kozaki : Ça ne s’est pas passé de façon très intéressante. Quelqu’un m‘a contacté via le formulaire de contact de ma webmail et c’est comme ça que l’on m’a proposé ce travail.

Osu! Tatakae! Ouendan est le premier sur lequel "Yūsuke Kozaki" a été chara design
  • GBG : On va maintenant parler de jeux vidéos et notamment d’un titre que j’aime beaucoup : No More Heroes. Vous avez collaboré avec Goichi Suda, qui est connu pour être un personnage haut en couleur. Comment s’est passée cette collaboration ?
"Goichi Suda" créateur de No More Heroes est un sacré personnage

Yūsuke Kozaki : Quand j’ai commencé à travailler avec M. Suda, j’ai beaucoup collaboré avec lui, mais au début je ne savais pas du tout que c’était ce personnage un peu bizarre. C’est vrai que c’est quelqu’un qui crée des œuvres originales, hors des sentiers battus et grâce à lui on arrive toujours à créer des jeux très spéciaux.

  • GBG : On peut le dire, Travis Touchdown est l’un des héros les plus badass et barré qui soit, quelles ont été vos inspirations pour créer ce personnage ?

Yūsuke Kozaki : L’inspiration principale de Travis a été l’un des personnages de Jackass : Johnny Knoxville. M. Suda m’a demandé de créer un personnage qui s’inspirerait de l’acteur. Pour autant, je m’en suis détaché physiquement afin de garder une originalité dans le personnage, mais j’ai quand même repris ses lunettes et sa coiffure pour Travis. Le but étant que les gens ne se rendent pas compte de notre source d’inspiration.

  • GBG : Quel souvenir gardez-vous de votre travail sur Fire Emblem: Awakening et Fire Emblem Heroes ?
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Yūsuke Kozaki : C’est la première série à laquelle j’ai participé qui s’est vendue à plusieurs millions d’exemplaires à travers le monde. Ce sont des jeux qui ont permis à beaucoup de gens de connaître mon œuvre et qui m’ont ouvert à de nouvelles opportunités. Pour cette raison, ce sont des titres qui m’ont beaucoup marqués. De plus, les premières réunions par rapport à Fire Emblem ont eu lieu quand il y a eu le grand tremblement de terre de l’est du Japon, le 11 mars 2011, c’est pour ça que j’en garde un souvenir très présent.

Retrouvez toutes les actualités de Yūsuke Kozaki sur son site officiel (en japonais) ici !

  • GBG : Aimez-vous jouer aux jeux vidéos ?

Yūsuke Kozaki : Quand j’avais vingt ans, oui je jouais beaucoup, au point de parfois laisser de côté le travail. Autant dire que je jouais beaucoup trop. Aujourd’hui dans la quarantaine, j’ai une famille, deux filles et une femme, dont je dois m’occuper. Une journée pour moi passe très vite car je m’occupe de mes enfants, je les emmène à l’école et je cuisine pour tout le monde, donc j’ai peu de temps de jeu. Mais quand je le peux, je joue beaucoup à Pokémon Go. Les jeux vidéos n’ont jamais vraiment de fin, contrairement aux films qui ont une durée de deux heures en général, ce sont des œuvres pour lesquelles je peux plus facilement contrôler mon emploi du temps. Je me sers plus souvent de ce média-là pour trouver des inspirations et des idées.

Pokemon Go sur lequel a collaboré "Yūsuke Kozaki"
  • GBG : Quel a été, jusqu’à présent, le personnage que vous avez préféré dessiner ou créer ?

Yūsuke Kozaki : Il y en a deux je dirais. Tout d’abord dans le jeu Fire Emblem: Awakening, qui est un jeu qui me tient à cœur, ce serait le personnage de Lucina que j’aime beaucoup. Ensuite dans les Pokémons que j’ai créé, pour l’un des personnages ayant pour thème l’âge de la rébellion, je me suis inspiré de ma fille pour créer ce Pokémon. Mon aînée avait alors deux ans et était en pleine phase rebelle. C’est elle qui m’a inspiré Toxizap.

  • GBG : Y a-t-il une saga (jeux vidéos ou autre) sur laquelle vous rêveriez de collaborer ? Et pourquoi ?

Yūsuke Kozaki : Mon rêve s’est déjà réalisé en collaborant à la saga Pokémon. Je rêvais de travailler sur Pokémon et pour moi il n’y a rien au dessus de ça. J’adore ce jeu car il donne le sourire aux enfants qui y jouent. Ce qu’il y a de génial avec Pokémon, c’est que ce sont des designs qui traversent les générations. Là on est à la huitième génération de Pokémons et pourtant on trouve toujours des produits dérivés des personnages de la première génération. C’est une série qui traverse les époques et c’est pour cela aussi que j’aime autant cette série. J’aime également beaucoup l’idée que les Pokémons que j’ai créé deviennent des partenaires pour les enfants.

  • GBG : M. Kozaki, merci beaucoup pour cette interview.

Yūsuke Kozaki : Merci beaucoup.

Découvrez notre interview d’Hiroshi Matsuyama Président de CyberConnect2 ici !

Pour conclure…

Un grand merci à l’équipe de la Japan Expo d’avoir permis cette interview, au traducteur pour son excellent travail et à M. Kozaki d’avoir gentiment répondu à toutes nos questions.

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