Alors que les sentiments exacerbés des héros rendent la situation plus explosive que jamais, Les Noces des Lucioles arrive à son sixième tome qui promet une conclusion à la rivalité entre Shinpei et Kotaro. Sorti en librairie le 21 janvier 2026, l’amour entre Shinpei et Satoko, désormais vibrant d’une force nouvelle, va désormais pouvoir s’épanouir pleinement, malgré un nouveau coup du sort orchestré par Asagiri. C’est sans compter sur Satoko qui décide de nouer un pacte avec Asagiri et Mitsueda, grâce à l’aide de Shinpei et Kotaro. Mais quel peut bien être son plan ?
Cette critique a été réalisée avec un exemplaire fourni par l’Éditeur.

La fiancée était en sursis
Assassin creepy cute
En pleine ère Meiji, Satoko Kirigaya n’a qu’un seul souhait : se marier pour l’honneur de sa famille et ce, même si ses jours sont comptés. Mais alors qu’un assassin tente de la tuer, elle lui propose de l’épouser ! Une proposition qui pourrait bien se retourner contre elle…
Avec ce nouveau shojo, Oreco Tachibana prouve combien elle maîtrise le shojo et les relations tortueuses. Outre sa 9ᵉ place dans le prestigieux prix Kono Manga des lectrices, Les Noces des lucioles a également reçu le grand prix “Minna ga Erabu!! Denshi Comic Taisho 2024”. Elle réussit même l’exploit d’avoir dépassé le million d’exemplaires de ventes au Japon, en à peine trois volumes. Une série addictive avec une héroïne bien décidée à survivre à l’assassin qu’elle doit épouser !
Glénat

C’est sur une existence condamnée que s’ouvre Les Noces des Lucioles, en nous narrant l’histoire de Satoko Kirigaya. Héritière d’une illustre famille japonaise, condamnée par un mal incurable à une existence dont le temps est compté, la jeune femme refuse pourtant de se laisser réduire à une ombre fragile. Choyée par son père, méprisée par sa belle-mère, elle n’aspire qu’à une chose avant que le sablier ne s’épuise : épouser un homme respectable pour préserver l’honneur des Kirigaya. Mais le destin, joueur cruel, abat ses cartes autrement. Enlevée, livrée à des malfrats, Satoko est sur le point de perdre autant la vie que sa virginité.

C’est alors qu’intervient celui qui aurait dû sceller sa fin : l’assassin chargé de la protéger jusqu’à l’heure de son exécution. Face à Shinpei Goto, tueur imprévisible et redouté, Satoko ne supplie pas pour sa vie. Elle lui propose un pacte insensé : « Épouse-moi. » Intrigué par cette audace désarmante, il accepte, plus par curiosité que par conviction. Libérée, Satoko découvre qu’elle est retenue sur Tennyojima, île hors du monde et hors la loi où seul les plus fort parviennent à survivre. Pour la dissimuler et la protéger, Shinpei la fait engager comme courtisane dans une maison close, espérant qu’un riche client rachète sa liberté.

Mais le plan se fissure avec l’entrée en scène d’Eishin Nitobe. Une rencontre houleuse, une jalousie qui s’enracine, et un Shinpei qui comprend qu’il ne tolérera aucun prétendant auprès de celle dont il s’est, malgré lui, épris. Entre rivalités féminines et désillusions dans les couloirs feutrés de la maison close, un souffle d’espoir renaît lorsqu’un passeur accepte d’organiser leur fuite. L’évasion tourne court. Trahis, rattrapés, ils paient le prix fort. Shinpei est grièvement blessé en couvrant leur retraite. De retour au point de départ, Satoko veille sur lui, partagée entre gratitude et un trouble qu’elle ne cherche plus à étouffer. Pendant ce temps, Eishin tient parole et informe la famille Kirigaya.

Lorsque Shinpei apprend qu’un riche homme souhaite acheter la liberté de Satoko sans même l’avoir rencontrée, la menace prend un visage familier : Kotaro Ogawa, ami d’enfance et ancien garde du corps, venu la ramener sur le continent. Résolu à écarter ce rival sans en avertir Satoko, l’assassin l’affronte. Mais Kotaro se révèle un adversaire de taille, et seule l’intervention de la jeune femme impose un cessez-le-feu fragile. La situation se complexifie encore lorsque Mitsueda révèle à Satoko l’identité du commanditaire de son enlèvement. En échange de la preuve écrite de l’implication de sa belle-mère, il exige qu’elle pousse la courtisane Asagiri à se faire racheter pour quitter Tennyojima. Or Asagiri n’est pas femme à se laisser manœuvrer. Manipulatrice affûtée, esprit libre informé de tout, elle perce immédiatement les intentions de Satoko.

Après lui avoir arraché la vérité, elle accepte d’envisager son départ, mais à condition que la jeune noble accomplisse plusieurs tâches pour elle. Première épreuve : récupérer un peigne dans une boutique précise. Une mission en apparence anodine qui devient l’occasion, pour Satoko et Shinpei, de se rapprocher encore. Les sentiments ne sont plus un murmure, mais une évidence. Au grand désarroi de Kotaro, auprès duquel Satoko cherche conseil sans trouver le soutien espéré. Pire, l’ami d’enfance se montre prêt à tout pour l’arracher à l’influence du tueur, allant jusqu’à l’enlever pour la soustraire à Shinpei. Mais Satoko n’est plus la jeune fille docile qu’il a connu. Face à sa détermination farouche à ne pas abandonner l’homme qu’elle aime désormais sans détours, Kotaro finit par céder, s’apprêtant à la ramener à la maison close…
Lisez un extrait des Noces des Lucioles – Tome 6 ici !
Je t’aime, moi non plus !
Kotaro gravit tant bien que mal la falaise, Satoko sur le dos. Devant eux se dresse alors Shinpei, le regard empli de haine. L’affrontement de ces deux hommes que tout oppose trouve enfin sa conclusion ! Satoko, elle, prend conscience de ses sentiments pour Shinpei et l’avoue à Asagiri. Mais la réponse de cette dernière dépasse tout ce qu’elle aurait pu imaginer !
Glénat

Après être tombé dans un ravin avec Satoko lors de la tentative d’enlèvement de cette dernière à la fin du tome 5 des Noces des Lucioles, Kotaro blessé à la jambe tente désormais d’escalader la falaise en portant la jeune femme. Mais ses forces s’amenuisent et la chute semble inévitable. Pour ne rien arranger, c’est un Shinpei au comble de la fureur qui se présente au sommet de l’abîme. Cependant, et contre toute attente, une fois Satoko en sûreté, l’assassin aide son rival à remonter l’empêchant de chuter.

Après avoir mis les choses à plat et décidé de soutenir son amie d’enfance jusqu’à la réalisation de ses rêves, le trio repart en direction de la maison close où Asagiri est visiblement agacée de la direction qu’a prise la relation entre Shinpei et Satoko. C’est alors que Mitsueda se présente pour connaître l’état d’avancement de la mission qu’il leur a confiée. Devant l’entêtement de la courtisane à refuser sa liberté, le yakuza décide tout de même de remettre sa récompense à Satoko. Mais Asagiri qui choisit ce moment pour se montrer dérobe la missive et la brûle sous les yeux de l’assistance atterrée, annonçant détenir des informations bien plus compromettantes que le bout de papier de Mitsueda. En échange, Asagiri demande à Satoko de coucher avec Shinpei…
Un regard différent
Cela fait quelques volumes que je ne peux m’empêcher de voir à quel point les intrigues de Promise Cinderella et des Noces des Lucioles suivent une trajectoire similaire. Un parallèle d’autant plus facile à faire que les tomes reliés suivent une parution simultanée depuis le départ de leur publication au sein du catalogue de Glénat. Bien qu’étant séparées de plusieurs années, les deux séries adoptent donc une construction similaire, puisque après l’apparition d’un rival (Seigo / Kotaro) dans le tome 4 des Noces des Lucioles, c’est au tour d’une adversaire dangereuse (Kikuno / Asagiri) de venir mettre poser des problèmes au couple de héros. Qui plus est, la chute dans un ravin menant l’héroïne à se retrouver en tête à tête avec le prétendant avec qui elle a un passé commun est également un gimmick commun aux deux œuvres.

Pour autant, malgré leurs grosses similitudes de constructions, Les Noces des Lucioles et Promise Cinderella ne m’ont jamais paru avoir autant leur identité propre. Certes, les époques où se déroulent les intrigues sont différentes, ce qui limite les points communs, mais il s’agit d’un ressenti bien plus subtil que cela. Du fait de sa maladie incurable et mortelle, je ressens très fortement au fil des pages une urgence de vivre de la part de Satoko, qui sait très bien à quel point son temps est compté. Son histoire évolue donc de manière bien plus rapide, que du côté d’Issei et Hayame qui sont encore en train de s’interroger sur leurs sentiments et personnellement je trouve cela assez fascinant.

Le processus de création d’un auteur, qu’il soit écrivain, scénariste, auteur de BD ou mangaka, implique souvent de ne surtout pas refaire la même chose deux fois de suite, ne serait-ce que pour surprendre son lectorat. Pour autant, Oreco Tachibana reste non seulement sur une romance, mais reprend aussi une structure, voire des archétypes de personnages qu’elle a déjà éprouvés dans sa précédente fiction. Et en ce qui me concerne ça fonctionne très bien, les différences m’apparaissant bien plus fondamentales que les points communs. Dans le cas des Noces des Lucioles, le trio désormais stabilisé, Shinpei, Kotaro et Satoko apporte un nouveau vent de fraîcheur, tout autant que de petites touches d’humour dans les interactions entre les deux hommes, où subsistent des relents de leur rivalité.

De son côté, Asagiri, désormais dans le collimateur d’un puissant sénateur, a dû se résoudre à maquiller son amour pour Mitsueda en hostilité affichée afin non seulement de le protéger, mais également de lui cacher les sévices infligés par son client. J’avoue ne pas avoir réellement compris le pourquoi de toutes ces épreuves destinées à faire évoluer l’amour entre Satoko et Shinpei qu’elle a pu leur imposer, ni quel bénéfice elle espérait en retirer. Toutefois, je ne désespère pas d’en apprendre un peu plus sur la courtisane et ses motivations dans le prochain tome du manga, déjà programmé pour une sortie le 8 avril 2026.

Les Noces des Lucioles confirme avec ce sixième tome sa capacité à tenir en haleine son lectorat sans jamais se reposer sur ses acquis. Si les parallèles avec Promise Cinderella restent indéniables dans la construction narrative, force est de constater qu’Oreco Tachibana parvient à insuffler à chacune de ses œuvres une identité qui lui est propre. L’urgence de vivre qui habite Satoko, portée par l’ombre de sa maladie, confère à cette romance une intensité et un rythme qui lui sont propres. Le trio Shinpei, Kotaro et Satoko, désormais apaisé sans être dénué de piquant, et les zones d’ombre qui entourent encore les motivations d’Asagiri laissent entrevoir de belles perspectives pour la suite, attendue le 8 avril 2026.




