Cult of the Lamb – DLC Woolhaven

Tandis que le sacrifice est désormais devenu dieu dans Cult of the Lamb, Massive Monster et Devolver Digital ont décidés d’offrir à leur jeu un premier DLC d’importance, capable de relancer l’intérêt des fans du titre. Annoncé en août 2025, lors du Gamescom Opening Night Live, l’extension Woolhaven (Havrelaine pour les joueurs hexagonaux) promettait son lot de nouveautés à même de dépoussiérer le gameplay un peu répétitif de son jeu de base. Exit les clairières verdoyantes et les rituels au soleil : Woolhaven entraîne Cult of the Lamb dans un environnement glacial, où la survie du culte passe autant par la gestion du froid que par l’exploration de nouveaux donjons, tout en apportant un nouvel éclairage sur le passé des agneaux dont vous êtes le dernier représentant vivant. Après plusieurs mises à jour et ajouts de contenu, la question se posait forcément : Cult of the Lamb avait-il encore quelque chose à raconter ? Il est temps de découvrir la réponse concoctée par Massive Monster, mais une chose est certaine nous avons la foi !

Ce test a été réalisé sur une version PC fournie par l’Éditeur.

Croyance originelle

Sorti en 2022 sous la houlette du studio Massive Monster et édité par Devolver Digital, Cult of the Lamb s’est rapidement imposé comme une curiosité aussi déroutante qu’attachante. Derrière sa direction artistique faussement mignonne et ses airs de fable animalière se cache un jeu hybride, mêlant roguelite, gestion de colonie et satire religieuse assumée. On y incarne un agneau sacrificiel (le dernier de son espèce) sauvé in extremis de l’abattoir par une entité mystérieuse, Celui Qui Attend, qui lui confie une mission somme toute assez simple : bâtir un culte en son nom et étendre son influence jusqu’à renverser les quatre Prélats de l’Ancienne Foi. Pour cela, notre agneau est doté d’une couronne aux pouvoirs immenses, qui va l’aider dans ses combats.

Entre explorations de donjons générés procéduralement, collecte de ressources, combats nerveux et gestion quotidienne d’une communauté de fidèles aux besoins parfois… discutables, le jeu a su trouver un équilibre étonnamment solide. Suffisamment riche pour tenir sur la durée, mais jamais avare en humour noir, Cult of the Lamb a surtout marqué par sa capacité à faire cohabiter légèreté visuelle et thématiques autrement plus sombres, installant au fil des mises à jour un univers cohérent et un culte dont on se surprend à prendre soin… même lorsqu’il faut sacrifier quelques une de ses brebis au passage. C’est précisément sur cette base désormais bien établie que vient se greffer Woolhaven, une extension post-campagne qui ambitionne non seulement d’enrichir l’univers du jeu, mais aussi de renouveler ses systèmes sans trahir l’équilibre déjà en place.

Le Silence des Agneaux

Maintenant que notre agneau est devenu une déité à part entière après avoir vaincu les quatre prélats ainsi que Celui qui Attend, il voit un beau jour surgir un étrange autel à la lisière de la clairière qui abrite son temple. Dédié à Yngya, déesse oubliée des agneaux et reine de l’hiver, vous décidez, en tant qu’ultime descendant, de lui faire quelques offrandes, provoquant le début de l’hiver sur les terres de la vieille croyance pourtant toujours baignées d’un éternel printemps. C’est alors qu’apparaît Gofernon, l’architecte des Dieux et envoyé d’Yngya pour agrandir le terrain de votre culte, afin que vous soyez capable d’affronter la mission que la déesse ovine souhaite vous confier.

Arrivé à Havrelaine, hameau en ruine et ancienne demeure des agneaux, au pied de la montagne sacrée, cette dernière vous ordonne de rassembler les esprits de ses brebis égarées tout en reprenant possession des pouvoirs perdus par le temps. Pour cela il va vous falloir arpenter la montagne enneigée, dont l’intérieur est victime d’une putrification qui se répand de plus en plus menaçant l’équilibre fragile du monde. Une nouvelle mission pour l’agneau divin qui va l’amener à se confronter à toute une nouvelle cohorte d’ennemis de tous poils. Entre le loup qui déteste les dieux et sa meute qui hurle vengeance ou encore la bourelle en quête de rédemption, une menace bien plus grande plane sur notre héros de laine. Une question se pose désormais : est-ce réellement une bonne idée d’exhumer le passé ? Et si ce dernier avait été enfoui pour une bonne raison ?

Il est bien évident que pour répondre à toutes ses interrogations il vous faudra découvrir par vous-même le contenu de Woolhaven que je m’en voudrais de spoiler. Ce dernier étant un DLC, peu de changements dans la direction artistique, si ce n’est que les nouveaux décors apportent un peu de fraîcheur aux environnements, tout comme la musique qui habille le territoire des agneaux et la montagne qui le domine. Ça change, certes, mais cela reste toujours aussi qualitatif que dans le titre original et ce n’est pas pour nous déplaire, d’autant que beaucoup de nouveautés sont également de la partie. 

Nouveau sacer-d’os

Le premier grand changement de Woolhaven est d’ordre climatique. En effet, le progressif éveil d’Yngya s’accompagne d’un retour de l’hiver qui va vous demander un assez grand nombre d’ajustement pour éviter de perdre les membres de votre culte à cause de la rudesse du temps. Entre la famine, le blizzard et le gel, chaque passage hivernal vous demandera d’anticiper au risque de vous retrouver dépourvu d’adepte. Un changement assez brutal, qui accroît d’emblée la difficulté générale du jeu. Cependant, loin d’en casser l’équilibre, cette mécanique ajoute une nouvelle couche de stratégie qui certes est parfois punitive en cas de mauvaise préparation, mais ô combien gratifiante quand on réussit à sortir de la période de gel sans pertes d’aucune sorte.

Il est évident que l’arrivée du froid donne ainsi accès à toute une nouvelle flopée de constructions spéciales capables de permettre à vos disciples de lutter contre la rigueur du climat, que ce soit le poêle à charbon putréfié, les jacuzzi, ou encore les vêtements chauds confectionnés à partir de poils d’animaux d’élevages, tout est fait pour vous aider à affronter la neige. Car oui, désormais vous pourrez bâtir un ranch afin d’élever des animaux pour leur fourrure, comme moyen de transport mais aussi, si le besoin s’en fait sentir, pour leur viande.

D’autre part, la recherche de ressources et l’exploration restent au cœur du gameplay avec deux donjons inédits à explorer, inclus au sein de la montagne sacrée, des niveaux en extérieur sur les cimes enneigées et d’autres à l’intérieur remplis de putréfaction. Un contenu très dense pour une extension, remplis d’ennemis encore jamais rencontrés, d’objets de décorations et d’apparences d’adeptes exclusifs, j’en passe et des meilleures. De quoi vous occuper une bonne dizaine d’heures, voir plus si vous souhaitez parcourir à fond la montagne d’Yngya et tout découvrir de l’origine de votre peuple et de sa disparition.

Une extension déjà culte ?

Je l’avoue volontiers, je ne suis pas une adepte de relancer un jeu une fois que je l’ai terminé et je peux compter sur les doigts d’une main la fois ou cela m’est arrivée. En réalité quatre fois avec Metaphor : ReFantasio, Resident Evil 4 Remake, Final Fantasy XVI et plus récemment Silent Hill f.  Mais avec l’arrivée de Woolhaven, j’ai décidé de reprendre l’aventure à zéro histoire de patienter. Malheureusement je n’avais pas terminé totalement mon deuxième run en lançant l’extension et je peux vous l’affirmer, il vaut mieux attendre d’avoir compléter l’histoire principale avant d’entamer Woolhaven. Le cycle assez rapide de retour de l’hiver empêche en effet de repartir dans les anciens donjons, tant la collecte de charbon putréfié est indispensable pour s’en sortir.

Cependant, le problème de visibilité dès lors qu’on passe derrière un boss imposant ou que l’on est dans une zone à forte teneur en bâtiment, n’est toujours pas réglé, ce qui est assez frustrant pour un titre sorti il y a tout de même quatre ans. Je dois bien avouer que la difficulté rehaussé à cause de l’introduction de l’hiver m’a surprise de prime abord, mais le défi n’en a été que plus intéressant et je me suis prise au jeu de l’anticipation parfaite du retour du froid, après avoir vu mon troupeau décimé pour cause d’une première mauvaise estimation du risque climatique. Cela ne m’a donc pas gênée et j’ai beaucoup aimé les nouveaux ennemis présents dans les donjons, dont les mécaniques restent fondamentalement identiques mais avec des armes et autres maléfices spécifiques.

Comme j’avais déjà adoré la proposition faite par Cult of the Lamb, j’ai donc immédiatement adhéré à celle de Woolhaven qui reprend et améliore tout ce que le titre avait fait de mieux. Malgré une durée de vie plus que confortable, je suis un peu restée sur ma faim tant j’aurais voulu continuer à sillonner les terres de la vieille croyance avec notre héros bouclé. Je prie avec ferveur pour un prochain DLC tout aussi qualitatif que celui-là, même si Massive Monster ayant mis la barre très haute, il risque d’être difficile de réitérer l’exploit, mais je veux tout de même y croire.

Pour conclure…

Woolhaven ne se contente pas de réchauffer l’agneau avec quelques manteaux et poêles à charbon : cette extension insuffle une vraie nouvelle vie à Cult of the Lamb, tout en conservant ce qui fait le charme du jeu de base. Entre la rudesse de l’hiver, les donjons inédits, les ennemis au caractère bien trempé et le ranch qui transforme vos fidèles en véritables gestionnaires de troupeaux, Massive Monster réussit à créer un équilibre subtil entre défi, stratégie et amusement. Certes, quelques menus défauts persistent, mais ils sont vite oubliés une fois qu’on se laisse emporter par le cycle du froid et la quête des brebis égarées. Woolhaven est une extension déjà culte, qui redonne l’envie de replonger dans la vie communautaire et de prendre soin de ses fidèles… même si, pour quelques sacrifices bien sentis, il faudra parfois serrer les dents. Et moi, je prie d’ores et déjà pour qu’un prochain DLC voie le jour et qu’il soit aussi divin, ce serait encore mieux !

La  note  de la  rédaction

5/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

Une direction artistique toujours aussi soignée

Un contenu dantesque et très riche pour de longues heures de jeu

Les petites nouveautés de gameplay sont très appréciables et très bien incorporées au jeu

L’aspect élevage d’animaux et passage en hiver donne une dimension encore plus stratégique à la gestion de son culte

Les points négatifs

Toujours des petits problèmes de visibilité quand l’adversaire est très imposant, ou quand on passe derrière un élément du décor

Le froid est un élément très punitif d’entrée de jeu

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