Constance

Constance est un jeu de plateforme de type Metroidvania où nous incarnons l’héroïne éponyme armée d’un pinceau magique. Larguée dans un monde inconnu, elle devra braver épreuves et dangers pour retourner chez elle… Mais est-ce bien son souhait ? Le jeu est disponible depuis la fin d’année dernière sur PC via Steam, et sort sur Nintendo Switch, PlayStation 5, et Xbox Series X&S ce 1er mai.

Ce test a été réalisé sur une version Nintendo Switch 2 fournie par l’Éditeur.

Perdue dans ses pensées

Une chose est sûre, ces dernières années sont excellentes pour les fans de jeux Metroidvania. À ce stade, plus besoin de présenter le genre ! Sorti fin 2025 sur PC, Constance vient proposer son univers enchanteur pour la première fois sur consoles. L’occasion pour moi d’enfin y plonger, ayant bien aimé la démo gratuite sur Steam à l’époque. J’avais toutefois quelques doutes sur certains choix de gameplay.

Constance s’ouvre sur une cinématique d’introduction animée un peu surprenante, où l’on entraperçoit des visions d’un monde terne qui ressemble au nôtre. Très vite, nous prenons le contrôle de Constance elle-même, qui semble égarée dans un archipel étrange. Nous croisons Frida, une entité qui semble mal en point, et qui confie à l’héroïne un pinceau magique. C’est armé de ce dernier que nous devrons braver les dangers de ce monde flottant mystérieux pour y trouver quatre Larmes susceptibles de nous aider.

Pour autant, le combat n’est qu’une facette de Constance. Le jeu nous soumet régulièrement à des puzzles de plateformes et incite à l’exploration. Zones cachées et collectibles se cachent ainsi au détour d’un embranchement du chemin principal. Un chemin qui s’ouvre par ailleurs très vite dès la première zone traversée. En bonne tradition Metroidvania, nous sommes invitées à choisir notre destination parmi plusieurs choix possibles.

Une couche de peinture fraîche

Mais si Constance remplit donc son quota de codes du genre, la vision de Blue Backpack introduit plusieurs ajouts intéressants. Son système de mini-carte activable sur pression de stick est parfait pour visualiser son trajet dans une salle, sans pour autant devoir garder son doigt sur un bouton. On peut aussi prendre une photo d’un endroit, qui sera sauvegardé sur notre carte, afin de mieux visualiser pourquoi faudrait-il revenir ici plus tard. Constance fait également le choix de faire l’impasse sur certains pouvoirs classiques du genre, comme le double saut ou le saut mural, les remplaçant par ses variantes propres. De quoi se sentir dépaysé, même si l’arrière-goût reste similaire.

Les Souls-like sont une autre inspiration évidente du genre Metroidvania ces dernières années. Constance n’y déroge pas, avec un système de checkpoints et des ennemis qui tapent parfois fort. Néanmoins, le jeu fait le choix de ne pas trop nous pénaliser en cas d’échec. Pas de perte d’argent ni de “corpse run” donc. Constance va même plus loin en nous proposant non pas de réapparaître au dernier checkpoint, mais dans la même salle ! Seul hic : tous les ennemis seront renforcés de manière permanente, jusqu’au prochain repos.

Constance s’est également inspiré de ses congénères pour son système d’Inspirations. Le système est très proche des badges d’Hollow Knight, où chaque Inspiration occupe un certain nombre d’emplacements dans notre espace limité. La touche maison de ce système ? La nécessité de jouer à Tetris avec la disposition de ces Inspirations. Leur déblocage est directement lié à nos explorations, récompensant une fois de plus les plus curieux.

La plume est plus forte que l’épée

Quand nous ne sommes pas occupées à vadrouiller dans les cinq zones principales du jeu, Constance nous fait donc régulièrement croiser le fer. Comme dans tout bon Metroidvania, nos capacités d’exploration sont aussi des options offensives. La ruée en avant nous rend intangible, idéal pour se sortir d’une attaque indemne. Constance peut aussi allonger la portée de son pinceau, faire un clone explosif d’elle-même, ou encore se ruer vers le sol. Des options souvent sollicitées lors des combats de boss, qui sont articulés autour de ces mécaniques.

Le twist ? La quasi-totalité des capacités de Constance utilise sa jauge de peinture. Le parallèle avec les jauges d’endurance des Souls-like se dessine un peu tout seul. Il ne sera donc pas possible de spammer constamment sa ruée ou ses attaques renforcées. Pire encore : si la jauge de peinture tombe à zéro, les cheveux de Constance perdent leur teinte violette pour virer au noir. Toute utilisation de nos pouvoirs dans cet état grignotera la barre de vie de notre héroïne !

Un principe qu’il faudra donc garder en tête lors des combats exigeants, mais aussi de plateforme. La mécanique de réapparition dans la même salle en cas de mort devient subitement plus intéressante. Constance a beau être parfois très exigeant sur sa précision ou sur ses combats de boss, on ne rentre jamais dans une boucle frustrante. Des options d’accessibilité viennent se greffer à l’expérience, au besoin. J’ai apprécié que l’on puisse choisir le type de dégât à annuler plutôt que de juste rendre Constance invincible.

Mon avis sur Constance

Du reste, Constance se joue et s’apprécie comme bon nombre de Metroidvania. Les fans du genre seront ravis, parfois dépaysés, mais sans que le jeu ne réinvente ses codes non plus. Le plus mémorable reste selon moi la direction artistique du jeu, avec ses couleurs chatoyantes et ses ennemis toujours très imaginatifs. Ça, c’est ce que je dirais des phases de gameplay ; il en est tout autre chose pour les moments de scénario qui entrecoupent chacune de nos obtentions de Larme.

Sans trop en parler pour ne pas spoiler, Constance s’ouvre sur un avertissement sur certains sujets sensibles, notamment concernant la santé mentale. C’est la clé de voûte de l’intrigue du jeu. J’ai apprécié que la narration se fasse par l’implicite plutôt que par des démonstrations trop grandiloquentes, créant un vrai sentiment poignant lorsque les éléments du puzzle ont commencé à s’emboîter. L’exercice n’était pas évident, mais Blue Backpack a su traiter le sujet sans sensationnalisme.

Je ressors donc assez satisfaite de ma quinzaine d’heures passées sur Constance. Je n’ai pas encore poussé le jeu jusqu’au 100%, et on débloque un mode difficile en le terminant pour la première fois. Quelques doutes sur l’équilibrage de certains passages du jeu subsistent, et je ne suis pas encore sûre de vouloir m’y replonger tout de suite. Néanmoins, Constance aura su me marquer de manière globalement très positive, évitant l’écueil d’être simplement un énième Metroidvania trop cliché.

Pour conclure…

Constance est une très bonne expérience pour moins de vingt euros. Désormais accessible sur bien plus de supports, je ne peux que vous le recommander si vous cherchez un Metroidvania à la fois original et familier.

La  note  de la  rédaction

4/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

Visuellement très joli

Originalité de certains pouvoirs

Expérience solide et concise

Scénario intriguant

Les points négatifs

Quelques pics de difficulté

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