FINAL FANTASY TACTICS – The Ivalice Chronicles

Considéré depuis près de vingt-huit ans comme la référence absolue du RPG tactique au tour par tour, FINAL FANTASY TACTICS revient aujourd’hui avec un lifting graphique soigné et de nouvelles options de confort qui modernisent l’expérience sans en trahir l’esprit. Portée par une intrigue politique d’une rare intensité, digne des plus grandes sagas à la Game of Thrones, l’aventure nous replonge dans le destin entremêlé de Ramza et Delita, entre idéaux brisés, manipulations et luttes de pouvoir. Réclamé depuis des années par les fans, ce retour prend la forme d’un remaster ambitieux, tant le travail accompli par les équipes de Square Enix frôle celui d’une refonte complète. Désormais disponible sur PC, PlayStation 4 et 5, Nintendo Switch, Switch 2 et Xbox Series et, pour la première fois, intégralement traduit en français, FINAL FANTASY TACTICS – The Ivalice Chronicles parvient-il à combler les attentes placées en lui ? C’est ce que nous allons découvrir sans plus attendre.

Ce test a été réalisé sur une version PC fournie par l’Éditeur.

Z-Ivalice les graphismes !

C’est donc un remaster qui nous attend une fois FINAL FANTASY TACTICS – The Ivalice Chronicles lancé. Pourtant, les choses sont loin d’être aussi simples, et il faut pour cela remonter plusieurs décennies en arrière. Dans les années 1990, une pratique courante dans les studios de jeux vidéo japonais consistait à détruire le code source des productions après un certain temps. Comme vous l’imaginez, FINAL FANTASY TACTICS n’a pas échappé à la règle. Pour offrir ces nouvelles moutures, les équipes de développement de Square Enix ont donc dû reconstruire le jeu de zéro, un travail colossal.

Et si je parle bien de CES versions, c’est parce que The Ivalice Chronicles en renferme deux : la version Enhanced, remise au goût du jour avec des graphismes modernisés et la version classique, identique à celle que les joueurs les plus nostalgiques avaient découverte en 1997 sur PlayStation. Bien que ce test se concentre avant tout sur l’édition Enhanced, il faut saluer un ajout de taille : une traduction intégrale en français, inédite jusqu’ici.

En revanche, aucune des deux versions ne bénéficie de musiques réorchestrées, un choix un peu décevant compte tenu du soin apporté au reste. Mais qu’on se rassure : la bande-son de Hitoshi Sakimoto (Tactics Ogre : Reborn)  reste magistrale du début à la fin, et l’absence de réorchestration ne ternit en rien la puissance émotionnelle de l’ensemble. Dans le même ordre d’idées, chaque variante est indépendante de l’autre et il ne sera pas possible de passer de la version Enhanced à la version classique au cours d’une même sauvegarde.

La guerre des lions n’aura pas lieu

FINAL FANTASY TACTICS – The Ivalice Chronicles nous plonge dans les trajectoires croisées de Ramza Béoulve, jeune noble idéaliste issu d’une grande lignée, et de Delita Heiral, son ami d’enfance d’origine modeste. Tandis que Ramza refuse les abus des puissants et choisit de se battre pour la justice et l’égalité, Delita préfère tirer parti des intrigues et des complots pour atteindre ses ambitions. Dans un monde où l’Histoire s’écrit toujours du point de vue des vainqueurs, les thèmes abordés – pouvoir, corruption, foi, loyauté – résonnent encore aujourd’hui avec une force saisissante.

Car si Delita deviendra le héros célébré des chroniques d’Ivalice, Ramza en sera l’ombre, l’acteur oublié mais essentiel des événements. Sur fond de guerre de succession, où monarchie et religion manipulent tour à tour leurs fidèles pour servir leurs intérêts, le joueur endosse le rôle d’un stratège invisible, tirant les ficelles d’un échiquier où chaque mouvement compte. Le scénario, dense et exigeant, peut de prime abord intimider, mais il se révèle avant tout profondément immersif et émotionnellement riche.

Et si vous craignez de vous perdre dans la complexité politique d’Ivalice, pas d’inquiétude : le jeu s’inspire des avancées de Final Fantasy XVI en intégrant un menu encyclopédique et une fresque chronologique fort utiles pour suivre le fil des événements. Autre ajout bienvenu : trois modes de difficulté (Histoire, Standard et Tactique) qui permettent à chacun de trouver le défi qui lui convient. Mais ne vous y trompez pas : même en mode Histoire, l’aventure exige patience et stratégie pour en dévoiler toutes les subtilités et ce sont pas moins d’une cinquantaine d’heures qui seront nécessaires à votre exploration totale d’Ivalice. 

Classes préparatoires

FINAL FANTASY TACTICS – The Ivalice Chronicles est avant tout un RPG tactique au tour par tour, où la réflexion, qu’elle soit en amont ou pendant le combat, fait toute la différence. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les affrontements seront nombreux, indispensables pour faire progresser efficacement les statistiques de vos personnages. Petite mise en garde cependant : le niveau des ennemis s’adapte automatiquement à celui de Ramza. Se concentrer exclusivement sur lui serait donc une erreur absolue, au risque de voir le reste de votre équipe se faire balayer en un rien de temps. Les combats se déroulent sur des terrains quadrillés, où il faudra placer vos troupes (jusqu’à cinq maximum) avec discernement.

Ainsi, un archer posté en hauteur pourra atteindre des cibles plus lointaines, tandis qu’un chevalier devra se rapprocher de l’ennemi pour frapper. Chaque position compte, et le choix des classes devient alors crucial pour exploiter au mieux la topographie du champ de bataille. La gestion de ces paramètres (équipement, points de compétences, bravoure, foi, et bien d’autres) demande un véritable sens de l’optimisation. L’IA ennemie, redoutablement maligne, ne laisse que peu de place à l’improvisation, tandis que l’IA alliée des personnages invités, elle, se montre parfois… déconcertante.

Autre source de frustration : la caméra, souvent capricieuse, rend la lecture du terrain hasardeuse. Il est heureusement possible d’adopter une vue aérienne via une gâchette, bien que l’impossibilité d’agir dans cette perspective impose des manipulations répétitives. Rien d’insurmontable, mais cela demande un peu d’habitude. Pour autant, le titre compense ces maladresses par une frise d’ordre des tours, idéale pour anticiper les attaques à charge, et par la possibilité d’annuler un déplacement tant qu’aucune action n’a été effectuée (ou aucun item ramassé). Un vrai plus pour peaufiner sa stratégie.

Enfin, le système de classes (une vingtaine à débloquer) demeure un modèle du genre : chacune possède ses propres aptitudes et permet de s’adapter à tout type d’adversaire. Les combats aléatoires du jeu d’origine laissent place à des affrontements optionnels, que l’on peut désormais provoquer ou éviter à volonté. Ajoutez à cela, les synergies entre les divers signes du zodiaque qui apportent une couche supplémentaire de complexité et vous obtiendrez un gameplay passionnant, mais demandant des heures d’expérimentation pour qui souhaite en maîtriser toutes les subtilités.

C’est la taca-taca-tac-tactique des gens d’armes 

À ma grande honte, même si j’aime faire chauffer mes méninges, je n’ai jamais réussi à me plonger sérieusement dans FINAL FANTASY TACTICS à l’époque. Sa difficulté et sa complexité m’avaient rapidement découragée, moi qui n’étais alors qu’une joueuse débutante. Mais de l’eau (beaucoup d’eau) a coulé sous les ponts : Squaresoft est devenu Square Enix, et mes expériences plus récentes avec Persona 5 Tactica et Unicorn Overlord m’ont donné l’élan nécessaire pour replonger dans la grande épopée d’Ivalice. Je dois l’avouer, le retour n’a pas été de tout repos.

Le grand nombre de paramètres à assimiler m’a d’abord complètement dépassée, même si la difficulté revue à la baisse m’a offert une chance de m’accrocher. Ce n’est qu’en affrontant Gafgarion en duel contre Ramza, premier vrai mur du jeu, que j’ai compris qu’il me fallait revoir ma manière d’aborder le titre et ses mécaniques. Après quelques heures à éplucher les guides, manuels et conseils militaires, j’ai fini par trouver mes marques. Jamais un jeu ne m’avait demandé un tel investissement intellectuel, et il a fallu la promesse d’une intrigue passionnante pour me pousser à m’y consacrer pleinement. Promesse tenue : j’ai traversé un véritable tourbillon d’émotions, captivée par les manigances des nobles et les machinations des gardiens de la foi, chacun manipulant le peuple au nom d’une doctrine qu’ils instrumentalisent.

Je me suis reconnue tour à tour en Ramza, idéaliste jusqu’à l’entêtement, et en Delita, dont le pragmatisme acéré lui permet de survivre dans un monde où la morale n’a plus cours. Et si l’acharnement n’est pas ma qualité première (ni la patience, d’ailleurs), j’ai profondément apprécié de pouvoir accélérer les combats et les dialogues lors de mes multiples tentatives. Au final, j’ai découvert un écosystème d’une complexité fascinante, où la préparation importe autant que la tactique, et où le plus fort n’est pas toujours le vainqueur. Dans une époque où tout doit aller vite, il faut accepter de prendre le temps d’appréhender la montagne que représente FINAL FANTASY TACTICS – The Ivalice Chronicles, et ça, ce n’est pas donné à tout le monde. Mais croyez-moi : si vous faites le premier pas, vous ne le regretterez pas.

Pour conclure…

En définitive, FINAL FANTASY TACTICS – The Ivalice Chronicles s’impose comme un retour aux sources aussi respectueux qu’ambitieux. Loin du simple exercice du remake, le jeu réussit à raviver la flamme d’Ivalice tout en lui offrant un souffle nouveau. On retrouve cette densité narrative, ces intrigues feutrées et ces dilemmes moraux qui faisaient la grandeur de l’original, sublimés par une direction artistique modernisée, tout en rendant l’ensemble bien plus accessible pour un nouveau public. Certes, tout n’est pas parfait, quelques lourdeurs subsistent et quelques choix divisent, mais l’ensemble respire la passion et la maîtrise. Un hommage sincère, presque mélancolique, à une époque où la stratégie se vivait comme un art et non comme un calcul.

La  note  de la  rédaction

4-5/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

Une traduction intégralement en français

Les différents modes de difficultés qui rendent le jeu accessible même aux novices du genre

Un gameplay aux multiples couches qui s’avère passionnant

Une intrigue politique aux thèmes forts et toujours actuels

L’ajout de la chronologie hérité de Final Fantasy XVI qui apporte un réel plus

Les musiques de Hitoshi Sakimoto sont toujours aussi sublimes

Les points négatifs

Des placements de caméra pour le moins incompréhensibles

L’absence du contenu additionnel sur PSP : War of the Lions

Certains personnages invités ont des réactions… étonnantes en combat

De très nombreux paramètres sont à prendre en compte à chaque affrontements ce qui peut faire peur aux débutants

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