Beast King and Medicinal Herb – Tome 1

Annoncé sur les réseaux sociaux en début d’année par Doki Doki, Beast King and Medicinal Herb vient désormais enrichir le catalogue de l’éditeur avec une nouvelle catégorie d’intrigue : La fantasy chill. Paru le 2 avril 2025, le premier tome de Beast King and Medicinal Herb met en présence une aventurière élevée dans la peur des monstres et des démons et un démon dont les humains ont tué presque tous les congénères. Ensemble, ils vont dépasser leurs croyances pour soigner les monstres et maintenir le fragile équilibre d’un écosystème menacé.

Cette critique a été réalisée avec un exemplaire fourni par l’Éditeur.

L’aventurière va prendre du Galon

Elle voulait tuer ses congénères… Ensemble, ils vont soigner tous leurs maux. Tous les aventuriers rêvent d’explorer des donjons, de vaincre des monstres, de s’emparer de leur butin. Tina, une jeune aventurière, aspire aussi à partir en territoire inconnu pour découvrir des richesses cachées. Malheureusement, elle est grièvement blessée lors de l’une de ses explorations. Soudain, le grand démon connu sous le nom de Galon, le Roi des Bêtes, apparaît devant elle. Ce dernier, qui était censé avoir été tué par un héros dans un passé lointain, a bien changé. Il accepte de la sauver à condition qu’elle l’aide à soigner les monstres qui peuplent les donjons… Entre aventuriers et « rois démons », le mal n’est pas toujours là où on croit.

Doki Doki

Beast King and Medicinal Herb tome 1 commence alors qu’une troupe de héros vient de vaincre le plus puissant général de l’armée des démons, Galon le Roi des bêtes. Laissé pour mort, le démon au visage léonin a pourtant survécu. Vingt ans plus tard, Tina Kwyse, magicienne et aventurière de rang C, guide des aventuriers débutants dans un donjon de faible niveau pour les former. Malheureusement, un terrible tigrecorne fait son apparition et Tina, après avoir intimé aux jeunes guerriers de fuir, est gravement blessée lors de son combat contre le monstre. À l’article de la mort, elle voit surgir Galon qui lui propose de signer un pacte avec lui, en échange de quoi il la soignera.

N’ayant pas d’autre choix, Tina accepte et, après avoir été sauvé, accompagne le démon dans les profondeurs cachées du donjon où il a besoin de son aide pour soigner la gardienne des lieux : un gigantesque dragon ruby. Là, la jeune fille découvre tout un pan du donjon inconnu de ses pairs et qui regorge de toutes sortes de monstres qui y vivent cachés. Devant l’entêtement du roi des bêtes à sauver le monstre contre son gré, la magicienne commence à se poser des questions et à remettre en doute ses connaissances sur les monstres et les démons. Une fois le dragon sauvé, et afin d’éloigner les aventuriers du donjon et de ses habitants monstrueux, Tina est chargée de déclarer le donjon totalement exploré en ramenant un bout de la corne du dragon ruby.

Ceci fait, son pacte avec Galon prend fin et la magicienne obtient même son rang B tant désiré. Pour autant, intriguée par ce monde qu’elle a à peine entrevu, l’aventurière décide de suivre Galon pour lui apporter son aide et en apprendre plus sur les monstres et sur son énigmatique compagnon. Mais avant de lui laisser la possibilité de l’accompagner, le démon décide de soumettre Tina à une épreuve afin de découvrir ses réelles intentions…

Lisez un extrait de Beast King and Medicinal Herb – Tome 1 ici !

Les animaux fantastiques et comment les soigner 

Derrière Beast King and Medicinal Herb se trouvent en fait trois artistes qui ont collaboré pour donner vie à ce monde fantastique ou la magie règne en maître. Prépublié depuis 2023 dans le magazine Ura Sunday et sur la plateforme Manga One de l’éditeur Shogakukan, Beast King and Medicinal Herb (Juuou to Yakusou de son titre original), doit son intrigue à Tatsukazu Konda déjà auteur de Silver Wolf, Blood, Bones, série en 16 tomes publiée chez Kurokawa. Une histoire de chasseur de vampire, dont l’originalité d’écriture fait mouche et laisse entrevoir la capacité de l’auteur à toujours surprendre son lectorat.

Étant passé du Seinen à la fantasy chill, il s’est adjoint la collaboration de Momochichi, pour l’élaboration des personnages et du bestiaire, et d’Asahi Sakano au dessin, dont il s’agit de la première œuvre. Dès les premières planches, il apparaît évident que le trio fonctionne très bien ensemble en compilant un scénario aussi profond et mélancolique, que des dessins transpirant l’énergie et l’enthousiasme de son héroïne, le tout servi par un casting charismatique en diable et des monstres aussi variés qu’intéressants.

Le contraste entre les propos développés en sous-texte et les graphismes hyper dynamiques d’Asahi Sakano permet de contrebalancer la tristesse des thèmes développés pour éviter que le manga ne sombre dans quelque chose de trop dramatique allant à l’encontre de la vision des auteurs. En cela, les traits précis et fouillés, tout en restant très clairs de Sakano sont un atout indéniable pour induire ce sentiment de plénitude que véhicule la série. Une symbiose bienvenue qui a déjà porté Beast King and Medicinal Herb tout au long des cinq tomes déjà parus au Japon et, nous l’espérons, pour encore de nombreux volumes à venir.

La médecine adoucie les mœurs

C’est en parcourant le dossier de presse accompagnant ce premier tome de Beast King and Medicinal Herb que j’ai entendu parler, pour la première fois, du genre fantasy chill, dont je connaissais pourtant certains représentants comme Frieren ou L’Atelier des Sorciers. Si j’en crois la définition donnée par Doki Doki, il s’agirait d’histoires fantastiques dans un monde régi par la magie, mais véhiculant une atmosphère sereine, voire mélancolique. Il faut bien avouer que cela colle parfaitement au ressenti que j’ai eu en parcourant les prémices des aventures de Tina et de Galon, et ce même si l’action n’est pas pour autant totalement absente du manga. Au départ, j’ai tout de suite fait un parallèle entre Beast King and Medicinal Herb et Luca Vétérinaire Draconique qui suit les aventures d’une apprentie vétérinaire spécialisée dans les soins aux dragons. Puis peu à peu, je me suis aperçu de leurs différences assez notables.

En effet, là où les dragons dans Luca sont parfaitement intégrés dans la société humaine et sont de précieux compagnons, Galon et Tina se consacrent à soigner des monstres que les aventuriers veulent éradiquer. Dans le même ordre d’idée, Luca donne une crédibilité aux soins en nous expliquant des techniques de médecine vétérinaires adaptées aux dragons et leur donnant une réalité presque tangible, quand les techniques utilisées par Galon sont peu explicitées par les auteurs. Cependant, ce n’est pas gênant, car là n’est absolument pas le propos de l’histoire concoctée par Tatsukazu Konda. En faisant se rencontrer un général démon qui a tout perdu à cause des humains et une aventurière qui a grandi dans l’idée qu’il fallait exterminer les monstres et les démons, le manga nous montre les effets pervers de l’ignorance et comment celle-ci engendre la peur et l’hostilité.

En apprenant à se connaître, Galon et Tina dépassent peu à peu leurs préjugés et la jeune fille se rend vite compte que même les monstres font partie d’un écosystème délicat et que leur disparition se révèlerait préjudiciable, y compris pour les Hommes. C’est ce que j’ai vraiment apprécié dans cette lecture, l’originalité de son propos qui consiste à prendre le contrepied des intrigues de fantasy classique qui élève les pourfendeurs de monstres au statut de héros. Or, dans le cas présent, ils ne font que détruire, sans même s’en rendre compte, le fragile équilibre qui régit leur monde. Certes, le parallèle avec notre propre environnement est évident. Cependant, le grand atout du manga est qu’il n’induit pas de réflexion au moyen d’une histoire sombre ou d’images choc comme dans Fool Night par exemple.

En choisissant de faire de leur héroïne, Tina, une jeune fille enthousiaste et pleine d’une joie de vivre assez communicative, les auteurs contrebalancent efficacement la tristesse inhérente à Galon et son statut de survivant. Vous l’aurez compris, j’ai adoré la proposition et maintenant que j’ai goûté à la douceur de Beast King and Medicinal Herb, je ne peux qu’attendre le prochain tome avec enthousiasme. Malheureusement, pour cela, il va me falloir patienter jusqu’au 4 juin 2025.

Pour conclure…

Beast King and Medicinal Herb débute très bien avec un tome 1 intrigant, qui fait la part belle à la découverte d’un monde fantastique où tout être vivant à sa place et participe au fragile équilibre de ce monde. Nouveau représentant du genre fantasy chill, le manga nous permet, de façon assez douce, quasiment sans s’en rendre compte, de réfléchir sur la peur qu’amène la méconnaissance et sur le bien fondé de l’existence de chaque créature, même la plus monstrueuse. Accompagné d’un bestiaire aussi varié qu’intéressant conçu par Momochichi, le propos de Tatsukazu Konda est parfaitement servi par les dessins énergiques d’Asahi Sakano qui retransmettent parfaitement l’enthousiasme de son héroïne. Beast King and Medicinal Herb est pour moi la nouvelle série à ne pas manquer cette année et je compte bien retrouver Tina et Galon dans la suite de leurs aventures calées pour le 4 juin 2025.

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