Freaks’ Squeele : tomes 1 à 7

Freaks’ Squeele est une série de BD composée de 7 tomes, tous publiés par le Label 619 d’Ankama Éditions. C’est l’œuvre de Florent Maudoux, qui est l’artiste à l’origine du scénario, du dessin, et des couleurs. Elle met en scène des étudiants dans une faculté de super-héros dont le lecteur suit le parcours semé d’embûches, de rebondissements, ainsi que d’une bonne dose d’humour.

Une narration tournée vers des super-héros aux pouvoirs impressionnants ? C’est du déjà-vu, me direz-vous sûrement en lisant ces premières lignes. Pour autant, Freaks’ Squeele est à l’antipode du déjà-vu.

Le premier tome, Étrange Université, est paru en 2008. Cela fait déjà plus de 10 ans, pourtant je ressens toujours la même émotion lorsque je relis cette série, et ce pour plusieurs raisons.

Ça y est, votre curiosité vous a piqué ? Alors venez, je vous embarque avec moi dans un univers addictif et barré !

Synopsis de Freaks’ Squeele

 À la Faculté des Études Académiques des Héros, Chance, Xiong Mao et Ombre entament le cursus qui fera d’eux des super-héros aptes à sauver le monde et ses environs. Du moins l’espèrent-ils ! Ces trois nouvelles recrues vont découvrir les joies de la vie universitaire, la concurrence sans pitié entre étudiants, les professeurs sadiques et le stress des examens. Une université pour apprendre à gérer son image et obtenir son permis de super-héros : il fallait y penser ! Frais, original et drôle : Freaks’ Squeele s’approprie le style comics pour en transgresser les codes, sans concession ni complexes. Une bouffée d’air frais dans l’univers stéréotypé des collants moulants et des capes colorées.

http://www.label619.com/fr/albums/freaks-squeele-1

Un trio atypique aux aventures loufoques

Rencontrez Chance, une démonette exubérante et déjantée, Xiong Mao, une humaine sérieuse, et Ombre, un loup au cœur d’agneau.

Ce trio atypique de Freaks’ Squeele se rencontre lors du premier jour de leur rentrée à la faculté F.E.A.H (Faculté des Études Académiques des Héros), et se retrouve à former une équipe malgré eux. Risibles face aux autres étudiants de leur promo car cumulant un manque de résultats affligeant et des différences contrastées, ils tissent des liens qui renforcent d’autant plus leur volonté de réussir.

  • Chance est malicieuse, déjantée, et n’a pas réellement de force physique. Son petit côté fourbe l’amène à monnayer sans scrupules les secrets et faiblesses des gens dès qu’elle en a l’occasion. Elle aime la nudité et ne manque pas d’essayer d’imposer ce précepte, même lorsque la situation ne s’y prête pas du tout.
  • Xiong Mao est, elle, une fine stratège mais ne détient aucun pouvoir. Elle compense cependant par ses compétences de forgeronne et sa maîtrise du Flamendo, un art mélangeant subtilement le flamenco et l’aïkido.
  • Ombre de loup, dit Ombre, est un homme-loup puissant mais également un peu maladroit et timide. Il rechigne à montrer son plein potentiel et est déchiré entre sa mission et la vie qu’il se construit.

C’est donc un trio de prime abord non prometteur, à tendance maladroite et aux attitudes parfois infantiles, mais qui ne manque pas de courage ni de loyauté envers leurs proches, leur faculté, et ce qui est juste. Ils vont être amenés durant leur aventure loufoque à déjouer des complots, et auront le sort de beaucoup d’autres entre leurs mains. Y arriveront-ils ?

Le flamendo de Xiong Mao dans la BD Freaks' Squeele de Florent Maudoux

L’originalité des personnages secondaires

Bien que le trio principal soit le centre de l’histoire, il existe aussi une multitude de personnages secondaires. Ces derniers ont tous un rôle à jouer plus ou moins important et ils complètent et renforcent l’univers créé par l’auteur.

Beaucoup des personnages mis en scène dans Freaks’ Squeele sont étudiants de la F.E.A.H ou de sa faculté rivale Saint-Ange, d’autres y sont professeurs, et d’autres encore sont des membres des clans de la forêt, de la mafia d’Extrême-Orient, ou des inconnus.

Parmi eux, voici trois exemples qui constituent mes personnages secondaires préférés et qui ne manquent pas d’originalité :

  • Amanite, l’exécrable fille du plus gros investisseur de la faculté et qui se croit à l’abri des réprimandes. C’est une sorcière qui anime des objets et tyrannise son entourage. Elle fait même de certains ses esclaves sexuels…
  • Funérailles, le mystérieux professeur de droit manchot et défiguré dont la simple mention terrorise les élèves. Ami de la mort et à la réputation de porter malheur, il semble ne pas souhaiter prendre part au cours des événements.
  • Valkyrie, la blonde à forte poitrine, puissante, capable d’invoquer le marteau de Thor pour terrasser ses ennemis, mais qui rêve d’être une magical girl en tenue farfelue.

La grande diversité des personnages présents dans Freaks’ Squeele permet au lecteur de ressentir de l’affection, ou au contraire de l’antipathie, et ainsi de l’immerger d’autant plus dans les aventures retranscrites.

Second degré exigé

Il est important de souligner que Freaks’ Squeele est une œuvre dans laquelle l’ironie, l’absurde, et les parodies diverses nécessitent au lecteur d’avoir le sens du second degré

Le mot d’ordre de cette BD est très certainement l’humour, l’amusement. Le ridicule ne tue pas, et l’imagination n’a aucune limite. Ainsi, certaines situations retranscrites dans Freaks’ Squeele sont parfois un peu loufoques et désorganisées. Mais c’est justement cette légèreté et cet humour qui font de cette série de BD un chef d’œuvre, en plus de ses thématiques profondes et de ses dessins sublimes.

Une scène comique lors de la bataille dans les bains chauds de la BD Freaks's Squeele de Florent Maudoux

Des thématiques profondes

En effet, Freaks’ Squeele est constitué de thématiques profondes de par son ironie, ses références, et les situations qui y sont racontées.

Des morales et réflexions philosophiques font surface avec subtilité, et dévoilent des thématiques libres à l’interprétation de chacun mais légèrement orientées, non sans une trace d’humour. On y retrouve, entre autres, l’importance d’accepter les différences, d’en faire des forces, de ne pas faire preuve de jugement trop hâtif qui pourrait s’avérer dévastateur et infondé, de ne pas avoir honte de qui l’on est vraiment, ou encore les dangers de la médiatisation, le combat de la nature face à la technologie, et j’en passe… 

D’autres sujets sont également soulevés par une certaine critique sociale instrumentalisée. Par exemple, lorsque la professeure d’image de marque demande aux femmes de mettre en valeur leur physique et leurs formes généreuses, quitte à mettre des tenues vraiment révélatrices, afin de respecter les critères de beauté que la société leur impose. Ou encore lorsque la victoire d’un duel est dépendante du degré de popularité des opposants, elle-même définie en live par le public.

Ces thématiques apportent de la complexité et de la maturité à cette œuvre qui, en premier lieu, semble construite avec légèreté. Au contraire, rien ne semble avoir été laissé au hasard et tout a un sens, même les situations et dialogues les plus absurdes cachent une nuance, une référence, ou un message plus profond.

Style, dessins, et références dans Freaks’ Squeele

Freaks’ Squeele est un subtil mélange d’influences variées. Ces dernières sont définies sur la toile comme étant relatives à la BD européenne et asiatique, et présentant un style compris entre le manga et le comic, synthétisant ainsi Freaks’ Squeele comme étant une BD hybride.

Les dessins sont fins et de qualité. Le style de Florent Maudoux change et évolue au fil de la lecture, variant du noir et blanc aux couleurs, ou encore des détails tantôt soignés tantôt simplifiés. Les expressions des personnages sont vraiment parlantes et ne laissent que peu de place à l’interprétation ou à l’interrogation. En effet, elles sont retranscrites avec justesse ainsi qu’avec une pointe d’exagération comique digne des mangas.

De plus, le format consistant à avoir un grand nombre de pages à chaque volume ravit les lecteurs qui peuvent ainsi goulûment apprécier les traits de l’auteur et sa narration prenante.

D’ailleurs, l’univers de Freaks’ Squeele est d’autant plus fascinant lorsque les différentes influences et références se dévoilent au lecteur. En effet, on y retrouve des références mythologiques, littéraires, scientifiques, gaming, audio-visuelles, etc. De fortes influences et références relatives aux mangas et aux comics sont également présentes. Saurez-vous toutes les reconnaître ? Testez votre culture geek et dites-moi en commentaire ce que vous avez trouvé.

Une page colorisée et des dessins très fins et détaillés dans la BD Freaks' Squeele de Florent Maudoux

Mon avis sur Freaks’ Squeele

L’auteur a façonné son univers avec une expertise et une authenticité qui ont su marquer mon esprit et m’embarquer dans cette aventure drôle, profonde, et trépidante.

Les multiples personnages sont riches et variés, ayant chacun un côté attachant qui nous donne envie d’en apprendre plus sur eux. Leur évolution et leur complexité font plaisir à découvrir et prennent la forme d’un voyage initiatique qui est agréable à suivre. 

De plus, les appartées (bonus) ajoutées par l’auteur, souvent en début et fin d’ouvrage, apportent du contenu diversifié. Elles soulignent aussi le côté déjanté et l’humour que Florent Maudoux illustre avec style dans Freaks’ Squeele.

J’ai beau avoir déjà lu et relu cette série de BD de nombreuses fois, à chaque lecture c’est pareil : je verse ma petite larme finale. Ce n’est pas une larme de tristesse, non, mais une larme de nostalgie. La nostalgie que l’aventure que j’affectionne tant s’arrête ici, à la dernière page du dernier tome de Freaks’ Squeele (T7). La sortie des séries dérivées mettant en scène le passé de certains personnages tels que Funérailles et Xiong Mao par exemple sont tout de même une consolation que je découvre avec engouement.

Et pour celles et ceux qui se poseraient la question de savoir ce qu’est le « squeele », voici des supports explicatifs : https://www.nanarland.com/glossaire/s-comme-squeele.html et

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