
Diffusée en France depuis 2017, The Handmaid’s Tale : La Servante Écarlate est une série américaine issue d’un livre écrit par Margaret Atwood. Il s’agit d’une dystopie où le mélange pollution et maladie ont eu raison du taux de naissance. Un gouvernement du nom de Gilead revient aux anciennes traditions. Couronnée de succès, la série offre un environnement anxiogène qui rappelle que le droit des femmes n’est pas acquis. La série est disponible sur HBO Max et le spin-off The Testament sortira en avril sur Disney+.
Certaines scènes peuvent heurter les personnes les plus sensibles. TW : viol, torture, peine de mort, fausses couches.
Béni soit le fruit…
The Handmaid’s Tale débarque donc en France en 2017. Hulu propose cette série qui a fait mouche en Amérique. Une histoire issue d’un livre publié en 1985. À cette époque, les femmes luttent encore pour certains droits et notamment celui de l’égalité des époux au sein du foyer. Autant vous dire que ce livre marque donc les esprits.
Concernant la série. Les Fils de Jacob, une secte conservatrice et protestante, font un coup d’État et renversent le gouvernement. Naquit alors le gouvernement de Gilead ! Proche de l’idéologie nazi, les déficients mentaux, les homosexuels et les prêtres religieux sont pendus. Quant aux femmes et aux enfants, ils sont emmenés et faits prisonniers. Les femmes sont ensuite triées sur le volet et affublées de vêtements de couleur.

- Les épouses : vêtues de bleu ou de vert, elles sont les compagnes des dirigeants et donc des femmes déjà sélectionnées et non emprisonnées.
- Les tantes : vêtues de brun. Les fonctionnaires et surveillantes des servantes, elles sont sadiques et doivent les «dresser».
- Les servantes : vêtues de rouge, elles sont fertiles, contrairement à beaucoup d’épouses, et sont utilisées comme mères porteuses. Pas de FIV ici ou d’injection d’embryon, elles sont violées lors d’un rituel de conjoint et engrossées sous les yeux des épouses qui participent en les tenant pendant que leurs maris les ensemencent.
Voilà pour les plus importantes. Ajoutons à cela les econofemmes, qui font partie de la classe moyenne et qui travaillent, les Martha, qui sont des intendantes de foyer, et les Jézabel, qui ne sont que de simples prostituées.
Voilà la constitution du gouvernement de Gilead.
Jun, la voix de la rébellion
La série se compose de six saisons. Nous y suivons Jun Oseborne en grande majorité (nous avons parfois quelques épisodes sur Jeanine et d’autres femmes de Gilead). Capturée lors du coup d’état, elle a été séparée de son mari. Celui-ci est devenu réfugié au Canada. Quant à elle, elle est devenue servante écarlate et sa fille a été adoptée par une famille de dirigeants. Elle voue sa vie à retrouver sa fille pour s’échapper de Gilead.

Devenue Defred car au service du commandant Fred Waterford, elle subira le rituel de fécondité de nombreuses fois. Doucement, elle trouve des alliés et notamment Nick, un soldat pour qui elle commence à ressentir des choses. Une fois enceinte, un autre combat s’offre à elle : sauver sa deuxième fille de ce gouvernement fou.
Jun sera le symbole de la rébellion, et pour cela elle devra faire beaucoup de sacrifices. Si à chaque fois elle est proche de la liberté, elle fera machine arrière pour tout un tas de raisons.
Une série psychologiquement dure
C’est là-dessus que The Handmaid’s Tale : La Servante Écarlate joue le jeu. Comment faire quand d’un coup on perd sa famille et qu’on se retrouve à devoir subir des traditions anciennes et inhumaines ? On se met vite à la place de Jun quand on est une femme. Mais pire encore, en 2025, la série se fait encore plus remarquer grâce à Trump ! Souvenez-vous, le président des États-Unis a révoqué le droit à l’IVG, poussant ainsi le président français et d’autres dirigeants à renforcer ce droit. Cette année-là, le droit à l’IVG est inscrit dans la constitution en France. Un soulagement pour les femmes.
The Handmaid’s Tale, comme vous vous en doutez, interdit l’IVG. Cette pratique est punissable de peine de mort. Mais avant le coup d’État, des indices nous choquent dans la série lors de flashbacks, et notamment ce moment où Jun (pas encore une servante) demande à son mari sa signature pour aller chercher sa pilule contraceptive. Bien avant Gilead, les femmes devaient encore demander l’autorisation de leur époux pour avoir une contraception. Ce genre de choses a existé et existe encore. Si nous n’avons plus besoin de l’autorisation de nos époux pour la pilule, il y a encore quelques années, si vous vouliez pratiquer une stérilisation, il fallait l’approbation de votre époux. L’opération ne pouvait donc pas avoir lieu s’il n’était pas d’accord, malgré que ce soit votre corps.

L’histoire qu’a créée Margaret Atwood est donc très réaliste. En regardant The Handmaid’s Tale : La Servante Écarlate, on s’est toutes demandé une fois durant un épisode
« Et si ça arrivait ? »
Sous son œil !
La religion est omniprésente dans The Handmaid’s Tale, les Fils de Jacob sont de fervents croyants, et chaque rituel, chaque salutation est le fruit d’un show de Dieu. Les salutations, les félicitations, tout fait référence à Dieu, et pour Gilead, ne pas prier est un péché et passible d’une punition.
Si la vie à Gilead semble très moyenâgeuse, elle reste moderne. On trouve de vieux téléphones mais pas de réseaux sociaux ni de portable dans les classes moyennes. Pourtant il y a des laboratoires et des outils à la pointe de la technologie. Gilead est aussi l’endroit le plus protégé et armé. C’est pour cela que personne n’entre en guerre contre eux malgré ce qui s’y passe et le fait qu’ils enfreignent les droits de l’homme et surtout de la femme.
C’est aussi ce qui va vous révolter. Voir des pays au courant mais qui ne font rien car «cela ne nous concerne pas», ou bien encore «il faut y aller en douceur avec des négociations». On a envie de secouer tout le monde et de leur dire «mais foncez dedans !»
The Testament sur Disney +
À la fin de The Handmaid’s Tale : La Servante Écarlate, nous ne savons toujours pas où sont les «Prunes» ni ce qu’elles vont devenir. Il existe donc un deuxième livre qui est une sorte de suite.
Les Testaments se passent quinze ans après les événements de la Servante écarlate. Si, dans le livre, nous suivons Agnes, dans la série prévue sur Disney + nous allons suivre Hannah, la fille de June.
Ici, nous quittons les Servantes Écarlates et nous nous plongeons sur les enfants qui ont grandi à Gilead. La plupart des Prunes sont des filles de dirigeants. On pourrait penser qu’elles sont promises à un bel avenir, mais non ! Promises pour des mariages arrangés, elles vont devoir assurer la lignée des Gileadiens. Vous l’aurez donc compris… Mariage, bébé et subir. Un spin-off que l’on a tous hâte de découvrir.
Mon avis sur The Handmaid’s Tale : La Servante Écarlate
Dès la première saison, j’ai été choquée. Pas de la série mais du message ! The Handmaid’s Tale : La Servante Écarlate nous rappelle que le droit des femmes n’est pas acquis et que dans beaucoup de pays le rôle de la femme n’est pas si éloigné de celui des servantes écarlates. La place de la femme dans la société n’est pas acquise et rappelons que même en France une femme meurt sous les coups d’un homme tous les jours a minima. Et souvent, cet homme est son mari. Vous comprendrez alors pourquoi cette série choque.

L’ambiance est glauque et pesante. On sait que dès qu’un camion arrive, cela veut dire qu’il se passe quelque chose. Alors quand une servante est emmenée et bâillonnée, on sait qu’une bêtise a été faite. Si je devais parler d’un passage, ce serait celui de la pendaison des servantes en guise de punition. Je n’en dirais pas plus pour ne pas vous spoiler, mais voir une des servantes se faire pipi dessus tellement elle a peur… J’en ai eu les larmes aux yeux.
Les dystopies ont ce pouvoir de jouer avec le réel, de nous rappeler que nos droits ne sont pas acquis et qu’on peut à tout moment nous les reprendre sans remords. The Handmaid’s Tale : La Servante Écarlate fait partie de ses œuvres que l’on devrait étudier à l’école. En plus de l’histoire prenante, le message est fort et important. La série est une bonne adaptation du livre et on ne peut qu’aimer le jeu d’acteur hallucinant de Elisabeth Moss, qui incarne Jun.




